Les Animaux Fantastiques

Back to magic

Réalisé par David Yates
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Colin Farrell…
USA, UK – Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 16 novembre 2016
Durée : 2h 13min 

Kezako ?

Norbert Dragonneau rentre à peine d’un périple à travers le monde où il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques. Il pense faire une courte halte à New York, mais une série d’événements et de rencontres inattendues risquent de prolonger son séjour. Désormais, le monde de la magie est menacé.

La critique d’Eugénie – 4/5
♥ Coup de cœur

Après la désastreuse expérience de l’Enfant Maudit, je redoutais le pire pour ces « Fantastic Beasts », premier film d’une nouvelle franchise issue de l’univers Harry Potter. Mais des bandes-annonces prometteuses et des textes inédits publiés sur Pottermore, concernant l’Histoire de la Magie aux États-Unis et Ilvermony (GO Thunderbird ! ), ont fini par réveiller mon enthousiasme.

Fan de la première heure, Eugénie était présente à l’avant-première française, réussissant même à y trainer Marcellin (merci mon canard). Bien que déçue par l’absence des membres de l’équipe, il faut reconnaître que le grand Rex a mis les petits chaudrons dans les grands. Photocall, baguette gratuite, goodies en tous genres et une communauté de fans déchainée – et déguisée. Si Eugénie et Marcellin arboraient fièrement les couleurs de Serdaigle et Serpentard, toutes les maisons de Poudlard étaient représentées à parts égales, prêtes à partir en voyage scolaire outre-Atlantique.

L’attente électrise le public qui se déchaine au lever de rideau… c’est parti !

Commençons par les malus. Un thème musical moins identifiable, qui réutilise celui d’Harry Potter au lieu de travailler le sien, et quelques sous-intrigues mal exploitées… Mais franchement, je pinaille !

« Les Animaux Fantastiques » est une très bonne surprise, très loin du fan service gratuit tant redouté ! Autre époque, autre décor, autres personnages, autres enjeux, l’histoire se démarque de celle du Survivant tout en s’intégrant parfaitement à l’univers.
L’intrigue sert de prétexte pour se balader dans le monde magique de J.K. Rowling, explorant sa société tout en courant après le bestiaire fantastique qui a donné son titre au film. D’ailleurs au passage, Marcellin je veux un Niffleur pour Noël (#démerde-toi) !

À la foi plus sombre et adulte que la saga Harry Potter, « Les Animaux Fantastiques » est aussi plus drôle, en grande partie grâce à l’acteur Dan Fogler, interprète de Jacob Kowalki, qui déploie un arsenal d’expressions faciales plus hilarantes les unes que les autres.
Le reste du casting ne démérite pas pour autant. Eddie Redmayne incarne un Newt Scamender (Norbert Dragonneau pour les francophiles) maladroit et tendre, entouré d’un duo de frangines improbable, comme si Valérie Lemercier et Marilyn Monroe se découvraient des liens de parenté.

Si David Yates est à nouveau derrière la caméra, J.K. Rowling s’est essayée à un tout autre exercice, l’écriture d’un scénario, et ce avec talent ! Par-delà des péripéties animalière se cachent une intrigue policière soignée, jouant habilement avec les connaissances du public. À la foi accessible aux néophytes, les potterheads pourront eux se perdre en conjectures jusqu’à la conclusion, pas si prévisible que ça. Un joli travail d’équilibriste ou, en l’occurrence, de balais volants. Chapeau pointu l’artiste !

L’enfant maudit – sequel de malheur !

Écrit par Jack Thorne (script)
Adapté d’une histoire originale de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne
Royaume-Uni – Théâtre/Fantastique
Sortie : 31 Juillet 2016
Nombre de page : 350 pages

Kezaco ?

Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis la bataille de Poudlard. Harry Potter est père de 3 enfants : James, Albus Severus et la petite Lily. Mais cette vie de famille en apparence idyllique dissimule des aspects plus noirs. Albus vit une relation complexe avec son père et peine à porter le poids de sa célébrité… et toutes les attentes qui vont avec. Son plus proche ami, Scorpius Malefoy, fait l’objet d’une rumeur tenace. Et pour couronner le tout, les anciens alliés du Seigneur des Ténèbres recommencent à se manifester…

La critique d’Eugénie – 0,5/5
Eugénie n’ayant pas assisté à la pièce, cette critique aborde l’œuvre sous l’angle littéraire uniquement.

Harry Potter est une des sagas les plus riches de notre époque. Son univers dense s’est étayé sur sept livres, trois spin off, huit films (bientôt neuf) et de nombreux textes publiés par l’auteur elle-même sur le site Pottermore. À ce stade, il n’y a quasiment plus de limite à l’extension de ce monde, même si on ne s’attendait pas à le retrouver sur les planches…
En fan de la première heure, je guettais avec avidité toutes informations sur la vie des personnages post tome 7. Il y a neuf ans, je m’étonnais d’ailleurs que J.K. Rowling annonce s’intéresser davantage au jeune Albus Potter qu’aux autres personnages de la nouvelle génération, car sur les quelques lignes de texte de l’adolescent, je retrouvais la copie conforme, physique et psychologique, de son père. Quel intérêt alors d’un bis repetita ?
Surprise à la fois par le thème et le format de cette « suite », je me suis malgré tout précipitée vers ce livre. Après tout, « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »… Sauf que côté magie, le charme a tourné !

D’un point de vue purement littéraire, un constat saute tout de suite aux yeux : l’écriture est maladroite ! Difficile d’en imputer la faute aux auteurs ou aux traducteurs, mais il n’en demeure pas moins que le texte est pénible à lire, accumulant les dialogues et les situations plates, mièvres voire idiotes. Même avec une bonne imagination, il est très difficile de mettre en situation ces textes récités qui ne viennent que souligner un problème de construction.

Là où les livres ont su agencer un univers crédible, liant la magie à l’intrigue tout en donnant un cadre très défini à son merveilleux, « l’Enfant Maudit » prend le parti pris inverse et se fixe pour mission de faire rentrer le plus de magie possible en un nombre limité de pages. La finalité reste le grand spectacle et ça se sent, le problème étant que l’histoire en devient un gloubi-boulga de fantastique incohérent et indigeste, qui piétine à chaque instant toutes les règles des romans. Concrètement, il est toujours possible de faire rentrer un 40 dans une chaussure taille 38, mais de là à marcher avec, ce ne sera que torture.
La saga Harry Potter n’a jamais fait de la magie un deus ex machina propre à régler d’un claquement de doigt toutes les situations. Les intrigues de l’auteur se sont entremêlées aux lois magiques pour aboutir à une histoire plus complexe qu’il n’y paraît et qui ne s’est surtout jamais autorisé l’excuse du « Ta gueule, c’est magique ! ». C’est pourtant ce qui résume le mieux le scénario de « l’Enfant Maudit », très certainement impressionnant sur scène, mais qui révoltera tous les lecteurs de livres à la vue de leur univers préféré dépecé à coup de griffe d’Hippogriffe.

Car pour ce qui est de l’histoire, « l’Enfant maudit » est à J.K. Rowling ce que la trilogie du Hobbit est à Peter Jackson, du fan service de mauvais goût ! Pire encore… c’est un blasphème affublé d’une intrigue digne d’une fanfiction, qui trahit à la fois ses personnages et son essence. Eugénie a lu beaucoup de ces écrits et je peux vous jurer sur la tête de Marcellin que chaque élément de l’intrigue, chaque péripétie, chaque situation, je les ai lu dans des fanfictions, et pas des meilleures – Attention, à partir d’ici je spoile sans vergogne ! Des retourneurs de temps fonctionnant sur plusieurs décennies, des incohérences spacio-temporelles, des systèmes de sécurité idiots, des personnages inconsistants, des situations improbables (voir dégueulasses), il n’y a pas grand-chose à sauver de cette suite.
Certes le jeune Albus n’a en fin de compte rien à voir avec son père. Il se retrouve à Serpentard avec pour meilleur copain Scorpius Malefoy. Ok, why not, Serpentard étant attiré par la grandeur, l’envie de se montrer à la hauteur d’un père aussi illustre pouvait tenir la route et promettre de belles aventures. Sauf qu’Albus est surtout un enfant pourri gâté, tête à claques et détestable en tout point, là où son ami Scorpius est le meilleur personnage de cette « suite » et aurait gagné à avoir plus d’importance.

On pourrait voir une forme d’excellence dans l’écriture de la tragédie tant la pièce s’acharne sur ses personnages.
Harry lui-même a oublié sagesse et expérience pour devenir un connard bouffi d’orgueil qui attend les 14 ans de son cadet pour confesser qu’être père lui fait peur. Mieux vaut tard que jamais mais quand même. Hermione ressemble davantage à la version Hollywood glamourisé bad ass qu’à celle des romans quand Ron, dont l’humour, les insécurités et la force très particulière apportaient une harmonie au groupe, devient transparent, réduit au rôle du bouffon de service satisfait d’être le paillasson de bobonne.
Mais le massacre s’étend au-delà des personnages principaux. Ginny, l’un des personnages féminins les plus indépendants avec une force de caractère appréciable, est fade à mourir. McGonagall est une fonctionnaire influençable, le portrait d’Albus Dumbledore un gros enfoiré et Severus Fucking Rogue un bisounours qui va verser sa petite larme en apprenant qu’Harry a donné son nom à son fils… mais bien sûr !

ET pire que tout… Voldemort, dont la peur vient du rejet des aspirations humaines au profit de la seule puissance, se découvre soudain un goût pour les femmes et la chair ?! Voldemort, incapable de toute forme d’amour et ayant buté son propre père (et ses grands-parents pour la bonne et due forme) n’aurait rien contre le fait d’être appelé Papa ?! Voldemort, sorcier au plus proche de l’immortalité ne serait pas inquiété du danger potentiel d’un héritier ? Ben voyons ! César et Brutus, Barty Croupton père et fils et Ben et Han Solo sont tous en train de se bidonner si vous voulez mon avis.

Arrêtez de vouloir nous faire prendre des brindilles pour des Botrucs par la barde de Merlin !!! Et shame on you J.K., tu as fini par vendre ton âme par appât du gain ! À quelques semaines de la sortie des « Animaux Fantastiques » mon enthousiasme devient terreur… que vas-tu infliger à ce monde merveilleux où tant d’entre nous ont grandi.

Peut-être que la magie ne prend que sur les planches… mais en ce qui me concerne je préfère me convaincre que cette suite n’a jamais existée,  l’histoire ne m’incitera pas à aller vérifier.