Top 5 des meilleures séries selon Eugénie & Marcellin

Qu’on se le dise tout de suite, il ne s’agit pas d’établir objectivement le classement des meilleures séries de tous les temps, tout simplement parce que c’est impossible !
Les séries sont plus que jamais devenu un 8ème art en soi, tant par leur format, leur médium et leurs propos. Et comme tout élément de culture, elles sont susceptibles à un moment donné de nous influencer, d’entrer en résonance avec nos goûts, nos pensées, notre vision artistique et par là même, de les refaçonner !
Eugénie et Marcellin ont sélectionné les cinq séries qui ont réussi à marquer nos vies au point de devenir des piliers de notre culture audiovisuelle.

Les n°5 : Malcolm VS Strangers Things

Le choix de Marcellin : Malcom – Cette série n’est pas la plus visuelle, la plus poétique ou encore la plus complexe mais c’est sans aucun doute la plus efficace. Malcolm et sa famille nous aura fait rire aux larmes, nous entraînant dans leur vie trépidante à chaque nouveaux épisodes. Aussi affligeant que touchant, chaque membre de cette tribu a agit sur nous comme une madeleine de Proust, rappelant à chacun d’entre nous des souvenirs d’enfances plus ou moins glorieux ! La parcours atypique et délirant de cette middle class était une réjouissance télévisuelle, où il suffisait de profiter d’une bonne série et de son humour décalé. Dénuée de toute prétention, Malcom est un irrésistible moment à passer ; c’est d’ailleurs une des rares séries que je pourrais visionner ad vitam aeternam ! Chaque personnage est hilarant, créant un ensemble d’une délicieuse impertinence et une bonne dose d’antidépresseurs ! Cette série est juste dans  absolument tous ses aspects, et elle a su viser dans nos cœurs, en plein dans le mille 😉

La sélection d’Eugénie : Strangers Things – Beaucoup d’appelés mais peu d’élus…. Parmi l’excellent cru sériephile de ces dernières années, WestworldHandmaid’s Tale et Black Mirror auraient toutes pu prétendre à la cinquième place bien que pour des raisons différentes, mais c’est finalement Strangers Things qui s’est imposé (malgré une saison 3 très décevante) ! Là où j’attends encore des autres qu’elles passent l’épreuve du temps, la série des frères Duffer a réalisé un véritable hold-up en devenant culte dès sa première saison ! On pourrait chanter les louanges du casting, la qualité de l’image et des effets spéciaux, de la photographie, de la bande originale et du scénario, mais on ne va pas se mentir… si Strangers Things se classe aussi haut, c’est parce qu’elle joue la carte de la nostalgie ! Avec son univers délicieusement vintage, la série nous replonge dans les années 80, celle de E.T. et des Goonies, d’Alien et de The Thing avec une touche de mystère à la Stephen King qui lui donne tout son charme rétro, singulier et angoissant !

Le n°4 : American Horror Story VS Malcolm & Sex and the City

Le choix de Marcellin : American Horror Story – Il fallait bien assouvir mon côté sorcière dans ce classement ! Et je suis ravie de faire un double hommage à Ryan Murphy, que j’estime comme un très grand showrunner. Je dois l’avouer, AHS est une série assez inégale. La première saison fut un véritable coup de cœur, et cette passion a eu tendance à évoluer en dent de scie. Pourtant elle réussit à être constante sur un point : le traitement de la peur. Sorcières, fantômes, freaks, fin du monde… AHS parcourt avec curiosité et dévouement des sources de peur liées au genre humain. Je me dois donc de saluer sincèrement cette volonté de créer une série horrifique digne de ce nom. Pourtant, l’enchaînement des différents chapitres connaît des moments de flottement, de déjà vu, et même d’excès. Certaines saisons, qui pourtant s’avéraient très prometteuses par leur choix de thématiques, furent d’amères déceptions quant aux parti pris scénaristiques.
Malgré cela, AHS est un véritable bijou visuel, et s’intéresse à des sujets très peu exploités dans des séries télévisées (du moins avec brio !). L’ensemble regorge de multiples qualités : personne ne peut rester de marbre face à une telle oeuvre. Nous passons par toutes les émotions possibles : le rejet, la peur, le rire, le désir… AHS est une véritable expérience télévisuelle !
Et elle ne s’arrête pas en si bon chemin. Car au delà de nous jeter en pâture à une horreur pure et simple, la série s’abreuve d’une dimension politique et sociale. Un engagement qui se distille tout au long des saisons et que je vous laisse découvrir 🙂
Car comme disait Coluche : « l’horreur est humaine« 

La sélection d’Eugénie : Malcolm ex aequo Sex and the City – Bon, je sais que des ex aequo c’est un peu de la triche, mais je suis incapable de choisir entre ces deux séries qui n’ont en commun que l’humour et le fait que je ne m’en lasse toujours pas malgré les rediffusions. Entre histoire de famille déjantée et aventures décomplexées entre copines, toutes les deux ont marqué leur genre et leur époque. La famille de Malcolm venait trancher avec toutes celles des sitcoms bien proprettes par son irrévérence à la limite du parodique, et si Sex and the City a moins bien vieilli, elle reste pionnière dans sa représentation des femmes et de leur sexualité ! Si je ne devais adresser qu’un mot à ces séries, ce serait merci ! Merci pour Hal et Miranda, pour Dewey et Samantha et pour ces innombrables fous rires !

Le n°3 : Skins VS Game of Thrones

Le choix de Marcellin : Skins – « On est pas sérieux quand on a dix-sept ans« . C’est à cet âge plein de revendications que j’ai découvert LA série qui m’a fait réaliser qu’être un ado est un doux fléau. L’adolescence, cette période de transition d’une brutalité qu’on connaîtra qu’une seule fois dans sa vie. Cette époque moyen-âgeuse où l’on oscille entre ombre et lumière. Encore aujourd’hui, Skins reste à mes yeux la seule qui a su retranscrire ce sentiment étrange de vouloir faire comme les autres tout en se sentant seul au monde. La série construit à travers tous ses protagonistes une palette incroyable de personnalités que l’on a tous plus ou moins connus durant notre adolescence. Cette pluralité nous offre l’occasion de voir porter à l’écran des instants, des pensées, des actes qui faisaient de nous des êtres si mystérieux. Skins arrive à combiner fantasme et réalité, celle d’une liberté dont nous rêvions et celle de la condition à laquelle nous appartenions. Des thèmes tabous tels que la drogue, le sexe, le suicide mais aussi plus honorables tels que l’amour, l’amitié et la confiance participent à créer la grandeur de cette série. Ils s’entrechoquent, se lient et se délient pour tout simplement faire réaliser à son spectateur toute la complexité d’un âge que l’on pensait bête et inutile. Et pourtant, c’est de cette ère que nous avons tiré l’adulte que nous sommes.

La sélection d’Eugénie : Game of Thrones – Ne t’en déplaise Marcellin mon poussin, mais Skins aurait plus sa place dans le classement de mes plus grosses déceptions. Après trois saisons hypnotiques, la quatrième a laissé tomber toute volonté de crédibilité et m’a perdue par la même occasion… Nope, ma médaille de bronze va à une série qui a fait couler beaucoup d’encre, à juste titre, ces dernier mois. De fait, Game of Thrones aurait pu être mon numéro 1 sans deux dernières saisons très décevantes (voir catastrophiques). Mais malgré le nivellement de l’écriture, le fait est qu’aucune oeuvre de fiction ne m’a procuré autant d’excitation et d’impatience depuis mes émois adolescents lors de la trilogie du Seigneur des Anneaux ou la sortie des livres Harry Potter ! Je n’ai jamais fait grand mystère de ma passion pour l’heroic fantasy, mais l’adaptation du Trône de fer a satisfait bien plus que mes attentes en tant que lectrice. Elle a donné une nouvelle ampleur à la soif de magie et d’aventure et nourrit les cerveaux reptiliens avides d’intrigues et de complots politiques tout en cultivant l’imprévisibilité et la mise à mal du manichéisme. Dommage seulement que les saisons 7 et 8 n’aient pas su maintenir ce niveau d’exigence…

Le n°2 : Mindhunter VS Kaamelott

Le choix de Marcellin : Mindhunter – Une plongée radicale dans les tourments des êtres humains les plus infâmes, ça vous dit ? Bienvenue dans le délicieux monde de la série Mindhunter. Il s’agit d’une des dernières merveilles produite par le talentueux David Fincher, sur un sujet qu’il affectionne particulièrement : les serial killers !
Le réalisateur nous délivre une série d’une intensité dramatique exceptionnelle, teintée d’un réalisme époustouflant, tant par le contexte de l’époque (le début du profilage), que par l’interprétation des acteurs incarnant les tueurs les plus notables de ces dernières décennies. Avec le créateur Joe Penhall, Fincher s’intéresse ici aux débuts complexes de cette technique visant à pénétrer les esprits tourmentés au sein même des institutions carcérales. Et quelle tâche attend ces inspecteurs ! Tenter de faire comprendre au commun des mortels, comment un être humain peut commettre des actes si abjectes sur ses pairs. La série se transforme ainsi en quête, celle visant à rationaliser l’inconcevable, à comprendre l’inimaginable. Mindhunter nous présente ainsi un duo de flics, sillonnant les routes pour prêcher la bonne parole auprès de collègues locaux, mais également se confronter directement à ces criminels afin (tenter) de comprendre leurs actes. Deux aspects majeurs font de cette oeuvre une série incroyable : ces personnages aux antipodes les uns des autres qui se confrontent sans même se comprendre, mais qui vont chacun, à leur mesure, jouer un rôle majeur. Et surtout, ces criminels, froids, effrayants, fascinants, interprétés avec brio par des acteurs de choix. Mention spéciale à Cameron Britton, jouant un Ed Kemper troublant de justesse.
On reconnaît ici la griffe Fincher : mise en scène au millimètre, des dialogues ciselés, une photographie soignée…
Chaque épisode nous montre le potentiel gigantesque de cette série, et je trépigne d’impatience de découvrir la suite de cette épopée si singulière…

La sélection d’Eugénie : Kaamelott Direct en second place du classement on retrouve non seulement une série humoristique mais aussi à une série française (la seule du classement – COCORICO) ! Et pas n’importe quelle série s’il vous plait, celle de Môssieur Alexandre Astier, notre gourou à tous, digne héritier d’Alain Chabat ! Kaamelott est une pépite d’humour, d’écriture et d’absurde. Avec ses personnages incroyables et ses répliques cultes, la série a même réussi le pari de changer de ton en cours de route et d’évoluer de façon à ne jamais être redondante (contrairement au céleri). Kaamelott est sans conteste LA série que je peux regarder en boucle indéfiniment et qui me fera toujours rire. Allez, qui veut faire un cul de chouette avec moi ?

Le n°1 : Nip/Tuck VS Buffy contre les vampires

Le choix de Marcellin : Nip/Tuck – Rares sont les séries qui sont dotés d’un magnétisme si déroutant. La grandeur de Nip/Tuck réside dans sa capacité à associer les thèmes les plus opposés :  le fantasme et la désillusion, l’amour et la haine, l’attractivité et le rejet… Tout ceci dans une précision quasi chirurgicale.
Enfermé un cocon en papier glacé, au plus haut de leur tour d’ivoire, ces personnages riches, beaux et séduisants arrivent successivement à nous dégoûter comme à nous fasciner. A travers ses protagonistes, NIP/TUCK parle ainsi de quêtes : d’identité, d’immortalité, de plaisir, de gloire… Ryan Murphy les détruit progressivement, en confrontant ces élites à une réalité brutale qu’ils pensaient loin d’eux. On perçoit ainsi tout au long de la série la mince frontière qui sépare la beauté de la laideur la plus abjecte.
Nip/Tuck était à sa sortie un véritable OVNI, abordant à l’écran de façon explicite des sujets tabous tels que le sexe, l’homosexualité, le transexualisme, le sadomasochisme… La série était d’un cynisme magistral, tout en y apportant une dimension tragique bouleversante. Nous nous délections à chaque épisode des frasques du Dr. Troy, de la vie (presque) normale du Dr. Mcnamara et de tous ces patients plus incroyables les uns que les autres. Tout en soignant l’esthétique de sa série, Murphy arrive à nous plonger dans les abîmes de l’être humain ; sa peur, ses désirs, ses hontes. Immersion dans un enfer aux portes dorées, dont on ne revient pas indemne.

La sélection d’Eugénie : Buffy contre les vampires Josh Whedon, je vous aime ! Buffy m’a forgée plus que je ne saurais le dire. Déjà car ce fût une première vision du féminisme à un âge où prédominaient encore les princesses Disney, et aussi car c’est fut la première notion de ce qui peut faire une grande série ! Épique et psychologique, il n’y a rien que Buffy n’est pas réussi ! Des héros tous devenus cultes, des méchants iconiques (big love au couple Spike/Drusila), des antihéros (Faith et re-Spike), des scènes d’action, des envolées épiques, des séquences tragiques (Innocence, Orphelines, L’Apocalypse), de l’humour, des évolutions personnelles et des dynamiques de groupe, de l’amour, des défaites et des victoires… Bref, l’importance de Buffy à l’échelle des séries télévisuelles n’est plus à démonter ! Josh Whedon a littéralement inventé le concept des bad guys récurrents sur toute une saison mais c’est aussi livré à de nombreux exercices de style dont l’héritage se perpétue encore aujourd’hui. On notera entre autre l’épisode muet (Un silence de mort – saison 4), celui des rêves (Cauchemar – saison 4), de la folie (A la dérive – saison 6), en mode comédie musicale (Que le spectacle commence – saison 6), et le plus poignant de tous, The Body (maladroitement renommé Orphelines en VF – saison 5) qui reste la plus brutale interprétation de la mort et du deuil sur le petit écran, parce que la plus réelle !
Mais il n’est pas possible de parler de Buffy sans parler du féministe complètement assumé de la série ! Si les personnages féminins ont tous une place centrale, le thème principal même repose sur la mise à bas du patriarcat et des préjugés sexistes. Loin de les nier, la série préfère les intégrer, les nuancer, les interpréter et finalement, les démentir. Parce que oui, une femme peut être forte et sensible ! Oui une héroïne peut être généreuse et violente ! Oui une femme peut être amoureuse sans être définie par son love interest ! Oui une personne invincible peut être vulnérable !
Avec son lot de réflexion sur le pouvoir, l’héroïsme et la sexualité, la série présente en sus une excellente allégorie de l’adolescence et par la suite, du passage à l’âge adulte. Buffy a dissimulé derrière un pitch putassier et un brin ridicule, une pom pom girl qui démonte du monstre, la série la plus travaillée et symbolique des années 90 !

Le Trône de Fer – GoT 8×06

Bran the wheel

Clap de fin sur une série qui aura fasciné le monde entier pendant 8 ans. Déjà les critiques s’élèvent et seul le désaccord semble faire consensus. Ce qui est certain c’est que nous n’avons pas fini de parler de ce final.

Les TOP
– C’est la fin !
– La visite d’une ville dévastée par les « vainqueurs », Jon, Tyrion et Davos.
– Le jeu de Peter Dinklage découvrant les corps de son frère et sa soeur est bouleversant. Peut-être l’une des plus belles scènes de la saison.
– La réaction de Drogon devant le corps de sa mère qui, ne pouvant se résigner à tuer le dernier Targaryen, détruit de Trône de Fer.
– Brienne qui remplit le livre de la garde, rendant enfin un juste hommage à Jaime.
– Le montage final avec les trois Stark est très beau.
– Dernière mention pour la musique de Ramin Djawadi, seul élément qui n’aura jamais perdu en qualité au fil des saisons.
– Ah, et Jon a enfin caressé Fantôme !

Les BOF
– L’incohérence des actes de Vers Gris qui massacre des hommes sans défense mais laisse Jon et Tyrion en vie. Pire, qui amène un prisonnier à décider du sort de Westeros #logiqueGoT
– Ok, Edmure Tully est marrant mais la blague est un peu hors sujet et semble sortir d’un film Marvel.
– Un épisode long où il ne se passe en finalité pas grand-chose.
– La discussion Jon/Tyrion qui montre à elle seule tout le potentiel gâché de la psychologie de Daenerys. Puis on a vraiment envie de gifler Jon. RÉVEIL-TOI MEC !

Les FLOP
– Bah, c’est la fin…
– Après la folie éclair de Dany, on expédie aussi sa mort. Le fait est que quand un dragon en CGI transmet plus d’émotion que les acteurs, c’est qu’il y a un problème.
– Bran le Brisé, Roi des Six Couronnes… What The Fuck ?!
– Et tous acceptent un adolescent infirme qui n’a aucune forme de légitimité, ni héréditaire, ni guerrière, ni même méritée ?
– Si Bran le Beugué avait tout anticipé et qu’il n’a rien fait pour éviter tous ces morts, c’est un psychopathe et un très mauvais frère/cousin.
– Ça ne dérange personne qu’un Stark de Winterfell soit Roi d’une union dont le Nord ne fait plus partie ? Historiquement, un étranger à la tête d’un pays qui n’est pas le sien c’est pas ouf – demandez à Manuel Valls comment il s’en sort à Barcelone.
– Donc le Nord impose son indépendance mais pas Yara pour les Îles de Fer (qui l’avait obtenu de Daenerys), ni Dorne, ni aucun autre royaume ?
– Puis ton explication Tyrion tu peux te la mettre où je pense ! La meilleure histoire mon c** ! Si tu veux jouer à ça alors Jon, Arya, Sansa et même Sam ont une meilleure histoire, merde ! Elle n’a servi à rien la fucking Corneille et personne à Westeros ne sait même à quoi elle sert !
– Donc, la première préoccupation de Bran le Blasé est de repérer Drogon ? Cela dit, celle de Robert Baratheon était de chasser le sanglier, on est sur le même niveau d’investissement.
– La parenté de Jon n’aura eu pour seule fonction que d’alimenter la folie de Daenerys, folie qui trouve son seul argument dans son patrimoine génétique.
– Sam ne PEUT PAS être Mestre ET Lord ET père ! Les mestres sont tenus aux mêmes vœux que la Garde de Nuit (et la Garde Royale) et les règles de la Citadelle sont très indépendantes du reste du Royaume. Arrêtez de faire n’importe quoi !
– Ah et au fait, sur Naath il y a un virus (la fièvre des papillons) qui tue tous ceux qui ne sont pas natifs de l’île. Bon voyage Vers Gris !
– Un dernier reproche adressé à D&D, merci de ne pas dire à votre public ce qu’il doit penser ou ressentir avec des dialogues comme « No one is very happy, which means it’s good compromise I suppose » ou encore « Ask me again in 10 years ». Assumez vos choix, trouillards !
– Bon pendant que je suis énervée, je balance deux idées comme ça : Jon, puisque Drogon a emporté le corps de Daenerys, t’aurais pu dire qu’elle était partie faire un tour et te tirer OU encore faire ce que tu voulais après le départ de Vers Gris nan ?

Cette conclusion répercute malheureusement toutes les incohérences stratégiques et scénaristiques des trois dernières saisons. Et si son appréciation est propre à chacun, il n’en reste pas moins qu’un appauvrissement de l’écriture a conduit la série à se mentir à elle-même. Non, la roue n’est pas brisée ! Nous avons découvert Westeros avec un Roi, un conseil et des familles puissantes à sa tête, nous la quittons avec un Roi, un conseil et des familles puissantes à sa tête. La fin de l’hérédité royale n’est pas celle d’un système féodal écrasant les pauvres au profit des riches et des puissants, et puisque l’idée de démocratie de Sam a été balayé dans un éclat de rire, les intrigues pour le pouvoir ont simplement été déplacé dans un système d’élection oligarchique. La roue n’est pas brisée, elle s’est juste offerte de nouveaux rayons, et ça, c’est une conclusion bien plus amère que douce.

par Eugénie

The Bells – GoT 8×05

La reine des cendres

Ce pénultième épisode a su nous livrer du grand spectacle à n’en pas douter, mais vidé de toute substance scénaristique. « The Bells » se veut brulant mais m’a plus que jamais laissée froide et distante face à son action.

Les TOP
Euh… Attendez je vais en trouver… Ah ça y est :
– Le look de Daenerys en début d’épisode dresse un parallèle saisissant avec son père, soutenu par une Emilia Clark qui apporte plus de nuances à son jeu que dans les trois saisons précédentes réunies.
– Varys meurt sans surprise mais avec beaucoup de dignité.
– Les adieux entre Tyrion et Jaime sont magnifiques.

Les BOF
– Le décès précoce de Varys. Espérons qu’il aura eu le temps d’envoyer quelques messages avant de passer sur le grill.
– Le cleganebowl ! Très attendu par les fans, la mise en scène laisse malgré tout à désirer. En terme de chorégraphie de combat, le duel avec Brienne en saison 4 était bien plus interessant.
– Pourquoi Tyrion trahit-il Varys ainsi ? Peut-on avoir un peu de développement siouplait ?
– Le revirement de dernière minute d’Arya me semble très maladroit et ses pérégrinations dans la ville en flamme assez peu engageantes.
– Oui la destruction de Port-Réal est grandiose et poignante dans son propos sur la violence de la guerre, mais sans enjeux ni suspens on finirait presque par s’ennuyer.
– Bel effort d’inversion manichéenne… mais peu respectueuse de l’évolution des personnages. Avoir faire parcourir tout ce chemin à Jaime et Cercei pour cette fin, quel dommage !

Les FLOP
– Où est Gendry ? Quid des Baratheon dans tout cela ? Pourquoi l’avoir légitimé s’il ne sert à rien ?
– Et Yara ? La flotte de Fer ?
– NAN MAIS JON BOUGE TOI ! Sérieusement, peut-on rendre ce personnage encore plus passif ?
– Donc, dans l’épisode dernier les balistes étaient surpuissantes et aujourd’hui elles servent de petits bois pour le barbeuk… #logiqueGOT
– À noter que les forgerons de Port-Réal ont une productivité digne du goulag stalinien.
– En parlant d’inutilité, la Compagnie Dorée entrera certainement dans les annales ! Beaucoup de bruit pour rien.
– Euron Greyjoy ou le personnage le plus massacré par la série après les Sand Snakes. Unidimensionnel et caricatural, il a néanmoins une morte cohérente avec son caractère : lourdingue.
– Mais bien évidement, la plus monumentale lacune scénaristique réside dans le basculement de Daenerys vers la folie. Non pas parce que l’idée était mauvaise ou incohérente, bien au contraire, mais parce que les ficelles pour y arriver sont elliptiques et simplistes. Mais on y reviendra certainement dans un autre article.

Plus les semaines passent et plus il m’est difficile d’apprécier cette saison et pourtant je vous jure que j’y met de la bonne volonté. Je conclue sur une petite pensée pour ce pauvre Drogon qui aura sans doute une extinction de voix demain.

par Eugénie

The Last of the Starks – GoT 8×04

Dracarys…

Épisode de transition, « The lasts of the Starks » inquiète par son côté expéditif et simpliste. S’il remet le Trône de Fer au centre du récit, le choix de diviser la saison en deux axes distincts, expédiant la menace des Marcheurs Blanc en trois épisodes, manque cruellement de subtilité. Allez, passons au récap :

Les TOP
• Ghost est vivant !
• La scène des funérailles est très belle.
• Le banquet ! Parenthèse joviale qui offre de nombreuses interactions entre les personnages : l’adoubement de Gendry, le jeu à boire entre Tyrion, Brienne et Jaime, les retrouvailles de Sansa et Sandor, Jon et les Sauvageons, le tout mettant en exergue la solitude croissante de Daenerys.
• Arya n’est pas une lady ! Vive le retour de son tandem avec le Limier !
• Le duo Tyrion/Varys qui remet les complots politiques au premier plan.
• Les morts de Rhaegal et Missandei, vraiment pas vu venir.

Les BOF
• Pas sûre qu’une relation sexuelle entre Jaime et Brienne était indispensable.
• Si l’échange avec Sandor était important, on regrette le manque de nuance dans le discours de Sansa. Le viol n’est pas un prérequis à l’endurcissement !
• La méfiance des Stark envers Daenerys est assez inexplicable et la réplique d’Arya limite xénophobe et absurde venant de ce personnage.
• Euh… la scène de Bronn. What was the point ?

Les FLOP
• JON, VEUX-TU FAIRE UN CALIN À GHOST ESPÈCE D’INGRAT !
• Encore une ellipse maladroite ! Tyrion raconte la vérité sur Jon à Varys en arrivant à Dragonstone, soit plusieurs semaines après l’avoir apprise !
• L’absence de réaction des sœurs Stark face à la plus grosse révélation de leur histoire.
• La mort de Raegal, très choquante parce qu’inattendue mais complètement absurde ! Genre Daenerys n’a pas vu les bateaux ? T’es dans le ciel meuf, t’as pas d’angle mort ! Depuis quand les scorpions sont devenus aussi puissants ? Dany, tu sais que tu pouvais les attaquer par l’arrière les bateaux ?
• Euh… ils ne sont quand même pas en train de faire vriller Dany en Mad Queen en 2 épisodes quand même ?

Le bilan est plus que mitigé. Il confirme certains choix décevants de scénario (Sam n’aura servi à rien en fin de compte) mais promet de nouvelles intrigues politiques (Go Varys). Cela dit, pas de surprise pour l’épisode suivant, à l’aune des dernières paroles de Missandei, il sera fait de feu et de sang !

par Eugénie

La longue nuit – GoT 8×03

Ça va être tout noir !

Il est enfin là, peut-être l’épisode le plus attendu de toute l’histoire de la télévision ! Alors on ne va pas trépigner davantage et renter tout de suite dans vif du sujet :

Les TOP 
– On a encore vu Ghost !
– Des plans somptueux et un beau travail sur les nuances de rythme et d’ambiance qui permettent de ne jamais s’ennuyer, même avec une heure vingt de bataille !
– Toutes les scènes de combat sont grandioses ! De l‘introduction tout en tension suivie de la charge des dothrakis au réveil des morts à Winterfell en passant par le cache-cache façon Walking Dead d’Arya, l’illumination de la tranchée et les combats de dragons (chapeau les effets spéciaux), on en a pris plein la vue !
– La musique de Ramin Djawadi encore et toujours !
– Les échanges entre Sansa et Tyrion dans les cryptes qui posent les bases des futures intrigues.
– Des morts : Ed la Douleur, Lyanna Mormont, Beric Dondarion, Theon Greyjoy et surtout Jorah (aka Lord Friendzone) ont tous eu droit à une belle sortie digne de leurs personnages. Ah et Vers Gris a survécu, ça je ne l’avais pas vu venir.

Les BOF 
– Un peu plus de lumière n’aurait pas été superflue, comme davantage de plans larges et moins de cut lors des combats… mais bon, je pinaille.
– Pendant que j’y suis, pas sûre que côté stratégie les défenses de Winterfell étaient très logiques.
– OK Mélisandre assure, mais son retour est franchement télescopé.
– Puis faire revenir les morts de la crypte n’était vraiment pas utile, d’une part parce qu’ils étaient probablement trop anciens (sauf Rickon mais on ne l’a pas vu), de l’autre parce qu’ils n’ont eu aucune conséquence sur les personnages principaux.
– En parlant d’eux, c’est miraculeux mais ils ont tous survécu.

Le FLOP : Le scénario
Là on va détailler un peu plus parce que, même si je ne vais pas faire l’unanimité, je revendique le droit d’être franchement déçue par le scénario – comme d’autres l’ont d’en être ravis, il n’y a pas de vérité, que des opinions.
Pourquoi déçue ? Parce que l’épisode a joué avec mes attentes façon ascenseur émotionnel tout du long avant de couper purement et simplement les câbles au dernier étage, et la chute est rude ! Cela peut être un parti pris que de ne pas respecter les théories et les prophéties, mais alors pourquoi les avoir laissées prendre une telle importance depuis la saison 2 ? Pourquoi avoir autant parlé d’Azor Ahai pour refuser de nous le révéler ? Pourquoi avoir insisté sur les symboles des Enfants de la Forêts et des marcheurs et ce depuis le pilote ? Pourquoi avoir choisi d’incarner le Roi de la Nuit qui n’est qu’une légende dans les romans ? Pourquoi avoir raconté son histoire si celle-ci n’a aucune importance ? Pourquoi avoir ressuscité Jon ? À quoi donc ont servi les pouvoirs de Bran-la-fucking-corneille-lymphatique ? Car au final, ni l’un ni l’autre n’ont eu un quelconque impact sur l’issue du combat.
À nouveau on pourrait y voir une volonté de rupture avec le schéma classique de l’heroic fantasy, sauf qu’elle arrive trop tardivement pour avoir du sens. La dénégation n’est pas l’absence de sens, d’autant plus si elle se fait au mépris d’années de développement des personnages… O
r, après les deux précédentes rencontres, il était certes prévisible mais évident et logique que de laisser Jon affronter – et non nécessairement vaincre – le Roi de la Nuit. Le priver de ce duel traduit une forme d’irrespect pour son parcours.
Non, face aux attentes des fans du monde entier, D&D (les showrunners) ont opté pour l’inattendu en balayant d’un revers de la main un
 travail scénaristique de 8 saisons. Finalement, il n’y aura pas de résolution complexe impliquant un compromis ou des sacrifices, les gentils auront triomphé du méchant roi des morts par un simple coup de couteau, octroyé par un personnage avec lequel il n’a jamais eu aucun lien. L’explication donnée par Mélisandre tombe même dans le grand WTF, comme une vulgaire tentative de se raccrocher aux branches contrairement aux constructions en domino auxquelles la série (ou plutôt les livres) nous avait habitués. Soyons honnêtes, si le destin d’Arya était de vaincre les marcheurs blancs, la prédiction aurait été tourné dans ce sens dès la saison 3, sans besoin d’inverser l’ordre des yeux pour jouer les révélations de dernières minutes – D&D, vous nous prenez un peu pour des pigeons là ! Sans parler de la téléportation digne d’un code de triche de RPG qui permet à Super Arya de débouler invisible en vol plané au milieu d’une foule de morts et de marcheurs – même si ceux-ci ont brillé par leur inutilité lors de l’épisode.
La série semble avoir oublié que surprendre pour surprendre n’est pas une fin en soi. Scénaristiquement, cela revient à se cacher derrière une porte pour faire « Bouh » au premier passant. Et si le sort d’Arya se donne le visage de l’audace, il évite surtout de prendre position concernant Azor Ahai pour ne pas décevoir une partie des fans, et ça c’est plus de la trouille qu’autre chose. 

Malgré des indéniables qualités artistiques, l’écriture transpire l’incohérence et la facilité en expédiant toute l’intrigue « magique » dans la première moitié de la série. À moins que la suite ne nous réserve un twist grandiose pour faire la lumière sur cette « longue nuit »… Par les anciens dieux et les nouveaux, je ne peux que l’espérer !

par Eugénie

A Knight of Seven Kingdoms – Game of Thones 8×02

And now my watch begins…

Tin Tin Tintintin Tin… Vais-je un jour me lasser de ce générique ? Rien n’est moins sûr maintenant qu’il est évolutif. De retour à Winterfell pour un épisode complet, centré sur les préparatifs de la bataille. Game of Thrones se drape pour l’occasion d’une aura crépusculaire, reléguant les héros à l’arrière plan pour donner aux nombreux seconds rôles une derrière occasion de briller. La série dresse un très beau parallèle entre les personnages contemplant leurs propres fins et les acteurs constatant celle d’une époque. La série se meurt, elle le sait et en dresse un portait presque poétique. Par ailleurs, on retrouve les grands dialogues jubilatoires qui ont contribué à son succès avec un épisode certes bavard mais redoutable dans sa gestion de la tension. On passe progressivement de l’impatience à la mélancolie qui précède la bataille, une forme d’ennui née de l’attente et qui doucement se mue en angoisse.

Les TOP 
– ON A VU FANTÔME !
– Encore des retrouvailles bien ficelées : Sansa/Theon, Tyrion/Jaime/Brienne, Jon/Tormund/Brienne etc.
– Tous les dialogues de l’épisode sont brillants et nourrissent des relations bien nuancées. La dynamique des frères Lannister par exemple, comme ceux de la Garde de Nuit qui partage une dernière veillée sur un mur ou encore la « réunion de famille » entre Arya, le Limier et Béric.
– Les jeux de pouvoir et de faux-semblants entre Sansa et Daenerys.
– La scène magnifique du dernier repas de la dernière picole devant le feu de cheminée et tout ce qui s’ensuit : discussions et chamailleries dont le point culminant reste l’adoubement de Brienne et le chant de Podrick, « Jenny des Vieilles Pierres » (tiré des livres et magnifiquement interprété par Florence and the Machine en conclusion).
– Tormund ! Juste Tormund !

Les BOF 
– On n’a pas beaucoup vu Fantôme…
– La relation Arya/Gendry qu’à titre personnel je trouve un peu malaisante.
– Si c’était une bonne idée de mettre Jon en retrait pour lui laisser le temps de digérer l’info, l’annonce de sa parenté à Daenerys est un peu légère.

Les FLOP
– ON VEUT PLUS DE FANTÔME – et pas seulement pour le faire claquer siouplait !
– Rien du côté de Cercei… Comme il est peu probable de la voir réapparaître dans l’épisode suivant, espérons que les trois derniers nous donneront encore de quoi aimer la détester.
– Varys, l’araignée invisible !
– Qu’est-ce que les traducteurs ont fumé ? Ils changent carrément le sens des dialogues par moments ! (oui, je regarde l’épisode en VO ET en VF)

La semaine prochaine, fini l’attente, place à la guerre avec son lot de pertes dont certaines ont été teasé plus ou moins subtilement… Je parie sur Vert Gris pour la première victime ! Valar morghulis…

 

par Eugénie

Winterfell – retour sur le 1er épisode de la saison 8 de Game of Thrones

A dance with dragons

Après être revenu longuement sur la saison 7 de Game of Thrones, il est temps de s’attaquer à cette saison 8. Alors préparez-vous, car ce format sera peut-être plus court mais full of SPOILERS ! Vous êtes prêt ? C’est parti !
Tin Tin Tintintiiin Tin Tintintiiin Tin Tintintiiin Tin…
Première surprise, pour cette ultime saison nous avons droit à un tout nouveau générique ! Exit Essos, on se focalise désormais sur les derniers lieux de l’action à Westeros, avec une belle visite de Winterfell et Port-Réal. Comme tous les épisodes introductifs, ce season premiere est volontairement lent pour donner du souffle aux multiples rencontres et remises en situation nécessaires au développement des intrigues.

Les TOP 
– Les différentes retrouvailles : Jon/Bran/Arya, Arya/le Limier/Gendry, Sansa/Tyrion, Sam/Jorah/Daenerys, Sam/Jon etc.
– Les plans, décors et travail de la lumière qui sont plus que jamais très cinématographiques, sans parler de la musique de Ramin Djawadi.
– Une intrigue prometteuse pour Bronn.
– THE BIG REVEAL (et la scène qui précède), très bien amené par un Sam sous le choc de la mort de sa famille.

– La séquence d’Âtre-lès-Confins qui fait froid dans le dos !
– L’arrivée de Jaime échangeant un regard avec Bran qui conclut l’épisode avec un bel écho au pilote.

Les BOF 
– Les effets spéciaux qui trahissent un certain manque de finitions.
– Le sauvetage un peu trop facile et précoce de Yara.

– Le vol à dos de dragons qui intervient très tôt à mon goût et peine à être cohérent…Considérant que seuls les Targaryen peuvent chevaucher des dragons, il n’est pas très crédible de voir Daenerys si prompte à inviter son date Tinder pour une balade façon « Ce rêve bleu », sans parler de l’absence de réaction des témoins.

Les FLOP
– IL EST OÙ GHOST ?!

Dans l’ensemble, nous avons un bon épisode, dans la moyenne de la série, qui a le mérite de ne pas en faire trop dès le début. On se retrouve la semaine prochaine pour le débrief de l’épisode 2. Et jusque là, n’oubliez pas : Valar morghulis !

par Eugénie

Pourquoi la saison 7 a (presque) tué Game of Thrones !

La saison 8 de Game of Thrones est sans aucun doute la plus attendue de toute l’histoire des séries. Les images teasées au compte-gouttes depuis le début de l’année enflamment la toile à chaque apparition et font battre (trop ?) fort mon petit cœur de fan. Et pourtant, jamais la fin d’une série ne m’a autant fait peur… Peur parce que même si j’attends une conclusion incroyable, nous ne sommes pas à l’abri d’un gros étron qui viendrait éclabousser, non pas seulement le final, mais l’ensemble du récit. Une peur qui, comme l’hiver, a mis quelques années pour s’installer avant de se concrétiser en saison 7. Si à la découverte de celle-ci, certaines scènes m’avaient scotchée à mon siège par leur souffle épique, elles me laissaient déjà un petit goût amer et une sensation de démangeaison dans la tête que je n’avais pas vraiment envie de creuser… Mais avec le recul, ma bouche s’est remplie de cendres et la démangeaison est devenue une véritable grisécaille qui me ronge de doutes et de déceptions. La saison 7 a fait beaucoup de mal à Game of Thrones et, à l’aube de son épilogue, il est temps de se l’avouer !
Ah et au fait : ATTENTION SPOILER !!!

An epic game

Fondamentalement révolutionnaire dans son approche de ce que doit être une série, Game of Thrones a brisé toutes les barrières du genre ! Adaptée de l’oeuvre de G. R. R. Martin, A song of Ice and Fire, la saga était réputée encore plus inadaptable que le Seigneur des Anneaux en son temps, du fait de son nombre hallucinant de personnages et d’intrigues. C’était sans compter sur David Benioff et D. B. Weiss qui, malgré un premier pilote catastrophique, ont relevé après brio ce pari fou… du moins en partie.
La série a en effet dépassé les livres depuis deux saisons (bientôt 3) et semble avoir bien plus de difficulté à maintenir le cap depuis qu’elle en est libérés.
Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à l’encontre des choix d’adaptations sur fond de « les livres sont mieux » (cela dit c’est vrai). Le succès des premières saisons réside aussi dans les changements qu’elles ont su prendre pour enrichir ou simplifier le récit. Sansa, Arya, Jon, Robb et Theon ont tous bénéficié d’un traitement intelligent et occasionnellement, meilleur que dans les romans. Game of Thrones a su concilier les attentes des lecteurs avec celles d’un public plus large, et en tant que lectrice, elle ne m’a presque jamais déçue. La mort de Ned Stark, le Red Wedding, le Purple Wedding, le duel Oberyn/la Montagne et même la théorie R+L=J… bien que connaissant déjà les grands tournants de l’histoire, la série a toujours su me surprendre pas ses choix, son interprétation ou sa mise en scène. Alors comment se fait-il que le show soit passé en si peu de temps d’une histoire connue mais toujours surprenante, à un conte nouveau mais monstrueusement prévisible ?

Worry is coming !

Déjà, la saison 6 payait quelques choix douteux. De la résurrection bâclée de Jon Snow au sauvetage in extremis (et déjà-vu) de l’armée Arryn, lors de la bataille des bâtards, en passant par l’exécution de Rickon (faute de savoir l’employer), tout ça sentait un peu le manque d’inspiration.
De même, si le dernier épisode livrait l’une des scènes les plus mémorables de la série – la destruction du sanctuaire de Baelor, portée par le sublime morceau Light of the Seven de Ramin Djawadi – elle exterminait surtout d’un coup d’un seul la moitié du casting de Port-Réal. La portée dramatique semblait certes excellente sur le moment, mais a posteriori, on finit par se demander si ce n’était pas surtout pour les scénaristes une occasion de se débarrasser d’un trop-plein de personnages qu’ils ne savaient plus comment gérer… Honnêtement, allez donc me dire que Margaery n’avait plus rien à offrir à la série ?
Mais le plus marquant, pour la majorité des spectateurs, reste sans doute les téléportations de Varys en fin d’épisode. Pourtant, elles tenaient plus (à l’époque) d’une erreur de montage que d’écriture. C’est pourquoi Olenna Tyrell semble avoir appris la mort de sa famille et eu le temps d’effectuer le trajet Haujardin-Lancelion (Dorne) avant même le retour de Jaime dans la capitale encore fumante des folies de sa sœur pour assister au couronnement de cette dernière. Les scènes auraient eu plus de sens si elles avaient été simplement inversées.

L’échelle du chaos

Toutes ses petites facilités, ponctuelles en saison 6, sont malheureusement devenues légion dans la 7. Celle-ci s’est vu réduite à seulement sept épisodes de cinquante minutes au détriment de sa consistance. Résultat : la cohérence est sacrifiée sur l’autel du spectaculaire ! De fait certaines scènes sont visuellement bluffantes, mais Game of Thrones n’a jamais été qu’une série de bastons et dragons qui en met plein la rétine. L’épique était à l’origine un élément au milieu d’intrigues principalement politiques ! Si certains épisodes pouvaient paraître un peu longs dans les saisons précédentes, ils étaient malheureusement indispensables à l’élaboration des différentes storylines et donc, à l’unité d’ensemble. C’est par ce travail du détail que la série et les romans ont pu continuer à surprendre et à choquer, mais en réduisant le nombre d’épisodes, les scénaristes ont du condenser toutes les intrigues en une saison elliptique qui perd presque toute sa dimension politique et son imprévisibilité.
À croire que les showrunners étaient en fait meilleurs interprètes qu’auteurs, ah moins que le tourbillon de la hype ne les ait emportés dans les bas fonds de ce qu’on appelle communément le « fan service »… Dépassés par leur propre oeuvre, leurs ambitions ou celles du public ? Nous ne ne savons pas. Mais ce qui est sûr, c’est que leurs derniers choix reflètent plus la facilité que la pertinence.

Ainsi, les deux dernières saisons ont vu la fin des maisons Tyrell, Frey, Martel – cela dit l’intrigue dornienne était sans conteste la plus charcutée par la série – et d’une partie des Lannister. Mais à quoi bon cette hécatombe si elle n’entraîne aucune réaction ? Qui a repris les rênes de Dorne et des Jumeaux ? Pourquoi personne ne s’offusque de ces massacres, paysans ou seigneurs ? Ces sacrifices s’apparentent bien plus à de la paresse qu’à une quelconque richesse scénaristique, les intrigues sont simplement bazardées sans aucune forme de conclusion ni égards pour les personnages, le récit et les spectateurs !

Car la nuit est sombre
et pleine d’erreurs !

C’est l’écueil de bon nombre de séries dès qu’elles commencent à prendre de l’âge. Entre radotage excessif et mémoire défaillante, il arrive qu’elles misent aussi sur la non-attention de leur audience pour transgresser ses propres règles et s’arranger de l’histoire. Ainsi, le premier épisode donnait une donnée géographique essentielle pour prendre la mesure de son univers : il faut un bon mois entier pour aller de Port-Réal à Winterfell ! Car Westeros n’est pas un pays, c’est un p***** de continent !

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Cette géographie complexe et dense a nourri les intrigues pendant plusieurs années, permettant l’évolution des personnages lors de voyages longs et dangereux, même au prix d’une certaine lenteur (cf. les pérégrinations de Jaime, Brienne et Arya dans le Conflant).
Mais cette continuité se fait sauvagement piétiner par une horde de dothrakis en saison 7. Entre les allers-retours entre Hautjardin, Pereydragon, Port-Réal, Winterfell et le Mur, on compte plus de téléportations que dans Doctor Who !
Le sabotage de la temporalité apparaît comme symptomatique de la déconstruction irrationnelle de la série.  Après avoir pris son temps pour nous amener là où elle voulait, la voilà qui tente un sprint final sans échauffement (ou une sodomie sans lubrifiant, je vous laisse choisir l’analogie qui vous parle le plus). La réduction du nombre épisodes apparaît alors comme une grave erreur tactique car la saison se retrouve amputée des transitions essentielles à son fonctionnement. Du temps qui aurait pu être mis à profit pour redécouper l’action, développer les intrigues secondaires et politiques, soigner les raccords et intégrer des scènes de voyages enrichies de dialogues pour la mother fucking crédibilité de l’espace-temps !

Shame ! Shame ! Shame !

Mais si quelques épisodes supplémentaires auraient pu optimiser un montage plus cohérent, on est encore loin de résoudre tous les problèmes de la saison ! Alors entre autres bavures et bêtises, voici un petit florilège des PIRES erreurs de la saison 7 de Game of Thrones :

Dans la catégorie « Les intrigues de l’inutile ! »
– L’aller-retour de Lord Friendzone chez docteur Sam pour se faire soigner son eczéma en deux – deux… et c’est tout !
– La totalité de l’histoire de Sam à Villevieille qui ne sert à rien, si ce n’est ramener une info à Bran en toute fin de saison. La subtilité pour les nuls…
– Gendry, ou le retour bâclé d’un personnage très attendu !
– Les Sand Snakes en général (bon débarras).
– La Fraternité sans Bannière kon sait pas trop à koi kelle sert.

Dans la catégorie « Cohérence ? Kékécé ? »
– La Banque de Fer de Braavos en mode « motherlode » qui file des (sim)flouzs à Cercei après des années à réclamer sa tune à la couronne. Puis là on a un gros majeur tendu aux bouquins, car pour info, Bravoos a été fondé par d’anciens esclaves et part régulièrement en guerre contre les cités esclavagistes (donc Cersei ton argumentation tu peux te la mettre où je pense) !
– L’éradication des maisons Martell, Tyrell, Tarly, Frey et Bolton (entre autres) dont tout le monde se fout !
– La population de Port-Réal toute jolie, toute gentille, qui n’a rien à dire après l’attentat commis par leur (super) reine.
– Tous les trajets bordel de dieux !
– Ah et aussi une armée de dothrakis qui traverse Westeros d’ouest en est posayyy sans jamais se faire repérer !

Dans la catégorie « Mind fuck de l’extrême ! »
– Le gâchis MONUMENTAL de Littlefinger dans une intrigue toute pétée, comme sa mort ! Quelle déception pour le plus gros enculé manipulateur de la série, responsable de la plupart des conflits de Westeros  !
– Isaac Hempstead-Wright (Bran) qui joue l’indifférence comme un hibou neurasthénique.
– Jaime qui n’a rien à dire sur sa « Mad Queen » de sœur et la mort de son dernier fils/neveu.
– Quand on parle du manchot, il sait aussi nager avec une armure de 25 kilos (à mettre sur ton CV gros) !
– Tyrion qui passe clairement pour un idiot incompétent.
– La romance entre Daenerys et Jon qui pue le soap-opéra bidon (#inceste #beurk) !
– Le p***** de teaser gros comme un château d’un possible gamin entre neveu et tata !

Et un spécial Prix du jury pour l’épisode 6 !
– Le titre avec spoiler intégré « Beyond the wall » – nan sérieux, c’est le stagiaire qui l’a trouvé celui-là ?
– Puis qu’on se le dise, aller chercher un mort de l’autre côté du mur c’était une (grosse) idée de merde – merci Tyrion !
– Donc les sept mercenaires s’en vont en quête d’un cadavre au-delà du mur, mais quand le figurant n°4 se fait buter par un ours mort-vivant, ils pensent à brûler le corps… POUR ÉVITER QU’IL NE SE RÉVEILLE ?!! Faut croire que ligoter le corps et attendre qu’il devienne un zombie s’était trop compliqué !
– Cours Gendry ! Cours ! (avec option GPS intégré bien entendu)
– Sandor Clegane qui s’entraîne au ricochet sur un lac gelé. Bravo le veau !
– Le corbeau à propulsion supersonique qui te fait le voyage du Mur à Dragonstone en 2 minutes !
– Drogon Airlines, tout aussi rapide, le confort en plus ! (message sponsorisé)
– La mort et la résurrection de Viserion, du lancer de javelot à l’apparition des chaines… puis si les morts ne vont pas dans l’eau, comment ont-ils pu les accrocher ces chaînes ?
– Benjen deux ex machina Stark qui revient le temps d’une scène pour claquer.

A dream of Spring

La saison 7 a été la saison de la facilité, de la prévisibilité et de la bêtise ! Elle a insufflé à une série intense et complexe le souffle fétide d’un mauvais blockbuster. Et pourtant à l’approche de la dernière saison, je me prends à espérer ! Espérer car les showrunners semblent avoir pris conscience de leurs erreurs dans les récentes interviews. Espérer parce que les images des trailers sont folles. Espérer parce qu’il serait criminel de rater la fin d’une série aussi importante à l’échelle de l’histoire de la télévision ! Puis je ne sais pas si Martin finira un jour ses bouquins donc faut faire avec ce qu’on a sous la main, enfin les yeux…
Dans tous les cas, on se donne rendez-vous le 15 avril prochain pour débriefer le premier épisode de la dernière saison !

Par contre, je vous jure que s’ils nous pondent un moutard consanguin entre Jon et Daenerys, je fais un Cercei breakdown (je crame tout en bref) ! Allez, bisous !

par Eugénie

Westeros en visite à Paris

Game of Thrones : The Touring Exhibition donne l’opportunité à tous les fans de parcourir le Royaume des Sept Couronnes et de voir de près les accessoires, les costumes et les décors authentiques de la série. Rendez-vous à PARIS EXPO, Porte de Versailles jusqu’au 2 septembre 2018.

 

La critique d’Eugénie – Game of « thunes »

Le samedi 9 juin 2018 – Game of Thrones c’est l’histoire d’une attente. Celle de la suite des bouquins déjà – m’est avis que George R. R. Martin va faire exprès de crever avant d’avoir fini sa saga (#ultimatetroll) – mais aussi de l’hiver. Six saisons complètes sur fond de « Winter is coming » avant de le voir finalement pointer le bout de son nez et une de plus pour permettre aux marcheurs blancs d’atteindre le mur… Et si Westeros est (enfin)  entré dans la longue nuit, il nous faudra encore attendre de nombreuses semaines pour en voir la couleur : la saison 9, composée de seulement six épisodes, ne reviendra pas avant 2019. Alors pour pallier l’attente des fans, HBO lance une nouvelle exposition comme os à ronger pour tous les « direwolves » impatients.

On ne va pas se mentir, replonger dans l’univers de la série presque un an après la saison 7 est un plaisir indéniable. Ce genre de visite met en lumière non seulement les costumes et les accessoires participatifs au réalisme d’un monde, mais aussi le travail incroyable des petites mains chargées de leur réalisation. Mais s’il est assez amusant d’intégrer son visage au Temple du Dieu Multiface ou d’escalader le Mur entre Sauvageons, l’exposition reste très très light par rapport à la matière de la série, et surtout à son prix.
La scénographie, même compte tenu de ses efforts, ne suffit pas à retranscrire la majesté des décors et les différents photocalls ne justifient pas les 20€ du billet (tarifs adultes). Entre l’entrée, les 6€ d’audioguide et les photos imprimées payantes, c’est à croire que les Lannister ont des dettes à payer, mais bon, c’est pas la Banque de Fer ici ! Par ailleurs, avis aux pigeons (dont nous faisons partie, vas-y roucoule Marcellin), si vous voulez votre portrait commémoratif sur le célèbre Trône de fer, pas besoin de faire la queue avec le photographe, vous en avez une réplique « gratuite » à la sortie (après la caisse évidemment) où vos smartphones feront très bien l’affaire.

Sympa mais rapide, fun mais pas donné, « The Touring Exhibition » est une bonne illustration du mauvais rapport qualité/prix qui dévalorise l’exposition : au final, ça casse pas trop pattes à un dragon !