The Witcher, un sorceleur sur Netflix

Game one

Kezako ?

Le sorceleur Geralt, un chasseur de monstres mutant, se bat pour trouver sa place dans un monde où les humains se révèlent souvent plus vicieux que les bêtes.

La critique d’Eugénie – 6/10

Netflix tente de s’engouffrer dans la brèche laissée par la fin de Game of Thrones et de couronner un nouveau roi des séries. S’emparant d’un succès de l’heroic fantasy, la saga polonaise du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski, mondialement popularisée par la franchise des jeux vidéo The Witcher (dont l’excellent Wild Hunt), la série n’a pas l’envergure de ses modèles… pour l’heure.

De fait, toute comparaison avec le Trône de Fer serait superflue. Geralt de Riv, Sorceleur de son état, évolue certes dans un univers médiéval, remplit d’un bestiaire imaginaire dont des dragons, mais celui-ci est en un sens plus simple qu’à Westeros. Les intrigues politiques y sont moins denses et ne mènent pas le jeu. Dans un style propre à la dark fantasy, le maitre mot de The Witcher est avant tout le « destin », notion que la série retranscrit avec une certaine maladresse.

L’univers rend pourtant assez bien et la musique est plutôt réussie même si son côté anachronique peut perturber au début. Le problème de ce Witcher vient alors peut-être de ses ambitions. D’une part car les moyens ont du mal à suivre. Les FX sont très inégaux, sauf sur la Strige, mais le plus problématique est indéniablement sa construction qui cherche à compliquer les temporalités… N’est pas Westworld qui veut ! La chronologie n’apporte ici rien à la série, elle ne fait pas figure de révélation pour comprendre l’intrigue, au contraire, elle l’embrouille, car on ne voit pas d’évolution même sur les personnages censés vieillir. L’histoire s’articule néanmoins logiquement autour de la trame de Ciri, ce qui pose un gros problème car son axe est de loin le moins intéressant. Immobile, par trop cryptique, certains passages sont même carrément loupés (la forêt de Brokilone). D’autant plus dommage qu’il y avait du potentiel, surtout quand on voit ce que le show a su faire du passé de Yennefer.
Au final, ce qui coute le plus à The Witcher c’est peut être son pilote. L’impact de la relation avec Renfri y est inexistant et la chute de Cintra imposé dès l’ouverture entrave la storyline de Ciri. Dommage que la « vraie » première rencontre entre la jeune princesse et Geralt n’est pas été adapté des livres car elle aurait donné plus de sens à la révélation du « droit de surprise » ainsi qu’à la chute du pays, tout en renforçant la scène finale.

Cette première saison amène pourtant de bons arguments à commencer par son casting, non seulement efficace mais aussi fidèle aux personnages des romans (pas forcément physiquement), tant dans leurs subtilités que leurs traits les plus caricaturaux. Et oui, Henri Cavill fait un bon Geralt ! Grognon, sauvage, sensible, drôle, même ses grognements répétitifs participent à donner vie au caractère du White Wolf bien connu des lecteurs et des joueurs. Si la performance ne se hissera pas au niveau des Golden Globes (loin s’en faut), impossible de ne pas reconnaitre l’investissement de l’acteur dans le rôle, ne serait-ce que dans les scènes de combats, très bien chorégraphiées. Yennefer et Ciri, respectivement interprétées par Anya Chalotra et Freya Allan sont elles aussi tout à fait à la hauteur, tout comme Joey Batey qui joue Jasquier. On a même quelques fulgurances chez des personnages secondaires, notamment la Reine Calante et Tissaia.

Une fois n’est pas coutume, il faudra attendre la saison 2 pour voir si The Witcher a les capacités pour relever les défis à venir, car ce premier jet ressemble au final à une longue introduction. Peut mieux faire !


Créé par Lauren Schmidt Hissrich
Avec
Henry Cavill, Anya Chalotra, Freya Allan, Joey Batey…
USA, Pologne – Dark fantasy
Saison 1 (8 épisodes) diffusée depuis le 20 décembre 2019
Durée par épisode : 47–67 minutes

Carnival Row, que vaut la série fantastique d’Amazon ?

Steampunk fairy’s tale

Kezako ?

Dans un monde fantastique à l’époque victorienne, les créatures mythologiques doivent fuir leur pays ravagé par la guerre. Exilés dans la ville de The Burgue, la cohabitation avec les humains s’annonce difficile. Le détective Rycroft Philostrate et une fée réfugiée du nom de Vignette Stonemoss vivent une dangereuse relation alors même que Philo doit résoudre l’enquête la plus importante de sa vie : une série de meurtres à même de mettre en péril la paix déjà précaire.

La critique d’Eugénie – 6,5/10

Amazon Prime Vidéo tente de marcher dans les pas de Netflix et de profiter de la fin (controversée) de Game of Thrones pour lancer sa nouvelle série : Carnival Row !
Aux grands maux les grands remèdes, le géant d’internet annonce en tête d’affiche deux noms célèbres, Orlando Bloom et Cara Delevingne, de quoi susciter l’intérêt du public. Autre petite spécificité, la série n’est pas une adaptation d’un succès littéraire mais bien une création 100% originale.

Dans un univers empreint de l’esthétique steampunk, les humains entrent en guerre contre les créatures mythiques pour prendre possession de leurs terres. Seule la République de « The Burgue » se range un temps du côté des fées et autres satyres, avant de retirer leurs troupes. La ville devenue terre d’accueil pour de nombreux réfugiés surnaturels est désormais gangrenée par la xénophobie et les batailles politiques. L’intrigue est non seulement alléchante mais l’univers aux influences ouvertement lovecraftiennes, en opposition aux codes fantastiques traditionnellement associés aux fées est très prometteur.
La sauce prend sans trop de mal et l’histoire se suit sans déplaisir, sachant jouer de ses atouts, à commencer par une bonne bande originale, des personnages secondaires intéressants et une satire sociale en propos de fond.

Cependant, la série ne tient pas entièrement ses promesses, notamment du côté des personnages principaux. Si les acteurs livrent une prestation tout à fait correcte, l’inégalité de leur rôle est irritante. Violette la fée, n’a que peu d’impact sur l’intrigue tout comme le réseau de résistance qu’elle intègre, quant à Philo, le personnage est encore trop « parfait » pour qu’on s’y attache vraiment. Ajouter à cela quelques intrigues secondaires mal agencées (la secte religieuse des satyres) et l’apparition un brin tardif de quelques personnages-clés et le show dévoile de grosses lacunes.

Carnival Row est l’exemple type de la série qui n’a pas encore transformé l’essai. Pour trouver son public, elle devra se dépasser en saison 2, peut-être en renforçant son axe politique et révéler tout son potentiel.


Créé par René Echevarria, Travis Beacham
Avec Orlando Bloom, Cara Delevingne, Tamzin Merchant, David Gyasi…
USA – Fantastique
Saison 1 (8 épisodes) diffusée depuis le 30 août 2019
Durée par épisode : 50-67 minutes

The Bells – GoT 8×05

La reine des cendres

Ce pénultième épisode a su nous livrer du grand spectacle à n’en pas douter, mais vidé de toute substance scénaristique. « The Bells » se veut brulant mais m’a plus que jamais laissée froide et distante face à son action.

Les TOP
Euh… Attendez je vais en trouver… Ah ça y est :
– Le look de Daenerys en début d’épisode dresse un parallèle saisissant avec son père, soutenu par une Emilia Clark qui apporte plus de nuances à son jeu que dans les trois saisons précédentes réunies.
– Varys meurt sans surprise mais avec beaucoup de dignité.
– Les adieux entre Tyrion et Jaime sont magnifiques.

Les BOF
– Le décès précoce de Varys. Espérons qu’il aura eu le temps d’envoyer quelques messages avant de passer sur le grill.
– Le cleganebowl ! Très attendu par les fans, la mise en scène laisse malgré tout à désirer. En terme de chorégraphie de combat, le duel avec Brienne en saison 4 était bien plus interessant.
– Pourquoi Tyrion trahit-il Varys ainsi ? Peut-on avoir un peu de développement siouplait ?
– Le revirement de dernière minute d’Arya me semble très maladroit et ses pérégrinations dans la ville en flamme assez peu engageantes.
– Oui la destruction de Port-Réal est grandiose et poignante dans son propos sur la violence de la guerre, mais sans enjeux ni suspens on finirait presque par s’ennuyer.
– Bel effort d’inversion manichéenne… mais peu respectueuse de l’évolution des personnages. Avoir faire parcourir tout ce chemin à Jaime et Cercei pour cette fin, quel dommage !

Les FLOP
– Où est Gendry ? Quid des Baratheon dans tout cela ? Pourquoi l’avoir légitimé s’il ne sert à rien ?
– Et Yara ? La flotte de Fer ?
– NAN MAIS JON BOUGE TOI ! Sérieusement, peut-on rendre ce personnage encore plus passif ?
– Donc, dans l’épisode dernier les balistes étaient surpuissantes et aujourd’hui elles servent de petits bois pour le barbeuk… #logiqueGOT
– À noter que les forgerons de Port-Réal ont une productivité digne du goulag stalinien.
– En parlant d’inutilité, la Compagnie Dorée entrera certainement dans les annales ! Beaucoup de bruit pour rien.
– Euron Greyjoy ou le personnage le plus massacré par la série après les Sand Snakes. Unidimensionnel et caricatural, il a néanmoins une morte cohérente avec son caractère : lourdingue.
– Mais bien évidement, la plus monumentale lacune scénaristique réside dans le basculement de Daenerys vers la folie. Non pas parce que l’idée était mauvaise ou incohérente, bien au contraire, mais parce que les ficelles pour y arriver sont elliptiques et simplistes. Mais on y reviendra certainement dans un autre article.

Plus les semaines passent et plus il m’est difficile d’apprécier cette saison et pourtant je vous jure que j’y met de la bonne volonté. Je conclue sur une petite pensée pour ce pauvre Drogon qui aura sans doute une extinction de voix demain.

par Eugénie

The Last of the Starks – GoT 8×04

Dracarys…

Épisode de transition, « The lasts of the Starks » inquiète par son côté expéditif et simpliste. S’il remet le Trône de Fer au centre du récit, le choix de diviser la saison en deux axes distincts, expédiant la menace des Marcheurs Blanc en trois épisodes, manque cruellement de subtilité. Allez, passons au récap :

Les TOP
• Ghost est vivant !
• La scène des funérailles est très belle.
• Le banquet ! Parenthèse joviale qui offre de nombreuses interactions entre les personnages : l’adoubement de Gendry, le jeu à boire entre Tyrion, Brienne et Jaime, les retrouvailles de Sansa et Sandor, Jon et les Sauvageons, le tout mettant en exergue la solitude croissante de Daenerys.
• Arya n’est pas une lady ! Vive le retour de son tandem avec le Limier !
• Le duo Tyrion/Varys qui remet les complots politiques au premier plan.
• Les morts de Rhaegal et Missandei, vraiment pas vu venir.

Les BOF
• Pas sûre qu’une relation sexuelle entre Jaime et Brienne était indispensable.
• Si l’échange avec Sandor était important, on regrette le manque de nuance dans le discours de Sansa. Le viol n’est pas un prérequis à l’endurcissement !
• La méfiance des Stark envers Daenerys est assez inexplicable et la réplique d’Arya limite xénophobe et absurde venant de ce personnage.
• Euh… la scène de Bronn. What was the point ?

Les FLOP
• JON, VEUX-TU FAIRE UN CALIN À GHOST ESPÈCE D’INGRAT !
• Encore une ellipse maladroite ! Tyrion raconte la vérité sur Jon à Varys en arrivant à Dragonstone, soit plusieurs semaines après l’avoir apprise !
• L’absence de réaction des sœurs Stark face à la plus grosse révélation de leur histoire.
• La mort de Raegal, très choquante parce qu’inattendue mais complètement absurde ! Genre Daenerys n’a pas vu les bateaux ? T’es dans le ciel meuf, t’as pas d’angle mort ! Depuis quand les scorpions sont devenus aussi puissants ? Dany, tu sais que tu pouvais les attaquer par l’arrière les bateaux ?
• Euh… ils ne sont quand même pas en train de faire vriller Dany en Mad Queen en 2 épisodes quand même ?

Le bilan est plus que mitigé. Il confirme certains choix décevants de scénario (Sam n’aura servi à rien en fin de compte) mais promet de nouvelles intrigues politiques (Go Varys). Cela dit, pas de surprise pour l’épisode suivant, à l’aune des dernières paroles de Missandei, il sera fait de feu et de sang !

par Eugénie

Pourquoi la saison 7 a (presque) tué Game of Thrones !

La saison 8 de Game of Thrones est sans aucun doute la plus attendue de toute l’histoire des séries. Les images teasées au compte-gouttes depuis le début de l’année enflamment la toile à chaque apparition et font battre (trop ?) fort mon petit cœur de fan. Et pourtant, jamais la fin d’une série ne m’a autant fait peur… Peur parce que même si j’attends une conclusion incroyable, nous ne sommes pas à l’abri d’un gros étron qui viendrait éclabousser, non pas seulement le final, mais l’ensemble du récit. Une peur qui, comme l’hiver, a mis quelques années pour s’installer avant de se concrétiser en saison 7. Si à la découverte de celle-ci, certaines scènes m’avaient scotchée à mon siège par leur souffle épique, elles me laissaient déjà un petit goût amer et une sensation de démangeaison dans la tête que je n’avais pas vraiment envie de creuser… Mais avec le recul, ma bouche s’est remplie de cendres et la démangeaison est devenue une véritable grisécaille qui me ronge de doutes et de déceptions. La saison 7 a fait beaucoup de mal à Game of Thrones et, à l’aube de son épilogue, il est temps de se l’avouer !
Ah et au fait : ATTENTION SPOILER !!!

An epic game

Fondamentalement révolutionnaire dans son approche de ce que doit être une série, Game of Thrones a brisé toutes les barrières du genre ! Adaptée de l’oeuvre de G. R. R. Martin, A song of Ice and Fire, la saga était réputée encore plus inadaptable que le Seigneur des Anneaux en son temps, du fait de son nombre hallucinant de personnages et d’intrigues. C’était sans compter sur David Benioff et D. B. Weiss qui, malgré un premier pilote catastrophique, ont relevé après brio ce pari fou… du moins en partie.
La série a en effet dépassé les livres depuis deux saisons (bientôt 3) et semble avoir bien plus de difficulté à maintenir le cap depuis qu’elle en est libérés.
Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à l’encontre des choix d’adaptations sur fond de « les livres sont mieux » (cela dit c’est vrai). Le succès des premières saisons réside aussi dans les changements qu’elles ont su prendre pour enrichir ou simplifier le récit. Sansa, Arya, Jon, Robb et Theon ont tous bénéficié d’un traitement intelligent et occasionnellement, meilleur que dans les romans. Game of Thrones a su concilier les attentes des lecteurs avec celles d’un public plus large, et en tant que lectrice, elle ne m’a presque jamais déçue. La mort de Ned Stark, le Red Wedding, le Purple Wedding, le duel Oberyn/la Montagne et même la théorie R+L=J… bien que connaissant déjà les grands tournants de l’histoire, la série a toujours su me surprendre pas ses choix, son interprétation ou sa mise en scène. Alors comment se fait-il que le show soit passé en si peu de temps d’une histoire connue mais toujours surprenante, à un conte nouveau mais monstrueusement prévisible ?

Worry is coming !

Déjà, la saison 6 payait quelques choix douteux. De la résurrection bâclée de Jon Snow au sauvetage in extremis (et déjà-vu) de l’armée Arryn, lors de la bataille des bâtards, en passant par l’exécution de Rickon (faute de savoir l’employer), tout ça sentait un peu le manque d’inspiration.
De même, si le dernier épisode livrait l’une des scènes les plus mémorables de la série – la destruction du sanctuaire de Baelor, portée par le sublime morceau Light of the Seven de Ramin Djawadi – elle exterminait surtout d’un coup d’un seul la moitié du casting de Port-Réal. La portée dramatique semblait certes excellente sur le moment, mais a posteriori, on finit par se demander si ce n’était pas surtout pour les scénaristes une occasion de se débarrasser d’un trop-plein de personnages qu’ils ne savaient plus comment gérer… Honnêtement, allez donc me dire que Margaery n’avait plus rien à offrir à la série ?
Mais le plus marquant, pour la majorité des spectateurs, reste sans doute les téléportations de Varys en fin d’épisode. Pourtant, elles tenaient plus (à l’époque) d’une erreur de montage que d’écriture. C’est pourquoi Olenna Tyrell semble avoir appris la mort de sa famille et eu le temps d’effectuer le trajet Haujardin-Lancelion (Dorne) avant même le retour de Jaime dans la capitale encore fumante des folies de sa sœur pour assister au couronnement de cette dernière. Les scènes auraient eu plus de sens si elles avaient été simplement inversées.

L’échelle du chaos

Toutes ses petites facilités, ponctuelles en saison 6, sont malheureusement devenues légion dans la 7. Celle-ci s’est vu réduite à seulement sept épisodes de cinquante minutes au détriment de sa consistance. Résultat : la cohérence est sacrifiée sur l’autel du spectaculaire ! De fait certaines scènes sont visuellement bluffantes, mais Game of Thrones n’a jamais été qu’une série de bastons et dragons qui en met plein la rétine. L’épique était à l’origine un élément au milieu d’intrigues principalement politiques ! Si certains épisodes pouvaient paraître un peu longs dans les saisons précédentes, ils étaient malheureusement indispensables à l’élaboration des différentes storylines et donc, à l’unité d’ensemble. C’est par ce travail du détail que la série et les romans ont pu continuer à surprendre et à choquer, mais en réduisant le nombre d’épisodes, les scénaristes ont du condenser toutes les intrigues en une saison elliptique qui perd presque toute sa dimension politique et son imprévisibilité.
À croire que les showrunners étaient en fait meilleurs interprètes qu’auteurs, ah moins que le tourbillon de la hype ne les ait emportés dans les bas fonds de ce qu’on appelle communément le « fan service »… Dépassés par leur propre oeuvre, leurs ambitions ou celles du public ? Nous ne ne savons pas. Mais ce qui est sûr, c’est que leurs derniers choix reflètent plus la facilité que la pertinence.

Ainsi, les deux dernières saisons ont vu la fin des maisons Tyrell, Frey, Martel – cela dit l’intrigue dornienne était sans conteste la plus charcutée par la série – et d’une partie des Lannister. Mais à quoi bon cette hécatombe si elle n’entraîne aucune réaction ? Qui a repris les rênes de Dorne et des Jumeaux ? Pourquoi personne ne s’offusque de ces massacres, paysans ou seigneurs ? Ces sacrifices s’apparentent bien plus à de la paresse qu’à une quelconque richesse scénaristique, les intrigues sont simplement bazardées sans aucune forme de conclusion ni égards pour les personnages, le récit et les spectateurs !

Car la nuit est sombre
et pleine d’erreurs !

C’est l’écueil de bon nombre de séries dès qu’elles commencent à prendre de l’âge. Entre radotage excessif et mémoire défaillante, il arrive qu’elles misent aussi sur la non-attention de leur audience pour transgresser ses propres règles et s’arranger de l’histoire. Ainsi, le premier épisode donnait une donnée géographique essentielle pour prendre la mesure de son univers : il faut un bon mois entier pour aller de Port-Réal à Winterfell ! Car Westeros n’est pas un pays, c’est un p***** de continent !

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Cette géographie complexe et dense a nourri les intrigues pendant plusieurs années, permettant l’évolution des personnages lors de voyages longs et dangereux, même au prix d’une certaine lenteur (cf. les pérégrinations de Jaime, Brienne et Arya dans le Conflant).
Mais cette continuité se fait sauvagement piétiner par une horde de dothrakis en saison 7. Entre les allers-retours entre Hautjardin, Pereydragon, Port-Réal, Winterfell et le Mur, on compte plus de téléportations que dans Doctor Who !
Le sabotage de la temporalité apparaît comme symptomatique de la déconstruction irrationnelle de la série.  Après avoir pris son temps pour nous amener là où elle voulait, la voilà qui tente un sprint final sans échauffement (ou une sodomie sans lubrifiant, je vous laisse choisir l’analogie qui vous parle le plus). La réduction du nombre épisodes apparaît alors comme une grave erreur tactique car la saison se retrouve amputée des transitions essentielles à son fonctionnement. Du temps qui aurait pu être mis à profit pour redécouper l’action, développer les intrigues secondaires et politiques, soigner les raccords et intégrer des scènes de voyages enrichies de dialogues pour la mother fucking crédibilité de l’espace-temps !

Shame ! Shame ! Shame !

Mais si quelques épisodes supplémentaires auraient pu optimiser un montage plus cohérent, on est encore loin de résoudre tous les problèmes de la saison ! Alors entre autres bavures et bêtises, voici un petit florilège des PIRES erreurs de la saison 7 de Game of Thrones :

Dans la catégorie « Les intrigues de l’inutile ! »
– L’aller-retour de Lord Friendzone chez docteur Sam pour se faire soigner son eczéma en deux – deux… et c’est tout !
– La totalité de l’histoire de Sam à Villevieille qui ne sert à rien, si ce n’est ramener une info à Bran en toute fin de saison. La subtilité pour les nuls…
– Gendry, ou le retour bâclé d’un personnage très attendu !
– Les Sand Snakes en général (bon débarras).
– La Fraternité sans Bannière kon sait pas trop à koi kelle sert.

Dans la catégorie « Cohérence ? Kékécé ? »
– La Banque de Fer de Braavos en mode « motherlode » qui file des (sim)flouzs à Cercei après des années à réclamer sa tune à la couronne. Puis là on a un gros majeur tendu aux bouquins, car pour info, Bravoos a été fondé par d’anciens esclaves et part régulièrement en guerre contre les cités esclavagistes (donc Cersei ton argumentation tu peux te la mettre où je pense) !
– L’éradication des maisons Martell, Tyrell, Tarly, Frey et Bolton (entre autres) dont tout le monde se fout !
– La population de Port-Réal toute jolie, toute gentille, qui n’a rien à dire après l’attentat commis par leur (super) reine.
– Tous les trajets bordel de dieux !
– Ah et aussi une armée de dothrakis qui traverse Westeros d’ouest en est posayyy sans jamais se faire repérer !

Dans la catégorie « Mind fuck de l’extrême ! »
– Le gâchis MONUMENTAL de Littlefinger dans une intrigue toute pétée, comme sa mort ! Quelle déception pour le plus gros enculé manipulateur de la série, responsable de la plupart des conflits de Westeros  !
– Isaac Hempstead-Wright (Bran) qui joue l’indifférence comme un hibou neurasthénique.
– Jaime qui n’a rien à dire sur sa « Mad Queen » de sœur et la mort de son dernier fils/neveu.
– Quand on parle du manchot, il sait aussi nager avec une armure de 25 kilos (à mettre sur ton CV gros) !
– Tyrion qui passe clairement pour un idiot incompétent.
– La romance entre Daenerys et Jon qui pue le soap-opéra bidon (#inceste #beurk) !
– Le p***** de teaser gros comme un château d’un possible gamin entre neveu et tata !

Et un spécial Prix du jury pour l’épisode 6 !
– Le titre avec spoiler intégré « Beyond the wall » – nan sérieux, c’est le stagiaire qui l’a trouvé celui-là ?
– Puis qu’on se le dise, aller chercher un mort de l’autre côté du mur c’était une (grosse) idée de merde – merci Tyrion !
– Donc les sept mercenaires s’en vont en quête d’un cadavre au-delà du mur, mais quand le figurant n°4 se fait buter par un ours mort-vivant, ils pensent à brûler le corps… POUR ÉVITER QU’IL NE SE RÉVEILLE ?!! Faut croire que ligoter le corps et attendre qu’il devienne un zombie s’était trop compliqué !
– Cours Gendry ! Cours ! (avec option GPS intégré bien entendu)
– Sandor Clegane qui s’entraîne au ricochet sur un lac gelé. Bravo le veau !
– Le corbeau à propulsion supersonique qui te fait le voyage du Mur à Dragonstone en 2 minutes !
– Drogon Airlines, tout aussi rapide, le confort en plus ! (message sponsorisé)
– La mort et la résurrection de Viserion, du lancer de javelot à l’apparition des chaines… puis si les morts ne vont pas dans l’eau, comment ont-ils pu les accrocher ces chaînes ?
– Benjen deux ex machina Stark qui revient le temps d’une scène pour claquer.

A dream of Spring

La saison 7 a été la saison de la facilité, de la prévisibilité et de la bêtise ! Elle a insufflé à une série intense et complexe le souffle fétide d’un mauvais blockbuster. Et pourtant à l’approche de la dernière saison, je me prends à espérer ! Espérer car les showrunners semblent avoir pris conscience de leurs erreurs dans les récentes interviews. Espérer parce que les images des trailers sont folles. Espérer parce qu’il serait criminel de rater la fin d’une série aussi importante à l’échelle de l’histoire de la télévision ! Puis je ne sais pas si Martin finira un jour ses bouquins donc faut faire avec ce qu’on a sous la main, enfin les yeux…
Dans tous les cas, on se donne rendez-vous le 15 avril prochain pour débriefer le premier épisode de la dernière saison !

Par contre, je vous jure que s’ils nous pondent un moutard consanguin entre Jon et Daenerys, je fais un Cercei breakdown (je crame tout en bref) ! Allez, bisous !

par Eugénie

Les Animaux Fantastiques

Back to magic

Réalisé par David Yates
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Colin Farrell…
USA, UK – Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 16 novembre 2016
Durée : 2h 13min 

Kezako ?

Norbert Dragonneau rentre à peine d’un périple à travers le monde où il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques. Il pense faire une courte halte à New York, mais une série d’événements et de rencontres inattendues risquent de prolonger son séjour. Désormais, le monde de la magie est menacé.

La critique d’Eugénie – 4/5
♥ Coup de cœur

Après la désastreuse expérience de l’Enfant Maudit, je redoutais le pire pour ces « Fantastic Beasts », premier film d’une nouvelle franchise issue de l’univers Harry Potter. Mais des bandes-annonces prometteuses et des textes inédits publiés sur Pottermore, concernant l’Histoire de la Magie aux États-Unis et Ilvermony (GO Thunderbird ! ), ont fini par réveiller mon enthousiasme.

Fan de la première heure, Eugénie était présente à l’avant-première française, réussissant même à y trainer Marcellin (merci mon canard). Bien que déçue par l’absence des membres de l’équipe, il faut reconnaître que le grand Rex a mis les petits chaudrons dans les grands. Photocall, baguette gratuite, goodies en tous genres et une communauté de fans déchainée – et déguisée. Si Eugénie et Marcellin arboraient fièrement les couleurs de Serdaigle et Serpentard, toutes les maisons de Poudlard étaient représentées à parts égales, prêtes à partir en voyage scolaire outre-Atlantique.

L’attente électrise le public qui se déchaine au lever de rideau… c’est parti !

Commençons par les malus. Un thème musical moins identifiable, qui réutilise celui d’Harry Potter au lieu de travailler le sien, et quelques sous-intrigues mal exploitées… Mais franchement, je pinaille !

« Les Animaux Fantastiques » est une très bonne surprise, très loin du fan service gratuit tant redouté ! Autre époque, autre décor, autres personnages, autres enjeux, l’histoire se démarque de celle du Survivant tout en s’intégrant parfaitement à l’univers.
L’intrigue sert de prétexte pour se balader dans le monde magique de J.K. Rowling, explorant sa société tout en courant après le bestiaire fantastique qui a donné son titre au film. D’ailleurs au passage, Marcellin je veux un Niffleur pour Noël (#démerde-toi) !

À la foi plus sombre et adulte que la saga Harry Potter, « Les Animaux Fantastiques » est aussi plus drôle, en grande partie grâce à l’acteur Dan Fogler, interprète de Jacob Kowalki, qui déploie un arsenal d’expressions faciales plus hilarantes les unes que les autres.
Le reste du casting ne démérite pas pour autant. Eddie Redmayne incarne un Newt Scamender (Norbert Dragonneau pour les francophiles) maladroit et tendre, entouré d’un duo de frangines improbable, comme si Valérie Lemercier et Marilyn Monroe se découvraient des liens de parenté.

Si David Yates est à nouveau derrière la caméra, J.K. Rowling s’est essayée à un tout autre exercice, l’écriture d’un scénario, et ce avec talent ! Par-delà des péripéties animalière se cachent une intrigue policière soignée, jouant habilement avec les connaissances du public. À la foi accessible aux néophytes, les potterheads pourront eux se perdre en conjectures jusqu’à la conclusion, pas si prévisible que ça. Un joli travail d’équilibriste ou, en l’occurrence, de balais volants. Chapeau pointu l’artiste !