What about Disney+ ?

En faut-il peu pour être heureux ?

Lancé en fanfare le 7 avril dernier en France, malgré un report lié au coronavirus, la plateforme de streaming made in Disney tombe à point nommé en cette période de confinement, surtout pour les parents débordés, mais pas que !

Seulement il y a un os, d’aucuns déplorent déjà un catalogue trop petit, à l’univers enfantin, de films que pour la plupart le public connaît déjà par coeur. Une offre qui manquerait de variété et de poids pour concurrencer les autres networks. De fait, côté budget ça commence à chiffrer ! Si l’abonnement en lui-même n’est pas cher (6,99€/mois), il vient s’ajouter à celui de Netflix, Prime Vidéo, OCS et pour certains, My Canal (ou simplement Canal +) ou le streaming musical, que vous soyez team Deezer ou Spotify, sans parler des éventuels abonnements de cloud gaming. L’air du streaming et de la dématérialisation ne faisant que commencer, plus l’offre se diversifiera et plus il faudra faire des choix dans les sites à prioriser, au-delà même des déjà existants partages de comptes entre les potes et les familles.
Pour ce qui est des plateformes de streaming vidéo, on reviendra sous peu pour vous proposer un petit comparatif des grands networks, avec quelques pépites annexes, mais pour l’instant, parlons de Disney+ et de ce que Mickey a à nous offrir ici !

Des limites fonctionnelles

Petit aparté technique pour commencer. On oublie souvent que sur une plateforme, l’ergonomie et l’expérience d’utilisation sont elles aussi importantes. Disney fait le choix du minimalisme, les couleurs et l’agencement étant plutôt agréables, bien que sa structure soit calquée sur celle de Netflix (comme beaucoup d’autres). Mais la fonctionnalité elle, ne suit pas ! Le site manque de finition à tous les égards : ajouter un film ou une série à sa liste de lecture est pénible puisque pas directement possible depuis le menu, la recherche par mots-clés est mauvaise, on n’en propose pas par décennies (permettant de dégoter plus facilement de vieux trésors) et les suggestions personnalisées sont bidons (c’est toujours les mêmes trucs qui tournent). Détail tout aussi irritant, si on ne va pas jusqu’au bout des génériques (interminables) les films restent en « Poursuivre la lecture » (oui je suis névrosée mais ça m’énerve) !
Et en parlant de « lecture », là aussi les options sont décevantes. Les choix des langues sont restreints (alors que côté marketing, un module pour apprendre une nouvelle langue via un Disney ça aurait eu de la gueule) et la firme rate une occasion en or de toucher à l’iconique en proposant de choisir la version (année) du doublage.

L’onglet bonus proposé avec les oeuvres est lui aussi bien pauvre avec ses bandes-annonces. Où sont les scènes coupées, les makings-offs, les reportages qui auraient pu créer une valeur ajoutée ? Mieux encore, pourquoi ne pas proposer les versions longues de certains films, comme pour Avatar ? On se doute que l’idée est de ne pas trop empiéter sur le marché des DVD, mais pour des longs-métrages sortis il y a plus de dix ans, c’est dommage de ne pas avoir saisi l’opportunité d’offrir un contenu ne ciblant pas uniquement les familles avec enfants.

Alerte censure !

Bah tient, en parlant de DVD, certains se sont déjà amusés à comparer leurs versions avec celles on-line de Disney+… Il semblerait que Mickey ait pris certaines libertés avec son catalogue, retouchant et recadrant les scènes qu’il ne juge pas assez lisses pour son image de site tout public, quand il ne s’est pas simplement abstenu de mettre les oeuvres qui, compte tenu de leur époque de production, ne respectent pas le politiquement correct de la nôtre ! Internet en parle déjà en long en large et en travers et les exemples se multiplient à mesure qu’ils sont découverts : une scène du générique de Toy Story 2 pas assez me-too, des plans redécoupés dans Fantasia pour planquer les centaures noirs (référence effectivement bien raciste) mais aussi des trucs bien plus absurdes, comme la vilaine fourrure en pixel sur les fesses de Madison dans Splash (dans un film où, je précise, un mec passe son temps à regarder sous les jupes des femmes) ou encore le sèche-linge de Lilo & Stich transformé en… genre de meuble à pizza visiblement ! Bah oui, parce que faudrait pas que les gamins fassent comme Lilo et essayent de se cacher dans le lave-linge, des fois que parents et enfants soient dépourvus de tout bon sens, pour ne pas dire complément abrutis – perso, c’est pas parce que le tapis dans Aladdin vole que j’ai essayé de faire pareil en sautant du balcon, même gamine ! Surtout que dans la nouvelle version, la pizza pourrait faire penser à un four… Attendez, il y a peut-être une idée à creuser là !version-spizza_lilo_stich-1024x438.jpg
Bref, on peut lui trouver toutes les raisons du monde, la censure reste la censure ! Alors il est vrai que Disney cherche peut-être simplement à ne pas choquer et blesser par des propos et des images qui ne sont plus de notre temps (enfin si seulement). Mais loin de faire amende honorable, l’impression qui en ressort est que la firme cherche surtout à réécrire son passé pour rester du bon côté de la morale, même dans l’histoire. Et ça c’est vicieux ! C’est la ligne entre le mea culpa et la démagogie perverse qui tend à tout lisser, à tout cacher, jusqu’à nier l’existence non seulement des erreurs commises (et donc des responsabilités) mais aussi des injustices qu’elles soutenaient ! Qu’on se le dise, mentir pour enjoliver le passé ne sert pas les combats du présent, bien au contraire. Dans le cas de Fantasia, la mention « Ce programme vous est présenté tel qu’il a été réalisé. Il peut contenir des représentations culturelles obsolètes » déjà présente dans le descriptif de Dumbo par exemple, aurait été bien plus utile.
Mais cela ne vaut que pour des éléments dont le caractère reste effectivement choquant aujourd’hui, par contre, quand il s’agit de puritanisme moribond ou de démagogie abêtissante, faut pas déconner ! Virez-moi cette boite à pizza de chez Lilo et l’opossum mort des fesses de Daryl Hannah !

Les trucs à voir sur Disney+

Bon mais alors, y a-t-il quand même de bonnes choses sur Disney+ ? Tout à fait !
Il est vrai, pour l’instant la plateforme ne propose que peu de programmes originaux et recyclent principalement ses nombreuses licences. Cela dit, il n’y a pas de mal à rattraper son retard sur les franchises de la pop culture (minus Endgame, actuellement sur Canal #chronologiedesmédias) ou à se replonger dans les films de son enfance. D’aucuns auront profité de l’essai gratuit des deux premières semaines pour voir les quelques oeuvres qui les intéressaient, mais pour ma part, j’ai trouvé de quoi poursuivre l’expérience sur un mois.

Des grands classiques en HD
Outre les classiques d’animation que tout le monde connaît, la plateforme permet aussi de revoir les films mal-aimés ou oubliés, de Taram et le Chaudron Magique à La Planète au Trésor en passant par Merlin l’Enchanteur.
Mais c’est aussi le moment de découvrir de très bons longs-métrages qui pour certains, ont même marqué le cinéma de leur époque comme La mélodie du Bonheur mais aussi Qui veut la peau de Roger Rabbit, Willow, Tron, Croc-Blanc ou encore le déjà nommé Splash.

Les documentaires !
Ah ! Là on a du lourd ! En plus de très beaux films animaliers de National Geographic, Disney permet de redécouvrir son histoire avec de vraies perles comme la série des Imagineers qui revient sur la naissance et la construction de tous les parcs Disney du monde, menés par une team de créatifs choisie par Walt en personne au début des années 50 et qui permet de prendre la mesure de la… démesure de ces projets et du génie visionnaire de ceux qui ont su les réaliser.
Un peu plus complexe mais très riche, Waking Sleeping Beauty revient quant à lui sur la renaissance des studios d’animation de la firme au début des années 90, des prémices du nouvel âge d’or avec Basil, détective privé (à revoir au passage lui aussi) jusqu’à son apothéose avec Le Roi Lion. Fait assez rare pour être mentionné, Mickey est plutôt honnête quand il aborde les conflits d’égo des grands pontes de la société qui ont jalonné cette période.

Des courts-métrages
C’est l’un des autres bons points, Disney + regroupe en un seul endroit tous les courts-métrages de Pixar qui sont autant de bijoux d’émotion et d’animation. Ceux dérivés des films bien entendu, notamment des Indestructibles pour les amoureux de Jack-Jack, mais aussi les classiques Knick Knack qui rappelleront des souvenirs à tous ceux ayant possédés la VHS de Toy Story et des pépites : Bao, Piper, Lava, Le Parapluie Bleu ou encore l’improbable Destino de Salvador Dali, reprise d’un projet de scène non intégrée au premier Fantasia.

The Mandalorian
Principal argument de la firme pour le lancement de sa plateforme, je vais passer vite sur la série extraite de l’univers Star Wars : The Mandalorian est cool ! Bourrée de défauts et d’inégalités dans les épisodes, la série renoue néanmoins avec intelligence et crédibilité avec l’esprit des premiers films de la franchise, sans abuser des références, à l’endroit même où la postologie a échoué. Le casting tient à la route, mis à part quelques catastrophes à l’épisode 6, et réussit même à garder le visage de son héros caché, dont toute l’émotion passe par l’attitude et la voix. Et oui, Bébé Yoda est craquant, même quand il gobe des grenouilles spatiales entières.
Space western qui soigne son ambiance, les décors sont crasseux et bidouillés pour le plus grand plaisir des nostalgiques, la bande originale bien fichue et la structure à cheval sur une intrigue suivie et des one-shots d’aventure plutôt agréable. Économe en parole, on a enfin un peu de travail sur l’atmosphère avec même quelques fulgurances dans la mise en scène notamment quand l’image joue avec les ombres et les reflets pour montrer la menace ! D’ailleurs, on retrouve dans The Mandalorian un sens de la violence impitoyable (#HanShotFirst), presque cruel, qui sans verser une goutte d’hémoglobine permet une lecture à plusieurs niveaux pour être réellement tout public, mais sans concessions !the-manda.jpg

Des choses plus improbables…
Puis au détour des propositions du site, on se laisse parfois tenter par un film qui n’avait pas su nous attirer en salle ou qu’on n’avait pas eu le temps de voir… C’est pourquoi je vais conclure avec un focus sur À la poursuite de demain – Tomorrowland en VO – qui a surement dû souffrir à sa sortie en France d’un titre d’une mièvrerie digne d’un soap opéra. Réalisé par Brad Bird, le papa des Indestructibles, le long-métrage rend de nombreux hommages aux monuments de la science-fiction, de Terminator à Retour vers le futur mais aussi E.T. tout en dressant une ode à une vision de Walt Disney. Tomorrowland est en effet le nom d’une division des parcs (devenue Discoveryland à Paris) et la ville en question dans le scénario s’inspire pour beaucoup de l’EPCOT imaginé par Monsieur Disney comme étant plus qu’un parc mais une véritable ville futuriste habitable. C’est ce souffle profondément optimiste que le film cherche à retrouver, à une époque où le cynisme règne, tout en se permettant un humour culotté, assez peu conventionnel. Mais qu’on se le dise, À la poursuite de demain est très imparfait, complément déséquilibré car on ne sait ainsi jamais vraiment si l’intrigue a commencé ou s’il s’agit d’une très très longue introduction et souffrant de dialogues d’exposition désastreux et maladroits. Et pourtant, il vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour une tirade en fin de film ! Alors que la dystopie a plus que jamais la côte surtout en science-fiction, le film te retourne le cerveau avec une morale et un propos sur l’avenir non seulement pertinent mais très peu entendu et carrément courageux ! J’ai pris une énorme claque et je ne l’ai pas vue venir ! Comme quoi, malgré ses défauts, Disney sait aussi toujours comment taper juste, en rappelant que l’espoir n’a rien de naïf tant il exige bien plus de courage que l’abandon.

Pour conclure, il y a véritablement de quoi s’occuper sur Disney +, surtout en période de confinement, et le souci de la plateforme se révèle principalement marketing, car de fait, elle s’attarde beaucoup (trop) sur les enfants quand elle a bien plus de potentiel. Malheureusement, on en fait effectivement vite le tour et en l’absence de contenus orignaux pour fidéliser son public au-delà de l’essai, je mettrais sans doute mon abonnement en pause dès le mois de mai pour le réactiver en fonction de l’actualité. Mais nulle doute que l’histoire ne fait, ici aussi, que commencer…

par Eugénie

 

 

Star Wars IX – Ascension de Skywalker ou échec d’une postologie ?

Star Tours

Kezako ?

Environ un an après la mort de Luke Skywalker, la Résistance tente de survivre face au Premier Ordre, désormais mené par un nouveau Suprême Leader, Kylo Ren. Une rumeur agite cependant toute la galaxie : l’Empereur Palpatine serait de retour ! Tandis que Rey s’entraîne sous la houlette de la Générale Leia Organa, Kylo Ren cherche à défier Palpatine, qu’il considère comme une menace à son pouvoir.

La critique d’Eugénie – 3/10

L’épopée des Skywalker dans Star Wars s’achève avec un épilogue qui ne manquera pas une fois encore de diviser les fans. Le problème étant que, dans le cadre de la saga et notamment de cette dernière trilogie, il est impossible de juger cet épisode sans prendre en compte les numéros 7 et 8, car toutes les erreurs de cet ultime opus sont liées aux propositions déjà bancales (et contradictoires) de deux précédents. Alors que ceux qui n’ont pas encore vu le film, et qui souhaitent en conserver les surprises, passent leur chemin… parce que ça va méchamment spoiler !  

Cette conclusion est à l’image de toute la postologie : un projet dénué de direction artistique et scénaristique qui n’a eu de cesse d’être maltraité par les pontes capitalistes de chez Disney. La firme s’est empressée d’annoncer une nouvelle série de longs-métrages pour justifier son rachat de Lucasfilm, commentant dès lors sa première grosse erreur stratégique en jetant aux oubliettes tout l’univers étendu, très apprécié des fans, pour tenter d’imposer sa propre mythologie. Exit donc la fratrie des Solo (composé des jumeaux Jacen et Jaina et du petit Anakin) et le fils de Luke (Ben Skywalker), on efface tout et on recommence… mais pour aller où ?! Au crépuscule de la saga, il paraît plus évident que jamais qu’elle n’avait pas été réfléchie comme telle en amont ! Mickey est passé du côté obscur ! Sans anticipation ni cohérence d’ensemble, la postologie peut se résumer à une guéguerre de réalisateurs qui n’ont cessé de se faire des doigts d’honneur par écran interposé.

Ainsi, J.J. Abrams proposait avec Le Réveil de la Force un plagiat assez honteux de l’épisode 4, sous couvert d’hommage et d’ode à la nostalgie (à ce compte-là je veux bien écrire une saga de livre sur un sorcier du nom de Larry Hotter moi !) et qui prenait déjà des libertés problématiques avec l’univers, notamment en gavant la Force (et Rey) de stéroïdes.
L’épisode 8, Les Derniers Jedis, a violemment divisé les fans. Déséquilibré, d’une lenteur à la frontière de l’ennui par instants et maladroit dans certains choix scénaristiques (la mort prématurée de Snoke entre autres), il reste probablement le plus courageux de cette dernière trilogie. L’appréciation reste certes subjective mais il faut rendre à Ryan Johnson ses mérites : il a pris des risques ! En dehors de proposer le volet le plus abouti visuellement de toute la saga (paye ta photographie), il est le seul à avoir tenté de réinventer la franchise, tant dans son esthétisme que ses thématiques. Mais la tradition a eu raison de l’innovation et Mickey paniqué a préféré rappeler Abrams pour la conclusion.
Et c’est sur les cadavres encore fumants du Disney Star Wars Universe que notre yes man du jour a dû se pencher pour tenter de proposer une fin acceptable à cet échec artistique. Mais pas question de prendre la suite de Johnson, ah ça non alors ! J.J. pas aimer le scénario de Ryan, tout pourri l’épisode 8, J.J. veut faire sa fin à lui donc aux chiottes l’épisode 8, NA ! Bon je schématique, mais cette impression de rétropédalage forcé ne nous lâche pas de tout le film et ruine une bonne partie de l’expérience.

Alors, sans autre forme d’excuse, désavouons toutes les propositions de copain Ryan. Bon déjà, Rey n’est pas la fille de personne, c’est une Palpatine (petite-fille) parce que le côté « démocratisation de la Force » c’est franchement un truc de démago ! Bon, en même temps, ils n’avaient qu’à pas lui filer les codes de triche de la Force dès l’épisode 7 s’ils ne voulaient pas que le public doute de l’origine de sa puissance !
Puis au diable la nouveauté, on va reprendre une structure qui marche. Donc dans la trilogie originale on avait l’Étoile Noire à détruire dans le premier opus, un interlude dans le suivant et l’Étoile de la Mort dans le final. Bah dans la postologie on va faire tout pareil ! Ça sera Starkiller à détruire, un autre interlude, et on finit avec une MEGA FLOTTE DE CROISEURS INTERSTELLAIRES DE LA MORT QUI PEUVENT TOUS DÉTRUIRE DES PLANÈTES (qui a dit surenchère ?) ! Puis nota bene à l’intention de l’Empire/Premier Ordre : faut vraiment revoir vos protocoles de sécurité les gars ! Nan parce que le principe du mcguffin tout con à faire sauter pour gagner ça commence à se voir.

Le film ne cesse d’accumuler les errances et les incohérences scénaristiques, prisonnier des vestiges des numéros 7 et 8 et de contraintes plus techniques. Ainsi, l’intrigue articulée autour de Leia est maladroite, le réalisateur ayant choisi d’utiliser le peu de plans qu’avait déjà tourné la regrettée Carrie Fisher plutôt que d’en rajouter en CGI. L’hommage est certes beau, mais le film en souffre. Le long-métrage accuse ainsi une première moitié assez poussive, qui peine à instaurer une tension, à tel point qu’il se voit forcé de faire ce qui aurait dû être l’une de ses grandes révélations dans le prologue déroulant : Les morts parlent, Palpatine est de retour !
Bon déjà, quand une saga est obligée de ressusciter son grand méchant faute d’enjeux et d’antagonistes intéressants, bah ça pue des pieds… Bingo ! Les explications sont capillotractées et les inepties s’accumulent… Elles étaient où avant les groupies de l’Empereur qui le regardent crever pépouzes ? Et WTF avec la Force, c’est pas Harry Potter ici ! Une dyade ?! Mais d’où ça sort ça ? Puis tant qu’à faire, on rejoue une fois encore la carte du plagiat, cette fois-ci de l’épisode 6 : le héros en proie à la tentation du côté obscur assiste impuissant à la destruction de la flotte rebelle et à la mort héroïque d’un ancien ennemi !
Alors, n’ôtons pas toutes les qualités de ce final, le dernier arc du film (come back to Endor !) offre de très belles scènes d’action et donne la mesure du grand spectacle, mais il vient également amoindrir le message du Retour du Jedi et le sacrifice/rédemption de Vador/Anakin. La prophétie de l’élu était donc bel et bien incomplète puisque le premier des Skywalker aura au final « rétabli l’équilibre dans la Force mais genre pour un temps seulement hein, avant qu’un autre ne vienne VRAIMENT rétablir l’équilibre » (c’est moins classe tout de suite).
Malgré quelques pertes prévisibles, cette conclusion manque également de conséquences dramatiques puisque même la mémoire de C3PO y aura survécu. Le seul moment d’émotion du film aura donc été la réaction de Chewbacca à la mort de Leia… un peu light pour un épilogue.

Côté développements de personnages, on n’est pas vraiment mieux servi. Toujours soucieux de cracher sur le matériel de Ryan Johnson, J.J. Abrams occulte complétement le personnage de Rose pour mieux introduire quelques éléments secondaires franchement dispensables (sauf Babu Frik ), quand le personnage de Finn peine à trouver une place autre que le petit toutou obéissant de Rey. Un beau gâchis pour le déserteur stormtrooper. À la place, le réalisateur tente de ressortir le joker « nostalgie », parfois bien dosé quand il se retrouve dans les décors et les costumes des extraterrestres, délicieusement rétro, et parfois complètement à côté de la plaque quand il ramène un personnage sans raison et sans place narrative. Merci Lando Calrissian d’être passé faire coucou pour le fan service, mais si c’est juste pour faire la promo de ta série, ça n’était pas nécessaire.

Seul développement intéressant, la relation entre Kylo Ren et Rey reste la mieux construite de la postologie, le jeune Ben Solo s’offrant même une belle progression de personnage, passant du gamin tête à claques du septième opus à un antagoniste enfin plus profond. Bon par contre pour les Chevaliers de Ren, on reste dans le domaine de la blague – ou de l’arnaque, ça dépend des points de vue.

Star Wars: The Rise of Skywalker est de toute évidence un film qui convaincra moins par la construction de son scénario que par son ambition spectaculaire et il comporte en ce sens de bons arguments même si l’ensemble est moins soigné que l’épisode 8. Par instants, le film semble presque avoir été pensé pour mieux s’adapter à l’attraction Star Tours de Disneyland. À l’image du Faucon Millenium faisant des « ricochets » dans l’hyperespace, le long métrage passe d’une planète à l’autre avec une frénésie déconcertante. Plus aucun temps n’est consacré au voyage et si peu aux lieux quand ils ne sont pas les théâtres d’une bataille, à l’exception d’un détour par le festival Burning Man.

Mickey se l’est joué Picsou, il a vu une trop belle occasion de se faire une grosse masse de billets tout en renforçant un peu plus son emprise sur le domaine de l’Entertainment (ouais, en fait Palpatine est une souris) et a hâté les productions de projets ô combien houleux (Rogue One, Solo etc.) tout en se contentant de rafistolage d’un film à l’autre au gré des critiques des fans. Résultat ? Rarement saga aura eu un tel gout d’opportunisme !


Réalisé par J.J. Abrams
Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac, John Boyega etc.
USA – Science-fiction
Sortie en salle : 18 décembre 2019
Durée : 2h 22 min