Les Parfums

Note de cœur

Kezako ?

Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas.

La critique d’Eugénie – 6,5/10

L’immersion dans l’univers olfactif d’un grand nez de parfumerie et de ce qu’un tel don implique comme conséquences au quotidien dévie malheureusement sur une histoire de rencontre des classes sociales et de garde partagée des plus classiques.
Mais si l’intrigue ne réserve aucune surprise, le duo en tête d’affiche lui remplit sa mission. Les réussites des Parfums sont au final surtout celles d’Emmanuelle Devos et Grégory Montel dont l’alchimie, tout sauf romantique, fonctionne en écho de leurs très bonnes prestations individuelles, contrastant avec celles plus caricaturales des seconds rôles.

Les émanations les plus intéressantes du film sont celles qui touchent aux relations entre les personnages principaux, à la tendresse, à l’humour et à la psychologie atypique d’Anne Walberg dont le talent et le caractère l’isolent, vers une forme d’asociabilité qu’il aurait été intéressant de creuser davantage.

Malheureusement, pour un long-métrage qui se veut sensoriel, l’œil a bien peu de matière à se mettre sous la dent. La réalisation de Grégory Magne est tristement terne et linéaire hormis quelques tentatives de jeux avec un reflet dans des lunettes ou la fumée d’une cigarette électronique. Rien de bien sensationnel.

Les Parfums se révèle néanmoins très sympathique, séduisant en note de tête et convainquant par le cœur mais manque de caractère pour assurer en note de fond et transcender son objet. En sortant de la salle, ne subsiste déjà plus que de vagues effluves qui nous échappent aussi vite qu’une odeur portée par courant d’air.


Réalisé par Grégory Magne
Avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel etc.
France – Comédie
Sortie en salle : 1 juillet 2020
Durée : 1h 40 min 

Top 7 des films que Disney « pourrait » rebooter

Raconte-moi une histoire

Après avoir abordé les principes sur lesquels devraient reposer un remake dans la rétrospective des reboots Disney, voici le top 7 des classiques d’animation de Mickey qui pourraient, selon nous, faire l’objet d’une (bonne) nouvelle adaptation. À noter que pour certains, des projets sont déjà annoncés, auxquels cas on s’attardera davantage sur les attentes qu’on pourrait en avoir. Ce classement est bien évidemment purement subjectif, et du reste les règles sont simples : Pour qu’un film soit dans la sélection, il ne doit pas déjà avoir d’équivalent en prises de vues réelles qui aurait marqué le cinéma par son caractère culte ou ses qualités esthétiques. On exclura également ceux ayant une version live action à laquelle nous accordons une valeur sentimentale, dont par exemple les films Peter Pan et Robin des Bois pour Eugénie car, même si leurs univers offrent de nombreuses possibilités, elle a une affection particulière pour le Prince des voleurs (1991) avec Kevin Costner et le Peter Pan de 2003 (avec Jeremy Sumpter).

7. La Petite Sirène – par Eugénie
Si vous avez lu le précédent article, celui-là vous ne l’avez pas vu venir ! Parce que le dessin animé de 1989 est en tout point parfait ! La musique, les personnages, l’animation, rien à redire ! Et même si elle souffre avec le temps d’une mauvaise presse, l’Ariel de la version animée reste superbe et inspirante, n’en déplaise à ses détracteurs contemporains. Elle est de fait la première princesse « officielle » à s’émanciper par ses propres actions. Curieuse et courageuse, c’est un personnage qui, contrairement à ses ainées, ne rêve pas d’amour mais d’aventure et va trouver le premier par hasard en cherchant le second. Alors certes, pour ce qui est du deal avec Ursula, ce n’est pas forcément le meilleur exemple de bon sens, mais il ne faut pas oublier que dans le film, elle a 16 ans. Un âge auquel il convient de faire remarquer que les passions amoureuses sont rarement… pondérées. Puis imagine que ton père ait bousillé toutes les affaires auxquelles tu tenais simplement parce qu’il n’approuve pas ton crush, en vrai toi aussi t’aurais fugué ! La sorcière des mers c’est juste la version « conte de fée » du dealer du square chez qui tu vas acheter du shit pour te rebeller. Enfin je digresse…
Bref, Ariel est l’héroïne qui prend tous les risques par amour, ça n’est certes pas le plus rationnel mais c’est assurément le plus courageux. Et pourtant il manque à la version de Disney une dimension essentielle du conte : la tragédie ! S’il aurait été difficile de vendre aux enfants la fin originelle d’Andersen, un reboot en live-action pourrait lui se permettre de prendre le risque de la fidélité pour donner à sa sirène une profondeur nouvelle. Sans parler des progrès technologiques qui pourraient permettre d’aller chercher un esthétisme très intéressant pour les scènes sous-marines. Malheureusement, le casting du remake annoncé pour 2021 mentionnant déjà les voix de Polochon et d’Eureka, il est peu probable que celui-ci prenne des risques du côté de son scénario – il a déjà eu sa dose après la déplorable polémique faisant suite au choix d’Halle Bailey pour le rôle-titre.

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6. Hercule – par Eugénie
Là aussi le choix peut surprendre car quand on parle d’adaptation de l’histoire du demi-dieux, le film de Disney fait figure et de loin de référence ! Outre un personnage touchant, à la psychologie tout en contraste avec son image de super-héros bodybuildé, l’animation possède d’excellents atouts. Les méchants pour commencer, Hadès étant l’un des meilleurs antagonistes de la firme aux grandes oreilles, mais aussi ses hilarants acolytes Peine et Panique et surtout, Mégara, aka ZE best personnage féminin EVER créé par Mickey ! Du caractère, un design très reconnaissable, une backstory riche et des répliques cultes « je ne prends plus aucun homme je les jette », Megara je t’aime !
Et pourtant, l’histoire d’Hercule – qu’il conviendrait mieux d’appeler Héraclès puisqu’on parle du panthéon grec – est à l’instar de toute la mythologie, une tannée à adapter au cinéma. En témoigne la flopée de versions nanardesques qui mériteraient qu’on les efface par l’arrivée d’un bon film sur le demi dieu. Compte tenu de l’ampleur du matériel initial, le cinéma n’a clairement pas tout exploité et ça tombe bien, la rumeur d’un reboot en préparation commence tout juste à courir.

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5. Pinocchio – par Eugénie & Marcellin
N’ayant pas vu la version de Matteo Garrone, je n’ai pas d’autre choix que de mettre le petit pantin de bois dans cette liste. L’histoire de Pinocchio fait partie de celle qui gagnerait à être dépoussiérée car si le dessin animé reste culte, il peut sembler moins attrayant aux nouvelles générations. Et pourtant, ce n’est pas un potentiel reboot de Disney qui semble le plus prometteur mais bien la version de Guillermo del Toro produite par Netlix annoncé pour 2012. Voir l’univers du réalisateur du Labyrinthe de Pan s’allier au ton très sombre du contre original de Carlo Collodi a de quoi titiller la curiosité des cinéphiles. Car Pinocchio a tous les atouts pour créer un chef d’oeuvre gothique digne de ce nom. L’histoire complexe de la marionnette qui rêvait d’être un petit garçon est riche de vils personnages, de thématiques telles que la quête de soi, l’émancipation, la malhonnêteté, la solitude ou encore le sacrifice. Tous les ingrédients d’un conte qui fera mouche à l’écran !

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4. Les aventures de Bernard et Bianca – par Marcellin
Les péripéties de ces deux petites souris de SOS Société ont fait le bonheur de mon enfance. Mais pourquoi en faire un reboot ? Une bonne raison : Madame Médusa !
Ce personnage extravagant et malfaisant reste pour moi une véritable perle dans l’univers Disney. Affublée de ses deux crocodiles Néron et Brutus, Disney a rarement fait personnage plus cruel et avide, allant jusqu’à noyer une petite fille pour un diamant.
Et vous vous demandez encore pourquoi je veux la voir en action ? C’est mal me connaître 😉
Et quelle réjouissance de pouvoir suivre les aventures de ces minuscules sauveteurs à travers villes et bayou. On pourrait même espérer voir François Hollande le goéland ! Je rêve d’une Cynthia Nixon déchaînée dans la peau de l’incroyable Médusa, un Zach Galifianakis au meilleur de sa forme pour le rôle de Snoops et les traits poupins de la prometteuse Violet Mcgraw pour Penny.

Les Aventures de Bernard et Bianca ou Si Mickey avait des enfants ...

3. Merlin l’enchanteur – par Eugénie
Avec celui-ci on touche à nouveau aux histoires intemporelles, celles des légendes du cycle arthurien moult fois adaptées et qui pourtant, manque de monument marquant au cinéma. Nous autres français pouvons nous vanter d’avoir LA meilleure série tirée de l’univers du Roi Arthur, Kaamelott (déjà citée dans notre top 5 des meilleures séries) mais malgré sa connaissance du sujet, l’angle parodique en fait une oeuvre à part. Clairement, la richesse des légendes mérite qu’on y accorde plus d’importance dans une grande fresque épique et chevaleresque qui pourrait suivre tant l’histoire de l’Enchanteur que celui de l’épée.

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2. Pocahontas, une légende indienne – par Marcellin
C’est un peu un rêve d’enfant que de voir Pocahontas et son air du vent aux milles couleurs prendre vie à travers un écran. Au delà de la beauté des paysages que peut procurer une telle adaptation, il serait intéressant d’y développer la dimension philosophique qu’apporte un peu le dessin animé.  Là où Terrence Malick avait apporté à la légende de la poésie dans son Nouveau Monde, un reboot Disney pourrait donner un regain d’espoir, une réflexion, dans sa manière de traiter l’Histoire. Pocahontas est une véritable mine d’or et un(e) réalisateur(rice) peut y trouver toutes les ressources nécessaires pour faire un grand film. Difficile pour moi d’imaginer l’actrice qui pourrait interpréter la courageuse princesse, voulant à tout prix fuir tout remplacement identitaire, il serait plus que logique qu’une actrice amérindienne tienne le rôle titre. Cependant, j’imagine déjà le beau Charlie Hunnam s’emparer des traits de John Smith ou même Nikolaj Coster-Waldau, le plus célèbre des frères incestueux ! Pour Ratcliffe, on peut penser à David Schwimmer et Adam Beach dans le rôle de Kocoum. Mais j’attends avec impatience vos idées !

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1. Taram et le Chaudron magique – par Eugénie
Et le numéro, celui qui attend désespérément qu’on lui redonne une chance depuis son échec au cinéma en 1985, l’un des grands mal-aimés de l’écurie Disney : Taram ! Jugé trop sombre à l’époque de sa sortie, le film est de fait emprunt d’une atmosphère délicieusement sinistre qui gagnerait à s’affranchir de la cible enfantine pour pleinement s’y épanouir. D’autant plus que le dessin animé est lui-même adapté d’une saga littéraire d’héroic fantasy, Les Chroniques de Prydain de Lloyd Chudley Alexander, dont Disney possède toujours les droits. Entre la matière des livres et les bonnes bases du film, pourquoi ne pas tenter une relecture et en profiter pour donner un petit coup de frais à Taram et Eilonwy, sans parler du Seigneur des Ténèbres qui, sans être un méchant d’anthologie, est de loin le plus esthétiquement flippant de Disney ! À ce compte-là, osons rêver d’audace : mieux qu’un film, Taram, Tirelire, Eilonwy, Ritournelle, Gurki & Cie pourraient parfaitement trouver leur place dans une série sur Disney+. Une seule question demeure, qu’attendent les studios ? Car s’ils poursuivent leur politique de remake actuelle, nous avons malheureusement plus de chances de voir le live action de La Reine de Neiges avant celui de Taram…

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Disney et les reboots : Stop au carnage !

Vers le profit et au-delà !

Il y a eu l’âge d’or du Western et des films noirs, celui du cinéma expressionniste et underground, la Nouvelle Vague et le Nouvel Hollywood… Mais quel sera le genre qui définira les jeunes années des 2000 ?
Car si un courant marketing se distingue clairement depuis une décennie, les mouvements esthétiques se font eux bien plus discrets. Et pour cause, les studios semblent se préoccuper davantage de l’élaboration de leur propre « univers » que de la recherche artistique. Le succès des licences telles que Star Wars, Harry Potter et autres Seigneurs des Anneaux a démocratisé la tendance et le début du millénaire a été marqué par la course aux sagas brandées teenage movie où tous voulaient décrocher le bon filon qui leur assurerait un triomphe régulier au box-office.

Pourtant, c’est probablement au Marvel Cinematic Univers que nous devons le décuplement phénoménal de ce genre de procédé. Le succès de chacun des films a prouvé que le public était prêt à consommer du cinéma autrement, sur une base plus sérielle, en ne suivant plus quelques personnages principaux sur une même trame mais une multitude sur plusieurs segments tous reliés les uns aux autres. C’est pourquoi les studios ne travaillent plus tant à l’obtention des droits d’une saga qu’à l’extension de celles qu’ils possèdent déjà (Mad Max, Les Animaux Fantastiques, Le Hobbit, Star Wars, Terminator etc.), déclinées en autant de spin-off sur le grand que le petit écran, quand ils ne construisent pas simplement une nouvelle franchise (Monster Universe).Franchise cinématographique.pngAutre procédé du même acabit, le reformage des licences déjà exploitées (ou récemment rachetées) très fréquent dans le cinéma d’horreur et fantastique dont par exemple Vendredi 13, Ça, Jumanji, Godzilla, Tom Raider et tant d’autres. Mais si l’intérêt aurait dû être d’enrichir la matière initiale par la création ou d’en présenter une relecture, on retrouve souvent des œuvres exsangues de toute leur magie.
Dans un monde idéal, la naissance d’un reboot, d’une suite, d’un prequel ou de tout univers parallèle ne devrait être dictée que par l’intérêt artistique et non pas marketing… Mais dans notre société de consommation tout sauf idéale, le profit règne et les studios exploitent et dépouillent leurs franchises jusqu’à la moelle, tels des vautours s’acharnant sur les cadavres de leurs gloires passées ! Une mode qui n’épargne (malheureusement) pas les studios Disney !

Disney et les reboots

Après deux décennies (90-2000) à produire des suites très inégales à ses classiques d’animation en direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens), Mickey a trouvé un autre moyen pour engranger des sousous sans trop se fatiguer, capitalisant toujours sur l’affection du public pour ses films mais via les reboots en live-action. Une méthode paresseuse (plus du point de vue de la démarche artistique que de l’exécution) et opportuniste qui porte néanmoins ses fruits et abreuve les écrans de remakes qui sont au mieux dispensables, au pire détestables !
Faisons un bref retour sur ces remakes produits par la firme aux grandes oreilles. À noter que « reboot » concerne ici uniquement les live-action des films originaux, j’exclue donc de fait toutes les suites et prequels, notamment les Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton ou encore le dernier Winnie L’Ourson.

Le premier vrai reboot d’un classique de l’animation ne date pas d’hier puisqu’il s’agit des 101 Dalmatiens de 1996, qui n’apportait qu’une unique valeur ajoutée en la présence de Glenn Close, fantastique en Cruella d’Enfer. Oubliable et vite oublié, le film reste pourtant moins iconique que sa version animée.

f0453630b3aa7f287b3246b2b8a36.jpgPourquoi tant de haine ?

Ellipse temporelle. Tim Burton ayant proposé une suite aux aventures d’Alice, il faut attendre Maléfique en 2014 pour avoir un nouveau remake. Le long-métrage avait pourtant sur le papier de bons arguments : la revisite de l’histoire du point de vue de la méchante, avec une partie prequel pour contextualiser et Angelina Jolie dans le rôle-titre. Les bandes-annonces venant accentuer le caractère inquiétant de Maléfique, qui reste l’une des (si ce n’est LA) meilleures antagonistes de tout le panthéon de crevards made in Disney, laissaient elles aussi espérer une revisite plus adulte et sombre. Quant au résultat…
SACRILÈGE ! BANDE DE BARBARES DÉGÉNÉRÉS ! QU’AVEZ-VOUS FAIT À LA MEILLEURE MÉCHANTE DE DISNEY ?! Ce reboot est simplement scandaleux, écœurant de bons sentiments et de mièvreries avec une conclusion terriblement prévisible surtout après le final de la première saison de Once Upon a Time (2011) et la glorification de l’amour fraternel (enfin, sororal) dans La Reine des Neiges (2013). Laissez les méchants être des méchants, bordel ! Le tout sur fond de gros CGI bien moches avec des personnages creux : un roi idiot, des fées qu’on veut dégommer et une princesse bonne à sourire comme une demeurée sans aucune relecture ni subtilité. Au moins celle de l’animation était excusée par son peu de temps d’écran…
Et si Angelina Jolie assure une très belle prestation, l’écriture du personnage a été simplement massacré au profit du marketing ! L’insulte atteignant son paroxysme lors du combat final où ce n’est même plus Maléfique elle-même qui se transforme en dragon (l’un des plus flippants du cinéma) mais son acolyte à plume ! Ou comment détruire une icône ! Pas d’accord Disney, pas d’accord du tout !

414888.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgVa manger tes grands morts !

Vient ensuite le Cendrillon de Kenneth Branagh (2015) avec un style résolument kitsch, qui évitait néanmoins de re-pomper plan par plan le dessin animé. Mais malgré ses bonnes intentions, le long-métrage flirte avec une mièvrerie souvent à la limite du supportable là où l’animé conserve malgré le temps qui passe une forme de poésie plus humble. En dépit de son ambition, le rendu n’a rien de grandiose même s’il se laisse regarder en s’armant d’une bonne dose de second degré, sans plus de qualité qu’un bon téléfilm (ce n’est déjà pas si mal).

269318.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgOk, je sais qu’il faut souffrir pour être belle, mais là entre le poids de la robe,
les talons de 10cm en Plexiglas et ce putain de corset, j’vous jure j’vais mourrir !

L’année 2016 est peut-être la plus intéressante côté reboot avec ceux du Le livre de la Jungle et de Peter et Elliott le dragon.
Ainsi, les nouvelles aventures de Mowgli apportent pour la première fois des éléments nouveaux et enrichissants même si davantage sur la forme que sur le fond. Plus qu’un film en soi, « Le livre de la Jungle 2.0 » est presque un manifeste technologique et esthétique tant le travail sur les décors et les animaux est bluffant. On note également quelques ajouts intéressants du côté des enjeux et des personnages intelligemment retravaillés, notamment le tigre Sher Khan qui dégage à chaque apparition une impression de puissance et de menace. Le long métrage trouve alors un bon équilibre entre l’hommage et la refonte, si ce n’est que les chansons font presque taches dans ce nouvel univers.
Mais c’est avec Peter et Elliott le dragon qu’on tient enfin un exemple de remake utile, le film de 1977 étant l’un des grands mal-aimés de l’écurie de l’ami Walt. À titre personnel, la version « animée » ne m’a jamais inspiré aucune affection de part son ton très enfantin, ses personnages extrêmement caricaturaux et ses chansons stupides et inutilement longues. Et contre toute attente, le remake est un bon film, qui réussit là où l’original échoue lamentablement : transmettre une émotion ! Alors oui, on rejoue une version de l’Enfant Loup croisée avec l’histoire même de Mowgli, mais le long métrage nous investit dès les premières minutes par de réels enjeux et allient la douceur et la magie d’un classique Disney à celles des films de Spielberg. Les décors sont magnifiques, la musique est sympa et ce nouveau Elliott cent fois plus attachant que le lourdaud de l’animation. Un film tendre, véritablement meilleur que sa première version et qui fait à date autant figure de bon exemple que d’exception qui confirme la règle dans le catalogue de reboots de la firme aux grandes oreilles.

405508.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgManger ?

Mais revenons à des expériences moins plaisantes. Le rythme s’accentue dès 2017 avec la sortie de La Belle et la Bête qui souffre, selon moi, d’un très gros problème de casting pour les deux personnages principaux. N’étant pas de base une de ses grandes fans, le jeu d’Emma Watson n’a pas su me convaincre. Fade, impersonnelle et dénuée de subtilité, cette Belle manque de chien et sa Bête de charisme, autant dans son rôle de monstre que d’homme. Seul Gaston trouve sa route en caricature assumée et Le Fou fait l’objet d’une relecture intéressante, même si terriblement clichée et timide (on passera côté révolution des mœurs). Pour le reste, le film se voit affublé d’ajouts inutiles les rares fois où il s’échappe d’un copier-coller plan par plan limite obséquieux. En fin de compte, rien ne fonctionne dans cette version car il lui manque l’essentiel : le charme. Une carence d’autant plus flagrante lors de la chanson « C’est la fête » où les effets spéciaux n’arrivent pas à capter le dixième de la magie de la scène d’animation. Beurk !

Puis vient le trio de 2019 qui nous a fait frôler l’overdose avec Dumbo, très décevant, Aladdin, complètement inutile et le Roi Lion, beau mais sans âme et perdant l’atout de la surprise esthétique puisque sorti après Le livre de la Jungle.

On finit avec le live-action de La Belle et le Clochard réalisé pour la plateforme Disney +, permettant à Mickey de gommer les références un brin raciste de l’orignal et… bah c’est tout. Peut-être est-ce une question de budget, le film n’ayant pas vocation à finir en salle, mais le rendu est on ne peut plus cheap, voir carrément gênant quand il s’agit de faire parler ces braves toutous. À ce compte là, autant se remater L’incroyable Voyage, c’est de la voix off (casting 5 étoiles) et pourtant ça n’a pas pris une ride en presque trente ans.

2698614.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg– Ah ouais, dur le relooking !
– C’est le confinement pôv truffe ! Toilettage maison…

Ouf, on a enfin finit avec les remakes et si on en juge par leur accueil critique très tiède, on ne devrait pas en revoir avant un petit moment non ? Ah, douce naïveté. Bien sûr que non, parce que la stratégie commerciale elle, fonctionne à plein régime, illustrée par le succès retentissant du Roi Lion 2.0 et ses 1 656 311 308 $ de recettes dans le monde (merci Wikipédia). Selon le calendrier de Disney, c’est presque la totalité de son catalogue qui va passer à la moulinette du live-action dans les prochaines années.

En panne d’inspiration ?

Entre les films d’animation se concentrant de plus en plus sur des suites et la pléthore de reboots, n’y aurait-il pas une crise d’inspiration dans la firme aux grandes oreilles, et par extension, dans le cinéma ? L’industrie du 7ème art semble avoir de plus en plus de mal à se renouveler si on n’en juge par ses efforts précipités pour renouer avec de plus ou moins anciens succès. Cette frénésie aurait presque quelque chose de désespéré, comme si le grand écran craignait à moyen terme de ne plus être capable de concurrencer Netflix et Cie et ne trouvait de solution qu’en capitalisant sur le communautarisme cinéphile, et donc clairement, le fan service pour remplir ses salles.

Cela dit, cela fait un moment que l’humanité recycle les mêmes thèmes. La plupart des monuments de notre temps sont des rééditions d’histoires millénaires à la différence qu’elles ont fait le fruit d’une adaptation. Par exemple en changeant de forme et de support, passant du conte de tradition orale au livre, au spectacle vivant puis aux écrans, ou parce qu’elles ont fait l’objet d’une relecture en adéquation avec les moeurs d’une nouvelle époque.
Ainsi une chanson du 13ème issue des mythologies allemande et scandinave a pu inspirer à Wagner son célèbre opéra, L’Anneau du Nibelung, qui lui même a servi de source aux Seigneur des Anneaux de Tolkien que beaucoup ont découvert dans la version cinéma de Peter Jackson. Un sacré parcours pour un chant du Moyen-Âge !
Lavoisier le disait pour la science, mais c’est un fait qui dépasse cet unique domaine  : rien ne se perd, rien ne créer, tout se transforme ! À vrai dire, plus que des histoires se sont surtout des motifs récurrents qui se renouvellent à l’infini, donnant lieu à une multitude d’itérations et d’interprétations. Le héros, le roi caché, le sauveur, le sage, les amants maudits sont autant de figures aux multiples visages. Ainsi, Pyrame et Thisbé, Roméo et Juliette et Jack et Rose (Titanic) sont dans leurs essences tous les mêmes, variantes d’un seul modèle. Quant à la figure messianique, elle se décline dans une foule de héros contemporain : Superman, Néo (Matrix), Paul Atreides (Dune) sont tous des versions « modernes » de Jésus.

Alors partant de ce principe pourquoi ne pas effectivement continuer de rebooter les oeuvres de notre enfance ? Justement parce que pour qu’une histoire continue à vivre dans le temps, sa renaissance doit avoir un sens !

L’intérêt du reboot

La portée du message
Comme mentionné précédemment, on peut par exemple proposer une nouvelle adaptation qui coïnciderait avec les attentes et les évolutions de la société. Les princesses Disney marquent bien cette évolution depuis leur début. Sorties toutes du même moule, leur archétype est toujours celui de la femme/fille cherchant à se faire une place dans le monde et devant pour ce faire s’appuyer sur les forces de la nature et/ou de ses représentants, mais leurs évolutions propres retracent l’histoire contemporaine de l’idéal féminin et il serait impensable aujourd’hui d’avoir une héroïne passive comme l’était Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore en leur temps. On peut également jouer la carte du premier degré et transposer purement une histoire dans une autre époque pour voir ce qu’elle y donnerait.

Changement de support et innovation technologique
Autre option, le changement de médium, faisant comme évoquer ci-dessus, passer une oeuvre d’un livre à un opéra, une pièce de théâtre à un film, un jeux vidéo à une série etc. Mais au sein d’un même art, le progrès technologique sert aussi le remake quand il permet la recherche d’un nouvel esthétisme. Ainsi les révolutions du cinéma, passant du film muet à la parole ou du noir et blanc à la couleur ont justifié un nombre incalculable de réadaptations, mais est-ce que le perfectionnement des CGI 
ou la présence d’acteurs en chair et en os légitime de dupliquer presque identiquement une oeuvre ? Le débat est ouvert. 

Le cycle du Phoenix, laisser l’oeuvre mourrir pour mieux renaitre
Il est en effet plus difficile de proposer une nouvelle version d’une histoire quand celle-ci possède déjà son chef d’œuvre au sein d’un même art. Prenons le cas de la Belle et la Bête qui possède non pas une, mais deux versions portées aux nues, le monumental film de Cocteau et la magique adaptation animée de Disney qui reprenait déjà certains éléments du premier. Que peut donc bien apporter la présence d’Emma Watson a un long-métrage qui était déjà parfait et intemporel, hormis l’adhésion des fans inconditionnels d’Hermione ? Et la vilaine version en CGI de la Bête veillera telle mieux que le maquillage de Jean Marrais de 1946 ?
Le fait est que des longs-métrages de Disney sont aujourd’hui presque plus cultes que les histoires dont ils sont l’adaptation (et de toutes les autres versions, films, téléfilms, séries et animations confondues). Alors pourquoi donc se focaliser sur les chefs-d’oeuvre quand une pléthore de films mal-aimés attendent qu’on leur donne une deuxième chance, tout comme certains longs métrages plus anciens (antérieurs à l’âge d’or des années 90) qui ont de fait moins bien vieilli et mériteraient une relecture plus moderne ? Il faut laisser à certaines histoires le temps de vieillir et leur caractère sacré s’évanouir pour mieux les voir renaitre et se réinventer.

Si on se fit à ses règles, il est tout à fait possible de produire de bons remakes, comme ce fut le cas pour Peter et Elliott. D’ailleurs faisons ça ! Voici notre TOP 7 des films que Disney pourrait rebooter où des projets en cours qui semblent prometteurs !

par Eugénie

Jojo Rabbit

Teen SS

Kezako ?

Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu’imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle.

La critique d’Eugénie – 8/10

Après Vampires en toute intimité et Thor : RagnarokTaika Waititi continue d’imposer sa patte burlesque dans le paysage cinématographique. Si l’appréciation de son humour est laissé à la préférence de chacun, le réalisateur néo-zélandais n’en maîtrise pas moins les codes et prouve avec Jojo Rabit qu’il sait les exprimer avec plus de finesse que par des blagues répétitives sur « l’anus de Satan » (n’en déplaise aux fans du « Lord du Tonnerre »).

C’est donc dans la veine des tragicomédies qu’il nous présente son Jojo Rabbit, un long métrage librement adapté du roman Le Ciel en cage de Christine Leunens mais qui emprunte autant au Dictateur de Chaplin. Loin de la farce promut dans les bandes-annonces, le film est tout ce qu’il y a de plus réfléchi dans son humour et ses constructions. Ainsi le détail apporté à certains objets, certains plans, de prime abord superficiel et un brin potache ne fait que poser les bases d’une dimension tragique en suspens. Les mécaniques de la satire y sont employées avec brio, sachant faire rire de l’horreur tout en cachant l’angoisse derrière chaque blague.
De fait, l’histoire du jeune Johannes « Jojo » Betzler tient plus du conte initiatique que du récit classique. Tout en manipulant le nôtre, le réalisateur dévoile une fable sur le regard, sur ce qui l’influence, le nuance et l’éclaire pour mettre à nue la réalité derrière le fantasme qui apparaît alors aussi absurde que tragique.

Supporté par un duo de jeunes acteurs excellents et des seconds rôles savoureux, mention spéciale pour Taika Waititi himself qui cabotine en Hitler, le réalisateur signe un film d’une grande pédagogie, peut-être son meilleur à ce jour et démontre une fois de plus qu’on peut aussi faire rire du fanatisme, pourvu qu’on y mette du coeur de l’esprit.


Réalisé Taika Waititi
Avec Roman Griffin Davis, Thomasin McKenzie, Scarlett Johansson, Taika Waititi etc.
USA – Comédie-dramatique
Sortie en salle : 29 janvier 2020
Durée : 1h 48 min 

Les Filles du Docteur March

Une pour toutes…

Kezako ?

Dans la Nouvelle-Angleterre des années 1860, un père part comme aumônier pour la Guerre de Sécession, laissant ses quatre filles et sa femme derrière lui. Elles vont faire la connaissance du jeune Laurie.

La critique d’Eugénie – 4,4/10

Le roman culte de Louisa May Alcott, maintes fois transposé sur le grand et le petit écran, s’offre un lifting que d’aucuns pourraient trouver un brin opportuniste compte tenu de la mouvance féministe, ou au contraire, tout à fait à propos. Du point de vue de l’adaptation, il n’y a de fait pas grand-chose à redire, les ajouts pour moderniser le discours restant suffisamment juste et respectueux de l’oeuvre originale (bien qu’anachronique) pour ne pas la trahir. Malheureusement, si le long métrage est une bonne « adaptation », cela ne suffit pas à en faire un bon « film »… Il est au mieux tristement passable. Une opinion toutefois très contestée et contestable en fonction de l’historique de chacun.

Ayant été profondément marquée par l’adaptation de 1994 au casting monstre (avec entre autres Winona Ryder, Susan Sarandon, Claire Danes, Gabriel Byrne, Christian Bale et une toute jeune Kirsten Dunst), je n’ai pas su m’en détacher, malgré ma bonne volonté, et me suis retrouvée condamnée à comparer les deux versions tout le long de la séance. Pour une histoire dont l’atout majeur est la puissance émotionnelle, Les Filles du Docteur March (2020) n’atteignent pas le dixième de celle des Quatre Filles du docteur March (1994), souffrant entre autres, d’une structure narrative compliquée. La réalisatrice Greta Gerwig a fait le choix d’une chronologie non linéaire mais son exécution terriblement maladroite vient nuire à la lecture de l’histoire, évoquant davantage un effet volontaire un brin prétentieux qu’une véritable démarche artistique logique. Le film se dote cependant d’une assez belle photographie malgré un travail de la lumière peut-être un peu trop moderne pour retranscrire l’ambiance de l’époque (guerre de Sécession) et d’une bande originale composée par Alexandre Desplat, surprenamment oubliable.

Dommage car il semble évident que Greta Gerwig a mis du coeur à son ouvrage, parfois perceptible dans certaines scènes aux échos hautement symboliques. Sans grande envergure du côté de la réalisation, l’intention reste néanmoins lipide quand il s’agit de rendre vivante, au sens premier du terme, la dynamique entre les soeurs, tout en respectant leurs individualités. En résulte parfois des échanges cacophoniques presque pénibles, mais criants de cette volonté de montrer la vie, l’énergie, la personnalité qui bouillonnent et s’échappent sans retenue (ou si peu) de ces quatre filles. En résulte malheureusement une forme de frénésie fatigante, qui vient desservir certains personnages par manque de souffle, un comble quand à mi-parcours Les Filles du Docteur March s’enlise dans une lenteur interminable.

Il est cependant certaines qualités indiscutables, à commencer par le jeu de Saoirse Ronan qui crève l’écran (à nouveau) dans le rôle de la fougueuse Jo, bénéficiant d’une (ré)écriture du personnage semblable à une déclaration d’amour. Elle est également fidèlement secondée par un très bon Timothée Chalamet et une Meryl Streep en Tante March plus drôle que jamais, avec un je-ne-sais-quoi de Lady Violet Crawley (Maggie Smith dans Downton Abbey). Malheureusement, certains protagonistes peinent à trouver leur place, le plus gros point noir étant le jeu de Florence Pugh, très juste quand elle incarne une Amy adulte mais catastrophique dans sa version plus jeune. Les caprices de la benjamine des March s’expliquent notamment par son âge, ce qui participe à la rendre attachante et excusable car son évolution est bien plus visible que chez ses ainées. Mais toutes les tresses du monde ne suffiront pas à faire passer une actrice de 23 ans pour une enfant de 12 ans et celle-ci est tout simplement insupportable en caricature de préadolescente !

Les Filles du Docteur March n’en reste pas moins une jolie fable mais ne marquera pas le cinéma de son empreinte, son affiche accrocheuse ne suffisant pas à lui donner l’essentiel du roman : une âme.


Réalisé par Greta Gerwig
Avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Laura Dern, Timothée Chalamet, Meryl Streep etc.
USA – Drame
Sortie en salle : 1 janvier 2020
Durée : 2h 14 min 

Les Misérables

« L’âme ne se rend pas au désespoir sans avoir épuisé toutes les illusions »

Kezako ?

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

La critique d’Eugénie – 9/10
♥ Coup de cœur

Pour beaucoup, la fiction est la voie du merveilleux. Une échappatoire du réel aussi miraculeusement superficiel que substantiellement vital à l’esprit, à sa construction, sa forme, sa santé, son évolution. Et parfois, une oeuvre de « fiction » va aller chercher le réalisme, sans concessions ni enrobage, non pas pour inspirer mais pour réveiller… quitte à être brutale. C’est ainsi que Ladj Ly délivre plus qu’un grand film, mais une véritable bombe dans le cinéma français ; personne ne s’y attendait et peu pourront l’éviter.

Les Misérables est par ailleurs un film tout ce qu’il y a de plus recherché dans ses références. Si Victor Hugo est tragiquement présent, car toujours d’actualité, à chaque plan – on y voit certes Gavroche mais tout autant la Cour des Miracles – le point de vue de Stéphane, policier de Cherbourg qui débarque stupéfiait dans le quotidien de la BAC à Montfermeil, fait appel lui autant à Candide qu’à l’Ingénu. Et pourtant, le film de Ladj Ly n’a en un sens rien de « fictionnel », car même s’il prend la structure d’un récit, il est dépourvu de certains des éléments de lecture classique. À commencer par une forme de manichéisme primaire, pas nécessairement néfaste, mais qui permet souvent de donner une direction à l’histoire, soit pour en orienter la « morale », soit par simple empathie avec les personnages mais qui nous incite presque toujours à choisir un « camp ». Le réalisateur fait le choix conscient de se départir de toute binarité et le résultat n’en est que plus terrifiant. Car sans notion, même minime, du bien et du mal, quand tous les points de vues sont compréhensibles sans forcément être légitimes et que ni la loi ni la justice ne font plus sens, il n’y a simplement pas d’issu. Ces personnages tous imparfaits, tous isolés, tous insatisfaits sont dans l’impasse, et face au mur l’espoir meurt, ne survit que la rage… et le désespoir !
Peut être est-ce là que réside le thème du long métrage… Plus que des « Misérables », le film parle davantage des « Désespérés » et désespère par la réalité qu’il présente, d’autant plus qu’il ne juge pas, il ne fait que constater.

Ladj Ly signe une oeuvre qui soigne autant la forme que le fond. Suffisamment subtile pour induire le propos sans pédagogie obséquieuse et abêtissante, il accorde du temps à ses personnages pour en dresser un portrait complet, traduisant son attachement au sujet. Le dernier tiers s’emballe crescendo dans un déferlement de violence qui laisse le spectateur épuisé, autant physiquement qu’émotionnellement et qui offre un contrepoint dramatique à sa scène d’ouverture. Plus qu’un film puissant, un film important !


Réalisé par Ladj Ly
Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga etc.
France – Policier, Drame
Sortie en salle : 20 novembre 2019
Durée : 1h 42 min 

Joker

What doesn’t kill the Phoenix…

Kezako ?

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société. 

La critique d’Eugénie – 9,5/10
♥ Coup de cœur

Il y a des films attendus. Des succès commerciaux assurés, parfois même des films déjà rentables avant leurs sorties en salles (préventes et merchandising). Mais rares sont les films encensés avant leur projection. Ce fut le cas du Joker de Todd Phillips qui a déchaîné les passions des cinéphiles et des fans des comics dès son annonce. Comme si après les désastreux Suicide Squad, Dawn of Justice et Justice League, la lumière perçait enfin dans l’univers dégoulinant de CGI de la Warner Bros. La raison ? La présence de Joaquin Phoenix dans le rôle-titre ! Assurément, ça ne pouvait faire qu’un bon film… et même peut être, un GRAND film !

Pari gagné sur tous les fronts ! Joker est le film tant attendu et plus encore, la pièce maîtresse qui consacre un univers encore trop souvent réduit à celui de l’enfance ! Car si les films, dit de « super-héros » pour le grand public, et de « comics » pour les puristes, connaissent un succès majeur au grand écran depuis deux décennies, sa nature est lui encore trop souvent caricaturé et snobé par une partie des élites culturelles. Sam Raimi a su démocratiser le genre avec la trilogie Spider-Man au début des années 2000, et si Nolan l’a fait passer dans la cour des grands avec celle de Batman, Todd Phillips vient de lui offrir sa lettre de noblesse. Joker est le parfait exemple de ce que le cinéma peut sublimer quand le matériel de base est riche et respecté ! À commencer par un esthétisme.

Un brin punk, dissonante, dérangeante, la laideur qui s’impose partout à Gotham est magnifiée à l’image. La ville ne s’exprime que par la violence, qu’elle impose sans cesse au personnage d’Arthur Fleck, clown psychologiquement fragile vivant dans la pauvreté avec sa mère (superbe Frances Conroy). Quand la caméra ne tremble pas, fébrile face à l’immobilisme, elle vient isoler son personnage poussant constamment la rupture. Ruptures entre Arthur et les autres, mais aussi ruptures entre le propos, le son et l’image qui soulignent l’absurdité lattante de chaque scène. Ainsi, les rares moments de grâce d’Arthur sont des scènes de danse surréalistes, quand après avoir commis ses crimes, il s’éveille, il se trouve, il vit et surtout il se sent vivre. Une bande originale démentielle leur apporte un contrepoint maladif et gênant quand d’autres séquences sont plombées par un thème délicieusement pesant.

C’est sur ces entrechats que se dessine le plus clairement le caractère nihiliste du Joker, une déshumanisation bien plus marquée que dans les démonstrations de violence. Un être déshumanisé qui prend corps (maigrissime) sous les traits et le rire de Joaquin Phoenix, au sommet de son art ! L’acteur offre une interprétation différente de celle (pareillement mémorable) d’Heath Ledger, ce qui lui permet d’éviter toute comparaison. De fait, ces Joker ne sont pas les mêmes, mais bien deux itérations différentes. Et si certains craignent de voir donner une « origin story » à un personnage qui, mis à part le comics The Killing Joke de 1988, n’a jamais été défini par son passé, qu’ils se rassurent : Le film n’impose rien, il ne fait que proposer, avec un profond respect pour le matériel de base. On en regretterait presque la présence un peu trop appuyée de Bruce Wayne d’ailleurs.  
La descente aux enfers d’Arthur Fleck se repose ainsi autant sur l’acquis que sur l’instant, un équilibre subtil qui ne laisse néanmoins aucune ambiguïté sur le personnage : il n’est PAS un anti-héros !

Certaines scènes inspirent certes de l’empathie pour le personnage, mais à aucun moment elles ne justifient ses actes, balayant d’un revers de la main toutes les pseudo-critiques sur la responsabilité du film. Joker est un long-métrage pour adultes et qui considère son public comme tel, donc apte à se forger sa propre opinion. Joker ne juge pas, il ne prend pas parti, il ne tombe pas dans le misérabilisme, l’apitoiement ou la provocation, pas plus qu’il ne se fait l’étendard d’un propos politique, à l’instar de son protagoniste. Non, il raconte simplement une histoire et sa réalité. Ainsi, même si le contexte délétère entérine la métamorphose d’Arthur en Joker, même si la critique sociale s’entend en arrière-plan (atteignant son apogée lors de la rencontre avec un Thomas Wayne déconnecté, incapable de reconnaître la souffrance), même si les traumatismes de l’enfance ont fertilisé le terreau, jamais le récit ne dédouane le Joker de ses actes. Car, tout comme les orphelins ne deviennent pas tous Batman, les exclus de la société ne deviennent pas tous le Joker. D’ailleurs, celui-ci ne revendique pas de combat « social », il ne fait que le subir, le constater et jouir de la violence qui en découle.

Psychologique, intelligent, fort, violent, le film sait aussi prendre son temps pour travailler en profondeur son récit. Joker est suffisamment conscient de lui-même pour prendre des risques tout en maintenant toujours une forme de distance avec son propos. Avis d’ailleurs aux spectateurs un peu trop « premier degré » qui commentaient le film à la sortie de la séance. Il s’agit d’une adaptation de l’histoire d’un super vilain de comics… pas besoin de critiquer le réalisme des scènes d’émeutes ou encore de les comparer aux gilets-jaunes (même si ça m’a bien fait marrer). Car le Joker est avant tout une incarnation du chaos. Quant au film, il ne fait que rappeler que chaque homme a en lui un potentiel de violence et en explore les possibilités les plus extrêmes, car le désespoir fait partie de notre patrimoine culturel comme la folie de notre héritage génétique. Du reste, Oscar Wilde le disait déjà en 1891 : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer ».

La critique de Marcellin – 9,5/10
♥ Coup de cœur

Le Joker signe son grand retour. Après sa catastrophique participation au film Suicide Squad, porté à l’écran par Jared Leto, je ne pouvais qu’exalter à l’idée de mettre en scène le brillant Joaquin Phoenix dans un film exclusivement dédié à l’histoire de ce personnage si complexe.

Et quelle réjouissance ! Dès la première scène je me sens frissonner de bonheur lorsque nous assistons à cette mise en bouche, ce sourire, ce regard désespéré et glaçant du Joker face à son reflet.
En supprimant toute allusion à un potentiel univers fantastique possédé par les super héros, le réalisme brut de ce Gotham des années 70 nous étouffe. Une ambiance poisseuse se dessine, la tension permanente qui prend cette ville au tripes vont participer à l’émergence d’un symbole : on assiste à la naissance du Gotham que nous connaissons. Cette atmosphère nauséeuse est renforcée par un constat : Gotham City est construite dans l’idée qu’elle est à l’image de n’importe quelle grande métropole mondiale. Un sentiment familier commence alors à nous envahir, et c’est dans son pouvoir d’identification que ce film tire toute sa force.  Car Todd Philipps critique ouvertement notre société, la politique mondiale et en particulier celle de son pays. En plein ère Trump, Joker est une attaque violente contre l’abus des riches et l’abandon des classes inférieures.
Tout le long du film est distillé un signal d’alarme : cette « folie dehors », celle qui gangrène Gotham, Arthur en deviendra le symbole, celui de cette population laissée pour compte. Il fera de cette folie son destin, pour se transformer en fer de lance du chaos. Ce système qui l’a abandonné a ainsi crée son propre monstre. Joker devient alors ce qu’il a toujours été à mes yeux : l’antéchrist. Nous verrons dans le film que Batman n’existe pas encore mais leurs destins sont déjà liés : la naissance du justicier et de son adversaire ont une même racine.
Un imaginaire biblique se dessine durant le film, surprenant mais subtil à la fois. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » se répète dans notre tête. Par ailleurs, plus le film avance, plus nous commençons à nous interroger : est-ce une descente aux enfers ou une montée vers la lumière ? Je vous laisse vous en faire votre propre idée.
Ces nombreuses réflexions autour du récit sont d’une richesse incroyable pour le spectateur, car il ne peut que s’approprier, vivre, ressentir ce chef d’œuvre qui lui est proposé. Ceci est possible grâce à la maîtrise du réalisateur. Nous sommes obnubilés par l’ascension du Joker, qui a pris place suite à la douce et lente mort de Arthur ; car aucun second rôle ne vient interférer dans cette obsession.
Mais je dois surtout rendre à César ce qui est à César : merci Joaquin Phoenix. Merci d’avoir apporté tant de dimension à ce personnage incroyable en nous livrant un jeu d’une précision absolue, pour nous marquer à jamais d’un personnage profond. Phoenix a littéralement donné corps au Joker, au propos du film, à son univers, à sa première comme à sa dernière scène. La symbolique du corps est un aspect qui m’a réellement marqué. Ce corps décharné, aliéné, résolu d’Arthur se mue lorsqu’il devient Joker. Il se dresse face à son destin, aux autres et imprègne chaque lieu et chaque instant d’un charisme magnétique.
Un instant de l’œuvre illustre cela : celui d’une transe macabre, une frénésie tragique, une danse glaçante et poignante de beauté, qui nous délivre un moment d’une noirceur infinie. Le pouvoir du corps dans une scène muette.

Vous l’avez constaté, il est difficile pour moi de trouver des critiques négatives à émettre contre ce film qui m’a bouleversé. Cependant , je dois l’avouer, la première heure du film m’a fait quelque peu douter. Des histoires connexes viennent légèrement parasiter le propos, notamment celle qui la lie avec Wayne. Cette dernière traîne en longueur, j’ai eu la sensation amère d’un besoin de justifier à tout prix par cette relation le désespoir d’Arthur, de combler des blancs. Inutile pour un Joker qui n’a nullement besoin de justification ! Des histoires d’amour viennent également se greffer, que je n’estime pas essentielles pour en venir au propos qui se suffit à lui-même. Mais pire, un raccourci freudien plus que facile vient me sauter aux yeux en plein milieu du film !

Cependant, tout ce que j’avais tiré dans le doute de cette première heure s’efface au profit d’un conclusion finale bouleversante. Je passe les dernières minutes du film frémissante, le sourire accroché aux lèvres, comblée par un tel chef d’œuvre.
Joker a définitivement rempli son contrat : « let’s put a smile on that face »


Réalisé par Todd Phillips
Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy etc.
USA, Canada – Drame
Sortie en salle : 09 octobre 2019
Durée : 2h 12 min 

Harry Potter Tour in London

Once more with magic – « London calling to the faraway towns… » et Eugénie et Marcellin répondent à cet appel !

Si la qualité des films Harry Potter est pour le moins inégale, il n’est reste pas moins que la visite des studios Warner de Leavesden est ce qui s’apparente le plus à un pèlerinage pour tous fans de la saga. Et bien qu’ayant une affection mille fois supérieure pour les romans, Eugénie est de ceux-là (GO Serdaigle !).
Revenir sur les qualités et les défauts de la franchise mériterait d’ailleurs un article complet, mais pour les besoins de cette chronique, je vais faire bref : grosse affection pour les numéros 1, 2, 7 et 8, coup de cœur pour le 3 (Le Prisonnier d’Azkaban), et amère déception (voir dégoût) pour les 4, 5 et 6.

20180331_132209.jpgIl n’empêche, la visite des décors reste un moment fort et féerique qui replonge dans la magie de l’univers de J. K. Rowling et d’un mastodonte du cinéma.
C’est au détour d’un séjour à Londres, entre Camden et Piccadilly, qu’Eugénie & Marcellin sont allés s’immerger dans le Potterverse.
Accessible directement en bus depuis le centre de la capitale, l’immersion est immédiate ! À noter que l’audioguide est IN-DI-SPEN-SA-BLE si vous êtes un fan de la saga. Des détails connus aux anecdotes de tournage en passant par les secrets de fabrication, le guide apporte son lot de compléments à la visite qui témoignent de l’envergure de la franchise.

20180331_141348.jpgTrès développée du point de vue du storytelling, la visite ne rentre définitivement pas dans la case des attrapes touristes ! La découverte des bâtiments, des décors, de leurs dimensions donne une excellente vision des espaces lors des tournages, sans compter les innombrables accessoires, costumes et autres objets cultes qui participent au réalisme de l’univers. Au détour des salles, on prend plaisir à se perdre dans la forêt Interdite, on s’émerveille devant les dimensions du Ministère de la Magie et on rêve d’évasion devant la rutilante locomotive du Poudlard Express. Les décors laissent peu à peu la place aux secrets de fabrication qui mettent en lumière le travail monstre des petites mains derrière l’illusion : maquillage, costumes, effets spéciaux et autres concept art. Dernière étape du tour, la monumentale maquette de Poudlard qui représente à elle seule une visite en soi. Difficile d’en dire plus sans spolier complètement l’exposition. Les studios de la Warner font vraiment partie des expériences qui se vivent plus qu’elles ne se racontent et qui séduiront autant les fans que les néophytes, les enfants comme les adultes.

La visite s’achève par un passage obligatoire dans la boutique, véritable Caverne aux Merveilles de Goodies et lieu de torture pour les petits budgets car tout y est alléchant. En ce qui me concerne, j’en suis quitte pour quelques souvenirs aux couleurs de ma maison (Serdaigle) mais aussi pour mes amis Poufsouffle et Serpentard (dont Marcellin – mon filou de petit serpent).

20180331_151741.jpgpar Eugénie

Le Roi Lion

It’s the circle of cash

Kezako ?

Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres plans. 

La critique d’Eugénie   –   5/10

Le Disney phare des années 90 fait son retour sur grand écran avec un lifting numérique qui ne convainc pas tout le monde.

Si la première partie donne dans le mimétisme pour mieux valoriser la prouesse technologique, elle relève aussi d’un fan service complètement assumé et ne s’affranchit donc jamais de la comparaison avec l’original.
Cela dit, force est de constater que l’image est impressionnante, davantage par dextérité technique que par parti pris artistique mais tout de même, vraiment impressionnante ! Cependant, le photoréalisme montre lui aussi ses limites dans la transcription des émotions, les adorables bouilles des lionceaux ayant bien du mal à illustrer la peur et la tristesse. Une limite qui se ressent d’autant plus dans la célèbre scène de la mort de Mufasa, traumatique pour toute une génération, qui ici ne reste que vaguement émouvante grâce à la musique d’Hans Zimmer et à l’écho du dessin animé.

Le live action essaye de compenser ce manque de nuance en prenant plus de temps sur les transitions (parfois trop) et les dialogues ; une démarche qui, sans recréer la poésie de l’animation, s’articule autour d’une respiration profonde, presque contemplative ce qui sied plutôt bien à l’ambition technique du film. Réalisme oblige, les éclipses narratives sont plus difficiles à avaler que dans un dessin animé et c’est par ce rythme plus lent que Le Roi Lion évite élégamment les incohérences et maintient l’illusion de « crédibilité »… pour un temps seulement !
Les retrouvailles entre Simba et Nala adultes sont ainsi complètement télescopées et enchaînent sur une séquence romantique dénuée de toute subtilité qui devient presque parodique. Un problème accentué par le doublage de Beyoncé dont la voix sonne trop mûre et sûre d’elle pour la jeune Nala.
La célèbre chanteuse est cependant le seul bémol d’un casting anglophone prestigieux et excellent. Pour ce qui est de la déclinaison française, on ne peut que déplorer un star talent disons douteux : d’un côté Donald Glover, Queen B et Seth Rogen et du notre Rayane Bensetti et Jamel Debbouze (on a les idoles qu’on mérite)… Au moins Jean Reno rempile dans le rôle de Musfasa là où le regretté Jean Piat ne pourra pas re-prêter sa voix au personnage de Scar (RIP Jeannot, tu nous manques).

En parlant du lion, l’oncle maléfique de Simba fait parti des personnages profitant – ou souffrant, là c’est purement subjectif – d’une légère réadaptation, moins sournois que dans le film de 1994 et plus ouvertement malveillant, dégageant la même agressivité sourde que le Shere Khan du Livre de la jungle de 2016, lui aussi réalisé par Jon Favreau (et l’un des bons reboots de Disney).
D’autres personnages bénéficient également d’un coup de fouet moderne, comme Zazou, doublé par l’excellent John Oliver, et le duo Timon et Pumba, encore plus hilarant que dans le dessin animé. À contrario, le singe Rafiki perd tout intérêt et les quelques rajouts visant à donner de la profondeur à Nala et Sarabi sont bien minces. Le réalisateur loupe dès lors la chance de réinventer son propos et de donner une valeur ajoutée scénaristique à cette version en modernisant ses thématiques et analogies politiques qui faisaient déjà débat à la sortie du film en 1994.

Bilan mitigé pour un énième reboot qui peine à justifier son existence autrement que par l’appât du gain. Si le but était une démonstration technologique capitalisant sur l’affect du public pour l’Histoire de la Vie, on aurait très bien pu se contenter de quelques scènes cultes retournées pour l’anniversaire du film.


Réalisé par Jon Favreau
VO : Donald Glover, Beyoncé, James Earl Jones, Billy Eichner, Seth Rogen…
VF : Rayane Bensetti, Anne Sila, Jean Reno, Jamel Debbouze, Alban Ivanov…
USA – Famille, Aventure
Sortie en salle : 17 juillet 2019
Durée : 1h 58min 

OSS 117 se fait la toile des Champs !

Le dimanche 07 juillet – « Comment est votre blanquette ? »

Co-organisé par la ville de Paris et le Comité Champs-Élysées, l’événement Un Dimanche au Cinéma rempile pour une deuxième année consécutive.
Le concept est simple et pourtant terriblement réjouissant : le temps d’une soirée, les Champs-Elysées se transforment en cinéma de plein-air à grand renfort de transats et de glaces Häagen-Dazs, partenaire de l’événement (merci les gars).

Depuis juin, trois films étaient en compétition sur internet pour la projection, doublé d’un tirage au sort parmi les votants pour gagner les quelque 1700 places de la séance.
Après les Visiteurs en 2018, c’est OSS 117 de Michel Hazanavicius qui a été choisi par le public, contre Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (1967) et L’Homme de Rio, de Philippe de Broca (1964). D’aucuns pourraient s’offusquer que le film le plus « populaire » l’ait emporté, en oubliant qu’OSS 117 n’est pas seulement l’une des meilleures comédies françaises, mais aussi un très bel objet de cinéma dans tous les aspects de sa réalisation, de la photographie à la bande originale.

Pour l’occasion, Jean Dujardin et Aure Atika ont même fait le déplacement et se sont volontiers prêtés aux jeux des selfies, quand Bérénice Bejo et Michel Hazanavicius ont envoyé une petite dédicace vidéo au public, le réalisateur saisissant l’occasion de rappeler que, même s’il se moque beaucoup des nazis dans son film, il ne s’agit que d’humour et n’a bien entendu rien de personnel contre les nazis.

Plus convivial qu’une séance classique, Un Dimanche au Cinéma fait partie de ces initiatives qu’on aimerait voir plus souvent renouveler à Paris. Au vu du succès de cette édition, il est plus que probable que l’événement soit reconduit l’année prochaine. Pour ceux qui auront la chance d’y assister, un petit conseil d’anticipation, pensez à la casquette (le temps que le soleil passe derrière l’Arc de Triomphe) et au sweat pour se protéger du petit vent frais.

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par Eugénie