Mrs. Maisel, toujours fabuleuse dans sa saison 3

Maiselicious !

Kezako ?

Midge et Susie découvrent les réalités de la vie en tournée avec Shy. Cette vie de stars est aussi glamour que pleine de désillusions et elles vont en apprendre beaucoup sur le monde du show-business lors de cette aventure. Joël lutte pour soutenir Midge tout en poursuivant ses propres rêves. Abe se lance dans une nouvelle mission et Rose se découvre de nouveaux talents.

La critique d’Eugénie – 8/10

Midge Maisel, la plus dégantée des housewives made in fifties, est de retour pour une saison 3 un brin plus artificielle que les précédentes, mais toujours aussi délicieusement rafraîchissante.

Lentement mais surement, la jeune humoriste se fraye un chemin dans le milieu du stand-up. Fini les petits bars miteux du tout New-York, la voilà en tournée à travers les États-Unis pour se faire la main sur de nouveaux publics. Les séquences de Midge sur scène demeurent d’ailleurs les plus drôles de la série, avec une petite évolution notable dans l’humour : un peu moins ancré dans son époque et donc plus accessible.

Quant aux dialogues, point fort du show depuis ses débuts, ils se révèlent toujours aussi décalés et désopilants.
Petit bémol cependant sur le côté burlesque (voire frappadingue) des familles Weissman/Maisel, qui cette année ont placé le curseur de la farce un peu trop haut, perdant de fait en subtilité. Ce qui relevait de légers traits d’absurdité dans les premières saisons devient ici un véritable let motiv et perd de sa saveur à force de répétition, quand il ne frôle pas par instants l’excès caricatural.

Petits déséquilibres également dans les traitements des personnages secondaires. Les parents Abe et Rose se voient ainsi consacrer beaucoup de temps d’écran malgré leur quasi-absence d’intrigue (en dehors du ressort comique) quand d’autres protagonistes, comme le chanteur Shy Baldwin et son manager ou encore Lenny Bruce, en auraient mérité davantage.

Mrs. Maisel est une surprise sériephile que personne n’avait vu venir et qui a transformé l’essai avec succès en saison 2. Il semblerait cependant, à l’aune des derniers épisodes de la troisième, que la série commence à piétiner. Soyons claires, la formule du « un pas en avant pour deux en arrière » ne pourra pas durer éternellement, le show devra commencer à aller vraiment de l’avant s’il ne veut pas se perdre (et nous aussi).

Avec un casting toujours excellent et un univers délicieusement rétro, des costumes aux décors en passant par l’excellente bande originale, The Marvelous Mrs. Maisel est une série doudou qui  se savoure comme une friandise… mais gare à l’excès de sucre quand même !


Créé par Amy Sherman-Palladino
Avec Rachel Brosnahan, Alex Borstein, Michael Zegen, Marin Hinkle, Tony Shalhoub

USA – Comédie
Saison 3 (8 épisodes) diffusée depuis le 6 décembre 2019
Durée par épisode : 48–76 minutes

Carnival Row, que vaut la série fantastique d’Amazon ?

Steampunk fairy’s tale

Kezako ?

Dans un monde fantastique à l’époque victorienne, les créatures mythologiques doivent fuir leur pays ravagé par la guerre. Exilés dans la ville de The Burgue, la cohabitation avec les humains s’annonce difficile. Le détective Rycroft Philostrate et une fée réfugiée du nom de Vignette Stonemoss vivent une dangereuse relation alors même que Philo doit résoudre l’enquête la plus importante de sa vie : une série de meurtres à même de mettre en péril la paix déjà précaire.

La critique d’Eugénie – 6,5/10

Amazon Prime Vidéo tente de marcher dans les pas de Netflix et de profiter de la fin (controversée) de Game of Thrones pour lancer sa nouvelle série : Carnival Row !
Aux grands maux les grands remèdes, le géant d’internet annonce en tête d’affiche deux noms célèbres, Orlando Bloom et Cara Delevingne, de quoi susciter l’intérêt du public. Autre petite spécificité, la série n’est pas une adaptation d’un succès littéraire mais bien une création 100% originale.

Dans un univers empreint de l’esthétique steampunk, les humains entrent en guerre contre les créatures mythiques pour prendre possession de leurs terres. Seule la République de « The Burgue » se range un temps du côté des fées et autres satyres, avant de retirer leurs troupes. La ville devenue terre d’accueil pour de nombreux réfugiés surnaturels est désormais gangrenée par la xénophobie et les batailles politiques. L’intrigue est non seulement alléchante mais l’univers aux influences ouvertement lovecraftiennes, en opposition aux codes fantastiques traditionnellement associés aux fées est très prometteur.
La sauce prend sans trop de mal et l’histoire se suit sans déplaisir, sachant jouer de ses atouts, à commencer par une bonne bande originale, des personnages secondaires intéressants et une satire sociale en propos de fond.

Cependant, la série ne tient pas entièrement ses promesses, notamment du côté des personnages principaux. Si les acteurs livrent une prestation tout à fait correcte, l’inégalité de leur rôle est irritante. Violette la fée, n’a que peu d’impact sur l’intrigue tout comme le réseau de résistance qu’elle intègre, quant à Philo, le personnage est encore trop « parfait » pour qu’on s’y attache vraiment. Ajouter à cela quelques intrigues secondaires mal agencées (la secte religieuse des satyres) et l’apparition un brin tardif de quelques personnages-clés et le show dévoile de grosses lacunes.

Carnival Row est l’exemple type de la série qui n’a pas encore transformé l’essai. Pour trouver son public, elle devra se dépasser en saison 2, peut-être en renforçant son axe politique et révéler tout son potentiel.


Créé par René Echevarria, Travis Beacham
Avec Orlando Bloom, Cara Delevingne, Tamzin Merchant, David Gyasi…
USA – Fantastique
Saison 1 (8 épisodes) diffusée depuis le 30 août 2019
Durée par épisode : 50-67 minutes