Joker

What doesn’t kill the Phoenix…

Kezako ?

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société. 

La critique d’Eugénie – 9,5/10
♥ Coup de cœur

Il y a des films attendus. Des succès commerciaux assurés, parfois même des films déjà rentables avant leurs sorties en salles (préventes et merchandising). Mais rares sont les films encensés avant leur projection. Ce fut le cas du Joker de Todd Phillips qui a déchaîné les passions des cinéphiles et des fans des comics dès son annonce. Comme si après les désastreux Suicide Squad, Dawn of Justice et Justice League, la lumière perçait enfin dans l’univers dégoulinant de CGI de la Warner Bros. La raison ? La présence de Joaquin Phoenix dans le rôle-titre ! Assurément, ça ne pouvait faire qu’un bon film… et même peut être, un GRAND film !

Pari gagné sur tous les fronts ! Joker est le film tant attendu et plus encore, la pièce maîtresse qui consacre un univers encore trop souvent réduit à celui de l’enfance ! Car si les films, dit de « super-héros » pour le grand public, et de « comics » pour les puristes, connaissent un succès majeur au grand écran depuis deux décennies, sa nature est lui encore trop souvent caricaturé et snobé par une partie des élites culturelles. Sam Raimi a su démocratiser le genre avec la trilogie Spider-Man au début des années 2000, et si Nolan l’a fait passer dans la cour des grands avec celle de Batman, Todd Phillips vient de lui offrir sa lettre de noblesse. Joker est le parfait exemple de ce que le cinéma peut sublimer quand le matériel de base est riche et respecté ! À commencer par un esthétisme.

Un brin punk, dissonante, dérangeante, la laideur qui s’impose partout à Gotham est magnifiée à l’image. La ville ne s’exprime que par la violence, qu’elle impose sans cesse au personnage d’Arthur Fleck, clown psychologiquement fragile vivant dans la pauvreté avec sa mère (superbe Frances Conroy). Quand la caméra ne tremble pas, fébrile face à l’immobilisme, elle vient isoler son personnage poussant constamment la rupture. Ruptures entre Arthur et les autres, mais aussi ruptures entre le propos, le son et l’image qui soulignent l’absurdité lattante de chaque scène. Ainsi, les rares moments de grâce d’Arthur sont des scènes de danse surréalistes, quand après avoir commis ses crimes, il s’éveille, il se trouve, il vit et surtout il se sent vivre. Une bande originale démentielle leur apporte un contrepoint maladif et gênant quand d’autres séquences sont plombées par un thème délicieusement pesant.

C’est sur ces entrechats que se dessine le plus clairement le caractère nihiliste du Joker, une déshumanisation bien plus marquée que dans les démonstrations de violence. Un être déshumanisé qui prend corps (maigrissime) sous les traits et le rire de Joaquin Phoenix, au sommet de son art ! L’acteur offre une interprétation différente de celle (pareillement mémorable) d’Heath Ledger, ce qui lui permet d’éviter toute comparaison. De fait, ces Joker ne sont pas les mêmes, mais bien deux itérations différentes. Et si certains craignent de voir donner une « origin story » à un personnage qui, mis à part le comics The Killing Joke de 1988, n’a jamais été défini par son passé, qu’ils se rassurent : Le film n’impose rien, il ne fait que proposer, avec un profond respect pour le matériel de base. On en regretterait presque la présence un peu trop appuyée de Bruce Wayne d’ailleurs.  
La descente aux enfers d’Arthur Fleck se repose ainsi autant sur l’acquis que sur l’instant, un équilibre subtil qui ne laisse néanmoins aucune ambiguïté sur le personnage : il n’est PAS un anti-héros !

Certaines scènes inspirent certes de l’empathie pour le personnage, mais à aucun moment elles ne justifient ses actes, balayant d’un revers de la main toutes les pseudo-critiques sur la responsabilité du film. Joker est un long-métrage pour adultes et qui considère son public comme tel, donc apte à se forger sa propre opinion. Joker ne juge pas, il ne prend pas parti, il ne tombe pas dans le misérabilisme, l’apitoiement ou la provocation, pas plus qu’il ne se fait l’étendard d’un propos politique, à l’instar de son protagoniste. Non, il raconte simplement une histoire et sa réalité. Ainsi, même si le contexte délétère entérine la métamorphose d’Arthur en Joker, même si la critique sociale s’entend en arrière-plan (atteignant son apogée lors de la rencontre avec un Thomas Wayne déconnecté, incapable de reconnaître la souffrance), même si les traumatismes de l’enfance ont fertilisé le terreau, jamais le récit ne dédouane le Joker de ses actes. Car, tout comme les orphelins ne deviennent pas tous Batman, les exclus de la société ne deviennent pas tous le Joker. D’ailleurs, celui-ci ne revendique pas de combat « social », il ne fait que le subir, le constater et jouir de la violence qui en découle.

Psychologique, intelligent, fort, violent, le film sait aussi prendre son temps pour travailler en profondeur son récit. Joker est suffisamment conscient de lui-même pour prendre des risques tout en maintenant toujours une forme de distance avec son propos. Avis d’ailleurs aux spectateurs un peu trop « premier degré » qui commentaient le film à la sortie de la séance. Il s’agit d’une adaptation de l’histoire d’un super vilain de comics… pas besoin de critiquer le réalisme des scènes d’émeutes ou encore de les comparer aux gilets-jaunes (même si ça m’a bien fait marrer). Car le Joker est avant tout une incarnation du chaos. Quant au film, il ne fait que rappeler que chaque homme a en lui un potentiel de violence et en explore les possibilités les plus extrêmes, car le désespoir fait partie de notre patrimoine culturel comme la folie de notre héritage génétique. Du reste, Oscar Wilde le disait déjà en 1891 : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer ».

La critique de Marcellin – 9,5/10
♥ Coup de cœur

Le Joker signe son grand retour. Après sa catastrophique participation au film Suicide Squad, porté à l’écran par Jared Leto, je ne pouvais qu’exalter à l’idée de mettre en scène le brillant Joaquin Phoenix dans un film exclusivement dédié à l’histoire de ce personnage si complexe.

Et quelle réjouissance ! Dès la première scène je me sens frissonner de bonheur lorsque nous assistons à cette mise en bouche, ce sourire, ce regard désespéré et glaçant du Joker face à son reflet.
En supprimant toute allusion à un potentiel univers fantastique possédé par les super héros, le réalisme brut de ce Gotham des années 70 nous étouffe. Une ambiance poisseuse se dessine, la tension permanente qui prend cette ville au tripes vont participer à l’émergence d’un symbole : on assiste à la naissance du Gotham que nous connaissons. Cette atmosphère nauséeuse est renforcée par un constat : Gotham City est construite dans l’idée qu’elle est à l’image de n’importe quelle grande métropole mondiale. Un sentiment familier commence alors à nous envahir, et c’est dans son pouvoir d’identification que ce film tire toute sa force.  Car Todd Philipps critique ouvertement notre société, la politique mondiale et en particulier celle de son pays. En plein ère Trump, Joker est une attaque violente contre l’abus des riches et l’abandon des classes inférieures.
Tout le long du film est distillé un signal d’alarme : cette « folie dehors », celle qui gangrène Gotham, Arthur en deviendra le symbole, celui de cette population laissée pour compte. Il fera de cette folie son destin, pour se transformer en fer de lance du chaos. Ce système qui l’a abandonné a ainsi crée son propre monstre. Joker devient alors ce qu’il a toujours été à mes yeux : l’antéchrist. Nous verrons dans le film que Batman n’existe pas encore mais leurs destins sont déjà liés : la naissance du justicier et de son adversaire ont une même racine.
Un imaginaire biblique se dessine durant le film, surprenant mais subtil à la fois. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » se répète dans notre tête. Par ailleurs, plus le film avance, plus nous commençons à nous interroger : est-ce une descente aux enfers ou une montée vers la lumière ? Je vous laisse vous en faire votre propre idée.
Ces nombreuses réflexions autour du récit sont d’une richesse incroyable pour le spectateur, car il ne peut que s’approprier, vivre, ressentir ce chef d’œuvre qui lui est proposé. Ceci est possible grâce à la maîtrise du réalisateur. Nous sommes obnubilés par l’ascension du Joker, qui a pris place suite à la douce et lente mort de Arthur ; car aucun second rôle ne vient interférer dans cette obsession.
Mais je dois surtout rendre à César ce qui est à César : merci Joaquin Phoenix. Merci d’avoir apporté tant de dimension à ce personnage incroyable en nous livrant un jeu d’une précision absolue, pour nous marquer à jamais d’un personnage profond. Phoenix a littéralement donné corps au Joker, au propos du film, à son univers, à sa première comme à sa dernière scène. La symbolique du corps est un aspect qui m’a réellement marqué. Ce corps décharné, aliéné, résolu d’Arthur se mue lorsqu’il devient Joker. Il se dresse face à son destin, aux autres et imprègne chaque lieu et chaque instant d’un charisme magnétique.
Un instant de l’œuvre illustre cela : celui d’une transe macabre, une frénésie tragique, une danse glaçante et poignante de beauté, qui nous délivre un moment d’une noirceur infinie. Le pouvoir du corps dans une scène muette.

Vous l’avez constaté, il est difficile pour moi de trouver des critiques négatives à émettre contre ce film qui m’a bouleversé. Cependant , je dois l’avouer, la première heure du film m’a fait quelque peu douter. Des histoires connexes viennent légèrement parasiter le propos, notamment celle qui la lie avec Wayne. Cette dernière traîne en longueur, j’ai eu la sensation amère d’un besoin de justifier à tout prix par cette relation le désespoir d’Arthur, de combler des blancs. Inutile pour un Joker qui n’a nullement besoin de justification ! Des histoires d’amour viennent également se greffer, que je n’estime pas essentielles pour en venir au propos qui se suffit à lui-même. Mais pire, un raccourci freudien plus que facile vient me sauter aux yeux en plein milieu du film !

Cependant, tout ce que j’avais tiré dans le doute de cette première heure s’efface au profit d’un conclusion finale bouleversante. Je passe les dernières minutes du film frémissante, le sourire accroché aux lèvres, comblée par un tel chef d’œuvre.
Joker a définitivement rempli son contrat : « let’s put a smile on that face »


Réalisé par Todd Phillips
Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy etc.
USA, Canada – Drame
Sortie en salle : 09 octobre 2019
Durée : 2h 12 min 

Spider-Man: Far From Home

Les surdoués en vacances

Kezako ?

L’araignée sympa du quartier décide de rejoindre ses meilleurs amis Ned, MJ, et le reste de la bande pour des vacances en Europe. Cependant, le projet de Peter de laisser son costume de super-héros derrière lui pendant quelques semaines est rapidement compromis quand il accepte à contre coeur d’aider Nick Fury à découvrir le mystère de plusieurs attaques de créatures, qui ravagent le continent !

La critique d’Eugénie – 8/10

Conclusion de la phase 3, ce Spider-Man pourrait être le plus clivant de la franchise, en séduisant les fans des comics mais délaissant un public plus large en abordant les aspects les plus complexes de l’univers super-héroïque #multiverse.

Commençons sans spoiler : Far From Home reste dans la veine du « teenage movie », version film de vacances, et embarque la classe de Peter Parker pour un voyage à travers une Europe fantasmée, mais passons…. Après deux derniers Avengers très lourd émotionnellement, ce souffle de fraîcheur est plus que bienvenu. Toujours très respectueux de l’esprit des premiers comics, le film aborde avec intelligence l’évolution de son héros, partagé entre les affres de l’adolescence et les responsabilités que lui imposent ses pouvoirs, venant inévitablement perturber sa vie et ses relations. Tom Holland s’impose une fois encore comme la meilleure interprétation de l’équation Peter Parker = Spider-Man (RIP Tobey Maguire). Bon j’avoue je suis un peu de parti pris, j’adore cet acteur surtout depuis sa performance au Lip Sync Battle… Mais il n’empêche que l’humour, la maladresse et le côté « galérien » du personnage sont parfaitement retranscrits. L’alchimie avec Zendaya (MJ) fonctionne elle aussi à merveille et montre qu’il est possible de réécrire intelligemment des personnages connus de tous.

Si le long métrage est bien évidemment plus léger que les précédents opus du MCU, les conséquences d’Endgame se font encore cruellement sentir. La mémoire de Tony Stark/Iron Man plane sur le destin de Peter, articulant le scénario autour des notions de transmission et de confiance dans un très beau parallèle avec l’histoire de l’oncle Ben. Dommage néanmoins que les répercussions du claquement de doigt (le blip) n’aient pas été un peu plus étoffées, malgré une très bonne (et drôle) introduction.
Autre point négatif, on dénote plusieurs vannes qui tombent à plat et des scènes d’action présentes dans les bandes-annonces coupées du montage final…

Mais il est temps d’aborder le fond du sujet (et des spoliers) : Mysterio !
Pas de grande surprise sur l’identité du méchant pour les fans des comics et des séries animés, ceux-ci auront d’ailleurs sans doute eu un petit orgasme lors de la scène de manipulation de la réalité, blindée d’easter egg et rendant enfin le mérite dû au super-vilain au bocal ! Cette version de Mysterio est à l’image du Vautour du premier volet, on garde l’essence et les motivations du personnage pour les transposer simplement dans une autre réalité. Alors on lui pardonne le sempiternel monologue de l’antagoniste qui explique son plan machiavélique, après tout, Mysterio n’est un méchant qui donne dans la subtilité.

Spider-Man: Far From Home s’achève sur deux excellentes scènes post générique, qui révèlent à la fois deux très bons twists et un énorme clin d’œil aux fans de la saga de Sam Raimi : le retour de J.K. Simmons en J. Jonah Jameson.

 


Réalisé par Jon Watts
Avec Tom Holland, Zendaya, Jack Gyllenhaal, Samuel L. Jackson…
USA – Action, Aventure
Sortie en salle : 3 juillet 2019
Durée : 2h 10min 

MCU – Marvel Classement Ultime #2

Top des films du MCU de la phase 1 à 4 (21 films)

Le Marvel Cinematic Universe aura réalisé un exploit dans l’histoire du cinéma, en délivrant 21 films en un peu plus d’une décennie et dont très peu peuvent être qualifié de vraiment mauvais. En moyenne, les productions Marvel ont toujours maintenu un certain niveau de qualité, qu’elle soit visuelle ou dans les dialogues, parvenant même à marquer l’industrie de son emprunte avec quelques très bons crus. Les super-héros n’étaient encore que des exceptions quand Iron Man a débarqué sur grand écran, ils sont désormais incontournables et ne seront plus jamais les mêmes après voir affronté Thanos une dernière fois.

Vous aviez aimé notre premier classement, alors à un mois de l’apothéose collégiale du MCU, Eugénie & Marcellin vous proposent le nouveau top incluant les petits derniers de la franchise.
À noter que ce classement est non seulement très subjectif mais également changeant selon les années et l’évolution de nos critères voir même en fonction de notre humeur du moment. Les places du podium par exemple ont été très difficile à attribuer car elle pourrait très bien s’interchanger. En général, disons que les places 21 à 14 regroupent les films mauvais à classiques, les 15 à 10ème sont réservés aux éléments prometteurs mais insatisfaisants et la qualité s’impose définitivement en crescendo à partir de la 9ème place.
Si vous voulez retrouver le premier classement pour comparer, il est encore disponible ICI.

21 – L’Incroyable Hulk (2008)

L’avis d’Eugénie – Commençons par le fond du caleçon. L’incroyable Hulk c’est la grosse trace de carambar du MCU. Trop proche chronologiquement de la version avec Eric Bana (2003), Marvel n’évite l’origin story que pour nous sortir une daube insipide avec le PIRE méchant de la franchise (Tim Roth). Sans parler de l’affrontement final entre Hulk et l’Abomination qui est visuellement dégueulasse. BEURK !
Le mot de Marcellin – J’ai surtout un mot à adresser à Louis Leterrier : Are you real ? Tu as su nous livrer des films à peu près dignes de ce nom (je pense ici à Danny The Dog), alors pourquoiiiiiii ? Plus sérieusement ce film est ce qu’on appelle un condensé de foirade complet, que ce soit par le jeu d’acteur (pourtant porté par le sublime Edward Norton), le choix scénaristique, les scènes d’action épuisantes et comme en parle ma chère Eugénie, ce monstre digne des bas fonds de latrines. RE-BEURK

L’info du fan : Edward Norton sera remplacé par Mark Ruffalo dans Avengers

20 – Iron Man 2 (2010)

L’avis d’Eugénie – Désolé Tony, je t’aime, mais cette suite n’était simplement pas à la hauteur de tes capacités. Alors, oui tu m’as fait rire, mais tu n’avais pas grand chose à nous raconter.
Le mot de Marcellin – On ne peut jamais réellement détester un film d’Iron Man, car il a pour interprète un des acteurs les plus brillants de sa génération. Mais clairement pouvons nous aborder le sujet Mickey Rourke ? En plus d’être pathétique à l’écran et honteusement caricatural, il rend le film pratiquement inutile quant au développement d’une quelque narration. J’ai même tendance à penser que le réalisateur a voulu l’humilier en lui offrant un tel rôle…

L’info du fan : présentation du SHIELD et apparition de Black Widow

19 – Thor (2011)

L’avis d’Eugénie – Sur le papier, un space opera viking c’était déjà un pari risqué. Pourtant, il y avait un « je ne sais quoi » d’osé dans ce partis-pris Shakespearien qui rendait le tout bizarrement plausible. Asgard était bluffante et Loki reste l’un des meilleur méchant du MCU. Mais le scénario était bien trop rapide pour être crédible. Soyons honnête, même Natalie Portman ne peut transformer un gros bourrin bouffi d’orgueil en humaniste en seulement 48h.
Le mot de Marcellin –  Pourtant aficionado de beaux blonds et de leurs drakkars, je n’ai pas été le public attendu par Thor. Affublé d’effets spéciaux digne de ce nom, ce film peine à convaincre par, son personnage principal ! Cette version du Dieu au marteau fait pour ma part peine à voir. Avec son charisme de planche de surf, il se fait royalement détrôné par Loki qui reste une figure emblématique de MCU (TOOOOOOOM VIENS DANS MES BRAS). Côté scénario, Eugénie a tout dit, une intrigue passée à la trappe malgré quelques efforts.

18 Ant-Man et la Guêpe (2018)

L’avis d’Eugénie – Parenthèse légère post Infinity War mais à l’action antérieure à ses événements, le second volet de l’homme-fourmi fait figure d’épisode anecdotique dans le MCU que même la présence au premier plan de la Guêpe ne peut sauver de l’oubli. Au final, ne demeure que la beauté de l’image et l’humour quand le scénario lui s’est évanoui en un claquement de doigt…
Le mot de Marcellin – Cet opus est certes divertissant et pas désagréable à visionner, mais réalisé comme une volonté de meubler l’attente des fans car terriblement prévisible. L’intrigue est loin d’être aboutie, et se rattrape par ses effets spéciaux léchés et un homme-fourmi certes toujours aussi attachant.

17 – Thor 3 : Ragnarok (2017)

L’avis d’Eugénie – Je vous entends déjà hurler alors je vous rappelle que ce classement est très subjectif… Désolé mais l’humour lourd n’excuse pas la trahison des personnages et je ne peux pardonner les sacrifices de Loki et Bruce Banner sur l’autel de la blague. TU AS EU THOR !

16 – Dr Strange (2016)

L’avis d’Eugénie – Quand Docteur House se la joue Inception puis passe en mode Interstellar… La totalité du film ressemble à son dernier acte, une grosse impression de déjà-vu bien que les effets spéciaux soient fantastiques. Soit dit en passant, c’est criminel de ne pas avoir su faire un meilleur usage Rachel McAdams !
Le mot de Marcellin – Ce film est l’illustration de mon avis général sur le MCU. Je dois applaudir l’énorme travail visuel opéré sur ce film, qui rend l’esthétique générale plus que convaincante. Les acteurs sont aussi très justes, ce qui empêche clairement de s’ennuyer. Mais je reste sur ma faim quant au rythme et à l’intrigue, qui me paraît décousu, sans réel but ni parti pris affirmé.

L’info du fan : apparition de la pierre du temps (l’oeil d’Agamotto)

15 – Thor 2 : le monde des Ténèbres (2013)

L’avis d’Eugénie – Bon, là je ne vais pas faire l’unanimité… Thor 2 est l’une de mes faiblesses inavouées malgré ses (très) nombreux défauts. Au-delà d’un univers plus travaillé et d’un l’humour plus subtil que dans ses autres opus, la scène d’enterrement reste l’une des plus poétiques du MCU. Et sinon ? Tom Hiddleston, Natalie Portman, Idris Elba et Asgard !
Le mot de Marcellin – Désolée j’ai pas eu le courage de me souvenir de ce film… (Dory dans Le monde de Némo c’est moi !)

L’info du fan : apparition de la pierre de la réalité (Éther)

14 – Captain America : First Avengers (2011)

L’avis d’Eugénie –  J’ai dû revoir ce film pour trouver quelque chose à en dire… voilà ! Un héros gentil (jolie transformation au passage) combat un méchant pas gentil avec des coéquipiers gentils (le duo Carter-Stark est sympathique) dans un film… gentil.
Le mot de Marcellin – Je me suis tellement ennuyé que je me suis arrêté au bout de 20 minutes. Bisous.

L’info du fan : apparition de la pierre de l’espace (Tesseract)

13  Captain Marvel (2019)

L’avis d’Eugénie – Petit dernier avant le « endgame », Captain Marvel introduit sur le tard un personnage surpuissant qui doit encore faire ses preuves pour nous convaincre émotionnellement. Carole Danvers est assurément un bon atout pour les Avengers, mais il faudra qu’elle se dévoile davantage tout en maîtrisant ses pouvoirs pour ne pas paraître trop « cheatée ». L’alchimie avec Nick Fury et le chat Goose pourrait être ses meilleurs atouts !
Le mot de Marcellin – Aaah la grande Captain Marvel. J’ai toujours une certaine appréhension mais néanmoins excitation lorsqu’un personnage féminin majeur pointe le bout de son nez. Ici, je suis ni déçue ni enthousiaste : Carole fait le job sans pour autant transcender par son charisme. L’ensemble est plutôt efficace et c’est un délice de découvrir autrement le célèbre Nick Fury, mais si on s’attache aux détails, ce n’est qu’une mise en bouche un peu fade qui manque vraiment de punch. Nous attendons avec impatience de voir ce que Captain Marvel a réellement dans le ventre…

L’info du fan : Captain Marvel rejoint le MCU

12 – Les Gardiens de la Galaxie Vol 2 (2016)

L’avis d’Eugénie – Nebula, Mantis et Yondu au top ! Les Gardiens au flop ! L’exemple typique de la suite sous cocaïne qui finit en bad trip, neurone douloureux, yeux fatigués, mâchoire crispée… Mais bon, il a quand même « The Chain » de Fleetwood Mac en BO.
Le mot de Marcellin –  HONTE A TOI EUGÉNIE ! Là les gars, je ne peux pas partager l’avis de cette jeune dame. « Les Gardiens de la Galaxie 2 » est absolument FRAPPADINGUE. Le rythme, l’humour, les personnages, les effets spéciaux, tout est à savourer comme dans un buffet à volonté ! Mention spéciale à Baby Groot et cette scène mythique et hilarante de distorsion de face !

11 – Avengers : l’ère d’Ultron (2015)

L’avis d’Eugénie – Moins abouti que le premier, Ultron n’étant pas un antagoniste aussi intéressant que Loki, l’humour et l’action sont quand même au rendez-vous avec quelques scènes mémorables entre histoires de marteau, ville volante et bataille de géants (Hulk VS Iron Man).
Le mot de Marcellin –  Je salue cet opus par certaines justesses en terme de psychologie de personnages et d’évolution de certaines relations. C’est un vrai moment de divertissement avec de rares instants d’ennui, et surtout un époustouflant travail d’effets spéciaux.

L’info du fan : Apparition de la pierre de l’esprit (sur le front de Vision) – Scarlet Witch rejoint les Avengers

10 – Captain America : Civil War (2016)

L’avis d’Eugénie – Est-ce que quelqu’un a vu l’étalonneur siouplai ? C’est gris tout ça ! Non, personne ? Bah poursuivons. Malgré un scénario bien construit, la conclusion donne la sensation d’avoir un peu tourner en rond. Les acteurs sont convaincants, mentions spéciales aux petits nouveaux magistralement introduits (dans l’univers Marvel hein) et à Robert Downey Jr. qui donne une dimension supplémentaire à son personnage.

L’info du fan : Apparition de Black Panther et Spider-Man rejoint le MCU

9 – Ant-man (2015)

L’avis d’Eugénie – Sur le papier, le projet d’une adaptation de « l’homme fourmis » sentait le ridicule. L’intelligence du film c’est d’avoir su en rire ! Sous ses faux-airs de film de braquage, Ant-Man est désopilant notamment grâce à un Paul Rudd au meilleur de sa forme ! Bon, côté vilain c’est toujours pas ça et il faudra un jour qu’on parle sérieusement de la coiffure d’Evangeline Lily !
Le mot le Marcellin – Un homme fourmi. Déjà le concept vaut le détour. Le film, porté par Paul Rudd illustre bien cette drôlerie. Le mini pouce est doté d’un sacré humour qui fait tout le charme des Marvel.

8 – Spider-Man : Homecoming (2017)

L’avis d’Eugénie – Mes marvels préférés sont ceux qui réussissent à trouver un ton et une identité presque indépendantes du MCU. Homecoming en fait parti. Tom Holland signe la meilleure union Peter Parker/Spider-Man face à un méchant charismatique (une fois n’est pas coutume) avec de bons retournements de situation et une voix propre façon teen movie.
Le mot de Marcellin – Je regrette même qu’Eugénie ne le place pas plus haut dans le classement ! Cette version de Spider-Man est juste un délice, très juste et tout simplement hilarante. Sa petite bouille me rappelle même quelques ex bourrés d’innocence avant de me rencontrer…

7 – Black Panther (2018)

L’avis d’Eugénie – Black Panther est le coup de génie marvélien de 2018. Casting au top, message au top et MÉCHANT AU TOP ! Comme quoi les « rêves deviennent réalité » (j’ai le droit, Marvel c’est à Disney maintenant) ! Dommage qu’à mi-parcours le scénario retombe dans le prévisible.
Le mot de Marcellin – Je vous en dis pas plus allez voir notre critique dans le lien ci-dessus 😉

6 – Iron Man (2008)

L’avis d’Eugénie – Première pierre de la franchise, il fallait quelqu’un de drôlement solide pour supporter pareil édifice. Pourtant la trame de l’origin story est on ne peut plus banale et le méchant (je vous le donne en mille) très dispensable, surtout dans son dernier arc. Le génie d’Iron Man c’est tout simplement Robert Downey Jr. qui incarne le milliardaire égocentrique à la perfection en y ajoutant un sens de l’ironie délectable. Déjà CULTE !
L’avis de Marcellin – Bah en fait j’ai rien a ajouté, Eugénie a tout dit…

5 – Iron Man 3 (2013)

L’avis d’Eugénie – Nombreux sont les encenseurs de l’humour et de l’audace de Thor : Ragnarok qui a osé « déconstruire » son héros. Vous savez quel film a fait ça avant et en mieux ? Iron Man 3 ! Ce volet pousse l’ironie au maximum et joue avec le sens premier du « pathétique » tout en y ajoutant une dose de burlesque (cf. le Mandarin). Tout simplement l’un des films les plus drôles du MCU et une excellente conclusion à l’axe solo de Tony Stark qui a enfin appris à ÊTRE Iron Man !
Le mot de Marcellin – Cet opus est tout simplement le meilleur. L’intrigue est ficelée à la perfection, et nous surprend de façon ahurissante. Mêlant humour et action, Iron Man 3 a trouvé le rythme qui lui colle à la peau.

4 – Captain America : Winter Solder (2014)

L’avis d’Eugénie – Sans conteste le meilleur Marvel des frères Russo. Là où pour la plupart mon intérêt diminue avec le temps, Winter Solder me séduit davantage à chaque visionnage. D’autant plus surprenant quand on connait mon peu d’estime pour ce boyscout de Steve Rogers. Il fallait se lever tôt pour nous faire avaler un complot nazi survivant à l’intérieur d’une agence gouvernementale américaine… et pourtant ! L’intrigue évolue subtilement vers le film d’espionnage, comme un hommage plus ou moins avoué aux « Mission Impossible », avec de vrais enjeux et des scènes d’action variées et dantesques. Chapeau les Russo !

3 – Les Gardiens de la Galaxie (2014)

L’avis d’Eugénie – Gros son + bon humour + top action + supers personnages – méchant tout pourri = un quasi sans faute ! On frôle la perfection.
Le mot de Marcellin –  Alors les gars, moi c’est mon Number 2 ! Les Gardiens sont vraiment les ovnis du MCU. Un humour piquant, des personnages parfaitement ficelés, des méchants géniaux, rien est à jeter !

L’info du fan : apparition de la pierre du pouvoir (l’orbe)

– Avengers Infinity War (2018)

L’avis d’Eugénie Qu’il a été dur de classer ce film qui par bien des aspects et le plus incroyable de la franchise ! Thanos à lui seul mériterait de voler la première place ! Les enjeux, l’action, l’émotion sont au paroxysme de l’univers Marvel. Peu importe les changements qu’apporteront Endgame, Infinity War a réalisé deux choses primordiales pour le cinéma de genre : faire de son antagoniste le personnage principal et… le laisser gagner ! Cette fin est déjà iconique, comme de nombreuses scènes et répliques… alors pourquoi seulement deuxième ? Parce qu’il fallait choisir et que malgré mon amour pour cet Avengers, je peux lui trouver des défauts, notamment dans la bataille du Wakanda… pas pour le premier.
Le mot de Marcellin – Je dois contredire ma chère Eugénie. Cet opus a sa première place dans mon coeur. Pour une raison : c’est Thanos qui remporte la victoire… mais pas la guerre 🙂 (?) Porté par une esthétique magistrale, une intrigue de haute voltige, ce film est porté par une atmosphère presque sinistre distillée par la seule pensée de Thanos. C’est pour moi LA réussite de la franchise. Et dans une version nihiliste de l’univers Marvel, on pourrait s’arrêter là 😉

1 – Avengers (2012)

L’avis d’Eugénie – Josh Whedon je vous aime ! Le papa de Buffy est le maestro de cette fable épique, assemblant un à un nos héros (bienvenu Mark Ruffalo) face à l’excellent Loki. L’image jongle habilement entre les personnages et réussie non seulement à faire exister toutes les individualités, mais à sublimer la dynamique d’équipe ! Sans parler des dialogues bourrés de références qui relèvent de la haute voltige scénaristique. SUPER !
Le mot de Marcellin –  Je dois reconnaître que ce premier « Avengers » est une très belle entrée en matière. Chaque personnage se complète tout en étant très différents, les acteurs sont parfaits pour leurs rôles et même certains personnages qui m’horripilent d’accoutumée me séduisent quelque peu une fois dans la mêlée. Mais je n’aurais pas mis « Avengers » en tête du classement car j’ai une préférence pour les films qui se focalisent sur un personnage en particulier. La team de super héros est donc très efficace, mais perd selon moi en substance et en véritable profondeur…

Et maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre Avengers : Endgame qui sortira le 24 avril.

Captain Marvel

Captain Obvious

Kezako ?

Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

La critique d’Eugénie – 6/10

Dernier épisode solo avant l’apothéose collégiale Avengers: Endgame, attendu pour le 24 avril, Captain Marvel a une triple fonction : Proposer le premier personnage PRINCIPAL féminin du MCU, amorcer la conclusion de la phase 4 et introduire un nouveau super-puissant-héros pour prendre la tête de la franchise après Endgame. Des attentes lourdes et des bandes-annonces léchées qui laissaient présager le meilleur après le très bon Infinity War, mais délivrent un long-métrage écrasé par le poids de sa fonction et le conformisme de son genre. Captain Marvel n’est pas un mauvais film pour autant, il est juste, une fois de plus, très classique dans son fond et sa forme et n’a pour seul intérêt que son ambition féministe, même si le parti pris peut paraître un brin putassier au vu de l’actualité. Mais comme pour Black Panther, il faut savoir valoriser les bonnes intentions… dommage que l’exécution ne soit pas aussi réussie que pour ce dernier.

Parmi les réussites du film, on notera (comme d’habitude) la qualité des effets spéciaux malgré une réalisation sans intérêt. Côté humour rien à déclarer, hormis quelques gags déjà vus dans Avengers ou Thor : Ragnarok, la plupart des blagues s’appuyant cette fois-ci sur les années 90 et introduisant un sidekick qui ne tardera pas à devenir culte : le chat Goose !
Très bonne surprise également du côté des personnages secondaires, en majorité bien écrits et à l’excellent Samuel L. Jackson qui interprète un Nick Fury plus jeune et fun, sublimé par un rajeunissant numérique stupéfiant de réalisme. Le tandem façon budy movie entre l’agent du Shield et la guerrière de la Starforce Kree fonctionne à merveille et nous fait regretter de ne pas avoir eu un film encore plus axé sur cette dynamique, à l’instar de Black Widow et Captain America dans le Soldat de l’hiver, ce qui aurait offert plus de profondeur à l’héroïne.

Car les deux personnages les moins convaincants du long-métrage sont bien Carole Danvers ET de Captain Marvel !
La première est entravée par un scénario très statique, contraignant l’ampleur émotionnelle de son héroïne sous couvert d’amnésie traumatique mais finissant par donner l’illusion que le personnage n’évolue pas. Certes les mimiques et l’insolence de Brie Larson sont amusantes et rendent clairement hommage aux héros des années 90 (un petit air de Will Smith dans Independance Day) mais Carole, elle, manque trop de caractérisation et de nuances pour qu’on s’y attache.
Quant à Captain Marvel, elle souffre du syndrome de Superman. Sa toute-puissance devient gênante pour l’intrigue car les enjeux en sont d’emblée diminués et les combats trop aisés. Sans failles, il n’est point de dépassement de soi et sans dépassement, on ne peut donner vie au sens de l’épique. La force d’un héros se mesure à l’aune de ses faiblesses, et si Kal-El a la kryptonite, Clark Kent a les fragilités psychologiques d’un être humain, c’est pour cela que le public peut s’identifier à lui.

Captain Carole devra s’humaniser davantage si elle compte prendre la tête du MCU, au risque de perdre un peu de puissance et d’accepter une forme de fragilité qui, de fait, a beaucoup plus à voir avec l’humanité que la féminité…


Réalisé par Anna Boden, Ryan Fleck
Avec Bree Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Ben Mendelsohn, Annette Bening, Lashana Lynch…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 6 mars 2019
Durée : 2h 04 min 

Aquaman

Waterworld

Kezako ?

Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

La critique d’Eugénie – 3/5

Si la qualité des films du DCCU reste pour le moins inégale (voir nulle), plusieurs de ses héros n’ont pas à en pâtir tant leur réputation est déjà faite. Superman et Batman ont eu droit au traitement de luxe cinématographique, avec son florilège de grands noms (Reeves, Burton, Nicholson, Nolan etc.) et d’autres comme Wonder Woman et Flash ont connu leurs heures de gloire sur le petit écran. Mais dans le rutilant catalogue héroïque de DC, nombreux sont ceux à n’avoir pas su se faire une place en dehors des pages des comics. Méconnus, bizarres, kitschs, ou malheureuses victimes d’un nanar propre à entacher leur réputation sur des décennies (kof kof Green Lantern et Catwoman), ils sont nombreux à attendre en coulisses.
Héros déjà presque parodique dans son propre univers, Aquaman n’est certainement pas le choix de la facilité et c’est pourtant celui que James Wan a fait quand Warner Bros lui a proposé de piocher dans son inventaire – pardonnez-moi l’expression, mais le bonhomme porte ses couilles.

Si beaucoup s’attendaient à une version DC des Gardiens de la Galaxie, c’est avec Thor que le roi d’Atlantide a le plus de points communs, ne serait-ce que par son univers dense, compliqué à installer et à crédibiliser auprès d’un grand public. Et c’est là que le talent du réalisateur entre en jeu ! Aquaman est peut-être le film le plus abouti visuellement de la franchise, évitant l’habituelle bouillie numérique finale dont même Wonder Woman n’avait su échapper (sans parler de cette maudite moustache) ! Beau et fluide, autant dans ses transitions que dans l’esthétisme global du monde sous-marin, Aquaman trouve dans son parti pris flashy et kitsch le courant de la cohérence, bizarre et risqué mais qui mène pourtant le spectateur à bon port. Costumes, décors et bestiaire mythologique (#Lovecraft) se mêlent dans des plans stylisés, saturés de CGI et pourtant assez stupéfiants, servis par une caméra aussi grandiose qu’angoissante selon ses envies.
C’est d’ailleurs dans ces scènes d’action que le héros se démarque vraiment de la concurrence. Sans accroc ni surcutage, les séquences sont d’une limpidité remarquable où les chorégraphies et la mise en scène sont enfin mises en valeur. Elles permettent au détour de donner un peu de substance aux performances des acteurs, pas franchement exceptionnelles malgré la bonne alchimie du tandem de tête d’affiche, Jason Momoa et Amber Heard respectivement dans les rôles d’Arthur Curry et Ariel.. euh Mera, incarnation ultime du dilemme tentateur pour tous les bisexuels !

Aquaman emprunte de nombreux codes au film d’action des années 90, jouant sur une forme de nostalgie plus subtile que les références directes (apanage des Marvel) et assume pleinement son aspect parodique. Passé le postulat du second degré, on accepte à peu près tout, même son côté monstrueusement kitsch ! Le jeu des acteurs est kitsch, les personnages sont kitshs, les dialogues sont kitshs, voire mauvais, et pourtant le film réussit à nous en amuser par un ton décomplexé qui devient vite jouissif (bien différent du sérieux dépressif de Batman V Superman – #Martha) !

L’ensemble tisse une odyssée fluide et divertissante bien loin du naufrage annoncé. On sort de la salle avec un mince espoir que le DCCU réussisse à sortir du gouffre, pourvu qu’il ne regarde plus en arrière… Alors un conseil Arthur : nage droit devant toi !

La critique de Marcellin – 3,5/5

Ah les DC et ses adaptations ! Ma grande hantise ! Après des films catastrophiques de cette franchise pourtant riche et intense, un nouvel opus sort en salle. James Wan se jette donc à l’eau avec son adaptation d’Aquaman, le super-héros le plus wet ! Déjà aperçu aux côtés de ses comparses de la Justice League, le beau gosse aqueux est toujours interprété par le bestial et ultra sexy Jason Momoa. Je dois avouer qu’en plus d’être mon péché mignon, il me donne l’envie d’aller le contempler sur grand écran. Mais au délà de la beauté visuelle du film et du personnage principal, l’oeuvre a une véritable griffe et un parti pris très surprenant. Tartinant l’image de kistch et d’effets visuels, James Wan arrive pourtant à nous séduire : avec un nanar totalement assumé ! Malgré un humour parfois lourd, et des longueurs évidentes, le réalisateur arrive à nous embarquer dans son imaginaire, et on le voit s’éclater dans un genre qui lui est méconnu.

Le film a des petits trésors disséminés avec parcimonie. Les costumes sont à tomber (Amber Heaaard), le rythme entraînant et la variété de décors parfaitement maîtrisée. Mention spéciale à cette scène signature digne du cinéma de James Wan, cette descente aux enfers teintée d’un rouge flamboyant est d’une beauté époustouflante.  Bémol pour la musique surfant encore sur cette vague 80’s, noyée de synthé à outrance…


Réalisé par James Wan
Avec Jason Momoa, Amber Heard, Nicole Kidman, Patrick Wilson
USA – Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 19 décembre 2018
Durée : 2h 24 min 

« Le retour de Silver » dans la ville qui ne dort jamais – DLC Spider-Man

En brève : Gaming

Suite et fin du pack « La ville qui ne dort jamais ». Il est temps de clôturer cet épisode gaming dédié à Spider-Man avec le dernier chapitre du DLC : « le retour de Silver » !
Hammerhead s’est offert une petite mise à jour bionique (qui chatouille notre conception de la crédibilité) et un nouvel équipement pour ses hommes, « emprunté » à Sable Internationale. Premier constat, la réévaluation de la difficulté n’est plus qu’une impression ! Les ennemis sont plus costauds et l’IA moins permissive pour renouveler la sensation de challenge. Du reste, si les mécaniques de combat ne changent pas, on notera quelques petites variantes bienvenues dans les crimes et les repaires de gangs. Mais malgré ces améliorations, la redondance est inévitable et nous fait prendre conscience que nous arrivons au bout des possibilités du jeu. Les activités annexes, débloquées tardivement, deviennent pénibles et les défis de Screwball appellent à la digitale detox – il est vraiment temps de l’enfermer celle-là ! On regrette également le choix du boss final et que la séquence de jeu avec Peter Parker n’ait pas été plus exploité.

Le point fort de ce DLC réside une fois de plus dans son scénario qui propose de bons développements à ses personnages féminins. Silver revient en ville nous « aider » à mettre un peu d’ordre dans cette pagaille, livrant au passage certaines des interactions les plus drôles du jeu. Quant à Yuri, elle emprunte une voie plus sombre qui, bien que nous laissant sur notre faim, promet des pistes intéressantes pour la suite (nul doute qu’il y aura une). Dommage que ces différentes histoires n’aient pas été traité comme une seule et même trame scénaristique.

Au final , »Le retour de Silver » est une bonne conclusion avec une durée de vie un peu plus longue que pour les précédents chapitres. Et même si on aurait préféré un seul gros DLC, « Spider-Man » n’aura pas démérité dans ses dernières heures, offrant même aux fans un ultime cadeau : LE costume emblématique des films de Sam Raimi !

une brève d’Eugénie

 

 


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 octobre 2018 – DLC « La Guerre des Gangs » sorti le 20 novembre 2018 – DLC « Le retour de Silver » sorti le 21 décembre 2018

Hammerhead mène « La Guerre des Gangs » – DLC Spider-Man

En brève : Gaming

Hey les gamers ! La seconde extension du jeu Spider-Man sur PS4 est sortie !
Black Cat est out, Hammerhead lance l’offensive contre la Maggia de New York, Yuri perd ses repères, et les méchants creusent des tunnels sous la ville… Ça va barder ! D’ailleurs, forcé de constater que la mafia a pris la confiance et se laisse moins facilement malmener. Plus vigilants en infiltration, plus agressifs en combat, l’augmentation du niveau des ennemis a le mérite de renouveler la sensation de défi et de rallonger un peu la durée de vie du DLC, égale à celui de « La Casse » (3h pour le 100%). Un upgrade qui peut se payer cher sur le boss final si on est trop sûr de soi. Dommage que les nouvelles tenues ne débloquent toujours pas de compétences ou gadgets pour mixer un peu les plaisirs… Graphiquement, le jeu est toujours aussi beau et offre même quelques nouvelles cinématiques absolument dantesques. Par contre, est-ce que c’est moi où les podcasts de Jameson sont de moins en moins audibles ? – Nan mais c’est une vraie question là !
Mais si « La Guerre des Gangs » se veut plus difficile, son récit lui est plus prévisible et la fin télescopée en devient irritante. La quête principale semble s’être encore raccourcie et souffre d’un rythme maladroit, cassant le suspens et les bonnes idées de développement de personnages.
Bref… il faudra désormais attendre le retour de Silver Sable dans le troisième et dernier DLC prévu pour courant décembre (surement autour du 20) pour clôturer ce chapitre des aventures de l’Araignée. Le rendez-vous est pris !

une brève d’Eugénie


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 octobre 2018 – DLC « La Guerre des Gangs » sorti le 20 novembre 2018

« La Casse » de Black Cat dans le 1er DLC de Spider-Man

En brève : Gaming

Oyez oyez bonnes gens, je suis fière d’inaugurer le nouveau format des brèves avec pour l’occasion un invité de marque : SPIDER-MAAAAAN ! – oui je me chauffe toute seule, et alors ?!

Le très bon jeu de ce début d’année – la critique ici – s’offre un DLC scénarisé de trois missions dont la première, intitulée « La Casse » (The Heist) est sortie ce 23 novembre. On ne va pas se mentir, on replonge avec avidité dans l’aventure PS4 du Tisseur, d’autant plus que l’extension répond à la plus grosse frustration du jeu principal : Black Cat is back ! Le personnage tant et tant teasé (maudites poupées) est enfin là et elle envoie du lourd ! Anti-héroïne féline, Felicia Hardy n’échappe pas à la comparaison avec sa rivale (et modèle) de DC, Catwoman, mais s’en sort avec les honneurs grâce à son ton plus fun et moderne. L’alchimie entre les deux personnages fonctionne à merveille (mieux qu’avec Mary Jane) et l’histoire nous accroche vite, espiègle et tendue, tout comme un chat jouant avec nos nerfs pour finir par… nous mettre un gros vent (sale bête) ! La fin abrupte et un poil expéditive ne satisfera pas tout le monde, d’autant plus que le jeu est un peu court, 3h pour le 100%.
Côté mission, rien de nouveau à New-York, crimes, défis et bases sont dupliqués pour donner l’illusion de densité quand les nouveaux costumes ne servent qu’à faire joli, n’ayant pas de pouvoir associé. On notera quand même l’ajout d’un nouveau type d’ennemi, plus dur à cuire, et un effort sur l’I.A, moins à l’ouest.
En bref… on poursuit l’expérience plus pour le plaisir que pour le challenge, en attendant que les deux autres extensions du pack « La ville qui ne dort jamais » ne viennent conclure cet épisode de Spider-Man… À vos manettes ! Prêt ? Tissez !

une brève d’Eugénie


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 novembre 2018

Venom

Anti-Venom

Réalisé par Ruben Fleischer
Avec Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 10 octobre 2018
Durée : 1h 15min

Kezako ?

Possédé par un symbiote qui agit de manière autonome, le journaliste Eddie Brock devient le protecteur létal Venom.

La critique d’Eugénie – 2/5

Bien qu’ayant accepté de « prêter » Spider-Man au MCU le temps de quelques films, Sony n’a pas laissé tomber l’idée de créer son propre univers en y réintégrant le héros plus tard. Lorsque le projet « Venom » fut annoncé en tête de file d’une potentielle nouvelle saga, les fans se sont tous posés la même question : peut-on faire un Venom sans Spider-Man ? Bah… faut croire que non !

Même Tom Hardy n’a pas pu sauver ce « Suicide Squad » sauce Marvel.
La première moitié faisait pourtant presque illusion, sans grand génie mais suffisamment rythmée pour nous empêcher de voir la catastrophe venir. Puis le film déraille, devenant aussi schizophrène que son personnage principal, sans réussir à trouver une cohérence de ton, de genre ou même de scénario.
On reste donc sur du classique : un « héros » affronte des méchants très méchants avec des ambitions de méchants cachées sous du bullshit scientifique tellement bidon que le film ne respecte pas ses propres règles. Voir Riz Ahmed passer des « Frères Sisters » à ça… aïe ! Le look du symbiote assure la partie spectacle mais finit par se fondre en infâme bouillie numérique dans l’affrontement final. Quant à Michelle Williams, même elle ne sait pas ce qu’elle fout là.

Mon premier est un cube avec des points, mon second est un reflux gastrique, mon tout est le film « Venom » de Sony : DÉ-BILE ! Mais à ce niveau-là, mieux vaut en rire…
D’ailleurs on n’a pas vraiment le choix face à la bêtise lourdingue de certains dialogues.
Mais c’est peut-être là que réside le salut du long métrage… La relation Venom/Brock prend des airs de buddy movie comique, réussissant à nous faire rire, même par dépit.

En tant que film indépendant, « Venom » pourrait passer pour une version dark de « The Mask ». Mais pour toute personne connaissant le personnage, on se rapproche plus du Deadpool de « X-Men Origins : Wolverine » (ou de Green Lantern) ! Comme quoi, Sam Raimi mérite peut-être des excuses…

Ant-Man et la Guêpe

« It’s a small after all… »

Réalisé par Peyton Reed
Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Hannah John-Kamen…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 18 juillet 2018
Durée : 1h 58min 

Kezako ?

Après les événements survenus dans Captain America : Civil War, Scott Lang a bien du mal à concilier sa vie de super-héros et ses responsabilités de père. Mais ses réflexions tournent court lorsque Hope van Dyne et le Dr Hank Pym lui confient une nouvelle mission urgente… Scott va devoir renfiler son costume et apprendre à se battre aux côtés de La Guêpe afin de faire la lumière sur des secrets enfouis de longue date…

La critique d’Eugénie – 2,5/5

Assigné à résidence depuis les événements de Civil War, Scott Lang doit renouer avec ses anciens coéquipiers partis à la recherche de Janet van Dyne dans le monde de l’infiniment petit… Marvel de transition censé faire patienter les fans jusqu’à la suite d’Infinity War, le second volet d’Ant-Man est malheureusement assez anecdotique.

Le premier épisode avait pourtant su créer la surprise en 2015. Film de casse super-héroïque, le choix de Paul Rudd dans le rôle-titre avait donné une dimension supplémentaire à l’autodérision du personnage. Mais la machine Marvel a trop souvent tendance à dupliquer ses formules gagnantes sans les renouveler… Tout au mieux, il leur donne une dose de stupéfiant mais en substance, on prend les mêmes et on recommence (Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2) !
Sauf que le schéma commence à s’user et, plus embêtant, à nous user !

Pour autant le film possède de nombreuses qualités, la première étant de mettre la Guêpe (the Wasp) au même plan que l’homme-fourmi, lui offrant au détour les meilleures scènes d’action. Dommage que l’alchimie romantique entre les deux acteurs soit si faible… Au moins l’humour fonctionne, même s’il est plus poussif que sur le précédent opus.
Ant Man and the Wasp est également très abouti visuellement, travaillant toujours plus l’imagerie du MCU en explorant cette fois-ci le monde quantique, quand les scènes de combat allient intelligemment chorégraphie, technologie et design, notamment celui de Ghost.

Un film d’action qui après le parti pris du braquage tente celui de la cavale mais sans en maitriser le rythme. C’est à travers ses trop nombreuses longueurs que les défauts d’écritures du long-métrage apparaissent. Entre sidekicks mal exploités, méchants secondaires superflus, back story mal amenée et évolution émotionnelle des héros inexistante… la contribution d’Ant-Man 2 au MCU est à l’image de son héros : minime !
Un problème qui relève également de l’erreur marketing.

Après la claque Infinity War, fans et cinéphiles du monde entier sont en quête de la moindre bribe d’information concernant la suite. Mais les aventures d’Ant-Man se passant avant les événements du dernier Avengers, le film ne pouvait (presque) que décevoir en ayant une sortie plus proche d’Infinity War que de Captain Marvel (mars 2019). D’autant plus que l’unique lien avec le MCU réside dans une scène post-générique essentielle, maladroite et un brin incohérente, qui n’aura de résolution que dans… Captain Marvel ! Peut-être la fourmi aurait-elle eu meilleur accueil si elle avait attendu la saison des rennes…

Ant-Man et la Guêpe est une parenthèse amusante et légère, dont l’histoire propre est complètement oubliable, mais dont l’Histoire est une clé de décryptage majeure pour ce que sera l’avenir du MCU. Comme un portail qui s’ouvre en quelque sorte…