Big flow à Bercy pour Bigflo et Oli

Le dimanche 9 décembre 2018 – Le rendez-vous est pris depuis longtemps mais a vu un vent de panique soufflé sur les fans : le concert de Ber… de l’AccorHotels Arena (faudra un jour qu’on parle de ce nom tout pourri) a été reporté de 24 heures pour des raisons de sécurité liées aux manifestations des gilets jaunes. Et si les Franciliens ont pu s’arranger de ce contre-temps, on ne peut s’empêcher de penser, à la vue de quelques sièges vides et des messages sur les réseaux sociaux, aux personnes venues de province ou de l’étranger qui n’ont pas pu décaler leur billet de train ou d’avion… Puis on s’inquiète aussi pour les deux frangins. Ils l’ont déclaré eux-même, ils en ont rêvé de ce Bercy ! C’est l’aboutissement de deux de marathon médiatique et public ponctuant deux très bons albums. Et peu importe les goûts, une salle vide on ne le souhaite à aucun artiste – sauf peut-être à Lauryn Hill mais elle l’a cherché ;p
Heureusement, le stade se remplit peu à peu est fini presque plein à la fin de la première partie, peut-être à 85% pour un concert qui s’annonçait complet depuis des mois.

Bigflo est le premier à entrer en scène sur une introduction très bien fichu et drôle, puis c’est parti ! L’émotion des Toulousains est palpable, il touche du doigt la consécration de leur jeune carrière les inscrivant ad vitam dans le rap français. Après deux morceaux repris en chœur par le public, les deux frères brisent la glace et le fameux « malaise du début de concert ». Ils reviennent avec humour et sincérité sur leur parcours et ce report impromptu et réveillent un public un peu lent au démarrage.

Porté par une jolie mise en scène et l’engouement des fans, les tubes s’enchainent, dont deux tirés du nouvel album, avec une flopée de guests en trois actes. Le premier et non des moindres, le grand, le précurseur du rap conscient français : MC SOLLLLLAAAAAARRRR ! qui vient chanter Caroline sur scène et acter la passation de pourvoir entre le boss des années 90/2000 et les petits nouveaux de l’ère 2010 – puis réaliser un de mes rêves de gosse au passage. Puis c’est au tour de Vianey, planqué parmi les musiciens sous un sweat rose Visionnaire et une casquette de se lancer dans un petit solo de guitare. Enfin, Jamel Debouzze vient le temps d’un sketch lancer le dernier acte sur Personne dans une fosse déchainée. Amusant, Fary dont j’ai vu le spectacle il y a quelques semaines, était aussi de la fête en loge et prenait des photos avec les fans dans les couloirs de Bercy à la fin du show.

Le concert s’achève sur les larmes des frangins et une annonce de taille : un concert à l’U Arena de Nanterre le 26 octobre 2019 devant 40 000 personnes, le seul de l’année prochaine. Le rendez-vous est pris, espérons qu’il n’aura pas à subir les mêmes contretemps.

 

par Eugénie

Le Diable s’habille en Noir (ou presque)

Lundi 27 Novembre 2017 – Quelques jours plus tôt, j’avais la surprise de me voir offrir des places pour assister au concert de Marilyn Manson, par le tout nouveau concept d’AccorHotel Arena, qui se nomme ACCORLOCAL.

Je fus ravie certes, mais pleine d’appréhension lorsque je patientais sous la pluie avant de pénétrer l’antre de celui qui a fait trembler l’Amérique. MM, ces initiales résonnent pour moi comme un revival, celui de ma jeunesse perdue. Il est l’un des personnages les plus fascinants que l’univers musical a su créer, des entités qui se font d’ailleurs de plus en plus rares.

Alors, que peut-on attendre du concert du Pale Emperor ?

En 2012, j’ai eu l’occasion d’admirer Manson à l’oeuvre, j’en garde un bon souvenir, mais sans grande surprise. Je fus même un peu déçue de ce premier tête à tête avec l’Antéchrist, sa performance étant loin de sa réputation très sulfureuse. Je pars donc avec une intransigeance la plus totale pour cette deuxième rencontre.

L’entrée est assurée par le perturbateur Dinos Chapman, qui nous livre certes un live contemplatif et sans grand rapport avec l’univers musical de MM, mais qui se laisse écouter malgré tout. Je suis donc assez choquée du manque de respect de la plupart du public, qui s’est amusé à huer l’artiste en pleine représentation. Ils trépignaient sans doute de devoir attendre leur gourou. Et il est arrivé…

La mise en scène reste soignée, avec un décor très Mansonien, toujours dans sa perspective de dénoncer les travers de l’Amérique, ils nous laissent admirer deux énormes armes à feu disposées en croix. Ce sont ces dernières qui l’ont blessé lors d’un récent concert, c’est donc sans surprise que je le vois arriver avec un plâtre, sur un étrange fauteuil roulant affublé de ce qu’il me semble une planche de surf (!). Il a su jouer de sa situation, et s’est fait accompagné de deux faux chirurgiens (il a le sens de l’humour) qui vont tout au long de sa performance scénique, l’assister dans ses constants changements de tenues. Il sait donc soigner sa mise en scène, combler les blancs, entraîner son public dans son antre, il serait honteux de le nier.

Mais qu’en est-il de sa voix ?

Hélas, c’est là qu’est l’os… Sa jambe plâtrée ne l’empêchait pas d’assurer à ce niveau là. Et c’est une grande déception, car le grand gourou a pris de la bouteille. Il a du mal à porter sa voix, à garder ce grain, cette griffe qui nous fait succomber à chaque parole. Je le vois s’essouffler, parfois hausser la voix, mais rien ne me séduit vraiment. La seule mention spéciale que je veux bien lui accorder, c’est son interprétation de Sweet Dreams, qui a réveillé en moi de nombreux souvenirs.

La fin de son concert souligne et illustre ma déception. Il se contente alors de plonger la salle dans le noir sans une note d’au revoir. Pour moi ce sera donc clairement un adieu…

 

Par Marcellin