Avengers : Endgame – débrief avec spoiler

I love/hate you 3000

Attention : compte tenu des nombreux spoilers de cet article, assurez-vous d’avoir vu Avengers : Endgame avant de poursuivre votre lecture. Sinon, n’hésitez pas à lire la critique sans spoiler de Marcellin.

La critique d’Eugénie – 7/10

Après un Infinity War qui, sans avoir réalisé un sans-faute, a réussi à dépasser les espérances, l’attente pour Endgame a atteint un niveau inédit dans l’histoire du cinéma (même en prenant en compte les Harry Potter et Star Wars). Doucement mais sûrement, le MCU s’est ancré dans la culture populaire, le septième art et le cœur de ses fans. Construit non pas comme des films indépendants mais sur une logique sérielle, l’attachement émotionnel aux personnages en a été décuplé, et voilà que s’achève 10 ans de vie commune ! C’est ce qui a rendu la projection d’Endgame beaucoup plus compliquée que prévu, partagée entre l’affection, les attentes, l’espoir, la déception et la tristesse. En fin de séance, c’est le choc qui prédomine ! Une page se tourne et un étrange goût d’absence qui se fait l’écho du deuil nous envahit, empêchant de faire le point sur le film en lui-même. Mais avec le recul, la confusion des sentiments laisse place à un œil plus critique : Endgame n’est pas si bon que ça !
Ses défauts sont aussi frustrants que ses qualités sont remarquables. Émotionnellement puissant, le scénario et le traitement des personnages sont beaucoup trop inégaux, l’humour occasionnellement poussif et les raccourcis irritants. D’ailleurs, commençons par là.

Le cas Captain Marvel
Quand on parle d’ellipse… Captain Marvel est l’un des dommages collatéraux du film ! C’était prévisible, sa puissance est trop démesurée pour s’ancrer dans un arc narratif crédible. Alors plutôt que de faire des erreurs, les scénaristes ont préféré l’expédier hors champs les ¾ du film. Le choix n’est pas mauvais, mais l’application laisse à désirer. Pourquoi n’est-elle plus joignable tout le temps du « casse temporelle » ? Pourquoi ne pas l’avoir prévenue et impliquée ? Et si elle était effectivement injoignable, comment fait-elle pour revenir pile au bon moment pour la bataille finale ? Quelques courtes scènes intermédiaires auraient suffi à donner une réponse plausible à défaut d’être vraiment satisfaisante. Dans le même registre, comment a-t-elle fait pour retrouver Tony et Nebula ? Ici, une simple séquence de Pepper réceptionnant le message aurait pu faire l’affaire…
Plus problématiques encore, les apparitions de la Captain se résument à une démonstration de force et à une coupe de cheveux au détriment du caractère de Carol qui lui est totalement inexistant.
Après, compte tenu du défi technique d’un scénario impliquant autant de personnages, peut-être son sacrifice était-il nécessaire pour mener à bien le plan du film.

avengers-cap-marvel.n35chg.image.gjm.jpg

Le casse temporel
Quand on parle du loup… Beaucoup l’avaient vu venir, Endgame a effectivement joué la carte du voyage temporel, l’un des pitchs préférés de la science-fiction bien que souvent complètement incohérents. L’écueil du genre est qu’il se prend souvent les pieds dans ses propres explications pseudo-scientifiques… et les Avengers ne font pas exception à la règle. Mais, bien que prévisible, le film a eu l’intelligence de surprendre le spectateur en rendant le voyage temporel inévitable. La destruction des pierres en introduction est non seulement très cohérente dans le plan de Thanos, mais elle vient, avec l’exécution expéditive de celui-ci, annihiler tout espoir de retour en arrière chez nos héros – puis on n’avait vraiment pas vu venir la décapitation du Titan fou.
La suite est d’autant plus efficace qu’elle traite des conséquences directes de l’échec et évoque à travers ses personnages les différentes étapes du deuil : choc, déni, colère, marchandage, dépression et même acceptation pour certain. C’est à ce moment qu’intervient le Deus Ex Machina le plus what the fuck de l’histoire du cinéma ! Peu importe le degré d’affection pour le MCU, personne ne pourra jamais oublier que la moitié des êtres vivants de l’univers doivent leur survie à… un rat ! Cela dit après Ratatouille, c’est probablement la meilleure opération de réhabilitation pour ces sympathiques rongeurs…
Bref, l’arrivée de Scott Lang remet les héros sur une piste et lance la trame du bien nommé « casse temporel ». Mais ici, le voyage dans le temps sert de prétexte à une démonstration meta de fan service et d’opportunisme marketing (teasing criard pour les futures séries de la plateforme Disney Plus). S’il est amusant de voir les héros réexplorer les précédents films Marvel, les séquences sont trop inégales et ressemblent par bien des aspects à un épisode de série télé. Déjà par le choix des périodes à visiter et par un nombre presque indécent de référence et de caméo, par toujours pertinents. Certains sont plutôt plaisants et logiques dans le développement des personnages, comme Howard Stark, Peggy Carter ou encore l’Ancien (Tilda Swinton), d’autres, comme Alexander Pierce (Robert Redford), sont trop capillotractés ou décevants compte tenu de l’arc narratif qui les exploite (Frigga la mère de Thor).
Mais là où l’impact du saut dans le temps se fait le plus violemment ressentir, c’est au niveau des enjeux qui en sont en quelque sorte diminués car la menace n’est plus celle du présent…

Scott-Lang-endgame-1200x676.jpg

Thanos, Gamora et Nebula
Et là on aborde un gros point négatif du film. Thanos, meilleur méchant de la franchise qui a rejoint en un film ceux du cinéma, Thanos le Titan fou génocidaire alliant violence physique et calme absolu, Thanos seul antagoniste à avoir battu les Avengers, Thanos perd beaucoup de son charisme ! Le scénario lui laisse certes peu de place contrairement à Infinity War qui en faisant le protagoniste principal, mais intervient aussi le problème de la temporalité. Pourquoi le Thanos du passé voudrait-il empêcher le plan des Avengers dans un temps qui n’est pas le sien ? Son voyage n’a pas vraiment de logique quand sa nouvelle connaissance du futur aurait pu lui donner un net avantage pour adapter son plan dans sa propre ligne temporelle – désolée pour la migraine. Par ailleurs, la version plus jeune n’ayant pas le même passif avec les personnages, les échanges en sont de fait moins lourd de sens.
Se pose aussi le problème de Nebula qui souffre d’une grosse incohérence : Pourquoi n’est-elle pas retournée dans son époque quand son vaisseau a été capturé ?
Seul aspect véritablement pratique du scénario, il permet de réintégrer Gamora à l’équipe des Gardiens sans (vraiment) la ressusciter.

thanos-in-avengers-endgame.jpg

Avengers Assemble !
Alors certes, les enjeux d’Endgame sont moins prenants que pour Infinity War… mais la conclusion n’en est pas moins dantesque ! La bataille finale balaye tout sur son passage pour livrer l’une des séquences les plus démentielles de l’histoire du cinéma, ne serait-ce que par le nombre de super-stars au mètre carré. L’une des bonnes surprises consiste à avoir ramené des héros inattendus comme les Asgardiens et Valkyrie, mais aussi la présence de Rescue. On goutte les retrouvailles des personnages tout autant que leurs combats, leurs défaites et leurs dépassements. Bon, si on était d’humeur à pinailler – et c’est le cas – on pourrait se plaindre de l’inconsistance de l’armée de Thanos car les gros monstres en CGI sont souvent moins intéressants que les personnages réels. Cela dit, il est difficile, voire impossible, de rester sceptique devant la spectaculaire scène des portails qui vient pulvériser tous les baromètres d’epicness et de coolitude avec la phrase oh combien attendue : « Avengers Assemble  » ! Et que vienne désormais l’épectase pour d’innombrables geeks !
Ce final spectaculaire s’octroie même un petit passage politique, bien que terriblement maladroit. Comme pour toutes les revendications médiatiques, l’ode à la force féminine passe bien souvent pour de l’opportunisme, malgré les meilleures intentions. Mais figurez-vous un instant une charge épique lors d’une bataille, que ce soit dans un film ou une série, vous trouverez sans peine des scènes avec des hommes (Troie, Braveheart…) voire mixtes (Seigneur des Anneaux, Vikings, GOT…), mais dans un monde égalitaire, il devrait y en avoir tout autant avec des femmes… C’est pourquoi cette scène mérite sa place dans un film comme Endgame car, malgré sa bêtise scénaristique, elle a surtout pour objectif de donner enfin une scène de référence aux générations futures. Celles-ci n’y verront pas l’opportunisme contextuelle, simplement un exemple de woman power/badassitude pure… et ça c’est plutôt une bonne chose ! D’autant plus qu’un autre arc impliquant un des principaux personnages féminins a été fort mal mené…

maxresdefault.jpg

Hulk, Black Widow & Hawkeye
En effet, s’il est une scène qui loupe le train de l’émotion, c’est bien celle du sacrifice de Black Widow qui sent le bis repetita après celle de Gamora dans le film précédent. La relation entre Natasha et Hawkeye a beau être très émouvante, elle ne semble pas remplir les conditions pour récupérer la pierre de l’âme et le poids de sa mort est vite (trop ?) oublié. Et là, il y a une belle occasion manquée d’utiliser l’un des plus gros plot hole du MCU : la romance avec Hulk !
Quand on parle du géant vert, je n’aurais qu’une question : POURQUOI ? Où est le Bruce Banner des deux premiers Avengers ? Comment le génie terrifié par sa propre puissance a pu se transformer en Bisounours vert ? Le fait d’introduire le Professeur dès le début est peut-être surprenant mais a surtout pour conséquence de priver le personnage de tout enjeu et de tout développement personnel. Quelle a été l’évolution Banner dans ce film ? Rien ! Nada ! Il est le même au début qu’à la fin : Hulk, le bouffon de service dans la ligne que lui a imposée ce maudit Thor: Ragnarok (film je te hais) ! Le Professeur aurait dû être la finalité d’une évolution et pas un prérequis ! Finalité qui aurait à nouveau pu être amenée via sa relation amoureuse avec Black Widow.
Expédiée sans ménagement à la fin de l’Ère d’Ultron, Infinity War laissait peu de place pour la réintroduire mais elle aurait pu grandement bénéficier à l’intrigue d’EndgameAinsi, imaginer les Avengers survivants guidés par Bruce et Natasha en tant que couple aurait pu créer une belle dynamique et conclure de façon plus satisfaisante les axes des deux personnages. Sous les conseils de Black Window, on aurait pu retrouver un Bruce Banner cherchant à faire la paix avec Hulk, travaillant sur son alter-ego afin d’atteindre le stade du Professeur. Cependant sa relation de couple aurait constitué l’un des principaux freins à s’abandonner à cette nouvelle forme, que seule la mort de Natasha aurait pu débloquer. Si le duo Black Widow/Banner avait été envoyé sur Vormir, le sacrifice de celle-ci aurait été beaucoup plus fort. Comprenant que la chute n’aurait probablement pas tué Hulk, elle aurait insisté sur le fait que seul le géant vert pouvait manipuler le Gant de l’Infini et y survivre. Quelques conversations avec la pierre de l’âme auraient enfin pu amener Banner et Hulk à devenir le Professeur, rendant le snap de celui-ci bien plus symbolique.
Quant à Hawkeye, son parcours à beau être l’un des plus intéressants du film, sa présence sur Vormir n’était pas indispensable à sa rédemption. Une rencontre avec l’Ancien pendant la bataille de New-York aurait par contre pu être très intéressante en le confrontant à ses crimes et violences récentes.

big_startfilmru1419390.jpg

Thor
Bref, le traitement des personnages et pour le moins inégale, et si certain ont droit à la formule grand luxe, comme Captain America, Hawkeye, et bien entendu, Iron Man, d’autres sont à nouveau sacrifiés sur l’autel de la blague, malgré leurs potentiels…
Prenons Thor par exemple ! Il faut bien le dire, le fils d’Odin en a bavé en quelques films : après avoir perdu sa sœur, ses amis, son marteau, sa copine, Heimdal, son frère (encore une fois), ses deux parents et sa planète, il échoue à sauver l’univers ! Et alors qu’Endgame fait le choix courageux d’illustrer la dépression, il ne s’en sert que comme ressort comique. Il est vrai que l’apparition d’un Dieu du Tonnerre chevelu et boudiné, en total rupture avec tout ce que nous avions vu de lui, est hilarante, mais elle devint vite irrespectueuse pour le personnage qui se retrouve cantonné au comic relief et aux blagues sur les gros !  Pire, le caractère de ce Thor semble très éloigné de celui des débuts, témoignage supplémentaire que le virement du personnage vient aussi des velléités de l’acteur Chris Hemsworth pour la gaudriole. Dommage car le Thor d’Infinity War était assurément plus badass.
L’arc du héros s’illustre elle aussi par un nouvel acte manqué : celui d’exploiter Valkyrie ! La guerrière était en excellente posture pour filer un bon coup de pied au cul divin et l’aider à se reprendre en main. Avec Rocket, elle aurait pu aider le Dieu du Tonnerre à sortir de la dépression et l’une de ses victoires se serait manifesté par la récupération de Mjonir (et donc d’en être digne). De fait, le côté lourdingue, parodique et apathique du désormais nommé « Fat Thor » diminue l’impact de sa trame dont la rencontre avec sa mère. Au milieu de cette pléthore de caméos, on regrette que les scénaristes n’aient pas plutôt fait revenir Odin ou Heimdall (oui, je suis amoureuse d’Idris Elba, et alors ?!).

fatthor2gu5j.jpg

Captain America
En parlant de caméo, le meilleur vient de Captain America avec le reboot de la scène de l’ascenseur et son d’ores et déjà célèbre « Hail Hydra ! ». Cette scène s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le développement de Steve Rogers, confirmant son évolution personnelle vers un Captain moins manichéen, plus subtil voir roublard. Le combat contre sa version plus jeune met en exergue cette maturité emprunte d’un brin de cynisme (inspiré par son ami Tony) quand il répond « I know » à son propre leitmotiv : « I can do this all day ». Même la blague à propos du « cul de l’Amérique » n’est pas déplacée car elle souligne l’autodérision nouvelle du personnage (comme sa capacité de jurer). Le voir soulever Mjonir en fin de film est donc non seulement satisfaisant, mais parfaitement cohérent. Bon, petit bémol de crédibilité : Thor étant le dieu du tonnerre, le Captain ne peut sans doute pas faire appel à la foudre sans griller, même avec le marteau…
Assurément, Endgame rend hommage au parcours de Steve Rogers, et lui donner une fin heureuse alors que tous le voyaient déjà se sacrifier est d’autant plus beau… MAIS POURQUOI avoir gâché cet arc avec une scène aussi stupide que le Rogers âgé ! COMMENT peut-on passer 2h45 de film à expliquer que les changements dans le passé n’auront aucune influence sur le présent (et donc rétroactivement le futur) et balancer une scène pareille en conclusion ?! Si on s’en tient la théorie exposée par Brune Banner (et Nebula, et l’Ancien etc.), le retour de Steve dans le temps a donc créé une nouvelle ligne temporelle, il ne peut donc PAS se repointer avec son laïus et son bouclier dans celle que nous suivions !
Pour être tout à fait honnête, il existe une possibilité où l’apparition de Old Steve est crédible. Il faudrait que toute la trame du MCU se soit déroulée dans la réalité alternée créée par ce voyage, auquel cas il y aurait eu deux Steve dans cette temporalité depuis le premier Avengers (mais disons que Captain Papi se tenait à l’écart pour une raison quelconque). Problème : cette théorie ne tient pas la route si on se fit au scénario de Captain America 2 et 3 (Winter Soldier et Civil War) et de la série Agent Carter. Les échanges (et la mort) avec la vieille Peggy ne laissent aucun doute quant à la « non-présence » du Captain dans sa vie passée, et personne ne nous fera croire que celui-ci aurait raté l’enterrement de sa femme simplement pour ne pas risquer de croiser son double plus jeune. Puis allez expliquer que la nièce de Peggy n’ait pas reconnu son oncle ou qu’elle ne l’ait jamais connu… Bref ! Le changement du passé a donc bel et bien modifié le présent (désolée pour la migraine) en bousillant toutes les explications du film avec un fan service qui tient de l’A-MA-TEU-RISME ! D’autant plus dommage que l
a scène de danse se suffisait en elle-même, mais il faut croire qu’avoir un film qui respecte ses règles du voyage dans le temps sans se chier dessus à un moment ou un autre c’était trop beau pour être vrai ! Alors je vous entends déjà dire « Oui mais Eugénie, quelle solution avaient les scénaristes pour faire comprendre aux autres Avengers que Steve avait choisi de rester dans son époque ? ». Oh mais j’en sais rien ! À ce stade, il pouvait bien refiler la montre et le bouclier à un rat avec une lettre par exemple, on était plus à un Rongeur Ex Machina près. 

maxresdefault.jpg

I Am Tony Stark
Bon, revenons à des aspects plus positifs. En fait, revenons aux origines du film et même du MCU ! Comment parler d’Endgame sans parler de la Saine Trinité : Tony Stark, Iron Man et Robert Downey Junior ! Quand le personnage jouit du meilleur arc narratif, l’acteur livre une performance implacable, déliant sous nos yeux toutes les nuances du héros étayées en 10 ans d’interprétation. De l’introduction montrant un Tony affaiblit, amaigri et brisé (chapeau les effets spéciaux) au sacrifice final en passant par toutes les scènes de sa vie de famille qui débordent littéralement de tendresse, les fans d’Iron Man en ont pris plein le cœur. Je dois l’admettre, avant Endgame, je ne voulais pas que Tony meurt, car mon affection pour le personnage était telle que je lui souhaitais une vie heureuse, en dépit de toute dramaturgie. Mais je me rends à l’évidence, offrir cette sortie au personnage était le meilleur choix, le plus bouleversant, le plus courageux et le plus juste. L’arc narratif exploite jusqu’au bout le thème de la filiation et de l’héritage tant pour Iron Man que pour Tony, par le rapport qu’il entretient avec Peter Parker, par sa relation (magnifique) avec sa fille et par l’échange avec son propre père. Cette scène dans le passé permet au personnage d’achever son parcours en comprenant enfin l’homme par lequel il s’est si souvent défini, autant dans les ressemblances que les oppositions et annonce discrètement le sacrifice final.
Et quelle meilleure façon de conclure que par la phrase qui a tout commencé : « I am Iron Man » ! 
La boucle est bouclée et ces mots résonnent désormais au-delà de toutes portées : ils étaient devenus instantanément culte dans le premier Iron Man, ils viennent de passer à la légende ! Aussi universels et inoubliables que la phrase de l’oncle Ben « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

avengers-endgame-iron-man.jpg

We love you 3000!
Moins abouti qu’Infinity War car souffrant de défauts bien plus prononcés Avengers : Endgame reste un film qui marquera son temps et toute la génération qui, à l’instar de celles de Star Wars ou Harry Potter, aura grandi avec lui. Et ses détracteurs ne pourront jamais lui ôter sa force : il aura donné une émotion inégalée dans l’univers super-héroïque et une nouvelle définition de mot « épique » !
« It’s ok Marvel, you can rest now ! »


Réalisé par Joe Russo, Anthony Russo
Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
USA –  Action, Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 24 Avril 2019
Durée : 03h01

MCU – Marvel Classement Ultime #2

Top des films du MCU de la phase 1 à 4 (21 films)

Le Marvel Cinematic Universe aura réalisé un exploit dans l’histoire du cinéma, en délivrant 21 films en un peu plus d’une décennie et dont très peu peuvent être qualifié de vraiment mauvais. En moyenne, les productions Marvel ont toujours maintenu un certain niveau de qualité, qu’elle soit visuelle ou dans les dialogues, parvenant même à marquer l’industrie de son emprunte avec quelques très bons crus. Les super-héros n’étaient encore que des exceptions quand Iron Man a débarqué sur grand écran, ils sont désormais incontournables et ne seront plus jamais les mêmes après voir affronté Thanos une dernière fois.

Vous aviez aimé notre premier classement, alors à un mois de l’apothéose collégiale du MCU, Eugénie & Marcellin vous proposent le nouveau top incluant les petits derniers de la franchise.
À noter que ce classement est non seulement très subjectif mais également changeant selon les années et l’évolution de nos critères voir même en fonction de notre humeur du moment. Les places du podium par exemple ont été très difficile à attribuer car elle pourrait très bien s’interchanger. En général, disons que les places 21 à 14 regroupent les films mauvais à classiques, les 15 à 10ème sont réservés aux éléments prometteurs mais insatisfaisants et la qualité s’impose définitivement en crescendo à partir de la 9ème place.
Si vous voulez retrouver le premier classement pour comparer, il est encore disponible ICI.

21 – L’Incroyable Hulk (2008)

L’avis d’Eugénie – Commençons par le fond du caleçon. L’incroyable Hulk c’est la grosse trace de carambar du MCU. Trop proche chronologiquement de la version avec Eric Bana (2003), Marvel n’évite l’origin story que pour nous sortir une daube insipide avec le PIRE méchant de la franchise (Tim Roth). Sans parler de l’affrontement final entre Hulk et l’Abomination qui est visuellement dégueulasse. BEURK !
Le mot de Marcellin – J’ai surtout un mot à adresser à Louis Leterrier : Are you real ? Tu as su nous livrer des films à peu près dignes de ce nom (je pense ici à Danny The Dog), alors pourquoiiiiiii ? Plus sérieusement ce film est ce qu’on appelle un condensé de foirade complet, que ce soit par le jeu d’acteur (pourtant porté par le sublime Edward Norton), le choix scénaristique, les scènes d’action épuisantes et comme en parle ma chère Eugénie, ce monstre digne des bas fonds de latrines. RE-BEURK

L’info du fan : Edward Norton sera remplacé par Mark Ruffalo dans Avengers

20 – Iron Man 2 (2010)

L’avis d’Eugénie – Désolé Tony, je t’aime, mais cette suite n’était simplement pas à la hauteur de tes capacités. Alors, oui tu m’as fait rire, mais tu n’avais pas grand chose à nous raconter.
Le mot de Marcellin – On ne peut jamais réellement détester un film d’Iron Man, car il a pour interprète un des acteurs les plus brillants de sa génération. Mais clairement pouvons nous aborder le sujet Mickey Rourke ? En plus d’être pathétique à l’écran et honteusement caricatural, il rend le film pratiquement inutile quant au développement d’une quelque narration. J’ai même tendance à penser que le réalisateur a voulu l’humilier en lui offrant un tel rôle…

L’info du fan : présentation du SHIELD et apparition de Black Widow

19 – Thor (2011)

L’avis d’Eugénie – Sur le papier, un space opera viking c’était déjà un pari risqué. Pourtant, il y avait un « je ne sais quoi » d’osé dans ce partis-pris Shakespearien qui rendait le tout bizarrement plausible. Asgard était bluffante et Loki reste l’un des meilleur méchant du MCU. Mais le scénario était bien trop rapide pour être crédible. Soyons honnête, même Natalie Portman ne peut transformer un gros bourrin bouffi d’orgueil en humaniste en seulement 48h.
Le mot de Marcellin –  Pourtant aficionado de beaux blonds et de leurs drakkars, je n’ai pas été le public attendu par Thor. Affublé d’effets spéciaux digne de ce nom, ce film peine à convaincre par, son personnage principal ! Cette version du Dieu au marteau fait pour ma part peine à voir. Avec son charisme de planche de surf, il se fait royalement détrôné par Loki qui reste une figure emblématique de MCU (TOOOOOOOM VIENS DANS MES BRAS). Côté scénario, Eugénie a tout dit, une intrigue passée à la trappe malgré quelques efforts.

18 Ant-Man et la Guêpe (2018)

L’avis d’Eugénie – Parenthèse légère post Infinity War mais à l’action antérieure à ses événements, le second volet de l’homme-fourmi fait figure d’épisode anecdotique dans le MCU que même la présence au premier plan de la Guêpe ne peut sauver de l’oubli. Au final, ne demeure que la beauté de l’image et l’humour quand le scénario lui s’est évanoui en un claquement de doigt…
Le mot de Marcellin – Cet opus est certes divertissant et pas désagréable à visionner, mais réalisé comme une volonté de meubler l’attente des fans car terriblement prévisible. L’intrigue est loin d’être aboutie, et se rattrape par ses effets spéciaux léchés et un homme-fourmi certes toujours aussi attachant.

17 – Thor 3 : Ragnarok (2017)

L’avis d’Eugénie – Je vous entends déjà hurler alors je vous rappelle que ce classement est très subjectif… Désolé mais l’humour lourd n’excuse pas la trahison des personnages et je ne peux pardonner les sacrifices de Loki et Bruce Banner sur l’autel de la blague. TU AS EU THOR !

16 – Dr Strange (2016)

L’avis d’Eugénie – Quand Docteur House se la joue Inception puis passe en mode Interstellar… La totalité du film ressemble à son dernier acte, une grosse impression de déjà-vu bien que les effets spéciaux soient fantastiques. Soit dit en passant, c’est criminel de ne pas avoir su faire un meilleur usage Rachel McAdams !
Le mot de Marcellin – Ce film est l’illustration de mon avis général sur le MCU. Je dois applaudir l’énorme travail visuel opéré sur ce film, qui rend l’esthétique générale plus que convaincante. Les acteurs sont aussi très justes, ce qui empêche clairement de s’ennuyer. Mais je reste sur ma faim quant au rythme et à l’intrigue, qui me paraît décousu, sans réel but ni parti pris affirmé.

L’info du fan : apparition de la pierre du temps (l’oeil d’Agamotto)

15 – Thor 2 : le monde des Ténèbres (2013)

L’avis d’Eugénie – Bon, là je ne vais pas faire l’unanimité… Thor 2 est l’une de mes faiblesses inavouées malgré ses (très) nombreux défauts. Au-delà d’un univers plus travaillé et d’un l’humour plus subtil que dans ses autres opus, la scène d’enterrement reste l’une des plus poétiques du MCU. Et sinon ? Tom Hiddleston, Natalie Portman, Idris Elba et Asgard !
Le mot de Marcellin – Désolée j’ai pas eu le courage de me souvenir de ce film… (Dory dans Le monde de Némo c’est moi !)

L’info du fan : apparition de la pierre de la réalité (Éther)

14 – Captain America : First Avengers (2011)

L’avis d’Eugénie –  J’ai dû revoir ce film pour trouver quelque chose à en dire… voilà ! Un héros gentil (jolie transformation au passage) combat un méchant pas gentil avec des coéquipiers gentils (le duo Carter-Stark est sympathique) dans un film… gentil.
Le mot de Marcellin – Je me suis tellement ennuyé que je me suis arrêté au bout de 20 minutes. Bisous.

L’info du fan : apparition de la pierre de l’espace (Tesseract)

13  Captain Marvel (2019)

L’avis d’Eugénie – Petit dernier avant le « endgame », Captain Marvel introduit sur le tard un personnage surpuissant qui doit encore faire ses preuves pour nous convaincre émotionnellement. Carole Danvers est assurément un bon atout pour les Avengers, mais il faudra qu’elle se dévoile davantage tout en maîtrisant ses pouvoirs pour ne pas paraître trop « cheatée ». L’alchimie avec Nick Fury et le chat Goose pourrait être ses meilleurs atouts !
Le mot de Marcellin – Aaah la grande Captain Marvel. J’ai toujours une certaine appréhension mais néanmoins excitation lorsqu’un personnage féminin majeur pointe le bout de son nez. Ici, je suis ni déçue ni enthousiaste : Carole fait le job sans pour autant transcender par son charisme. L’ensemble est plutôt efficace et c’est un délice de découvrir autrement le célèbre Nick Fury, mais si on s’attache aux détails, ce n’est qu’une mise en bouche un peu fade qui manque vraiment de punch. Nous attendons avec impatience de voir ce que Captain Marvel a réellement dans le ventre…

L’info du fan : Captain Marvel rejoint le MCU

12 – Les Gardiens de la Galaxie Vol 2 (2016)

L’avis d’Eugénie – Nebula, Mantis et Yondu au top ! Les Gardiens au flop ! L’exemple typique de la suite sous cocaïne qui finit en bad trip, neurone douloureux, yeux fatigués, mâchoire crispée… Mais bon, il a quand même « The Chain » de Fleetwood Mac en BO.
Le mot de Marcellin –  HONTE A TOI EUGÉNIE ! Là les gars, je ne peux pas partager l’avis de cette jeune dame. « Les Gardiens de la Galaxie 2 » est absolument FRAPPADINGUE. Le rythme, l’humour, les personnages, les effets spéciaux, tout est à savourer comme dans un buffet à volonté ! Mention spéciale à Baby Groot et cette scène mythique et hilarante de distorsion de face !

11 – Avengers : l’ère d’Ultron (2015)

L’avis d’Eugénie – Moins abouti que le premier, Ultron n’étant pas un antagoniste aussi intéressant que Loki, l’humour et l’action sont quand même au rendez-vous avec quelques scènes mémorables entre histoires de marteau, ville volante et bataille de géants (Hulk VS Iron Man).
Le mot de Marcellin –  Je salue cet opus par certaines justesses en terme de psychologie de personnages et d’évolution de certaines relations. C’est un vrai moment de divertissement avec de rares instants d’ennui, et surtout un époustouflant travail d’effets spéciaux.

L’info du fan : Apparition de la pierre de l’esprit (sur le front de Vision) – Scarlet Witch rejoint les Avengers

10 – Captain America : Civil War (2016)

L’avis d’Eugénie – Est-ce que quelqu’un a vu l’étalonneur siouplai ? C’est gris tout ça ! Non, personne ? Bah poursuivons. Malgré un scénario bien construit, la conclusion donne la sensation d’avoir un peu tourner en rond. Les acteurs sont convaincants, mentions spéciales aux petits nouveaux magistralement introduits (dans l’univers Marvel hein) et à Robert Downey Jr. qui donne une dimension supplémentaire à son personnage.

L’info du fan : Apparition de Black Panther et Spider-Man rejoint le MCU

9 – Ant-man (2015)

L’avis d’Eugénie – Sur le papier, le projet d’une adaptation de « l’homme fourmis » sentait le ridicule. L’intelligence du film c’est d’avoir su en rire ! Sous ses faux-airs de film de braquage, Ant-Man est désopilant notamment grâce à un Paul Rudd au meilleur de sa forme ! Bon, côté vilain c’est toujours pas ça et il faudra un jour qu’on parle sérieusement de la coiffure d’Evangeline Lily !
Le mot le Marcellin – Un homme fourmi. Déjà le concept vaut le détour. Le film, porté par Paul Rudd illustre bien cette drôlerie. Le mini pouce est doté d’un sacré humour qui fait tout le charme des Marvel.

8 – Spider-Man : Homecoming (2017)

L’avis d’Eugénie – Mes marvels préférés sont ceux qui réussissent à trouver un ton et une identité presque indépendantes du MCU. Homecoming en fait parti. Tom Holland signe la meilleure union Peter Parker/Spider-Man face à un méchant charismatique (une fois n’est pas coutume) avec de bons retournements de situation et une voix propre façon teen movie.
Le mot de Marcellin – Je regrette même qu’Eugénie ne le place pas plus haut dans le classement ! Cette version de Spider-Man est juste un délice, très juste et tout simplement hilarante. Sa petite bouille me rappelle même quelques ex bourrés d’innocence avant de me rencontrer…

7 – Black Panther (2018)

L’avis d’Eugénie – Black Panther est le coup de génie marvélien de 2018. Casting au top, message au top et MÉCHANT AU TOP ! Comme quoi les « rêves deviennent réalité » (j’ai le droit, Marvel c’est à Disney maintenant) ! Dommage qu’à mi-parcours le scénario retombe dans le prévisible.
Le mot de Marcellin – Je vous en dis pas plus allez voir notre critique dans le lien ci-dessus 😉

6 – Iron Man (2008)

L’avis d’Eugénie – Première pierre de la franchise, il fallait quelqu’un de drôlement solide pour supporter pareil édifice. Pourtant la trame de l’origin story est on ne peut plus banale et le méchant (je vous le donne en mille) très dispensable, surtout dans son dernier arc. Le génie d’Iron Man c’est tout simplement Robert Downey Jr. qui incarne le milliardaire égocentrique à la perfection en y ajoutant un sens de l’ironie délectable. Déjà CULTE !
L’avis de Marcellin – Bah en fait j’ai rien a ajouté, Eugénie a tout dit…

5 – Iron Man 3 (2013)

L’avis d’Eugénie – Nombreux sont les encenseurs de l’humour et de l’audace de Thor : Ragnarok qui a osé « déconstruire » son héros. Vous savez quel film a fait ça avant et en mieux ? Iron Man 3 ! Ce volet pousse l’ironie au maximum et joue avec le sens premier du « pathétique » tout en y ajoutant une dose de burlesque (cf. le Mandarin). Tout simplement l’un des films les plus drôles du MCU et une excellente conclusion à l’axe solo de Tony Stark qui a enfin appris à ÊTRE Iron Man !
Le mot de Marcellin – Cet opus est tout simplement le meilleur. L’intrigue est ficelée à la perfection, et nous surprend de façon ahurissante. Mêlant humour et action, Iron Man 3 a trouvé le rythme qui lui colle à la peau.

4 – Captain America : Winter Solder (2014)

L’avis d’Eugénie – Sans conteste le meilleur Marvel des frères Russo. Là où pour la plupart mon intérêt diminue avec le temps, Winter Solder me séduit davantage à chaque visionnage. D’autant plus surprenant quand on connait mon peu d’estime pour ce boyscout de Steve Rogers. Il fallait se lever tôt pour nous faire avaler un complot nazi survivant à l’intérieur d’une agence gouvernementale américaine… et pourtant ! L’intrigue évolue subtilement vers le film d’espionnage, comme un hommage plus ou moins avoué aux « Mission Impossible », avec de vrais enjeux et des scènes d’action variées et dantesques. Chapeau les Russo !

3 – Les Gardiens de la Galaxie (2014)

L’avis d’Eugénie – Gros son + bon humour + top action + supers personnages – méchant tout pourri = un quasi sans faute ! On frôle la perfection.
Le mot de Marcellin –  Alors les gars, moi c’est mon Number 2 ! Les Gardiens sont vraiment les ovnis du MCU. Un humour piquant, des personnages parfaitement ficelés, des méchants géniaux, rien est à jeter !

L’info du fan : apparition de la pierre du pouvoir (l’orbe)

– Avengers Infinity War (2018)

L’avis d’Eugénie Qu’il a été dur de classer ce film qui par bien des aspects et le plus incroyable de la franchise ! Thanos à lui seul mériterait de voler la première place ! Les enjeux, l’action, l’émotion sont au paroxysme de l’univers Marvel. Peu importe les changements qu’apporteront Endgame, Infinity War a réalisé deux choses primordiales pour le cinéma de genre : faire de son antagoniste le personnage principal et… le laisser gagner ! Cette fin est déjà iconique, comme de nombreuses scènes et répliques… alors pourquoi seulement deuxième ? Parce qu’il fallait choisir et que malgré mon amour pour cet Avengers, je peux lui trouver des défauts, notamment dans la bataille du Wakanda… pas pour le premier.
Le mot de Marcellin – Je dois contredire ma chère Eugénie. Cet opus a sa première place dans mon coeur. Pour une raison : c’est Thanos qui remporte la victoire… mais pas la guerre 🙂 (?) Porté par une esthétique magistrale, une intrigue de haute voltige, ce film est porté par une atmosphère presque sinistre distillée par la seule pensée de Thanos. C’est pour moi LA réussite de la franchise. Et dans une version nihiliste de l’univers Marvel, on pourrait s’arrêter là 😉

1 – Avengers (2012)

L’avis d’Eugénie – Josh Whedon je vous aime ! Le papa de Buffy est le maestro de cette fable épique, assemblant un à un nos héros (bienvenu Mark Ruffalo) face à l’excellent Loki. L’image jongle habilement entre les personnages et réussie non seulement à faire exister toutes les individualités, mais à sublimer la dynamique d’équipe ! Sans parler des dialogues bourrés de références qui relèvent de la haute voltige scénaristique. SUPER !
Le mot de Marcellin –  Je dois reconnaître que ce premier « Avengers » est une très belle entrée en matière. Chaque personnage se complète tout en étant très différents, les acteurs sont parfaits pour leurs rôles et même certains personnages qui m’horripilent d’accoutumée me séduisent quelque peu une fois dans la mêlée. Mais je n’aurais pas mis « Avengers » en tête du classement car j’ai une préférence pour les films qui se focalisent sur un personnage en particulier. La team de super héros est donc très efficace, mais perd selon moi en substance et en véritable profondeur…

Et maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre Avengers : Endgame qui sortira le 24 avril.

Captain Marvel

Captain Obvious

Kezako ?

Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

La critique d’Eugénie – 6/10

Dernier épisode solo avant l’apothéose collégiale Avengers: Endgame, attendu pour le 24 avril, Captain Marvel a une triple fonction : Proposer le premier personnage PRINCIPAL féminin du MCU, amorcer la conclusion de la phase 4 et introduire un nouveau super-puissant-héros pour prendre la tête de la franchise après Endgame. Des attentes lourdes et des bandes-annonces léchées qui laissaient présager le meilleur après le très bon Infinity War, mais délivrent un long-métrage écrasé par le poids de sa fonction et le conformisme de son genre. Captain Marvel n’est pas un mauvais film pour autant, il est juste, une fois de plus, très classique dans son fond et sa forme et n’a pour seul intérêt que son ambition féministe, même si le parti pris peut paraître un brin putassier au vu de l’actualité. Mais comme pour Black Panther, il faut savoir valoriser les bonnes intentions… dommage que l’exécution ne soit pas aussi réussie que pour ce dernier.

Parmi les réussites du film, on notera (comme d’habitude) la qualité des effets spéciaux malgré une réalisation sans intérêt. Côté humour rien à déclarer, hormis quelques gags déjà vus dans Avengers ou Thor : Ragnarok, la plupart des blagues s’appuyant cette fois-ci sur les années 90 et introduisant un sidekick qui ne tardera pas à devenir culte : le chat Goose !
Très bonne surprise également du côté des personnages secondaires, en majorité bien écrits et à l’excellent Samuel L. Jackson qui interprète un Nick Fury plus jeune et fun, sublimé par un rajeunissant numérique stupéfiant de réalisme. Le tandem façon budy movie entre l’agent du Shield et la guerrière de la Starforce Kree fonctionne à merveille et nous fait regretter de ne pas avoir eu un film encore plus axé sur cette dynamique, à l’instar de Black Widow et Captain America dans le Soldat de l’hiver, ce qui aurait offert plus de profondeur à l’héroïne.

Car les deux personnages les moins convaincants du long-métrage sont bien Carole Danvers ET de Captain Marvel !
La première est entravée par un scénario très statique, contraignant l’ampleur émotionnelle de son héroïne sous couvert d’amnésie traumatique mais finissant par donner l’illusion que le personnage n’évolue pas. Certes les mimiques et l’insolence de Brie Larson sont amusantes et rendent clairement hommage aux héros des années 90 (un petit air de Will Smith dans Independance Day) mais Carole, elle, manque trop de caractérisation et de nuances pour qu’on s’y attache.
Quant à Captain Marvel, elle souffre du syndrome de Superman. Sa toute-puissance devient gênante pour l’intrigue car les enjeux en sont d’emblée diminués et les combats trop aisés. Sans failles, il n’est point de dépassement de soi et sans dépassement, on ne peut donner vie au sens de l’épique. La force d’un héros se mesure à l’aune de ses faiblesses, et si Kal-El a la kryptonite, Clark Kent a les fragilités psychologiques d’un être humain, c’est pour cela que le public peut s’identifier à lui.

Captain Carole devra s’humaniser davantage si elle compte prendre la tête du MCU, au risque de perdre un peu de puissance et d’accepter une forme de fragilité qui, de fait, a beaucoup plus à voir avec l’humanité que la féminité…


Réalisé par Anna Boden, Ryan Fleck
Avec Bree Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Ben Mendelsohn, Annette Bening, Lashana Lynch…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 6 mars 2019
Durée : 2h 04 min 

« Le retour de Silver » dans la ville qui ne dort jamais – DLC Spider-Man

En brève : Gaming

Suite et fin du pack « La ville qui ne dort jamais ». Il est temps de clôturer cet épisode gaming dédié à Spider-Man avec le dernier chapitre du DLC : « le retour de Silver » !
Hammerhead s’est offert une petite mise à jour bionique (qui chatouille notre conception de la crédibilité) et un nouvel équipement pour ses hommes, « emprunté » à Sable Internationale. Premier constat, la réévaluation de la difficulté n’est plus qu’une impression ! Les ennemis sont plus costauds et l’IA moins permissive pour renouveler la sensation de challenge. Du reste, si les mécaniques de combat ne changent pas, on notera quelques petites variantes bienvenues dans les crimes et les repaires de gangs. Mais malgré ces améliorations, la redondance est inévitable et nous fait prendre conscience que nous arrivons au bout des possibilités du jeu. Les activités annexes, débloquées tardivement, deviennent pénibles et les défis de Screwball appellent à la digitale detox – il est vraiment temps de l’enfermer celle-là ! On regrette également le choix du boss final et que la séquence de jeu avec Peter Parker n’ait pas été plus exploité.

Le point fort de ce DLC réside une fois de plus dans son scénario qui propose de bons développements à ses personnages féminins. Silver revient en ville nous « aider » à mettre un peu d’ordre dans cette pagaille, livrant au passage certaines des interactions les plus drôles du jeu. Quant à Yuri, elle emprunte une voie plus sombre qui, bien que nous laissant sur notre faim, promet des pistes intéressantes pour la suite (nul doute qu’il y aura une). Dommage que ces différentes histoires n’aient pas été traité comme une seule et même trame scénaristique.

Au final , »Le retour de Silver » est une bonne conclusion avec une durée de vie un peu plus longue que pour les précédents chapitres. Et même si on aurait préféré un seul gros DLC, « Spider-Man » n’aura pas démérité dans ses dernières heures, offrant même aux fans un ultime cadeau : LE costume emblématique des films de Sam Raimi !

une brève d’Eugénie

 

 


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 octobre 2018 – DLC « La Guerre des Gangs » sorti le 20 novembre 2018 – DLC « Le retour de Silver » sorti le 21 décembre 2018

Hammerhead mène « La Guerre des Gangs » – DLC Spider-Man

En brève : Gaming

Hey les gamers ! La seconde extension du jeu Spider-Man sur PS4 est sortie !
Black Cat est out, Hammerhead lance l’offensive contre la Maggia de New York, Yuri perd ses repères, et les méchants creusent des tunnels sous la ville… Ça va barder ! D’ailleurs, forcé de constater que la mafia a pris la confiance et se laisse moins facilement malmener. Plus vigilants en infiltration, plus agressifs en combat, l’augmentation du niveau des ennemis a le mérite de renouveler la sensation de défi et de rallonger un peu la durée de vie du DLC, égale à celui de « La Casse » (3h pour le 100%). Un upgrade qui peut se payer cher sur le boss final si on est trop sûr de soi. Dommage que les nouvelles tenues ne débloquent toujours pas de compétences ou gadgets pour mixer un peu les plaisirs… Graphiquement, le jeu est toujours aussi beau et offre même quelques nouvelles cinématiques absolument dantesques. Par contre, est-ce que c’est moi où les podcasts de Jameson sont de moins en moins audibles ? – Nan mais c’est une vraie question là !
Mais si « La Guerre des Gangs » se veut plus difficile, son récit lui est plus prévisible et la fin télescopée en devient irritante. La quête principale semble s’être encore raccourcie et souffre d’un rythme maladroit, cassant le suspens et les bonnes idées de développement de personnages.
Bref… il faudra désormais attendre le retour de Silver Sable dans le troisième et dernier DLC prévu pour courant décembre (surement autour du 20) pour clôturer ce chapitre des aventures de l’Araignée. Le rendez-vous est pris !

une brève d’Eugénie


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 octobre 2018 – DLC « La Guerre des Gangs » sorti le 20 novembre 2018

« La Casse » de Black Cat dans le 1er DLC de Spider-Man

En brève : Gaming

Oyez oyez bonnes gens, je suis fière d’inaugurer le nouveau format des brèves avec pour l’occasion un invité de marque : SPIDER-MAAAAAN ! – oui je me chauffe toute seule, et alors ?!

Le très bon jeu de ce début d’année – la critique ici – s’offre un DLC scénarisé de trois missions dont la première, intitulée « La Casse » (The Heist) est sortie ce 23 novembre. On ne va pas se mentir, on replonge avec avidité dans l’aventure PS4 du Tisseur, d’autant plus que l’extension répond à la plus grosse frustration du jeu principal : Black Cat is back ! Le personnage tant et tant teasé (maudites poupées) est enfin là et elle envoie du lourd ! Anti-héroïne féline, Felicia Hardy n’échappe pas à la comparaison avec sa rivale (et modèle) de DC, Catwoman, mais s’en sort avec les honneurs grâce à son ton plus fun et moderne. L’alchimie entre les deux personnages fonctionne à merveille (mieux qu’avec Mary Jane) et l’histoire nous accroche vite, espiègle et tendue, tout comme un chat jouant avec nos nerfs pour finir par… nous mettre un gros vent (sale bête) ! La fin abrupte et un poil expéditive ne satisfera pas tout le monde, d’autant plus que le jeu est un peu court, 3h pour le 100%.
Côté mission, rien de nouveau à New-York, crimes, défis et bases sont dupliqués pour donner l’illusion de densité quand les nouveaux costumes ne servent qu’à faire joli, n’ayant pas de pouvoir associé. On notera quand même l’ajout d’un nouveau type d’ennemi, plus dur à cuire, et un effort sur l’I.A, moins à l’ouest.
En bref… on poursuit l’expérience plus pour le plaisir que pour le challenge, en attendant que les deux autres extensions du pack « La ville qui ne dort jamais » ne viennent conclure cet épisode de Spider-Man… À vos manettes ! Prêt ? Tissez !

une brève d’Eugénie


Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Jeu sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018 – DLC « La Casse » sorti le 23 novembre 2018

Venom

Anti-Venom

Réalisé par Ruben Fleischer
Avec Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 10 octobre 2018
Durée : 1h 15min

Kezako ?

Possédé par un symbiote qui agit de manière autonome, le journaliste Eddie Brock devient le protecteur létal Venom.

La critique d’Eugénie – 2/5

Bien qu’ayant accepté de « prêter » Spider-Man au MCU le temps de quelques films, Sony n’a pas laissé tomber l’idée de créer son propre univers en y réintégrant le héros plus tard. Lorsque le projet « Venom » fut annoncé en tête de file d’une potentielle nouvelle saga, les fans se sont tous posés la même question : peut-on faire un Venom sans Spider-Man ? Bah… faut croire que non !

Même Tom Hardy n’a pas pu sauver ce « Suicide Squad » sauce Marvel.
La première moitié faisait pourtant presque illusion, sans grand génie mais suffisamment rythmée pour nous empêcher de voir la catastrophe venir. Puis le film déraille, devenant aussi schizophrène que son personnage principal, sans réussir à trouver une cohérence de ton, de genre ou même de scénario.
On reste donc sur du classique : un « héros » affronte des méchants très méchants avec des ambitions de méchants cachées sous du bullshit scientifique tellement bidon que le film ne respecte pas ses propres règles. Voir Riz Ahmed passer des « Frères Sisters » à ça… aïe ! Le look du symbiote assure la partie spectacle mais finit par se fondre en infâme bouillie numérique dans l’affrontement final. Quant à Michelle Williams, même elle ne sait pas ce qu’elle fout là.

Mon premier est un cube avec des points, mon second est un reflux gastrique, mon tout est le film « Venom » de Sony : DÉ-BILE ! Mais à ce niveau-là, mieux vaut en rire…
D’ailleurs on n’a pas vraiment le choix face à la bêtise lourdingue de certains dialogues.
Mais c’est peut-être là que réside le salut du long métrage… La relation Venom/Brock prend des airs de buddy movie comique, réussissant à nous faire rire, même par dépit.

En tant que film indépendant, « Venom » pourrait passer pour une version dark de « The Mask ». Mais pour toute personne connaissant le personnage, on se rapproche plus du Deadpool de « X-Men Origins : Wolverine » (ou de Green Lantern) ! Comme quoi, Sam Raimi mérite peut-être des excuses…

Spider-Man

The Amazing Spider-Man

Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Insomniac Games
Action, Super-Héros
Sorti en exclusivité sur PS4 le 7 septembre 2018

Kezako ?

Spider-Man combat le crime à New York depuis huit ans pendant que Peter Parker jongle entre son travail avec le docteur Otto Octavius et le bénévolat au F.E.A.S.T. une fondation d’aide aux sans-abri créée par Martin Li. Après des années à échouer à le faire traduire en justice, il parvient à arrêter Wilson Fisk – dit Le Caïd. Mais la déchéance de son ennemi laisse la place libre à un nouveau gang, les Démons…

La critique d’Eugénie – 3,5/5
♥ Coup de cœur

En collaboration avec Marvel, Sony pose une nouvelle pièce à l’univers du Tisseur, un succès tant commercial que critique. Dans ce nouveau jeu, en exclusivité PS4, nous incarnons un Spider-Man plus âgé (23 ans), maitrisant pleinement ses pouvoirs… et pour parler simplement : c’est un gros kif !
Alors oui, l’inspiration de la saga « Arkham » (Batman) se fait clairement sentir tout comme certaines missions annexes qui louchent sur celles d’Assassins’s Creed ou de Watch Dogs (deux franchises d’Ubisoft), mais le jeu a su saisir la quintessence même du personnage de Spider-Man/Peter Parker, tant dans son scénario que dans son gameplay.

Jamais se balader dans Manhattan n’aura été aussi grisant. Rapide, fluide et crédible, le système de balancement est jouissif, sensoriel et libérateur, comme si nous incarnions véritablement le héros, et le reste même après des heures de jeu.
Il en est de même pour les combats. Les nombreuses combinaisons de coups alliées aux différents gadgets permettent vraiment de personnaliser son expérience, optimisée par l’environnement qui laisse toujours le choix entre l’infiltration et la charge frontale. Le level design pousse à débloquer des missions secondaires et si nous sommes parfois tentés de râler face à une I.A complètement à côté de ses pompes, quelques dérouillées suffisent à en faire passer l’envie. D’ailleurs en parlant de bastons, comment ne pas mentionner la superbe mise en scène des combats ! Portant clairement la griffe des chorégraphies du MCU (Marvel Cinematic Universe), ce Spider-Man livre peut-être ici ses plus belles scènes d’action à l’écran !
Et si d’aventure la lutte contre le crime vous lasse, vous pouvez toujours avancer vos recherches pour le Dr. Octavius (puzzles), effectuer des missions pour préserver l’environnement, photographier tout New-York (Spider-Hipster) ou encore partir sur les traces de Black Cat… Bref, être « la petite araignée sympa du quartier » !

91s4sHjdDgL._SL1500_.jpg

La beauté du jeu ne s’arrête pas à ses impressionnantes cinématiques. Insomniac Games a réalisé un gros travail d’animation, tant sur les personnages que sur la ville, la lumière et les textures. New York s’éveille à notre passage pour une expérience immersive, renforcée par un excellent sound design et une bande originale épique, évoquant tout à tour le thème de Danny Elfman (la saga de Sam Raimi), celui des Avengers ou des airs de John Williams (Star Wars).

Jusqu’ici on pourrait se croire en présence du jeu de l’année. Et pourtant…
« Spider-Man » est certes un bon jeu mais il faut être honnête, il n’a rien d’une révolution. Outre quelques bugs et des écrans de chargement un peu long, le dédoublement répétitif des activités annexes sent le remplissage. Le cahier des charges imposait visiblement un RPG en open-world, mais pour être « open », le « world » n’en reste pas moins très petit (on ne sort jamais de Manhattan) quand beaucoup des fonctionnalités de l’équipement sont inutiles, à l’instar de certaines compétences de l’arbre. Dommage que le jeu n’ait pas assumé un genre hybride en se concentrant davantage sur les quêtes scénarisées… Car si « Spider-Man » n’est pas le meilleur en tant que « jeu », il est assurément excellent en tant qu’adaptation des aventures de l’Araignée !

Le scénario principal fait partie des grandes forces du jeu, proposant une narration différente à une histoire connue et de nouvelles origin stories tout en conservant l’essence du super-héros. Le « casting » est excellent, supportés par une très bonne version française dont un Donald Reignoux (déjà derrière Andrew Garfield dans « the Amazing Spider-Man » 1 et 2) en grande forme. Le dernier acte se permet même une grosse entorse aux comics, bel exemple de culot scénaristiquement payant ! Seul le personnage de Mary Jane semble en décalage, tant esthétiquement – car trop enfantine (même dans la voix) avec une coiffure de Sims – que dans la réécriture façon Lois Lane un peu forcée.

Le jeu tire son succès d’une bonne moyenne entre la qualité de son gameplay et son scénario, même si les fans de Spider-Man (dont je suis) seront définitivement plus hypés que les gamers pro. En témoigne la quantité d’easter eggs, de la tour des Avengers à l’ambassade du Wakanda en passant par le Sanctum sanctorum et les nombreux sacs à dos à collecter. Et pour ce qui est de l’humour, les dialogues assurent le job avec en prime des podcasts de Jonas Jameson intitulés « Just the fact », caricature à peine cachée d’un certain président Américain … c’est cadeaux !

Ant-Man et la Guêpe

« It’s a small after all… »

Réalisé par Peyton Reed
Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Hannah John-Kamen…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 18 juillet 2018
Durée : 1h 58min 

Kezako ?

Après les événements survenus dans Captain America : Civil War, Scott Lang a bien du mal à concilier sa vie de super-héros et ses responsabilités de père. Mais ses réflexions tournent court lorsque Hope van Dyne et le Dr Hank Pym lui confient une nouvelle mission urgente… Scott va devoir renfiler son costume et apprendre à se battre aux côtés de La Guêpe afin de faire la lumière sur des secrets enfouis de longue date…

La critique d’Eugénie – 2,5/5

Assigné à résidence depuis les événements de Civil War, Scott Lang doit renouer avec ses anciens coéquipiers partis à la recherche de Janet van Dyne dans le monde de l’infiniment petit… Marvel de transition censé faire patienter les fans jusqu’à la suite d’Infinity War, le second volet d’Ant-Man est malheureusement assez anecdotique.

Le premier épisode avait pourtant su créer la surprise en 2015. Film de casse super-héroïque, le choix de Paul Rudd dans le rôle-titre avait donné une dimension supplémentaire à l’autodérision du personnage. Mais la machine Marvel a trop souvent tendance à dupliquer ses formules gagnantes sans les renouveler… Tout au mieux, il leur donne une dose de stupéfiant mais en substance, on prend les mêmes et on recommence (Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2) !
Sauf que le schéma commence à s’user et, plus embêtant, à nous user !

Pour autant le film possède de nombreuses qualités, la première étant de mettre la Guêpe (the Wasp) au même plan que l’homme-fourmi, lui offrant au détour les meilleures scènes d’action. Dommage que l’alchimie romantique entre les deux acteurs soit si faible… Au moins l’humour fonctionne, même s’il est plus poussif que sur le précédent opus.
Ant Man and the Wasp est également très abouti visuellement, travaillant toujours plus l’imagerie du MCU en explorant cette fois-ci le monde quantique, quand les scènes de combat allient intelligemment chorégraphie, technologie et design, notamment celui de Ghost.

Un film d’action qui après le parti pris du braquage tente celui de la cavale mais sans en maitriser le rythme. C’est à travers ses trop nombreuses longueurs que les défauts d’écritures du long-métrage apparaissent. Entre sidekicks mal exploités, méchants secondaires superflus, back story mal amenée et évolution émotionnelle des héros inexistante… la contribution d’Ant-Man 2 au MCU est à l’image de son héros : minime !
Un problème qui relève également de l’erreur marketing.

Après la claque Infinity War, fans et cinéphiles du monde entier sont en quête de la moindre bribe d’information concernant la suite. Mais les aventures d’Ant-Man se passant avant les événements du dernier Avengers, le film ne pouvait (presque) que décevoir en ayant une sortie plus proche d’Infinity War que de Captain Marvel (mars 2019). D’autant plus que l’unique lien avec le MCU réside dans une scène post-générique essentielle, maladroite et un brin incohérente, qui n’aura de résolution que dans… Captain Marvel ! Peut-être la fourmi aurait-elle eu meilleur accueil si elle avait attendu la saison des rennes…

Ant-Man et la Guêpe est une parenthèse amusante et légère, dont l’histoire propre est complètement oubliable, mais dont l’Histoire est une clé de décryptage majeure pour ce que sera l’avenir du MCU. Comme un portail qui s’ouvre en quelque sorte…

Avengers : Infinity War

NO SPOILERS !

Réalisé par Joe Russo, Anthony Russo
Avec Josh Brolin, Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Chris Evans, Mark Ruffalo…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 25 avril 2018
Durée : 2h 36min 

Kezako ?

Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers.

La critique d’Eugénie   –   4/5

10 ans ! 10 ans d’origin strory, de reboot et de cross-over, 10 ans de teasing, d’apparitions furtives et de scènes post générique ! Thanos est (enfin) dans la place ! Seul le titan fou pouvait, à l’apparition de sa monstrueuse protubérance mandibulaire, générer un tel rassemblement de stars à la minute carré – à côté de ça, le festival de Cannes c’est le pique-nique Dacia.

Les frères Russo, déjà à la barre des deux derniers Captain America, rempilent aux commandes d’un pari fou : concilier en 2h30 tout ce que Joss Whedon, James Gunn, Taika Waititi, Ryan Coogler et Cie ont installé en 18 films !
Architectes, les frangins relèvent le défi et assemblent une à une les pièces d’une fresque épique qui, au-delà de son aspect patchwork, donne un sens nouveau au catalogue préexistant, sans déprécier l’intrigue en cours… Bravo les gars !

Alors certes, le film n’est pas exempt de défauts, la plupart inhérents à son cahier des charges titanesque (hihi). Pénultième épisode d’une véritable « ère » d’héroïsme cinématographique, les enjeux font la part belle à l’action, ce qui justifie quelques liens expéditifs. L’image impose sa violence, soulignant l’écrasante supériorité du méchant, mais abuse des coupes au détriment de la lisibilité des combats, surtout au Wakanda… Et si les effets spéciaux tiennent la route, « Infinity War » souffre d’une absence de direction artistique globale qui aurait pu le faire passer de grand « divertissement » à du grand « Cinéma ».

Mais pour citer Vision « leurs erreurs sont bienveillantes » et leurs qualités largement supérieures, à commencer par le personnage principal du film : Thanos ! Géant surpuissant, déterminé, troublé, bizarrement touchant, Thanos pourrait presque nous sembler sympathique sans son hobby (on ne juge pas)… Quand les nihilistes 2.0 s’amusent à troller les forums, Thanos lui pratique le génocide (chacun son truc) !
Marvel livre enfin un GRAND méchant iconique et réussi là où le DCCU ne cesse de patauger : un sens de la démesure crédible ! Au-delà d’une excellente utilisation scénaristique des pierres d’infinités, le film regorge de séquences iconiques où Thor, Dr Strange, Scarlet Witch et Iron Man exploitent tout leur potentiel héroïque. Des capacités également très bien utilisées dans les dynamiques de groupes et les joutes verbales toujours jouissives où l’humour marvélien se teinte d’une pointe de cynisme.

Tout au long du film « Infinity War » joue habilement avec le souffle, le prenant en otage lors des scènes d’action pour mieux l’amplifier lors des séquences émotives (mention spéciale à Zoe Saldana) et finir par le suspendre totalement. Choquant, étonnement sobre, clair-obscur, le final seul atteint un niveau émotionnel inégalé dans le MCU, où les Avengers passe finalement de la franchise à la légende !

Même si le chapitre final se dessine déjà clairement, « Avengers : Infinity War » restera comme le plus audacieux des Marvel, celui qui, même s’il s’agit d’une transition, sera aller au bout de son propos. Pourvu que ce relief ne soit pas complètement effacé par la suite (et par pitié, PAS DE MULTIVERSE) !

La critique de Marcellin – 4,5/5

On en a vu défiler des Marvel depuis ces dernières années, tous exploitant leur identité  pour offrir à chaque personnage une dimension unique. Mais dans quel but ? Et bien l’Infinity War ! Attention voici le plus gros rassemblement de gros bras dans un combat magistral !

Comme je l’ai répété à de maintes reprises, je ne suis pas la plus addict de l’univers MARVEL, mais ce film a réussit à me convaincre sur une chose, ce dont les DC COMICS manquent cruellement : la différence créé le plus beau des ensemble. On l’a déjà expérimenté avec les X-MEN, l’esprit d’équipe est la force des MARVEL. Malgré ce que pense Eugénie, quand les super-héros DC se la jouent mousquetaires, les fortes personnalités prennent toujours le dessus. La Justice League, par exemple, ne cesse de se chamailler, de jouer à « qui a la plus grosse » et à finalement dépendre seulement d’une cause ou d’un super vilain. Les Avengers ont, quant à eux, réussi à développer avec le temps une véritable amitié, voire plus si affinités. On le ressent clairement dès le début du film : Dr Strange et Stark se la joue combat d’égo mais s’admirent mutuellement, Spider Man et Iron Man entretiennent encore cette relation père-fils de circonstance, Wanda et Vision ont fui tel Roméo et Juliette…

Mais attention, il faut s’accrocher et remettre chaque pendule à l’heure. Car c’est là où cet opus nous bombarde d’informations que le spectateur doit s’amuser à retrouver après visionnage de TOUS les films précédents (oups j’en ai raté, merci Eugénie pour la mise à jour). Tâche loin d’être aisée lorsque nous devons aussi assister à une action sans cesse rythmée, des effets spéciaux à couper le souffle et bien sûr l’évolution des personnages au sein même du film. Pas le temps de s’ennuyer donc…

La vraie grande surprise cependant, n’est pas de voir s’allier ces personnages uniques dépeints dans chaque spin off, mais plutôt voir émerger certaines personnalités dont on ne soupçonnait pas la puissance (à la fois physique et émotionnelle). Ce film vous réserve donc de véritables bonnes surprises (j’en suis la première victime !). Ce parti pris se vaut également pour l’un des meilleurs méchants des franchises de super héros : Thanos. Nihiliste à souhait, profondément inhumain et mené par sa folie grandissante, il saura régaler vos papilles qui ont soif de vilainerie.

La dernière partie du film est sans doute celle qui fonctionne le plus. Laissant libre cours à une émotion méconnue chez les Marvel, elle laisse planer le doute, le désir, l’envie d’en voir plus. Et surtout, comme vous le savez, impossible pour vous de ne pas rester jusqu’à la fin de la séance, car elle est annonciatrice d’un vrai bouleversement dans le MCU. Un film à ne rater sous aucun prétexte…