Top 7 des films que Disney « pourrait » rebooter

Raconte-moi une histoire

Après avoir abordé les principes sur lesquels devraient reposer un remake dans la rétrospective des reboots Disney, voici le top 7 des classiques d’animation de Mickey qui pourraient, selon nous, faire l’objet d’une (bonne) nouvelle adaptation. À noter que pour certains, des projets sont déjà annoncés, auxquels cas on s’attardera davantage sur les attentes qu’on pourrait en avoir. Ce classement est bien évidemment purement subjectif, et du reste les règles sont simples : Pour qu’un film soit dans la sélection, il ne doit pas déjà avoir d’équivalent en prises de vues réelles qui aurait marqué le cinéma par son caractère culte ou ses qualités esthétiques. On exclura également ceux ayant une version live action à laquelle nous accordons une valeur sentimentale, dont par exemple les films Peter Pan et Robin des Bois pour Eugénie car, même si leurs univers offrent de nombreuses possibilités, elle a une affection particulière pour le Prince des voleurs (1991) avec Kevin Costner et le Peter Pan de 2003 (avec Jeremy Sumpter).

7. La Petite Sirène – par Eugénie
Si vous avez lu le précédent article, celui-là vous ne l’avez pas vu venir ! Parce que le dessin animé de 1989 est en tout point parfait ! La musique, les personnages, l’animation, rien à redire ! Et même si elle souffre avec le temps d’une mauvaise presse, l’Ariel de la version animée reste superbe et inspirante, n’en déplaise à ses détracteurs contemporains. Elle est de fait la première princesse « officielle » à s’émanciper par ses propres actions. Curieuse et courageuse, c’est un personnage qui, contrairement à ses ainées, ne rêve pas d’amour mais d’aventure et va trouver le premier par hasard en cherchant le second. Alors certes, pour ce qui est du deal avec Ursula, ce n’est pas forcément le meilleur exemple de bon sens, mais il ne faut pas oublier que dans le film, elle a 16 ans. Un âge auquel il convient de faire remarquer que les passions amoureuses sont rarement… pondérées. Puis imagine que ton père ait bousillé toutes les affaires auxquelles tu tenais simplement parce qu’il n’approuve pas ton crush, en vrai toi aussi t’aurais fugué ! La sorcière des mers c’est juste la version « conte de fée » du dealer du square chez qui tu vas acheter du shit pour te rebeller. Enfin je digresse…
Bref, Ariel est l’héroïne qui prend tous les risques par amour, ça n’est certes pas le plus rationnel mais c’est assurément le plus courageux. Et pourtant il manque à la version de Disney une dimension essentielle du conte : la tragédie ! S’il aurait été difficile de vendre aux enfants la fin originelle d’Andersen, un reboot en live-action pourrait lui se permettre de prendre le risque de la fidélité pour donner à sa sirène une profondeur nouvelle. Sans parler des progrès technologiques qui pourraient permettre d’aller chercher un esthétisme très intéressant pour les scènes sous-marines. Malheureusement, le casting du remake annoncé pour 2021 mentionnant déjà les voix de Polochon et d’Eureka, il est peu probable que celui-ci prenne des risques du côté de son scénario – il a déjà eu sa dose après la déplorable polémique faisant suite au choix d’Halle Bailey pour le rôle-titre.

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6. Hercule – par Eugénie
Là aussi le choix peut surprendre car quand on parle d’adaptation de l’histoire du demi-dieux, le film de Disney fait figure et de loin de référence ! Outre un personnage touchant, à la psychologie tout en contraste avec son image de super-héros bodybuildé, l’animation possède d’excellents atouts. Les méchants pour commencer, Hadès étant l’un des meilleurs antagonistes de la firme aux grandes oreilles, mais aussi ses hilarants acolytes Peine et Panique et surtout, Mégara, aka ZE best personnage féminin EVER créé par Mickey ! Du caractère, un design très reconnaissable, une backstory riche et des répliques cultes « je ne prends plus aucun homme je les jette », Megara je t’aime !
Et pourtant, l’histoire d’Hercule – qu’il conviendrait mieux d’appeler Héraclès puisqu’on parle du panthéon grec – est à l’instar de toute la mythologie, une tannée à adapter au cinéma. En témoigne la flopée de versions nanardesques qui mériteraient qu’on les efface par l’arrivée d’un bon film sur le demi dieu. Compte tenu de l’ampleur du matériel initial, le cinéma n’a clairement pas tout exploité et ça tombe bien, la rumeur d’un reboot en préparation commence tout juste à courir.

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5. Pinocchio – par Eugénie & Marcellin
N’ayant pas vu la version de Matteo Garrone, je n’ai pas d’autre choix que de mettre le petit pantin de bois dans cette liste. L’histoire de Pinocchio fait partie de celle qui gagnerait à être dépoussiérée car si le dessin animé reste culte, il peut sembler moins attrayant aux nouvelles générations. Et pourtant, ce n’est pas un potentiel reboot de Disney qui semble le plus prometteur mais bien la version de Guillermo del Toro produite par Netlix annoncé pour 2012. Voir l’univers du réalisateur du Labyrinthe de Pan s’allier au ton très sombre du contre original de Carlo Collodi a de quoi titiller la curiosité des cinéphiles. Car Pinocchio a tous les atouts pour créer un chef d’oeuvre gothique digne de ce nom. L’histoire complexe de la marionnette qui rêvait d’être un petit garçon est riche de vils personnages, de thématiques telles que la quête de soi, l’émancipation, la malhonnêteté, la solitude ou encore le sacrifice. Tous les ingrédients d’un conte qui fera mouche à l’écran !

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4. Les aventures de Bernard et Bianca – par Marcellin
Les péripéties de ces deux petites souris de SOS Société ont fait le bonheur de mon enfance. Mais pourquoi en faire un reboot ? Une bonne raison : Madame Médusa !
Ce personnage extravagant et malfaisant reste pour moi une véritable perle dans l’univers Disney. Affublée de ses deux crocodiles Néron et Brutus, Disney a rarement fait personnage plus cruel et avide, allant jusqu’à noyer une petite fille pour un diamant.
Et vous vous demandez encore pourquoi je veux la voir en action ? C’est mal me connaître 😉
Et quelle réjouissance de pouvoir suivre les aventures de ces minuscules sauveteurs à travers villes et bayou. On pourrait même espérer voir François Hollande le goéland ! Je rêve d’une Cynthia Nixon déchaînée dans la peau de l’incroyable Médusa, un Zach Galifianakis au meilleur de sa forme pour le rôle de Snoops et les traits poupins de la prometteuse Violet Mcgraw pour Penny.

Les Aventures de Bernard et Bianca ou Si Mickey avait des enfants ...

3. Merlin l’enchanteur – par Eugénie
Avec celui-ci on touche à nouveau aux histoires intemporelles, celles des légendes du cycle arthurien moult fois adaptées et qui pourtant, manque de monument marquant au cinéma. Nous autres français pouvons nous vanter d’avoir LA meilleure série tirée de l’univers du Roi Arthur, Kaamelott (déjà citée dans notre top 5 des meilleures séries) mais malgré sa connaissance du sujet, l’angle parodique en fait une oeuvre à part. Clairement, la richesse des légendes mérite qu’on y accorde plus d’importance dans une grande fresque épique et chevaleresque qui pourrait suivre tant l’histoire de l’Enchanteur que celui de l’épée.

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2. Pocahontas, une légende indienne – par Marcellin
C’est un peu un rêve d’enfant que de voir Pocahontas et son air du vent aux milles couleurs prendre vie à travers un écran. Au delà de la beauté des paysages que peut procurer une telle adaptation, il serait intéressant d’y développer la dimension philosophique qu’apporte un peu le dessin animé.  Là où Terrence Malick avait apporté à la légende de la poésie dans son Nouveau Monde, un reboot Disney pourrait donner un regain d’espoir, une réflexion, dans sa manière de traiter l’Histoire. Pocahontas est une véritable mine d’or et un(e) réalisateur(rice) peut y trouver toutes les ressources nécessaires pour faire un grand film. Difficile pour moi d’imaginer l’actrice qui pourrait interpréter la courageuse princesse, voulant à tout prix fuir tout remplacement identitaire, il serait plus que logique qu’une actrice amérindienne tienne le rôle titre. Cependant, j’imagine déjà le beau Charlie Hunnam s’emparer des traits de John Smith ou même Nikolaj Coster-Waldau, le plus célèbre des frères incestueux ! Pour Ratcliffe, on peut penser à David Schwimmer et Adam Beach dans le rôle de Kocoum. Mais j’attends avec impatience vos idées !

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1. Taram et le Chaudron magique – par Eugénie
Et le numéro, celui qui attend désespérément qu’on lui redonne une chance depuis son échec au cinéma en 1985, l’un des grands mal-aimés de l’écurie Disney : Taram ! Jugé trop sombre à l’époque de sa sortie, le film est de fait emprunt d’une atmosphère délicieusement sinistre qui gagnerait à s’affranchir de la cible enfantine pour pleinement s’y épanouir. D’autant plus que le dessin animé est lui-même adapté d’une saga littéraire d’héroic fantasy, Les Chroniques de Prydain de Lloyd Chudley Alexander, dont Disney possède toujours les droits. Entre la matière des livres et les bonnes bases du film, pourquoi ne pas tenter une relecture et en profiter pour donner un petit coup de frais à Taram et Eilonwy, sans parler du Seigneur des Ténèbres qui, sans être un méchant d’anthologie, est de loin le plus esthétiquement flippant de Disney ! À ce compte-là, osons rêver d’audace : mieux qu’un film, Taram, Tirelire, Eilonwy, Ritournelle, Gurki & Cie pourraient parfaitement trouver leur place dans une série sur Disney+. Une seule question demeure, qu’attendent les studios ? Car s’ils poursuivent leur politique de remake actuelle, nous avons malheureusement plus de chances de voir le live action de La Reine de Neiges avant celui de Taram…

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Disney et les reboots : Stop au carnage !

Vers le profit et au-delà !

Il y a eu l’âge d’or du Western et des films noirs, celui du cinéma expressionniste et underground, la Nouvelle Vague et le Nouvel Hollywood… Mais quel sera le genre qui définira les jeunes années des 2000 ?
Car si un courant marketing se distingue clairement depuis une décennie, les mouvements esthétiques se font eux bien plus discrets. Et pour cause, les studios semblent se préoccuper davantage de l’élaboration de leur propre « univers » que de la recherche artistique. Le succès des licences telles que Star Wars, Harry Potter et autres Seigneurs des Anneaux a démocratisé la tendance et le début du millénaire a été marqué par la course aux sagas brandées teenage movie où tous voulaient décrocher le bon filon qui leur assurerait un triomphe régulier au box-office.

Pourtant, c’est probablement au Marvel Cinematic Univers que nous devons le décuplement phénoménal de ce genre de procédé. Le succès de chacun des films a prouvé que le public était prêt à consommer du cinéma autrement, sur une base plus sérielle, en ne suivant plus quelques personnages principaux sur une même trame mais une multitude sur plusieurs segments tous reliés les uns aux autres. C’est pourquoi les studios ne travaillent plus tant à l’obtention des droits d’une saga qu’à l’extension de celles qu’ils possèdent déjà (Mad Max, Les Animaux Fantastiques, Le Hobbit, Star Wars, Terminator etc.), déclinées en autant de spin-off sur le grand que le petit écran, quand ils ne construisent pas simplement une nouvelle franchise (Monster Universe).Franchise cinématographique.pngAutre procédé du même acabit, le reformage des licences déjà exploitées (ou récemment rachetées) très fréquent dans le cinéma d’horreur et fantastique dont par exemple Vendredi 13, Ça, Jumanji, Godzilla, Tom Raider et tant d’autres. Mais si l’intérêt aurait dû être d’enrichir la matière initiale par la création ou d’en présenter une relecture, on retrouve souvent des œuvres exsangues de toute leur magie.
Dans un monde idéal, la naissance d’un reboot, d’une suite, d’un prequel ou de tout univers parallèle ne devrait être dictée que par l’intérêt artistique et non pas marketing… Mais dans notre société de consommation tout sauf idéale, le profit règne et les studios exploitent et dépouillent leurs franchises jusqu’à la moelle, tels des vautours s’acharnant sur les cadavres de leurs gloires passées ! Une mode qui n’épargne (malheureusement) pas les studios Disney !

Disney et les reboots

Après deux décennies (90-2000) à produire des suites très inégales à ses classiques d’animation en direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens), Mickey a trouvé un autre moyen pour engranger des sousous sans trop se fatiguer, capitalisant toujours sur l’affection du public pour ses films mais via les reboots en live-action. Une méthode paresseuse (plus du point de vue de la démarche artistique que de l’exécution) et opportuniste qui porte néanmoins ses fruits et abreuve les écrans de remakes qui sont au mieux dispensables, au pire détestables !
Faisons un bref retour sur ces remakes produits par la firme aux grandes oreilles. À noter que « reboot » concerne ici uniquement les live-action des films originaux, j’exclue donc de fait toutes les suites et prequels, notamment les Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton ou encore le dernier Winnie L’Ourson.

Le premier vrai reboot d’un classique de l’animation ne date pas d’hier puisqu’il s’agit des 101 Dalmatiens de 1996, qui n’apportait qu’une unique valeur ajoutée en la présence de Glenn Close, fantastique en Cruella d’Enfer. Oubliable et vite oublié, le film reste pourtant moins iconique que sa version animée.

f0453630b3aa7f287b3246b2b8a36.jpgPourquoi tant de haine ?

Ellipse temporelle. Tim Burton ayant proposé une suite aux aventures d’Alice, il faut attendre Maléfique en 2014 pour avoir un nouveau remake. Le long-métrage avait pourtant sur le papier de bons arguments : la revisite de l’histoire du point de vue de la méchante, avec une partie prequel pour contextualiser et Angelina Jolie dans le rôle-titre. Les bandes-annonces venant accentuer le caractère inquiétant de Maléfique, qui reste l’une des (si ce n’est LA) meilleures antagonistes de tout le panthéon de crevards made in Disney, laissaient elles aussi espérer une revisite plus adulte et sombre. Quant au résultat…
SACRILÈGE ! BANDE DE BARBARES DÉGÉNÉRÉS ! QU’AVEZ-VOUS FAIT À LA MEILLEURE MÉCHANTE DE DISNEY ?! Ce reboot est simplement scandaleux, écœurant de bons sentiments et de mièvreries avec une conclusion terriblement prévisible surtout après le final de la première saison de Once Upon a Time (2011) et la glorification de l’amour fraternel (enfin, sororal) dans La Reine des Neiges (2013). Laissez les méchants être des méchants, bordel ! Le tout sur fond de gros CGI bien moches avec des personnages creux : un roi idiot, des fées qu’on veut dégommer et une princesse bonne à sourire comme une demeurée sans aucune relecture ni subtilité. Au moins celle de l’animation était excusée par son peu de temps d’écran…
Et si Angelina Jolie assure une très belle prestation, l’écriture du personnage a été simplement massacré au profit du marketing ! L’insulte atteignant son paroxysme lors du combat final où ce n’est même plus Maléfique elle-même qui se transforme en dragon (l’un des plus flippants du cinéma) mais son acolyte à plume ! Ou comment détruire une icône ! Pas d’accord Disney, pas d’accord du tout !

414888.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgVa manger tes grands morts !

Vient ensuite le Cendrillon de Kenneth Branagh (2015) avec un style résolument kitsch, qui évitait néanmoins de re-pomper plan par plan le dessin animé. Mais malgré ses bonnes intentions, le long-métrage flirte avec une mièvrerie souvent à la limite du supportable là où l’animé conserve malgré le temps qui passe une forme de poésie plus humble. En dépit de son ambition, le rendu n’a rien de grandiose même s’il se laisse regarder en s’armant d’une bonne dose de second degré, sans plus de qualité qu’un bon téléfilm (ce n’est déjà pas si mal).

269318.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgOk, je sais qu’il faut souffrir pour être belle, mais là entre le poids de la robe,
les talons de 10cm en Plexiglas et ce putain de corset, j’vous jure j’vais mourrir !

L’année 2016 est peut-être la plus intéressante côté reboot avec ceux du Le livre de la Jungle et de Peter et Elliott le dragon.
Ainsi, les nouvelles aventures de Mowgli apportent pour la première fois des éléments nouveaux et enrichissants même si davantage sur la forme que sur le fond. Plus qu’un film en soi, « Le livre de la Jungle 2.0 » est presque un manifeste technologique et esthétique tant le travail sur les décors et les animaux est bluffant. On note également quelques ajouts intéressants du côté des enjeux et des personnages intelligemment retravaillés, notamment le tigre Sher Khan qui dégage à chaque apparition une impression de puissance et de menace. Le long métrage trouve alors un bon équilibre entre l’hommage et la refonte, si ce n’est que les chansons font presque taches dans ce nouvel univers.
Mais c’est avec Peter et Elliott le dragon qu’on tient enfin un exemple de remake utile, le film de 1977 étant l’un des grands mal-aimés de l’écurie de l’ami Walt. À titre personnel, la version « animée » ne m’a jamais inspiré aucune affection de part son ton très enfantin, ses personnages extrêmement caricaturaux et ses chansons stupides et inutilement longues. Et contre toute attente, le remake est un bon film, qui réussit là où l’original échoue lamentablement : transmettre une émotion ! Alors oui, on rejoue une version de l’Enfant Loup croisée avec l’histoire même de Mowgli, mais le long métrage nous investit dès les premières minutes par de réels enjeux et allient la douceur et la magie d’un classique Disney à celles des films de Spielberg. Les décors sont magnifiques, la musique est sympa et ce nouveau Elliott cent fois plus attachant que le lourdaud de l’animation. Un film tendre, véritablement meilleur que sa première version et qui fait à date autant figure de bon exemple que d’exception qui confirme la règle dans le catalogue de reboots de la firme aux grandes oreilles.

405508.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgManger ?

Mais revenons à des expériences moins plaisantes. Le rythme s’accentue dès 2017 avec la sortie de La Belle et la Bête qui souffre, selon moi, d’un très gros problème de casting pour les deux personnages principaux. N’étant pas de base une de ses grandes fans, le jeu d’Emma Watson n’a pas su me convaincre. Fade, impersonnelle et dénuée de subtilité, cette Belle manque de chien et sa Bête de charisme, autant dans son rôle de monstre que d’homme. Seul Gaston trouve sa route en caricature assumée et Le Fou fait l’objet d’une relecture intéressante, même si terriblement clichée et timide (on passera côté révolution des mœurs). Pour le reste, le film se voit affublé d’ajouts inutiles les rares fois où il s’échappe d’un copier-coller plan par plan limite obséquieux. En fin de compte, rien ne fonctionne dans cette version car il lui manque l’essentiel : le charme. Une carence d’autant plus flagrante lors de la chanson « C’est la fête » où les effets spéciaux n’arrivent pas à capter le dixième de la magie de la scène d’animation. Beurk !

Puis vient le trio de 2019 qui nous a fait frôler l’overdose avec Dumbo, très décevant, Aladdin, complètement inutile et le Roi Lion, beau mais sans âme et perdant l’atout de la surprise esthétique puisque sorti après Le livre de la Jungle.

On finit avec le live-action de La Belle et le Clochard réalisé pour la plateforme Disney +, permettant à Mickey de gommer les références un brin raciste de l’orignal et… bah c’est tout. Peut-être est-ce une question de budget, le film n’ayant pas vocation à finir en salle, mais le rendu est on ne peut plus cheap, voir carrément gênant quand il s’agit de faire parler ces braves toutous. À ce compte là, autant se remater L’incroyable Voyage, c’est de la voix off (casting 5 étoiles) et pourtant ça n’a pas pris une ride en presque trente ans.

2698614.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg– Ah ouais, dur le relooking !
– C’est le confinement pôv truffe ! Toilettage maison…

Ouf, on a enfin finit avec les remakes et si on en juge par leur accueil critique très tiède, on ne devrait pas en revoir avant un petit moment non ? Ah, douce naïveté. Bien sûr que non, parce que la stratégie commerciale elle, fonctionne à plein régime, illustrée par le succès retentissant du Roi Lion 2.0 et ses 1 656 311 308 $ de recettes dans le monde (merci Wikipédia). Selon le calendrier de Disney, c’est presque la totalité de son catalogue qui va passer à la moulinette du live-action dans les prochaines années.

En panne d’inspiration ?

Entre les films d’animation se concentrant de plus en plus sur des suites et la pléthore de reboots, n’y aurait-il pas une crise d’inspiration dans la firme aux grandes oreilles, et par extension, dans le cinéma ? L’industrie du 7ème art semble avoir de plus en plus de mal à se renouveler si on n’en juge par ses efforts précipités pour renouer avec de plus ou moins anciens succès. Cette frénésie aurait presque quelque chose de désespéré, comme si le grand écran craignait à moyen terme de ne plus être capable de concurrencer Netflix et Cie et ne trouvait de solution qu’en capitalisant sur le communautarisme cinéphile, et donc clairement, le fan service pour remplir ses salles.

Cela dit, cela fait un moment que l’humanité recycle les mêmes thèmes. La plupart des monuments de notre temps sont des rééditions d’histoires millénaires à la différence qu’elles ont fait le fruit d’une adaptation. Par exemple en changeant de forme et de support, passant du conte de tradition orale au livre, au spectacle vivant puis aux écrans, ou parce qu’elles ont fait l’objet d’une relecture en adéquation avec les moeurs d’une nouvelle époque.
Ainsi une chanson du 13ème issue des mythologies allemande et scandinave a pu inspirer à Wagner son célèbre opéra, L’Anneau du Nibelung, qui lui même a servi de source aux Seigneur des Anneaux de Tolkien que beaucoup ont découvert dans la version cinéma de Peter Jackson. Un sacré parcours pour un chant du Moyen-Âge !
Lavoisier le disait pour la science, mais c’est un fait qui dépasse cet unique domaine  : rien ne se perd, rien ne créer, tout se transforme ! À vrai dire, plus que des histoires se sont surtout des motifs récurrents qui se renouvellent à l’infini, donnant lieu à une multitude d’itérations et d’interprétations. Le héros, le roi caché, le sauveur, le sage, les amants maudits sont autant de figures aux multiples visages. Ainsi, Pyrame et Thisbé, Roméo et Juliette et Jack et Rose (Titanic) sont dans leurs essences tous les mêmes, variantes d’un seul modèle. Quant à la figure messianique, elle se décline dans une foule de héros contemporain : Superman, Néo (Matrix), Paul Atreides (Dune) sont tous des versions « modernes » de Jésus.

Alors partant de ce principe pourquoi ne pas effectivement continuer de rebooter les oeuvres de notre enfance ? Justement parce que pour qu’une histoire continue à vivre dans le temps, sa renaissance doit avoir un sens !

L’intérêt du reboot

La portée du message
Comme mentionné précédemment, on peut par exemple proposer une nouvelle adaptation qui coïnciderait avec les attentes et les évolutions de la société. Les princesses Disney marquent bien cette évolution depuis leur début. Sorties toutes du même moule, leur archétype est toujours celui de la femme/fille cherchant à se faire une place dans le monde et devant pour ce faire s’appuyer sur les forces de la nature et/ou de ses représentants, mais leurs évolutions propres retracent l’histoire contemporaine de l’idéal féminin et il serait impensable aujourd’hui d’avoir une héroïne passive comme l’était Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore en leur temps. On peut également jouer la carte du premier degré et transposer purement une histoire dans une autre époque pour voir ce qu’elle y donnerait.

Changement de support et innovation technologique
Autre option, le changement de médium, faisant comme évoquer ci-dessus, passer une oeuvre d’un livre à un opéra, une pièce de théâtre à un film, un jeux vidéo à une série etc. Mais au sein d’un même art, le progrès technologique sert aussi le remake quand il permet la recherche d’un nouvel esthétisme. Ainsi les révolutions du cinéma, passant du film muet à la parole ou du noir et blanc à la couleur ont justifié un nombre incalculable de réadaptations, mais est-ce que le perfectionnement des CGI 
ou la présence d’acteurs en chair et en os légitime de dupliquer presque identiquement une oeuvre ? Le débat est ouvert. 

Le cycle du Phoenix, laisser l’oeuvre mourrir pour mieux renaitre
Il est en effet plus difficile de proposer une nouvelle version d’une histoire quand celle-ci possède déjà son chef d’œuvre au sein d’un même art. Prenons le cas de la Belle et la Bête qui possède non pas une, mais deux versions portées aux nues, le monumental film de Cocteau et la magique adaptation animée de Disney qui reprenait déjà certains éléments du premier. Que peut donc bien apporter la présence d’Emma Watson a un long-métrage qui était déjà parfait et intemporel, hormis l’adhésion des fans inconditionnels d’Hermione ? Et la vilaine version en CGI de la Bête veillera telle mieux que le maquillage de Jean Marrais de 1946 ?
Le fait est que des longs-métrages de Disney sont aujourd’hui presque plus cultes que les histoires dont ils sont l’adaptation (et de toutes les autres versions, films, téléfilms, séries et animations confondues). Alors pourquoi donc se focaliser sur les chefs-d’oeuvre quand une pléthore de films mal-aimés attendent qu’on leur donne une deuxième chance, tout comme certains longs métrages plus anciens (antérieurs à l’âge d’or des années 90) qui ont de fait moins bien vieilli et mériteraient une relecture plus moderne ? Il faut laisser à certaines histoires le temps de vieillir et leur caractère sacré s’évanouir pour mieux les voir renaitre et se réinventer.

Si on se fit à ses règles, il est tout à fait possible de produire de bons remakes, comme ce fut le cas pour Peter et Elliott. D’ailleurs faisons ça ! Voici notre TOP 7 des films que Disney pourrait rebooter où des projets en cours qui semblent prometteurs !

par Eugénie

What about Disney+ ?

En faut-il peu pour être heureux ?

Lancé en fanfare le 7 avril dernier en France, malgré un report lié au coronavirus, la plateforme de streaming made in Disney tombe à point nommé en cette période de confinement, surtout pour les parents débordés, mais pas que !

Seulement il y a un os, d’aucuns déplorent déjà un catalogue trop petit, à l’univers enfantin, de films que pour la plupart le public connaît déjà par coeur. Une offre qui manquerait de variété et de poids pour concurrencer les autres networks. De fait, côté budget ça commence à chiffrer ! Si l’abonnement en lui-même n’est pas cher (6,99€/mois), il vient s’ajouter à celui de Netflix, Prime Vidéo, OCS et pour certains, My Canal (ou simplement Canal +) ou le streaming musical, que vous soyez team Deezer ou Spotify, sans parler des éventuels abonnements de cloud gaming. L’air du streaming et de la dématérialisation ne faisant que commencer, plus l’offre se diversifiera et plus il faudra faire des choix dans les sites à prioriser, au-delà même des déjà existants partages de comptes entre les potes et les familles.
Pour ce qui est des plateformes de streaming vidéo, on reviendra sous peu pour vous proposer un petit comparatif des grands networks, avec quelques pépites annexes, mais pour l’instant, parlons de Disney+ et de ce que Mickey a à nous offrir ici !

Des limites fonctionnelles

Petit aparté technique pour commencer. On oublie souvent que sur une plateforme, l’ergonomie et l’expérience d’utilisation sont elles aussi importantes. Disney fait le choix du minimalisme, les couleurs et l’agencement étant plutôt agréables, bien que sa structure soit calquée sur celle de Netflix (comme beaucoup d’autres). Mais la fonctionnalité elle, ne suit pas ! Le site manque de finition à tous les égards : ajouter un film ou une série à sa liste de lecture est pénible puisque pas directement possible depuis le menu, la recherche par mots-clés est mauvaise, on n’en propose pas par décennies (permettant de dégoter plus facilement de vieux trésors) et les suggestions personnalisées sont bidons (c’est toujours les mêmes trucs qui tournent). Détail tout aussi irritant, si on ne va pas jusqu’au bout des génériques (interminables) les films restent en « Poursuivre la lecture » (oui je suis névrosée mais ça m’énerve) !
Et en parlant de « lecture », là aussi les options sont décevantes. Les choix des langues sont restreints (alors que côté marketing, un module pour apprendre une nouvelle langue via un Disney ça aurait eu de la gueule) et la firme rate une occasion en or de toucher à l’iconique en proposant de choisir la version (année) du doublage.

L’onglet bonus proposé avec les oeuvres est lui aussi bien pauvre avec ses bandes-annonces. Où sont les scènes coupées, les makings-offs, les reportages qui auraient pu créer une valeur ajoutée ? Mieux encore, pourquoi ne pas proposer les versions longues de certains films, comme pour Avatar ? On se doute que l’idée est de ne pas trop empiéter sur le marché des DVD, mais pour des longs-métrages sortis il y a plus de dix ans, c’est dommage de ne pas avoir saisi l’opportunité d’offrir un contenu ne ciblant pas uniquement les familles avec enfants.

Alerte censure !

Bah tient, en parlant de DVD, certains se sont déjà amusés à comparer leurs versions avec celles on-line de Disney+… Il semblerait que Mickey ait pris certaines libertés avec son catalogue, retouchant et recadrant les scènes qu’il ne juge pas assez lisses pour son image de site tout public, quand il ne s’est pas simplement abstenu de mettre les oeuvres qui, compte tenu de leur époque de production, ne respectent pas le politiquement correct de la nôtre ! Internet en parle déjà en long en large et en travers et les exemples se multiplient à mesure qu’ils sont découverts : une scène du générique de Toy Story 2 pas assez me-too, des plans redécoupés dans Fantasia pour planquer les centaures noirs (référence effectivement bien raciste) mais aussi des trucs bien plus absurdes, comme la vilaine fourrure en pixel sur les fesses de Madison dans Splash (dans un film où, je précise, un mec passe son temps à regarder sous les jupes des femmes) ou encore le sèche-linge de Lilo & Stich transformé en… genre de meuble à pizza visiblement ! Bah oui, parce que faudrait pas que les gamins fassent comme Lilo et essayent de se cacher dans le lave-linge, des fois que parents et enfants soient dépourvus de tout bon sens, pour ne pas dire complément abrutis – perso, c’est pas parce que le tapis dans Aladdin vole que j’ai essayé de faire pareil en sautant du balcon, même gamine ! Surtout que dans la nouvelle version, la pizza pourrait faire penser à un four… Attendez, il y a peut-être une idée à creuser là !version-spizza_lilo_stich-1024x438.jpg
Bref, on peut lui trouver toutes les raisons du monde, la censure reste la censure ! Alors il est vrai que Disney cherche peut-être simplement à ne pas choquer et blesser par des propos et des images qui ne sont plus de notre temps (enfin si seulement). Mais loin de faire amende honorable, l’impression qui en ressort est que la firme cherche surtout à réécrire son passé pour rester du bon côté de la morale, même dans l’histoire. Et ça c’est vicieux ! C’est la ligne entre le mea culpa et la démagogie perverse qui tend à tout lisser, à tout cacher, jusqu’à nier l’existence non seulement des erreurs commises (et donc des responsabilités) mais aussi des injustices qu’elles soutenaient ! Qu’on se le dise, mentir pour enjoliver le passé ne sert pas les combats du présent, bien au contraire. Dans le cas de Fantasia, la mention « Ce programme vous est présenté tel qu’il a été réalisé. Il peut contenir des représentations culturelles obsolètes » déjà présente dans le descriptif de Dumbo par exemple, aurait été bien plus utile.
Mais cela ne vaut que pour des éléments dont le caractère reste effectivement choquant aujourd’hui, par contre, quand il s’agit de puritanisme moribond ou de démagogie abêtissante, faut pas déconner ! Virez-moi cette boite à pizza de chez Lilo et l’opossum mort des fesses de Daryl Hannah !

Les trucs à voir sur Disney+

Bon mais alors, y a-t-il quand même de bonnes choses sur Disney+ ? Tout à fait !
Il est vrai, pour l’instant la plateforme ne propose que peu de programmes originaux et recyclent principalement ses nombreuses licences. Cela dit, il n’y a pas de mal à rattraper son retard sur les franchises de la pop culture (minus Endgame, actuellement sur Canal #chronologiedesmédias) ou à se replonger dans les films de son enfance. D’aucuns auront profité de l’essai gratuit des deux premières semaines pour voir les quelques oeuvres qui les intéressaient, mais pour ma part, j’ai trouvé de quoi poursuivre l’expérience sur un mois.

Des grands classiques en HD
Outre les classiques d’animation que tout le monde connaît, la plateforme permet aussi de revoir les films mal-aimés ou oubliés, de Taram et le Chaudron Magique à La Planète au Trésor en passant par Merlin l’Enchanteur.
Mais c’est aussi le moment de découvrir de très bons longs-métrages qui pour certains, ont même marqué le cinéma de leur époque comme La mélodie du Bonheur mais aussi Qui veut la peau de Roger Rabbit, Willow, Tron, Croc-Blanc ou encore le déjà nommé Splash.

Les documentaires !
Ah ! Là on a du lourd ! En plus de très beaux films animaliers de National Geographic, Disney permet de redécouvrir son histoire avec de vraies perles comme la série des Imagineers qui revient sur la naissance et la construction de tous les parcs Disney du monde, menés par une team de créatifs choisie par Walt en personne au début des années 50 et qui permet de prendre la mesure de la… démesure de ces projets et du génie visionnaire de ceux qui ont su les réaliser.
Un peu plus complexe mais très riche, Waking Sleeping Beauty revient quant à lui sur la renaissance des studios d’animation de la firme au début des années 90, des prémices du nouvel âge d’or avec Basil, détective privé (à revoir au passage lui aussi) jusqu’à son apothéose avec Le Roi Lion. Fait assez rare pour être mentionné, Mickey est plutôt honnête quand il aborde les conflits d’égo des grands pontes de la société qui ont jalonné cette période.

Des courts-métrages
C’est l’un des autres bons points, Disney + regroupe en un seul endroit tous les courts-métrages de Pixar qui sont autant de bijoux d’émotion et d’animation. Ceux dérivés des films bien entendu, notamment des Indestructibles pour les amoureux de Jack-Jack, mais aussi les classiques Knick Knack qui rappelleront des souvenirs à tous ceux ayant possédés la VHS de Toy Story et des pépites : Bao, Piper, Lava, Le Parapluie Bleu ou encore l’improbable Destino de Salvador Dali, reprise d’un projet de scène non intégrée au premier Fantasia.

The Mandalorian
Principal argument de la firme pour le lancement de sa plateforme, je vais passer vite sur la série extraite de l’univers Star Wars : The Mandalorian est cool ! Bourrée de défauts et d’inégalités dans les épisodes, la série renoue néanmoins avec intelligence et crédibilité avec l’esprit des premiers films de la franchise, sans abuser des références, à l’endroit même où la postologie a échoué. Le casting tient à la route, mis à part quelques catastrophes à l’épisode 6, et réussit même à garder le visage de son héros caché, dont toute l’émotion passe par l’attitude et la voix. Et oui, Bébé Yoda est craquant, même quand il gobe des grenouilles spatiales entières.
Space western qui soigne son ambiance, les décors sont crasseux et bidouillés pour le plus grand plaisir des nostalgiques, la bande originale bien fichue et la structure à cheval sur une intrigue suivie et des one-shots d’aventure plutôt agréable. Économe en parole, on a enfin un peu de travail sur l’atmosphère avec même quelques fulgurances dans la mise en scène notamment quand l’image joue avec les ombres et les reflets pour montrer la menace ! D’ailleurs, on retrouve dans The Mandalorian un sens de la violence impitoyable (#HanShotFirst), presque cruel, qui sans verser une goutte d’hémoglobine permet une lecture à plusieurs niveaux pour être réellement tout public, mais sans concessions !the-manda.jpg

Des choses plus improbables…
Puis au détour des propositions du site, on se laisse parfois tenter par un film qui n’avait pas su nous attirer en salle ou qu’on n’avait pas eu le temps de voir… C’est pourquoi je vais conclure avec un focus sur À la poursuite de demain – Tomorrowland en VO – qui a surement dû souffrir à sa sortie en France d’un titre d’une mièvrerie digne d’un soap opéra. Réalisé par Brad Bird, le papa des Indestructibles, le long-métrage rend de nombreux hommages aux monuments de la science-fiction, de Terminator à Retour vers le futur mais aussi E.T. tout en dressant une ode à une vision de Walt Disney. Tomorrowland est en effet le nom d’une division des parcs (devenue Discoveryland à Paris) et la ville en question dans le scénario s’inspire pour beaucoup de l’EPCOT imaginé par Monsieur Disney comme étant plus qu’un parc mais une véritable ville futuriste habitable. C’est ce souffle profondément optimiste que le film cherche à retrouver, à une époque où le cynisme règne, tout en se permettant un humour culotté, assez peu conventionnel. Mais qu’on se le dise, À la poursuite de demain est très imparfait, complément déséquilibré car on ne sait ainsi jamais vraiment si l’intrigue a commencé ou s’il s’agit d’une très très longue introduction et souffrant de dialogues d’exposition désastreux et maladroits. Et pourtant, il vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour une tirade en fin de film ! Alors que la dystopie a plus que jamais la côte surtout en science-fiction, le film te retourne le cerveau avec une morale et un propos sur l’avenir non seulement pertinent mais très peu entendu et carrément courageux ! J’ai pris une énorme claque et je ne l’ai pas vue venir ! Comme quoi, malgré ses défauts, Disney sait aussi toujours comment taper juste, en rappelant que l’espoir n’a rien de naïf tant il exige bien plus de courage que l’abandon.

Pour conclure, il y a véritablement de quoi s’occuper sur Disney +, surtout en période de confinement, et le souci de la plateforme se révèle principalement marketing, car de fait, elle s’attarde beaucoup (trop) sur les enfants quand elle a bien plus de potentiel. Malheureusement, on en fait effectivement vite le tour et en l’absence de contenus orignaux pour fidéliser son public au-delà de l’essai, je mettrais sans doute mon abonnement en pause dès le mois de mai pour le réactiver en fonction de l’actualité. Mais nulle doute que l’histoire ne fait, ici aussi, que commencer…

par Eugénie

 

 

La Reine des neiges II

Some things never change…

Kezako ?

Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire. 

La critique d’Eugénie – 7/10

Dans le monde des euphémismes, on aurait pu dire que la suite du carton planétaire La Reine des Neiges était simplement attendue…
Évidemment, le succès du nouveau poulain de l’écurie de Mickey ne fait aucun doute, tout comme celui des psychologues qui voient leurs agendas se remplirent de parents au bord de la dépression à l’idée de revivre le même cauchemar musical qu’en 2013. Spoiler alert, si aucune chanson n’a le potentiel (prise de tête) de « Libérée, Délivrée », ne vous faites pas d’illusion : vous allez quand même en bouffer, des vocalises !

Mais qu’attendre de l’histoire ? Historiquement, les suites des classiques d’animation Disney n’ont jamais atteint la cheville de leurs modèles, reléguées au direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens) un peu foireux qu’on préférait parfois carrément oublier. Si la firme s’est récemment confrontée à l’exercice avec Les Mondes de Ralph 2.0, seuls Pixar, et Dreamworks chez la concurrence, ont jamais réussi à fournir des suites de qualité égale, voire parfois même supérieure à celle de l’oeuvre originale (Toy Story 3, Shrek 2 etc.).
N’ayant jamais caché mon désamour pour le premier volet, je partais avec l’avantage de ne rien attendre de ce deuxième opus.
Il faut reconnaitre que le coup de génie de Frozen 2 est (marketing) d’avoir joué la carte du mystère sur son intrigue, portée notamment par un incroyable trailer d’Elsa bravant les vagues. Seul bémol de cette communication, les extraits ont dévoilé d’emblée la piètre traduction des dialogues, qui ont adapté « permafrost » – pour expliquer la nouvelle condition du bonhomme de neige Olaf (exit le nuage) – en « nappe givrée » ! Faut croire que le public français est trop con ignare pour certains termes… 

Malheureusement, l’effet de surprise s’efface assez vite à mesure que l’on entre dans une valse répétition. Les scènes musicales notamment, s’enchainent avec un franc air de déjà-vu, tant du côté des mélodies que sur les thématiques et les fonctions : la chanson d’introduction sur fond d’ellipse temporelle, celle de l’état des lieux physique et émotionnel des personnages, le thème rigolo d’Olaf, le chant de la « Libération » etc.
Cela dit, l’ensemble est plutôt plus harmonieux que pour le premier Reine des Neiges, (même si une fois encore complètement calibré pour une adaptation live à Broadway), avec quelques pépites qui mériteraient d’être davantage mise en avant, notamment « Show Yourself » et la très belle berceuse d’ouverture.

S’il est dommage qu’à peine dévoilée, l’intrigue en devienne si évidement prévisible, le voyage reste sympathique, notamment grâce au bonhomme de neige Olaf, bien plus drôle et moins énervant que dans le dernier film.
On déplore cependant un traitement assez inégal des personnages, dont une flopée de petits nouveaux complément dispensables (sauf la salamandre) mais également Kristoff qui disparaît un bon moment et souffre d’une blague trop longue avec une chanson parodique qui, même si elle fait sourire les adultes quelques secondes, nous sort un peu du film.
En parlant de rupture, certaines transitions un brin bâclées participent à donner au long métrage un air d’inachevé, en dépit de sa très haute qualité esthétique : les décors sont splendides et la scène en Mer du Nord juste dingue (joli clin d’oeil à Superman et à la forteresse de solitude au passage) ! Malheureusement pour moi, la virtuosité des animateurs n’arrive pas à me faire oublier la direction artistique des personnages qui me posait déjà un gros problème il y a six ans… Elsa et Anna, en dépit de leur maturité nouvelle, ont toujours un look de poupée Bratz limite vulgaire, contrastant avec la subtilité de leurs expressions ! D’ailleurs, il semblerait qu’à l’instar d’un téléfilm Barbie, Elsa gagne désormais une nouvelle robe magique en récompense pour chaque niveau passé… Cet esthétisme très exagéré contraste d’autant plus avec le réalisme apporté aux autres personnages, notamment masculins, auprès desquels les deux soeurs et leurs yeux surdimensionnés prennent un aspect grossier, presque caricatural.

Divertissant, le film aurait cependant eu plus sa place sur la plateforme Disney + car pour un classique de l’animation, il est à l’instar de Ralph 2.0 assez pauvre sur le plan de « l’iconique ». Disney joue et rejoue la carte du déja-vu sans n’avoir rien proposé d’original depuis Vaina et cela commence à être lassant… C’est beau de chanter que « some things never change », mais là, il nous faut du changement !


Réalisé par Jennifer Lee, Chris Buck
VO : Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad…
VF : Emmylou Homs, Charlotte Hervieux, Donald Reignoux, Dany Boon…
USA – Animation
Sortie en salle : 20 novembre 2019
Durée : 1h 44min

Le Roi Lion

It’s the circle of cash

Kezako ?

Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres plans. 

La critique d’Eugénie   –   5/10

Le Disney phare des années 90 fait son retour sur grand écran avec un lifting numérique qui ne convainc pas tout le monde.

Si la première partie donne dans le mimétisme pour mieux valoriser la prouesse technologique, elle relève aussi d’un fan service complètement assumé et ne s’affranchit donc jamais de la comparaison avec l’original.
Cela dit, force est de constater que l’image est impressionnante, davantage par dextérité technique que par parti pris artistique mais tout de même, vraiment impressionnante ! Cependant, le photoréalisme montre lui aussi ses limites dans la transcription des émotions, les adorables bouilles des lionceaux ayant bien du mal à illustrer la peur et la tristesse. Une limite qui se ressent d’autant plus dans la célèbre scène de la mort de Mufasa, traumatique pour toute une génération, qui ici ne reste que vaguement émouvante grâce à la musique d’Hans Zimmer et à l’écho du dessin animé.

Le live action essaye de compenser ce manque de nuance en prenant plus de temps sur les transitions (parfois trop) et les dialogues ; une démarche qui, sans recréer la poésie de l’animation, s’articule autour d’une respiration profonde, presque contemplative ce qui sied plutôt bien à l’ambition technique du film. Réalisme oblige, les éclipses narratives sont plus difficiles à avaler que dans un dessin animé et c’est par ce rythme plus lent que Le Roi Lion évite élégamment les incohérences et maintient l’illusion de « crédibilité »… pour un temps seulement !
Les retrouvailles entre Simba et Nala adultes sont ainsi complètement télescopées et enchaînent sur une séquence romantique dénuée de toute subtilité qui devient presque parodique. Un problème accentué par le doublage de Beyoncé dont la voix sonne trop mûre et sûre d’elle pour la jeune Nala.
La célèbre chanteuse est cependant le seul bémol d’un casting anglophone prestigieux et excellent. Pour ce qui est de la déclinaison française, on ne peut que déplorer un star talent disons douteux : d’un côté Donald Glover, Queen B et Seth Rogen et du notre Rayane Bensetti et Jamel Debbouze (on a les idoles qu’on mérite)… Au moins Jean Reno rempile dans le rôle de Musfasa là où le regretté Jean Piat ne pourra pas re-prêter sa voix au personnage de Scar (RIP Jeannot, tu nous manques).

En parlant du lion, l’oncle maléfique de Simba fait parti des personnages profitant – ou souffrant, là c’est purement subjectif – d’une légère réadaptation, moins sournois que dans le film de 1994 et plus ouvertement malveillant, dégageant la même agressivité sourde que le Shere Khan du Livre de la jungle de 2016, lui aussi réalisé par Jon Favreau (et l’un des bons reboots de Disney).
D’autres personnages bénéficient également d’un coup de fouet moderne, comme Zazou, doublé par l’excellent John Oliver, et le duo Timon et Pumba, encore plus hilarant que dans le dessin animé. À contrario, le singe Rafiki perd tout intérêt et les quelques rajouts visant à donner de la profondeur à Nala et Sarabi sont bien minces. Le réalisateur loupe dès lors la chance de réinventer son propos et de donner une valeur ajoutée scénaristique à cette version en modernisant ses thématiques et analogies politiques qui faisaient déjà débat à la sortie du film en 1994.

Bilan mitigé pour un énième reboot qui peine à justifier son existence autrement que par l’appât du gain. Si le but était une démonstration technologique capitalisant sur l’affect du public pour l’Histoire de la Vie, on aurait très bien pu se contenter de quelques scènes cultes retournées pour l’anniversaire du film.


Réalisé par Jon Favreau
VO : Donald Glover, Beyoncé, James Earl Jones, Billy Eichner, Seth Rogen…
VF : Rayane Bensetti, Anne Sila, Jean Reno, Jamel Debbouze, Alban Ivanov…
USA – Famille, Aventure
Sortie en salle : 17 juillet 2019
Durée : 1h 58min 

Toy Story 4

Once more with (less) feeling

Kezako ?

Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. 

La critique d’Eugénie   –   7/10

Si Disney a écrit l’histoire de l’animation, Toy Story en occupe plusieurs chapitres. En 1995, le premier volet inaugurait une nouvelle ère pour la 3D tout en fixant la recette magique de Pixar et se concluait magnifiquement en 2010 avec un troisième volet qui reste le meilleur de la franchise. L’annonce d’un quatrième épisode s’est donc faite dans la suspicion générale face à ce que beaucoup voyaient comme « celui de trop ». Bien qu’optimiste face aux talents des animateurs, j’ai découvert ce Toy Story 4 avec une certaine appréhension qui, malgré les applaudissements fournis pendant le générique, s’est confirmé.

Comme toujours chez Pixar, le film est beau, magnifiquement beau, tellement qu’on ne fait presque plus attention au niveau de détails. Mais si le long métrage gagne en esthétisme, il s’égare dans l’écriture. À l’aune de sa saga et de sa mythologie, cette suite demeure superflue malgré ses bonnes intentions.
L
es films Pixar ont tous (à différents niveaux) présenté les émotions, dont l’amour, comme une source d’énergie. Celle-là même qui donne vie aux jouets. L’idée donc que n’importe quel objet puisse devenir « vivant » pour peu qu’il reçoive l’amour d’un enfant offrait une infinité de possibilités créatives, doublé d’un discours sur le « home-made/recyclé » très actuel. Pourtant, le message se fond vite dans une trame des plus prévisibles sans en explorer la mythologie. Au contraire, le propos devient plus autocentré, attaché à l’éveil de la conscience individuelle – qui n’est pas sans rappeler Westworld – mais trop nébuleux pour être compris d’un jeune public (voire des adultes) d’autant plus quand la conclusion brouille le message.

Une confusion qui transparaît aussi dans la gestion des personnages. Les jouets sont trop nombreux et éparpillés, laissant peu de place aux développement émotionnels des relations et affaiblissant l’impact du final. Le récit s’articule presque exclusivement autour de Woody et de la Bergère (Bo-Peep), reléguant nombre de protagonistes au second plan, dont Buzz lui-même. Quant aux éternels seconds rôles (Jessie, Zig-Zag, Bayonne, Rex et Monsieur Patate), eux aussi sont remplacés par des nouveaux venus : le duo Lapin et Poussin, hilarant et délirant, mais manquant de caractérisation et d’influence sur l’histoire sorti de leur fonction de comic relief. Cependant, certains personnages réussissent à créer la surprise, notamment Fourchette (Forky en VO) qui aurait mérité plus de temps d’écran, et le superbe, le magnifique, le déjà culte Duke Caboom !
La poupée Gabby Gabby et sa bande de pantin tout droit sortis d’un roman de Stephen King font aussi partie des points forts du film. On regrette seulement un star talent un peu en dessous des autres, car si la voix d’Angèle s’adapte à merveille à la poupée, le jeu de la chanteuse reste lui trop monocorde pour interpréter toutes les subtilités d’un personnage aussi complexe que beau.

Malgré ses nombreuses et indéniables qualités (c’est beau, drôle, touchant et inventif), Toy Story 4 n’égale jamais le précédent opus et peine à se réinventer. La conclusion de 2010 dressait en filigrane un parallèle sublime, celle qu’à l’instar des jouets et d’Andy, la saga avait aidé toute une génération à grandir et qu’il était temps de passer le flambeau, non sans émotion et nostalgie mais avec surtout un souffle d’espoir et de poésie qui en avait laissé plus d’un en larmes. Les thèmes de la transmission, de la mémoire et du passage à l’âge adulte ont toujours fait partie de l’ADN des Pixar, encore mis à l’honneur dans les films Coco ou Vice-Versa (avec le très beau personnage de Big Bong). Mais hormis deux scènes, dont celle de la première journée d’école de la petite (et adorable) Bonnie où la fonction « d’ange gardien » des jouets est explorée, cette suite apparaît presque plus égoïste et donc moins universelle.

Toy Story 4 reste un excellent moment à passer mais pour un Pixar, j’attends plus qu’une belle exécution. Car si les Classiques d’Animation de Disney sont par essence la nourriture du rêve et du merveilleux, les Pixar sont ceux de l’âme… et Toy Story 4 m’a laissé sur ma faim.

La critique de Marcellin – 7/10

Eugénie et moi-même accordons nos violons pour délivrer à ce dernier rassemblement de jouets la même note.

Qui n’a jamais rêvé enfant, de voir ses compagnons de jeux prendre vie ?
Toy Story offrait dès son premier opus un imaginaire drôle et vivifiant dans lequel se réfugier, séduisant les petits comme les plus grands. Chaque retrouvaille avec Buzz, Woody et leurs amis étaient un véritable plaisir, nous embarquant dans leurs aventures farfelues. Le troisième opus était un vrai régal, la joyeuse bande faisant ainsi face à une rude compétition avec les jouets du monde extérieur.
Toy Story 4 sonne cette fois ci comme un voyage initiatique, celui de la quête de sens. Andy a grandi, ses jouets doivent désormais se faire une place au creux des bras de Bonnie, sa légataire. Petit chouchou habitué à être le centre d’intérêt, Woody se retrouve ici relégué au second plan au profit d’autres jouets, et de jouets créés de toute pièce ! Il conserve tout de même son rôle essentiel d’ange gardien, autant auprès de Bonnie que de ses comparses. Au contact de Forky, adorable personnage qui rassure la soucieuse petite fille, il fera face à une certaine mélancolie, qui lui ouvrira les portes d’un univers qui lui était étranger : sa propre existence en tant qu’individu. L’évolution de son personnage tout au long de cette aventure est la véritable force du film. Tout comme avec son ami Buzz dans ses premiers instants, Woody doit faire face à une réalité : celle où il n’est plus le préféré et se doit de trouver un nouveau sens à sa vie. Tout en aidant Forky a s’assumer en tant que jouet, le cowboy déprime, est pris d’un élan de nostalgie, et oscille entre action et réflexion. Ce sont ses retrouvailles avec Bo, l’intrépide bergère qui a rejoint le clan des jouets perdus qui l’aideront à trouver un chemin à emprunter.
La dimension psychologique ici bien développée se perd dans un enchaînement d’aventures, et peine à trouver une place affirmée. A tel point que le film se confond vers la fin dans des actions dénuées de sens et visant seulement à créer un bon divertissement.
C’est bien dommage, car le film était une vraie promesse de renouveau, pour finalement clore un nouveau chapitre de ces intrépides et fantasques jouets que nous avons fini par adorer.


Réalisé par Josh Cooley
VO : Tom Hanks, Tim Allen, Tony Hale, Annie Potts, Christina Hendricks…
VF : Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Pierre Niney, Audrey Fleurot, Angèle…
USA – Animation
Sortie en salle : 26 Juin 2019
Durée : 1h 40min

Aladdin

Le Génie de Bel-Air

Kezako ?

Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais…

La critique d’Eugénie – 5/10

Aladdin s’envole vers un « whole new world » très Bollywoodien. Il faut dire que pour l’Américain moyen, le Moyen-Orient et l’Inde c’est surement à peu près la même chose – désolée c’était gratuit. Cela dit, il faudra m’expliquer pourquoi seul le couple principal n’a pas d’accent…
Énième reboot d’un classique de l’animation, le choix de Guy Ricthie pouvait laisser espérer au moins une pâte artistique propre, mais hormis des accélérations maladroites lors des chorégraphies, le réalisateur se plie rapidement au cahier des charges de Disney.
À l’exception les décors intérieurs, l’ensemble ressemble d’ailleurs à un téléfilm Disney Channel avec des costumes très chargés et des décors extérieurs bien timorés pour une production de cette ampleur.

Concernant le scénario, rien de nouveau sous le soleil d’Agrabah, l’histoire reste la même si ce n’est que Jasmine est plus étayée, moins gamine pourrie gâtée et davantage concernée par l’avenir de son peuple, autant que part le sien. Et si d’aucuns crieront à l’opportuniste féministe, le propos est ici cohérent par rapport au personnage et reste moins maladroit que dans la plupart des blockbusters du moment (comme le dernier Avengers). L’actrice Naomi Scott est d’ailleurs parmi ceux qui s’en sortent le mieux, notamment dans sa chanson inédite « Speechless ».
Dommage qu’on ne puisse en dire autant du reste du casting. Mena Massoud dans le rôle titre n’est malheureusement pas à la hauteur. Sans grande subtilité, sa porte de sortie consiste à sourire de toutes ses dents dès qu’il ne sait comment interpréter une émotion. Malgré un peu plus d’écriture de fond, le Sultan est complètement transparent (au moins celui de dessin animé était drôle) et Iago devient un simple perroquet qui, malgré la parole, à moins de personnalité que le Tapis. Le plus problématique reste l’interprétation du rôle de Jafar, affublé d’une backstory inutile et d’un jeu insipide et caricatural en sus d’être dépouillé de toute la puissance et le machiavélisme qui faisaient de lui un grand méchant Disney.

De cette adaptation, seule la présence de Will Smith rend le film plaisant. Loin de chercher à imiter Robin Williams, l’acteur interprète son génie, très prince de Bel-Air mais efficace et touchant à plusieurs reprises malgré des effets spéciaux inégaux sous sa forme bleue. La revisite de « Je suis ton meilleur ami » est probablement la scène la plus convaincante visuellement.

Ce reboot reste sympathique pour les enfants bien que culturellement et artistiquement inutile. Cela dit compte tenu des dernières productions de Disney qui s’emploie à massacrer les films de notre jeunesse, « inutile » est un moindre mal.


Réalisé par Guy Ritchie
Avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith, Marwan Kenzari…
USA – Famille, Aventure
Sortie en salle : 22 mai 2019
Durée : 2h 09 min 

Avengers : Endgame – débrief avec spoiler

I love/hate you 3000

Attention : compte tenu des nombreux spoilers de cet article, assurez-vous d’avoir vu Avengers : Endgame avant de poursuivre votre lecture. Sinon, n’hésitez pas à lire la critique sans spoiler de Marcellin.

La critique d’Eugénie – 7/10

Après un Infinity War qui, sans avoir réalisé un sans-faute, a réussi à dépasser les espérances, l’attente pour Endgame a atteint un niveau inédit dans l’histoire du cinéma (même en prenant en compte les Harry Potter et Star Wars). Doucement mais sûrement, le MCU s’est ancré dans la culture populaire, le septième art et le cœur de ses fans. Construit non pas comme des films indépendants mais sur une logique sérielle, l’attachement émotionnel aux personnages en a été décuplé, et voilà que s’achève 10 ans de vie commune ! C’est ce qui a rendu la projection d’Endgame beaucoup plus compliquée que prévu, partagée entre l’affection, les attentes, l’espoir, la déception et la tristesse. En fin de séance, c’est le choc qui prédomine ! Une page se tourne et un étrange goût d’absence qui se fait l’écho du deuil nous envahit, empêchant de faire le point sur le film en lui-même. Mais avec le recul, la confusion des sentiments laisse place à un œil plus critique : Endgame n’est pas si bon que ça !
Ses défauts sont aussi frustrants que ses qualités sont remarquables. Émotionnellement puissant, le scénario et le traitement des personnages sont beaucoup trop inégaux, l’humour occasionnellement poussif et les raccourcis irritants. D’ailleurs, commençons par là.

Le cas Captain Marvel
Quand on parle d’ellipse… Captain Marvel est l’un des dommages collatéraux du film ! C’était prévisible, sa puissance est trop démesurée pour s’ancrer dans un arc narratif crédible. Alors plutôt que de faire des erreurs, les scénaristes ont préféré l’expédier hors champs les ¾ du film. Le choix n’est pas mauvais, mais l’application laisse à désirer. Pourquoi n’est-elle plus joignable tout le temps du « casse temporelle » ? Pourquoi ne pas l’avoir prévenue et impliquée ? Et si elle était effectivement injoignable, comment fait-elle pour revenir pile au bon moment pour la bataille finale ? Quelques courtes scènes intermédiaires auraient suffi à donner une réponse plausible à défaut d’être vraiment satisfaisante. Dans le même registre, comment a-t-elle fait pour retrouver Tony et Nebula ? Ici, une simple séquence de Pepper réceptionnant le message aurait pu faire l’affaire…
Plus problématiques encore, les apparitions de la Captain se résument à une démonstration de force et à une coupe de cheveux au détriment du caractère de Carol qui lui est totalement inexistant.
Après, compte tenu du défi technique d’un scénario impliquant autant de personnages, peut-être son sacrifice était-il nécessaire pour mener à bien le plan du film.

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Le casse temporel
Quand on parle du loup… Beaucoup l’avaient vu venir, Endgame a effectivement joué la carte du voyage temporel, l’un des pitchs préférés de la science-fiction bien que souvent complètement incohérents. L’écueil du genre est qu’il se prend souvent les pieds dans ses propres explications pseudo-scientifiques… et les Avengers ne font pas exception à la règle. Mais, bien que prévisible, le film a eu l’intelligence de surprendre le spectateur en rendant le voyage temporel inévitable. La destruction des pierres en introduction est non seulement très cohérente dans le plan de Thanos, mais elle vient, avec l’exécution expéditive de celui-ci, annihiler tout espoir de retour en arrière chez nos héros – puis on n’avait vraiment pas vu venir la décapitation du Titan fou.
La suite est d’autant plus efficace qu’elle traite des conséquences directes de l’échec et évoque à travers ses personnages les différentes étapes du deuil : choc, déni, colère, marchandage, dépression et même acceptation pour certain. C’est à ce moment qu’intervient le Deus Ex Machina le plus what the fuck de l’histoire du cinéma ! Peu importe le degré d’affection pour le MCU, personne ne pourra jamais oublier que la moitié des êtres vivants de l’univers doivent leur survie à… un rat ! Cela dit après Ratatouille, c’est probablement la meilleure opération de réhabilitation pour ces sympathiques rongeurs…
Bref, l’arrivée de Scott Lang remet les héros sur une piste et lance la trame du bien nommé « casse temporel ». Mais ici, le voyage dans le temps sert de prétexte à une démonstration meta de fan service et d’opportunisme marketing (teasing criard pour les futures séries de la plateforme Disney Plus). S’il est amusant de voir les héros réexplorer les précédents films Marvel, les séquences sont trop inégales et ressemblent par bien des aspects à un épisode de série télé. Déjà par le choix des périodes à visiter et par un nombre presque indécent de référence et de caméo, par toujours pertinents. Certains sont plutôt plaisants et logiques dans le développement des personnages, comme Howard Stark, Peggy Carter ou encore l’Ancien (Tilda Swinton), d’autres, comme Alexander Pierce (Robert Redford), sont trop capillotractés ou décevants compte tenu de l’arc narratif qui les exploite (Frigga la mère de Thor).
Mais là où l’impact du saut dans le temps se fait le plus violemment ressentir, c’est au niveau des enjeux qui en sont en quelque sorte diminués car la menace n’est plus celle du présent…

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Thanos, Gamora et Nebula
Et là on aborde un gros point négatif du film. Thanos, meilleur méchant de la franchise qui a rejoint en un film ceux du cinéma, Thanos le Titan fou génocidaire alliant violence physique et calme absolu, Thanos seul antagoniste à avoir battu les Avengers, Thanos perd beaucoup de son charisme ! Le scénario lui laisse certes peu de place contrairement à Infinity War qui en faisant le protagoniste principal, mais intervient aussi le problème de la temporalité. Pourquoi le Thanos du passé voudrait-il empêcher le plan des Avengers dans un temps qui n’est pas le sien ? Son voyage n’a pas vraiment de logique quand sa nouvelle connaissance du futur aurait pu lui donner un net avantage pour adapter son plan dans sa propre ligne temporelle – désolée pour la migraine. Par ailleurs, la version plus jeune n’ayant pas le même passif avec les personnages, les échanges en sont de fait moins lourd de sens.
Se pose aussi le problème de Nebula qui souffre d’une grosse incohérence : Pourquoi n’est-elle pas retournée dans son époque quand son vaisseau a été capturé ?
Seul aspect véritablement pratique du scénario, il permet de réintégrer Gamora à l’équipe des Gardiens sans (vraiment) la ressusciter.

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Avengers Assemble !
Alors certes, les enjeux d’Endgame sont moins prenants que pour Infinity War… mais la conclusion n’en est pas moins dantesque ! La bataille finale balaye tout sur son passage pour livrer l’une des séquences les plus démentielles de l’histoire du cinéma, ne serait-ce que par le nombre de super-stars au mètre carré. L’une des bonnes surprises consiste à avoir ramené des héros inattendus comme les Asgardiens et Valkyrie, mais aussi la présence de Rescue. On goutte les retrouvailles des personnages tout autant que leurs combats, leurs défaites et leurs dépassements. Bon, si on était d’humeur à pinailler – et c’est le cas – on pourrait se plaindre de l’inconsistance de l’armée de Thanos car les gros monstres en CGI sont souvent moins intéressants que les personnages réels. Cela dit, il est difficile, voire impossible, de rester sceptique devant la spectaculaire scène des portails qui vient pulvériser tous les baromètres d’epicness et de coolitude avec la phrase oh combien attendue : « Avengers Assemble  » ! Et que vienne désormais l’épectase pour d’innombrables geeks !
Ce final spectaculaire s’octroie même un petit passage politique, bien que terriblement maladroit. Comme pour toutes les revendications médiatiques, l’ode à la force féminine passe bien souvent pour de l’opportunisme, malgré les meilleures intentions. Mais figurez-vous un instant une charge épique lors d’une bataille, que ce soit dans un film ou une série, vous trouverez sans peine des scènes avec des hommes (Troie, Braveheart…) voire mixtes (Seigneur des Anneaux, Vikings, GOT…), mais dans un monde égalitaire, il devrait y en avoir tout autant avec des femmes… C’est pourquoi cette scène mérite sa place dans un film comme Endgame car, malgré sa bêtise scénaristique, elle a surtout pour objectif de donner enfin une scène de référence aux générations futures. Celles-ci n’y verront pas l’opportunisme contextuelle, simplement un exemple de woman power/badassitude pure… et ça c’est plutôt une bonne chose ! D’autant plus qu’un autre arc impliquant un des principaux personnages féminins a été fort mal mené…

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Hulk, Black Widow & Hawkeye
En effet, s’il est une scène qui loupe le train de l’émotion, c’est bien celle du sacrifice de Black Widow qui sent le bis repetita après celle de Gamora dans le film précédent. La relation entre Natasha et Hawkeye a beau être très émouvante, elle ne semble pas remplir les conditions pour récupérer la pierre de l’âme et le poids de sa mort est vite (trop ?) oublié. Et là, il y a une belle occasion manquée d’utiliser l’un des plus gros plot hole du MCU : la romance avec Hulk !
Quand on parle du géant vert, je n’aurais qu’une question : POURQUOI ? Où est le Bruce Banner des deux premiers Avengers ? Comment le génie terrifié par sa propre puissance a pu se transformer en Bisounours vert ? Le fait d’introduire le Professeur dès le début est peut-être surprenant mais a surtout pour conséquence de priver le personnage de tout enjeu et de tout développement personnel. Quelle a été l’évolution Banner dans ce film ? Rien ! Nada ! Il est le même au début qu’à la fin : Hulk, le bouffon de service dans la ligne que lui a imposée ce maudit Thor: Ragnarok (film je te hais) ! Le Professeur aurait dû être la finalité d’une évolution et pas un prérequis ! Finalité qui aurait à nouveau pu être amenée via sa relation amoureuse avec Black Widow.
Expédiée sans ménagement à la fin de l’Ère d’Ultron, Infinity War laissait peu de place pour la réintroduire mais elle aurait pu grandement bénéficier à l’intrigue d’EndgameAinsi, imaginer les Avengers survivants guidés par Bruce et Natasha en tant que couple aurait pu créer une belle dynamique et conclure de façon plus satisfaisante les axes des deux personnages. Sous les conseils de Black Window, on aurait pu retrouver un Bruce Banner cherchant à faire la paix avec Hulk, travaillant sur son alter-ego afin d’atteindre le stade du Professeur. Cependant sa relation de couple aurait constitué l’un des principaux freins à s’abandonner à cette nouvelle forme, que seule la mort de Natasha aurait pu débloquer. Si le duo Black Widow/Banner avait été envoyé sur Vormir, le sacrifice de celle-ci aurait été beaucoup plus fort. Comprenant que la chute n’aurait probablement pas tué Hulk, elle aurait insisté sur le fait que seul le géant vert pouvait manipuler le Gant de l’Infini et y survivre. Quelques conversations avec la pierre de l’âme auraient enfin pu amener Banner et Hulk à devenir le Professeur, rendant le snap de celui-ci bien plus symbolique.
Quant à Hawkeye, son parcours à beau être l’un des plus intéressants du film, sa présence sur Vormir n’était pas indispensable à sa rédemption. Une rencontre avec l’Ancien pendant la bataille de New-York aurait par contre pu être très intéressante en le confrontant à ses crimes et violences récentes.

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Thor
Bref, le traitement des personnages et pour le moins inégale, et si certain ont droit à la formule grand luxe, comme Captain America, Hawkeye, et bien entendu, Iron Man, d’autres sont à nouveau sacrifiés sur l’autel de la blague, malgré leurs potentiels…
Prenons Thor par exemple ! Il faut bien le dire, le fils d’Odin en a bavé en quelques films : après avoir perdu sa sœur, ses amis, son marteau, sa copine, Heimdal, son frère (encore une fois), ses deux parents et sa planète, il échoue à sauver l’univers ! Et alors qu’Endgame fait le choix courageux d’illustrer la dépression, il ne s’en sert que comme ressort comique. Il est vrai que l’apparition d’un Dieu du Tonnerre chevelu et boudiné, en total rupture avec tout ce que nous avions vu de lui, est hilarante, mais elle devint vite irrespectueuse pour le personnage qui se retrouve cantonné au comic relief et aux blagues sur les gros !  Pire, le caractère de ce Thor semble très éloigné de celui des débuts, témoignage supplémentaire que le virement du personnage vient aussi des velléités de l’acteur Chris Hemsworth pour la gaudriole. Dommage car le Thor d’Infinity War était assurément plus badass.
L’arc du héros s’illustre elle aussi par un nouvel acte manqué : celui d’exploiter Valkyrie ! La guerrière était en excellente posture pour filer un bon coup de pied au cul divin et l’aider à se reprendre en main. Avec Rocket, elle aurait pu aider le Dieu du Tonnerre à sortir de la dépression et l’une de ses victoires se serait manifesté par la récupération de Mjonir (et donc d’en être digne). De fait, le côté lourdingue, parodique et apathique du désormais nommé « Fat Thor » diminue l’impact de sa trame dont la rencontre avec sa mère. Au milieu de cette pléthore de caméos, on regrette que les scénaristes n’aient pas plutôt fait revenir Odin ou Heimdall (oui, je suis amoureuse d’Idris Elba, et alors ?!).

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Captain America
En parlant de caméo, le meilleur vient de Captain America avec le reboot de la scène de l’ascenseur et son d’ores et déjà célèbre « Hail Hydra ! ». Cette scène s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le développement de Steve Rogers, confirmant son évolution personnelle vers un Captain moins manichéen, plus subtil voir roublard. Le combat contre sa version plus jeune met en exergue cette maturité emprunte d’un brin de cynisme (inspiré par son ami Tony) quand il répond « I know » à son propre leitmotiv : « I can do this all day ». Même la blague à propos du « cul de l’Amérique » n’est pas déplacée car elle souligne l’autodérision nouvelle du personnage (comme sa capacité de jurer). Le voir soulever Mjonir en fin de film est donc non seulement satisfaisant, mais parfaitement cohérent. Bon, petit bémol de crédibilité : Thor étant le dieu du tonnerre, le Captain ne peut sans doute pas faire appel à la foudre sans griller, même avec le marteau…
Assurément, Endgame rend hommage au parcours de Steve Rogers, et lui donner une fin heureuse alors que tous le voyaient déjà se sacrifier est d’autant plus beau… MAIS POURQUOI avoir gâché cet arc avec une scène aussi stupide que le Rogers âgé ! COMMENT peut-on passer 2h45 de film à expliquer que les changements dans le passé n’auront aucune influence sur le présent (et donc rétroactivement le futur) et balancer une scène pareille en conclusion ?! Si on s’en tient la théorie exposée par Brune Banner (et Nebula, et l’Ancien etc.), le retour de Steve dans le temps a donc créé une nouvelle ligne temporelle, il ne peut donc PAS se repointer avec son laïus et son bouclier dans celle que nous suivions !
Pour être tout à fait honnête, il existe une possibilité où l’apparition de Old Steve est crédible. Il faudrait que toute la trame du MCU se soit déroulée dans la réalité alternée créée par ce voyage, auquel cas il y aurait eu deux Steve dans cette temporalité depuis le premier Avengers (mais disons que Captain Papi se tenait à l’écart pour une raison quelconque). Problème : cette théorie ne tient pas la route si on se fit au scénario de Captain America 2 et 3 (Winter Soldier et Civil War) et de la série Agent Carter. Les échanges (et la mort) avec la vieille Peggy ne laissent aucun doute quant à la « non-présence » du Captain dans sa vie passée, et personne ne nous fera croire que celui-ci aurait raté l’enterrement de sa femme simplement pour ne pas risquer de croiser son double plus jeune. Puis allez expliquer que la nièce de Peggy n’ait pas reconnu son oncle ou qu’elle ne l’ait jamais connu… Bref ! Le changement du passé a donc bel et bien modifié le présent (désolée pour la migraine) en bousillant toutes les explications du film avec un fan service qui tient de l’A-MA-TEU-RISME ! D’autant plus dommage que l
a scène de danse se suffisait en elle-même, mais il faut croire qu’avoir un film qui respecte ses règles du voyage dans le temps sans se chier dessus à un moment ou un autre c’était trop beau pour être vrai ! Alors je vous entends déjà dire « Oui mais Eugénie, quelle solution avaient les scénaristes pour faire comprendre aux autres Avengers que Steve avait choisi de rester dans son époque ? ». Oh mais j’en sais rien ! À ce stade, il pouvait bien refiler la montre et le bouclier à un rat avec une lettre par exemple, on était plus à un Rongeur Ex Machina près. 

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I Am Tony Stark
Bon, revenons à des aspects plus positifs. En fait, revenons aux origines du film et même du MCU ! Comment parler d’Endgame sans parler de la Saine Trinité : Tony Stark, Iron Man et Robert Downey Junior ! Quand le personnage jouit du meilleur arc narratif, l’acteur livre une performance implacable, déliant sous nos yeux toutes les nuances du héros étayées en 10 ans d’interprétation. De l’introduction montrant un Tony affaiblit, amaigri et brisé (chapeau les effets spéciaux) au sacrifice final en passant par toutes les scènes de sa vie de famille qui débordent littéralement de tendresse, les fans d’Iron Man en ont pris plein le cœur. Je dois l’admettre, avant Endgame, je ne voulais pas que Tony meurt, car mon affection pour le personnage était telle que je lui souhaitais une vie heureuse, en dépit de toute dramaturgie. Mais je me rends à l’évidence, offrir cette sortie au personnage était le meilleur choix, le plus bouleversant, le plus courageux et le plus juste. L’arc narratif exploite jusqu’au bout le thème de la filiation et de l’héritage tant pour Iron Man que pour Tony, par le rapport qu’il entretient avec Peter Parker, par sa relation (magnifique) avec sa fille et par l’échange avec son propre père. Cette scène dans le passé permet au personnage d’achever son parcours en comprenant enfin l’homme par lequel il s’est si souvent défini, autant dans les ressemblances que les oppositions et annonce discrètement le sacrifice final.
Et quelle meilleure façon de conclure que par la phrase qui a tout commencé : « I am Iron Man » ! 
La boucle est bouclée et ces mots résonnent désormais au-delà de toutes portées : ils étaient devenus instantanément culte dans le premier Iron Man, ils viennent de passer à la légende ! Aussi universels et inoubliables que la phrase de l’oncle Ben « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

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We love you 3000!
Moins abouti qu’Infinity War car souffrant de défauts bien plus prononcés Avengers : Endgame reste un film qui marquera son temps et toute la génération qui, à l’instar de celles de Star Wars ou Harry Potter, aura grandi avec lui. Et ses détracteurs ne pourront jamais lui ôter sa force : il aura donné une émotion inégalée dans l’univers super-héroïque et une nouvelle définition de mot « épique » !
« It’s ok Marvel, you can rest now ! »


Réalisé par Joe Russo, Anthony Russo
Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
USA –  Action, Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 24 Avril 2019
Durée : 03h01

Dumbo

Dumb and Dumbo

Kezako ?

Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…

La critique de Marcellin – 4/10

Tim Burton a décidément passé l’arme à gauche. Il oublie dans cette adaptation de Dumbo la quintessence même de l’ensemble de son oeuvre, de son identité : la noirceur féérique. Aseptisée par une production Disney, Tim Burton semble s’être perdu dans une oeuvre gentillette qui ne laisse place à aucune histoire.
Quand le dessin animé nous apportait une émotion tout en finesse et pourtant très intense, le film n’est qu’une interprétation gonflée d’effets spéciaux et de parures visuelles pour détourner le spectateur de tout propos. Les scènes originelles incarnés par le film ont perdu toute leur essence et leur beauté, car là où le dessin animé créait la surprise par sa simplicité et sa légèreté, ici on s’abreuve du too much. Aucun rôle ne sort du lot, et l’ensemble du film n’est voué qu’à créer un bon film pour enfant (supposé) plaire aux adultes. Les seules choses positives sont les costumes, éblouissants, toujours mis en valeur par la talentueuse Colleen Atwood, fidèle aux oeuvres de Burton. La force du film s’exprime d’ailleurs par la mise en scène globale de l’univers du cirque, avec ses curiosités et ses surprises. Une scène aurait également mérité plus d’intérêt, car en quelques minutes, on aperçoit un bourgeon du talent que l’on connaît de Burton : quand un cache cache se transforme en train fantôme. Irrésistible, mais bien trop écourté.

Et pourtant je suis bien moins déçue que ma chère Eugènie, pour une seule et bonne raison : je n’attendais rien de ce film. Et c’est finalement ce que j’ai récolté…

La critique d’Eugénie – 3/10

Détrompes-toi Marcellin, je n’attendais rien de ce film ! J’avais simplement un mauvais pressentiment… Et c’est désormais officiel, Tim Burton est mort ! De l’âge d’or créatif des années 90, c’est en connaissant un succès plus grand public dans les 2000 que son oeuvre a commencé à diviser. Même parmi les fans de la première heure, Big FishCharlie et la ChocolaterieLes Noces funèbres et Sweeney Todd n’ont jamais fait l’unanimité – et si vous voulez mon avis sur ces films en un mot : j’adore le premier, beaucoup les deux suivants, déçue par le dernier. Mais le déclin est consacré dès le tristement célèbre Alice au Pays des Merveilles, point de départ d’une bien sombre décennie pour un réalisateur qui, anciennement novateur, semble ne plus savoir s’adapter à une époque et un public qui ne se retrouve plus dans ses longs-métrages. Pourtant, je n’ai pas été de ceux prompts à le vilipender dès la sortie de la Planète des Singes. Je lui ai conservé ma confiance dans l’espoir qu’il livre à nouveau un film de l’ampleur de ceux de mon enfance. Mais loin d’une renaissance, cette adaptation de Dumbo m’évoque davantage un serial killer revenant sur les lieux du meurtre – ou ici, dans le giron de Disney !

Pour sa défense, il faut dire que l’exercice n’était pas aisé. Dumbo est le plus court des classiques d’animation Disney et se conçoit davantage un vecteur de poésie enfantine et d’émotion que de grande aventure. Malheureusement, les ajouts scénaristiques semblent scotchés à un cahier des charges trop lourd et ce Dumbo tient plus d’une créature de Frankenstein aux multiples rapiéçages qu’à une oeuvre entière.
Le contenu du dessin animé est expédié en une demi-heure impersonnelle et sans âme – là où l’animation livrait l’une des scènes les plus tire-larmes de toute la firme – avant d’enchainer sur une phase de transition interminable et un second acte aux choix douteux !
Du jeu discutable du casting à la niaiserie de certains passages en passant par des CGI hideux, il n’y a pas grand-chose à sauver de cette adaptation. Pas grand-chose sauf une ambiance de train fantôme qui le temps d’une scène nous replonge dans la nostalgie de l’univers burtonien, et un esthétisme rétro-futuriste (inspiré de Discoveryland des parcs Disney) qui nous fait dire que Burton aurait peut-être dû faire un film de cirque original plutôt qu’un reboot. Encore faudrait-il s’assurer, qu’en dehors de ses codes visuels bien installés, Burton ait encore quelque chose à raconter…


Réalisé par Tim Burton
Avec Colin Farrell, Danny DeVito, Michael Keaton, Eva Green…
USA – Famille,
Sortie en salle : 27 mars 2019
Durée : 1h 52 min 

Ralph 2.0

Ready Player One

Kezaco ?

Ralph et son amie Vanellope von Schweetz vont prendre tous les risques en s’aventurant dans l’étrange univers d’Internet à la recherche d’une pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Rapidement dépassés par le monde qui les entoure, ils vont devoir demander de l’aide afin de trouver leur chemin, et notamment à Yesss, l’algorithme principal, le cœur et l’âme du site créateur de tendances BuzzzTube…

La critique d’Eugénie – 5/10

Les Mondes de Ralph premier du nom s’était révélé une bonne surprise sur le tard. Équilibre savant de références culturelles, de différents niveaux de lecture et de messages universels, le film venait confirmer, après Raiponce, le renouveau des studios Disney. Mais après une presque une décennie de succès, Mickey a décidé de reléguer les projets originaux au placard au profit du développement de ses franchises… Le géant de l’arcade est le premier à tenter l’expérience, comme crash-test inavoué avant la sortie de la très attendue suite de la Reine des Neiges.

Le film s’inscrit d’emblée dans la continuité pour remplacer immédiatement tous les personnages dans l’esprit du spectateur. Avec une introduction rapide et efficace, Ralph 2.0 ne lambine pas et nous plonge rapidement au coeur de son nouveau terrain de jeu : internet. Bienvenue dans la mégalopole du virtuel, de ses buildings flamboyants portant les noms des GAFA – et autres big boss bling-bling du buzz – aux sombres quartiers du « dark net ». Mais passé l’émerveillement et les trouvailles visuelles allégoriques, le manque de propos de fond se fait vite sentir. Le film défile tandis qu’une histoire très linéaire se délie. Ralph second du nom tombe malheureusement dans tous les travers que l’on pouvait craindre, accumulant les blagues méta superficielles au détriment d’un point de vue à différents niveaux de lecture. Sans profondeur ni sens, l’aventure se révèle également pauvre en substance émotionnelle, réussissant presque à rendre ses personnages antipathiques.

Pire encore, la meilleure scène du film a été spoilé à 90% par les bandes-annonces, nous privant par là même de ce qui aurait dû être une belle surprise. La scène reste assez jouissive dans son discours (d’ailleurs on l’attend avec impatience) même si l’esthétisme des princesses « classiques » de la 2D agresse carrément la rétine. Ah moins qu’il ne s’agisse d’un message de sensibilisation contre les excès de la chirurgie esthétique, mais c’est peu probable…

Peut-être mes attentes sont-elles plus importantes quand il s’agit de Disney… La firme aux grandes oreilles a su marquer l’imaginaire collectif à travers de nombreuses productions désormais cultes, même avec ses plus récents essais (Vaiana). Plus qu’un bon film, le public attend une histoire qui le transcende par le rêve et l’émotion… Pourtant, Ralph 2.0 me fait plus l’effet d’un bon direct to DVD que d’un « classique de l’animation », hormis peut-être dans son envergure esthétique. Mais bon, les catalogues IKEA sont beaux eux aussi, ça ne suffit pas à me donner envie de les relire…


Réalisé par Rich Moore, Phil Johnston
Avec (VF) François-Xaxier Demaison,  Dorothée Pousséo, Jonathan Cohen…
USA – Animation
Sortie en salle : 13 février 2019
Durée : 1h 53 min