Les Filles du Docteur March

Une pour toutes…

Kezako ?

Dans la Nouvelle-Angleterre des années 1860, un père part comme aumônier pour la Guerre de Sécession, laissant ses quatre filles et sa femme derrière lui. Elles vont faire la connaissance du jeune Laurie.

La critique d’Eugénie – 4,4/10

Le roman culte de Louisa May Alcott, maintes fois transposé sur le grand et le petit écran, s’offre un lifting que d’aucuns pourraient trouver un brin opportuniste compte tenu de la mouvance féministe, ou au contraire, tout à fait à propos. Du point de vue de l’adaptation, il n’y a de fait pas grand-chose à redire, les ajouts pour moderniser le discours restant suffisamment juste et respectueux de l’oeuvre originale (bien qu’anachronique) pour ne pas la trahir. Malheureusement, si le long métrage est une bonne « adaptation », cela ne suffit pas à en faire un bon « film »… Il est au mieux tristement passable. Une opinion toutefois très contestée et contestable en fonction de l’historique de chacun.

Ayant été profondément marquée par l’adaptation de 1994 au casting monstre (avec entre autres Winona Ryder, Susan Sarandon, Claire Danes, Gabriel Byrne, Christian Bale et une toute jeune Kirsten Dunst), je n’ai pas su m’en détacher, malgré ma bonne volonté, et me suis retrouvée condamnée à comparer les deux versions tout le long de la séance. Pour une histoire dont l’atout majeur est la puissance émotionnelle, Les Filles du Docteur March (2020) n’atteignent pas le dixième de celle des Quatre Filles du docteur March (1994), souffrant entre autres, d’une structure narrative compliquée. La réalisatrice Greta Gerwig a fait le choix d’une chronologie non linéaire mais son exécution terriblement maladroite vient nuire à la lecture de l’histoire, évoquant davantage un effet volontaire un brin prétentieux qu’une véritable démarche artistique logique. Le film se dote cependant d’une assez belle photographie malgré un travail de la lumière peut-être un peu trop moderne pour retranscrire l’ambiance de l’époque (guerre de Sécession) et d’une bande originale composée par Alexandre Desplat, surprenamment oubliable.

Dommage car il semble évident que Greta Gerwig a mis du coeur à son ouvrage, parfois perceptible dans certaines scènes aux échos hautement symboliques. Sans grande envergure du côté de la réalisation, l’intention reste néanmoins lipide quand il s’agit de rendre vivante, au sens premier du terme, la dynamique entre les soeurs, tout en respectant leurs individualités. En résulte parfois des échanges cacophoniques presque pénibles, mais criants de cette volonté de montrer la vie, l’énergie, la personnalité qui bouillonnent et s’échappent sans retenue (ou si peu) de ces quatre filles. En résulte malheureusement une forme de frénésie fatigante, qui vient desservir certains personnages par manque de souffle, un comble quand à mi-parcours Les Filles du Docteur March s’enlise dans une lenteur interminable.

Il est cependant certaines qualités indiscutables, à commencer par le jeu de Saoirse Ronan qui crève l’écran (à nouveau) dans le rôle de la fougueuse Jo, bénéficiant d’une (ré)écriture du personnage semblable à une déclaration d’amour. Elle est également fidèlement secondée par un très bon Timothée Chalamet et une Meryl Streep en Tante March plus drôle que jamais, avec un je-ne-sais-quoi de Lady Violet Crawley (Maggie Smith dans Downton Abbey). Malheureusement, certains protagonistes peinent à trouver leur place, le plus gros point noir étant le jeu de Florence Pugh, très juste quand elle incarne une Amy adulte mais catastrophique dans sa version plus jeune. Les caprices de la benjamine des March s’expliquent notamment par son âge, ce qui participe à la rendre attachante et excusable car son évolution est bien plus visible que chez ses ainées. Mais toutes les tresses du monde ne suffiront pas à faire passer une actrice de 23 ans pour une enfant de 12 ans et celle-ci est tout simplement insupportable en caricature de préadolescente !

Les Filles du Docteur March n’en reste pas moins une jolie fable mais ne marquera pas le cinéma de son empreinte, son affiche accrocheuse ne suffisant pas à lui donner l’essentiel du roman : une âme.


Réalisé par Greta Gerwig
Avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Laura Dern, Timothée Chalamet, Meryl Streep etc.
USA – Drame
Sortie en salle : 1 janvier 2020
Durée : 2h 14 min 

The Witcher, un sorceleur sur Netflix

Game one

Kezako ?

Le sorceleur Geralt, un chasseur de monstres mutant, se bat pour trouver sa place dans un monde où les humains se révèlent souvent plus vicieux que les bêtes.

La critique d’Eugénie – 6/10

Netflix tente de s’engouffrer dans la brèche laissée par la fin de Game of Thrones et de couronner un nouveau roi des séries. S’emparant d’un succès de l’heroic fantasy, la saga polonaise du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski, mondialement popularisée par la franchise des jeux vidéo The Witcher (dont l’excellent Wild Hunt), la série n’a pas l’envergure de ses modèles… pour l’heure.

De fait, toute comparaison avec le Trône de Fer serait superflue. Geralt de Riv, Sorceleur de son état, évolue certes dans un univers médiéval, remplit d’un bestiaire imaginaire dont des dragons, mais celui-ci est en un sens plus simple qu’à Westeros. Les intrigues politiques y sont moins denses et ne mènent pas le jeu. Dans un style propre à la dark fantasy, le maitre mot de The Witcher est avant tout le « destin », notion que la série retranscrit avec une certaine maladresse.

L’univers rend pourtant assez bien et la musique est plutôt réussie même si son côté anachronique peut perturber au début. Le problème de ce Witcher vient alors peut-être de ses ambitions. D’une part car les moyens ont du mal à suivre. Les FX sont très inégaux, sauf sur la Strige, mais le plus problématique est indéniablement sa construction qui cherche à compliquer les temporalités… N’est pas Westworld qui veut ! La chronologie n’apporte ici rien à la série, elle ne fait pas figure de révélation pour comprendre l’intrigue, au contraire, elle l’embrouille, car on ne voit pas d’évolution même sur les personnages censés vieillir. L’histoire s’articule néanmoins logiquement autour de la trame de Ciri, ce qui pose un gros problème car son axe est de loin le moins intéressant. Immobile, par trop cryptique, certains passages sont même carrément loupés (la forêt de Brokilone). D’autant plus dommage qu’il y avait du potentiel, surtout quand on voit ce que le show a su faire du passé de Yennefer.
Au final, ce qui coute le plus à The Witcher c’est peut être son pilote. L’impact de la relation avec Renfri y est inexistant et la chute de Cintra imposé dès l’ouverture entrave la storyline de Ciri. Dommage que la « vraie » première rencontre entre la jeune princesse et Geralt n’est pas été adapté des livres car elle aurait donné plus de sens à la révélation du « droit de surprise » ainsi qu’à la chute du pays, tout en renforçant la scène finale.

Cette première saison amène pourtant de bons arguments à commencer par son casting, non seulement efficace mais aussi fidèle aux personnages des romans (pas forcément physiquement), tant dans leurs subtilités que leurs traits les plus caricaturaux. Et oui, Henri Cavill fait un bon Geralt ! Grognon, sauvage, sensible, drôle, même ses grognements répétitifs participent à donner vie au caractère du White Wolf bien connu des lecteurs et des joueurs. Si la performance ne se hissera pas au niveau des Golden Globes (loin s’en faut), impossible de ne pas reconnaitre l’investissement de l’acteur dans le rôle, ne serait-ce que dans les scènes de combats, très bien chorégraphiées. Yennefer et Ciri, respectivement interprétées par Anya Chalotra et Freya Allan sont elles aussi tout à fait à la hauteur, tout comme Joey Batey qui joue Jasquier. On a même quelques fulgurances chez des personnages secondaires, notamment la Reine Calante et Tissaia.

Une fois n’est pas coutume, il faudra attendre la saison 2 pour voir si The Witcher a les capacités pour relever les défis à venir, car ce premier jet ressemble au final à une longue introduction. Peut mieux faire !


Créé par Lauren Schmidt Hissrich
Avec
Henry Cavill, Anya Chalotra, Freya Allan, Joey Batey…
USA, Pologne – Dark fantasy
Saison 1 (8 épisodes) diffusée depuis le 20 décembre 2019
Durée par épisode : 47–67 minutes

Star Wars IX – Ascension de Skywalker ou échec d’une postologie ?

Star Tours

Kezako ?

Environ un an après la mort de Luke Skywalker, la Résistance tente de survivre face au Premier Ordre, désormais mené par un nouveau Suprême Leader, Kylo Ren. Une rumeur agite cependant toute la galaxie : l’Empereur Palpatine serait de retour ! Tandis que Rey s’entraîne sous la houlette de la Générale Leia Organa, Kylo Ren cherche à défier Palpatine, qu’il considère comme une menace à son pouvoir.

La critique d’Eugénie – 3/10

L’épopée des Skywalker dans Star Wars s’achève avec un épilogue qui ne manquera pas une fois encore de diviser les fans. Le problème étant que, dans le cadre de la saga et notamment de cette dernière trilogie, il est impossible de juger cet épisode sans prendre en compte les numéros 7 et 8, car toutes les erreurs de cet ultime opus sont liées aux propositions déjà bancales (et contradictoires) de deux précédents. Alors que ceux qui n’ont pas encore vu le film, et qui souhaitent en conserver les surprises, passent leur chemin… parce que ça va méchamment spoiler !  

Cette conclusion est à l’image de toute la postologie : un projet dénué de direction artistique et scénaristique qui n’a eu de cesse d’être maltraité par les pontes capitalistes de chez Disney. La firme s’est empressée d’annoncer une nouvelle série de longs-métrages pour justifier son rachat de Lucasfilm, commentant dès lors sa première grosse erreur stratégique en jetant aux oubliettes tout l’univers étendu, très apprécié des fans, pour tenter d’imposer sa propre mythologie. Exit donc la fratrie des Solo (composé des jumeaux Jacen et Jaina et du petit Anakin) et le fils de Luke (Ben Skywalker), on efface tout et on recommence… mais pour aller où ?! Au crépuscule de la saga, il paraît plus évident que jamais qu’elle n’avait pas été réfléchie comme telle en amont ! Mickey est passé du côté obscur ! Sans anticipation ni cohérence d’ensemble, la postologie peut se résumer à une guéguerre de réalisateurs qui n’ont cessé de se faire des doigts d’honneur par écran interposé.

Ainsi, J.J. Abrams proposait avec Le Réveil de la Force un plagiat assez honteux de l’épisode 4, sous couvert d’hommage et d’ode à la nostalgie (à ce compte-là je veux bien écrire une saga de livre sur un sorcier du nom de Larry Hotter moi !) et qui prenait déjà des libertés problématiques avec l’univers, notamment en gavant la Force (et Rey) de stéroïdes.
L’épisode 8, Les Derniers Jedis, a violemment divisé les fans. Déséquilibré, d’une lenteur à la frontière de l’ennui par instants et maladroit dans certains choix scénaristiques (la mort prématurée de Snoke entre autres), il reste probablement le plus courageux de cette dernière trilogie. L’appréciation reste certes subjective mais il faut rendre à Ryan Johnson ses mérites : il a pris des risques ! En dehors de proposer le volet le plus abouti visuellement de toute la saga (paye ta photographie), il est le seul à avoir tenté de réinventer la franchise, tant dans son esthétisme que ses thématiques. Mais la tradition a eu raison de l’innovation et Mickey paniqué a préféré rappeler Abrams pour la conclusion.
Et c’est sur les cadavres encore fumants du Disney Star Wars Universe que notre yes man du jour a dû se pencher pour tenter de proposer une fin acceptable à cet échec artistique. Mais pas question de prendre la suite de Johnson, ah ça non alors ! J.J. pas aimer le scénario de Ryan, tout pourri l’épisode 8, J.J. veut faire sa fin à lui donc aux chiottes l’épisode 8, NA ! Bon je schématique, mais cette impression de rétropédalage forcé ne nous lâche pas de tout le film et ruine une bonne partie de l’expérience.

Alors, sans autre forme d’excuse, désavouons toutes les propositions de copain Ryan. Bon déjà, Rey n’est pas la fille de personne, c’est une Palpatine (petite-fille) parce que le côté « démocratisation de la Force » c’est franchement un truc de démago ! Bon, en même temps, ils n’avaient qu’à pas lui filer les codes de triche de la Force dès l’épisode 7 s’ils ne voulaient pas que le public doute de l’origine de sa puissance !
Puis au diable la nouveauté, on va reprendre une structure qui marche. Donc dans la trilogie originale on avait l’Étoile Noire à détruire dans le premier opus, un interlude dans le suivant et l’Étoile de la Mort dans le final. Bah dans la postologie on va faire tout pareil ! Ça sera Starkiller à détruire, un autre interlude, et on finit avec une MEGA FLOTTE DE CROISEURS INTERSTELLAIRES DE LA MORT QUI PEUVENT TOUS DÉTRUIRE DES PLANÈTES (qui a dit surenchère ?) ! Puis nota bene à l’intention de l’Empire/Premier Ordre : faut vraiment revoir vos protocoles de sécurité les gars ! Nan parce que le principe du mcguffin tout con à faire sauter pour gagner ça commence à se voir.

Le film ne cesse d’accumuler les errances et les incohérences scénaristiques, prisonnier des vestiges des numéros 7 et 8 et de contraintes plus techniques. Ainsi, l’intrigue articulée autour de Leia est maladroite, le réalisateur ayant choisi d’utiliser le peu de plans qu’avait déjà tourné la regrettée Carrie Fisher plutôt que d’en rajouter en CGI. L’hommage est certes beau, mais le film en souffre. Le long-métrage accuse ainsi une première moitié assez poussive, qui peine à instaurer une tension, à tel point qu’il se voit forcé de faire ce qui aurait dû être l’une de ses grandes révélations dans le prologue déroulant : Les morts parlent, Palpatine est de retour !
Bon déjà, quand une saga est obligée de ressusciter son grand méchant faute d’enjeux et d’antagonistes intéressants, bah ça pue des pieds… Bingo ! Les explications sont capillotractées et les inepties s’accumulent… Elles étaient où avant les groupies de l’Empereur qui le regardent crever pépouzes ? Et WTF avec la Force, c’est pas Harry Potter ici ! Une dyade ?! Mais d’où ça sort ça ? Puis tant qu’à faire, on rejoue une fois encore la carte du plagiat, cette fois-ci de l’épisode 6 : le héros en proie à la tentation du côté obscur assiste impuissant à la destruction de la flotte rebelle et à la mort héroïque d’un ancien ennemi !
Alors, n’ôtons pas toutes les qualités de ce final, le dernier arc du film (come back to Endor !) offre de très belles scènes d’action et donne la mesure du grand spectacle, mais il vient également amoindrir le message du Retour du Jedi et le sacrifice/rédemption de Vador/Anakin. La prophétie de l’élu était donc bel et bien incomplète puisque le premier des Skywalker aura au final « rétabli l’équilibre dans la Force mais genre pour un temps seulement hein, avant qu’un autre ne vienne VRAIMENT rétablir l’équilibre » (c’est moins classe tout de suite).
Malgré quelques pertes prévisibles, cette conclusion manque également de conséquences dramatiques puisque même la mémoire de C3PO y aura survécu. Le seul moment d’émotion du film aura donc été la réaction de Chewbacca à la mort de Leia… un peu light pour un épilogue.

Côté développements de personnages, on n’est pas vraiment mieux servi. Toujours soucieux de cracher sur le matériel de Ryan Johnson, J.J. Abrams occulte complétement le personnage de Rose pour mieux introduire quelques éléments secondaires franchement dispensables (sauf Babu Frik ), quand le personnage de Finn peine à trouver une place autre que le petit toutou obéissant de Rey. Un beau gâchis pour le déserteur stormtrooper. À la place, le réalisateur tente de ressortir le joker « nostalgie », parfois bien dosé quand il se retrouve dans les décors et les costumes des extraterrestres, délicieusement rétro, et parfois complètement à côté de la plaque quand il ramène un personnage sans raison et sans place narrative. Merci Lando Calrissian d’être passé faire coucou pour le fan service, mais si c’est juste pour faire la promo de ta série, ça n’était pas nécessaire.

Seul développement intéressant, la relation entre Kylo Ren et Rey reste la mieux construite de la postologie, le jeune Ben Solo s’offrant même une belle progression de personnage, passant du gamin tête à claques du septième opus à un antagoniste enfin plus profond. Bon par contre pour les Chevaliers de Ren, on reste dans le domaine de la blague – ou de l’arnaque, ça dépend des points de vue.

Star Wars: The Rise of Skywalker est de toute évidence un film qui convaincra moins par la construction de son scénario que par son ambition spectaculaire et il comporte en ce sens de bons arguments même si l’ensemble est moins soigné que l’épisode 8. Par instants, le film semble presque avoir été pensé pour mieux s’adapter à l’attraction Star Tours de Disneyland. À l’image du Faucon Millenium faisant des « ricochets » dans l’hyperespace, le long métrage passe d’une planète à l’autre avec une frénésie déconcertante. Plus aucun temps n’est consacré au voyage et si peu aux lieux quand ils ne sont pas les théâtres d’une bataille, à l’exception d’un détour par le festival Burning Man.

Mickey se l’est joué Picsou, il a vu une trop belle occasion de se faire une grosse masse de billets tout en renforçant un peu plus son emprise sur le domaine de l’Entertainment (ouais, en fait Palpatine est une souris) et a hâté les productions de projets ô combien houleux (Rogue One, Solo etc.) tout en se contentant de rafistolage d’un film à l’autre au gré des critiques des fans. Résultat ? Rarement saga aura eu un tel gout d’opportunisme !


Réalisé par J.J. Abrams
Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac, John Boyega etc.
USA – Science-fiction
Sortie en salle : 18 décembre 2019
Durée : 2h 22 min 

L’effondrement – série Canal +

Kezako ? 

Huit épisodes décryptent les prémisses de l’effondrement de notre civilisation.  Huit destins de français cherchant à survivre…

La critique de Marcellin – 8/10

« L’effondrement » fait du bien à l’âme. Cette série nous rassure quant à la faculté des frenchies à réaliser des produits redoutables pour le petit écran. Le pitch est simple : l’effondrement très imminent de la France telle que nous la connaissons.

Avec une approche ultra réaliste, la série arrive par sa structure minimaliste à nous libérer un sentiment oppressant. Et pour sûr, cette dystopie se contente simplement d’imaginer quelles seraient nos réactions face à la catastrophe. L’éthique, la solidarité et la morale sont donc mises à mal par la nécessité propre à chacun de survivre au sein du chaos. Les relations humaines reviennent à l’âge de pierre, car tout ce qui construit notre civilisation depuis des siècles, s’évapore en quelques jours. Des dilemmes naissent en même temps que le monde s’effondre et que leurs vies basculent. La force de ces histoires réside dans le fait qu’elles sont liées, même si chacun dessine sa route dans un parcours semé de troubles, les destins se lient et se délient.
Cette palette d’expériences modélise un ensemble d’une tension incroyable, car se contentant de livrer au spectateur un plan séquence maîtrisé d’une vingtaine de minutes. Que s’est-il passé entre ce laps de temps ? Nous l’ignorons, nous ne pouvons que l’imaginer…

Le questionnement adressé au spectateur est très intéressant; quel comportement adopterez vous ? Serez vous l’égoïste, l’opportuniste, le bienveillant, le solidaire ?
Des comportements bestiaux vont se mêler à des bribes d’espoir, nous laissant sceptique après le visionnage de cette captivante série.

Canal+ maintient sa position de créateur original avec cette pépite survivaliste. Au plus proche de notre actualité, entre grèves, revendications, colère et soulèvement, nous nous approchons dangereusement de ces morceaux de vies portés à l’écran.

Quelle sera votre histoire ?

De  Guillaume Desjardins, Jérémy Bernard, Bastien Ughetto
Avec Gabriel Mirété, Lubna Azabal, Catherine Salviat, Audrey Fleurot
France – Drame
Sortie : Novembre 2019
Durée : 8 épisodes de 20 minutes

Mrs. Maisel, toujours fabuleuse dans sa saison 3

Maiselicious !

Kezako ?

Midge et Susie découvrent les réalités de la vie en tournée avec Shy. Cette vie de stars est aussi glamour que pleine de désillusions et elles vont en apprendre beaucoup sur le monde du show-business lors de cette aventure. Joël lutte pour soutenir Midge tout en poursuivant ses propres rêves. Abe se lance dans une nouvelle mission et Rose se découvre de nouveaux talents.

La critique d’Eugénie – 8/10

Midge Maisel, la plus dégantée des housewives made in fifties, est de retour pour une saison 3 un brin plus artificielle que les précédentes, mais toujours aussi délicieusement rafraîchissante.

Lentement mais surement, la jeune humoriste se fraye un chemin dans le milieu du stand-up. Fini les petits bars miteux du tout New-York, la voilà en tournée à travers les États-Unis pour se faire la main sur de nouveaux publics. Les séquences de Midge sur scène demeurent d’ailleurs les plus drôles de la série, avec une petite évolution notable dans l’humour : un peu moins ancré dans son époque et donc plus accessible.

Quant aux dialogues, point fort du show depuis ses débuts, ils se révèlent toujours aussi décalés et désopilants.
Petit bémol cependant sur le côté burlesque (voire frappadingue) des familles Weissman/Maisel, qui cette année ont placé le curseur de la farce un peu trop haut, perdant de fait en subtilité. Ce qui relevait de légers traits d’absurdité dans les premières saisons devient ici un véritable let motiv et perd de sa saveur à force de répétition, quand il ne frôle pas par instants l’excès caricatural.

Petits déséquilibres également dans les traitements des personnages secondaires. Les parents Abe et Rose se voient ainsi consacrer beaucoup de temps d’écran malgré leur quasi-absence d’intrigue (en dehors du ressort comique) quand d’autres protagonistes, comme le chanteur Shy Baldwin et son manager ou encore Lenny Bruce, en auraient mérité davantage.

Mrs. Maisel est une surprise sériephile que personne n’avait vu venir et qui a transformé l’essai avec succès en saison 2. Il semblerait cependant, à l’aune des derniers épisodes de la troisième, que la série commence à piétiner. Soyons claires, la formule du « un pas en avant pour deux en arrière » ne pourra pas durer éternellement, le show devra commencer à aller vraiment de l’avant s’il ne veut pas se perdre (et nous aussi).

Avec un casting toujours excellent et un univers délicieusement rétro, des costumes aux décors en passant par l’excellente bande originale, The Marvelous Mrs. Maisel est une série doudou qui  se savoure comme une friandise… mais gare à l’excès de sucre quand même !


Créé par Amy Sherman-Palladino
Avec Rachel Brosnahan, Alex Borstein, Michael Zegen, Marin Hinkle, Tony Shalhoub

USA – Comédie
Saison 3 (8 épisodes) diffusée depuis le 6 décembre 2019
Durée par épisode : 48–76 minutes

The Crown, une saison 3 en demie-teinte

« Qu’il est difficiiile d’être le Roi de la France » (ou la Reine d’Angleterre en l’occurrence)

Kezako ?

Grande-Bretagne, de 1964 à 1972. La Reine Elisabeyh II fait face à des événements majeurs de l’histoire britannique comme l’affaire de Princesse Margaret avec Roddy Llewellyn. Elle voit l’ascension politique de Margaret Thatcher et l’introduction de Camilla Parker Bowles dans la vie de son fils, Charles.

La critique d’Eugénie – 7/10

La sérié événement multi primée de Netflix revient pour une saison 3 avec de nouvelles têtes. Plutôt que de dépenser des millions en maquillage et CGI pour faire vieillir ses acteurs, Netflix a opté pour la refonte complète de son casting, ajoutant au passage quelques beaux noms à sa déjà prestigieuse liste. L’actrice oscarisée pour La Favorite, Olivia Colman, a ainsi rejoint l’équipe en reprenant le rôle d’Elizabeth II, précédemment tenu par Claire Foy. Le temps a bien sûr fait perdre sa « fraîcheur » au personnage, mais la direction d’acteur a également endurci le rôle, peut-être un peu trop car la froideur manifeste de la reine diminue grandement l’empathie que l’on ressentait pour elle. Étrangement, la fenêtre ouverte sur la vie de la famille royale d’Angleterre dans les deux premières saisons avait permis d’humaniser ceux que les Anglais appellent « The Firm ». Cette suite vient y ajouter des barreaux ! Elle enferme à nouveau les protagonistes dans une prison dorée, d’apparence et de faux-semblant, et réinstaure le sentiment de rigidité que le public connaissait déjà.

Cette nouvelle saison s’accompagne également d’une écriture plus déliée, et si les épisodes peuvent presque se consulter dans le désordre, il en résulte un manque de suspens sur le long terme (à l’échelle d’une série) qui peut impacter l’envie même de voir la suite.
Un problème également intrinsèque à chaque épisode, puisque tous ne présentent pas le même niveau d’intérêt, notamment le premier qui ne constitue pas une très bonne entrée en matière de par son rythme excessivement lent. Heureusement, quelques-uns se démarquent du lot, notamment ceux accès autour de la Princesse Margaret, incarnée ici par Helena Bonham Carter.

Bien que toujours hautement qualitative tant au niveau des décors et des costumes que du jeu des acteurs, cette saison 3 ne remplit pas toutes ses promesses et il faudra attendre la quatrième, et l’arrivée tant attendue de Diana, pour redonner un peu de peps et, disons-le, de drama à la série.


Créé par Peter Morgan
Avec Olivia Colman, Tobias Menzies, Helena Bonham Carter, Jason Watkins, 

Erin Doherty, Josh O’Connor…
USA, UK – Drame, Biopic
Saison 3 (10 épisodes) diffusée depuis le 13 novembre 2019
Durée par épisode : 47–59 minutes

Les Misérables

« L’âme ne se rend pas au désespoir sans avoir épuisé toutes les illusions »

Kezako ?

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

La critique d’Eugénie – 9/10
♥ Coup de cœur

Pour beaucoup, la fiction est la voie du merveilleux. Une échappatoire du réel aussi miraculeusement superficiel que substantiellement vital à l’esprit, à sa construction, sa forme, sa santé, son évolution. Et parfois, une oeuvre de « fiction » va aller chercher le réalisme, sans concessions ni enrobage, non pas pour inspirer mais pour réveiller… quitte à être brutale. C’est ainsi que Ladj Ly délivre plus qu’un grand film, mais une véritable bombe dans le cinéma français ; personne ne s’y attendait et peu pourront l’éviter.

Les Misérables est par ailleurs un film tout ce qu’il y a de plus recherché dans ses références. Si Victor Hugo est tragiquement présent, car toujours d’actualité, à chaque plan – on y voit certes Gavroche mais tout autant la Cour des Miracles – le point de vue de Stéphane, policier de Cherbourg qui débarque stupéfiait dans le quotidien de la BAC à Montfermeil, fait appel lui autant à Candide qu’à l’Ingénu. Et pourtant, le film de Ladj Ly n’a en un sens rien de « fictionnel », car même s’il prend la structure d’un récit, il est dépourvu de certains des éléments de lecture classique. À commencer par une forme de manichéisme primaire, pas nécessairement néfaste, mais qui permet souvent de donner une direction à l’histoire, soit pour en orienter la « morale », soit par simple empathie avec les personnages mais qui nous incite presque toujours à choisir un « camp ». Le réalisateur fait le choix conscient de se départir de toute binarité et le résultat n’en est que plus terrifiant. Car sans notion, même minime, du bien et du mal, quand tous les points de vues sont compréhensibles sans forcément être légitimes et que ni la loi ni la justice ne font plus sens, il n’y a simplement pas d’issu. Ces personnages tous imparfaits, tous isolés, tous insatisfaits sont dans l’impasse, et face au mur l’espoir meurt, ne survit que la rage… et le désespoir !
Peut être est-ce là que réside le thème du long métrage… Plus que des « Misérables », le film parle davantage des « Désespérés » et désespère par la réalité qu’il présente, d’autant plus qu’il ne juge pas, il ne fait que constater.

Ladj Ly signe une oeuvre qui soigne autant la forme que le fond. Suffisamment subtile pour induire le propos sans pédagogie obséquieuse et abêtissante, il accorde du temps à ses personnages pour en dresser un portrait complet, traduisant son attachement au sujet. Le dernier tiers s’emballe crescendo dans un déferlement de violence qui laisse le spectateur épuisé, autant physiquement qu’émotionnellement et qui offre un contrepoint dramatique à sa scène d’ouverture. Plus qu’un film puissant, un film important !


Réalisé par Ladj Ly
Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga etc.
France – Policier, Drame
Sortie en salle : 20 novembre 2019
Durée : 1h 42 min 

La Reine des neiges II

Some things never change…

Kezako ?

Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire. 

La critique d’Eugénie – 7/10

Dans le monde des euphémismes, on aurait pu dire que la suite du carton planétaire La Reine des Neiges était simplement attendue…
Évidemment, le succès du nouveau poulain de l’écurie de Mickey ne fait aucun doute, tout comme celui des psychologues qui voient leurs agendas se remplirent de parents au bord de la dépression à l’idée de revivre le même cauchemar musical qu’en 2013. Spoiler alert, si aucune chanson n’a le potentiel (prise de tête) de « Libérée, Délivrée », ne vous faites pas d’illusion : vous allez quand même en bouffer, des vocalises !

Mais qu’attendre de l’histoire ? Historiquement, les suites des classiques d’animation Disney n’ont jamais atteint la cheville de leurs modèles, reléguées au direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens) un peu foireux qu’on préférait parfois carrément oublier. Si la firme s’est récemment confrontée à l’exercice avec Les Mondes de Ralph 2.0, seuls Pixar, et Dreamworks chez la concurrence, ont jamais réussi à fournir des suites de qualité égale, voire parfois même supérieure à celle de l’oeuvre originale (Toy Story 3, Shrek 2 etc.).
N’ayant jamais caché mon désamour pour le premier volet, je partais avec l’avantage de ne rien attendre de ce deuxième opus.
Il faut reconnaitre que le coup de génie de Frozen 2 est (marketing) d’avoir joué la carte du mystère sur son intrigue, portée notamment par un incroyable trailer d’Elsa bravant les vagues. Seul bémol de cette communication, les extraits ont dévoilé d’emblée la piètre traduction des dialogues, qui ont adapté « permafrost » – pour expliquer la nouvelle condition du bonhomme de neige Olaf (exit le nuage) – en « nappe givrée » ! Faut croire que le public français est trop con ignare pour certains termes… 

Malheureusement, l’effet de surprise s’efface assez vite à mesure que l’on entre dans une valse répétition. Les scènes musicales notamment, s’enchainent avec un franc air de déjà-vu, tant du côté des mélodies que sur les thématiques et les fonctions : la chanson d’introduction sur fond d’ellipse temporelle, celle de l’état des lieux physique et émotionnel des personnages, le thème rigolo d’Olaf, le chant de la « Libération » etc.
Cela dit, l’ensemble est plutôt plus harmonieux que pour le premier Reine des Neiges, (même si une fois encore complètement calibré pour une adaptation live à Broadway), avec quelques pépites qui mériteraient d’être davantage mise en avant, notamment « Show Yourself » et la très belle berceuse d’ouverture.

S’il est dommage qu’à peine dévoilée, l’intrigue en devienne si évidement prévisible, le voyage reste sympathique, notamment grâce au bonhomme de neige Olaf, bien plus drôle et moins énervant que dans le dernier film.
On déplore cependant un traitement assez inégal des personnages, dont une flopée de petits nouveaux complément dispensables (sauf la salamandre) mais également Kristoff qui disparaît un bon moment et souffre d’une blague trop longue avec une chanson parodique qui, même si elle fait sourire les adultes quelques secondes, nous sort un peu du film.
En parlant de rupture, certaines transitions un brin bâclées participent à donner au long métrage un air d’inachevé, en dépit de sa très haute qualité esthétique : les décors sont splendides et la scène en Mer du Nord juste dingue (joli clin d’oeil à Superman et à la forteresse de solitude au passage) ! Malheureusement pour moi, la virtuosité des animateurs n’arrive pas à me faire oublier la direction artistique des personnages qui me posait déjà un gros problème il y a six ans… Elsa et Anna, en dépit de leur maturité nouvelle, ont toujours un look de poupée Bratz limite vulgaire, contrastant avec la subtilité de leurs expressions ! D’ailleurs, il semblerait qu’à l’instar d’un téléfilm Barbie, Elsa gagne désormais une nouvelle robe magique en récompense pour chaque niveau passé… Cet esthétisme très exagéré contraste d’autant plus avec le réalisme apporté aux autres personnages, notamment masculins, auprès desquels les deux soeurs et leurs yeux surdimensionnés prennent un aspect grossier, presque caricatural.

Divertissant, le film aurait cependant eu plus sa place sur la plateforme Disney + car pour un classique de l’animation, il est à l’instar de Ralph 2.0 assez pauvre sur le plan de « l’iconique ». Disney joue et rejoue la carte du déja-vu sans n’avoir rien proposé d’original depuis Vaina et cela commence à être lassant… C’est beau de chanter que « some things never change », mais là, il nous faut du changement !


Réalisé par Jennifer Lee, Chris Buck
VO : Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad…
VF : Emmylou Homs, Charlotte Hervieux, Donald Reignoux, Dany Boon…
USA – Animation
Sortie en salle : 20 novembre 2019
Durée : 1h 44min

Trois idées de films pour Halloween

Alors prêts à frissonner ?
La nuit d’Halloween se profile de manière très diverse. Certains préfèrent s’enivrer jusqu’à l’aube, célébrant la vie autant que la mort. D’autres, plus petits (mais aussi les plus grands), se donneront une bonne occasion d’aller augmenter un peu leur taux de sucre en frappant aux portes. Mais quoi de plus délectable qu’une occasion de voir (ou revoir) des films cultes en se goinfrant de pop corn et de bonbons volés aux petits enfants?

Voici trois idées sorties du chapeau de Marcellin :

A Nightmare on Elm Street

États-Unis, 1984
De Wes Craven
Avec : Ronee Blaklay, Johnny Depp, Robert Englund

Le slasher movie est désormais une épreuve de passage pour toutes les nuits sombres d’Halloween. Véritables icônes, ces tueurs sont les symboles intemporels du frisson jouissif que l’on adore s’imposer au cinéma. Freddy est sans doute celui qui m’a le plus marqué. Pour une bonne raison : un tueur pervers qui s’immisce dans nos rêves, comment y échapper ?
Pour tous ceux qui ont connu la paralysie du sommeil, c’est un véritable enfer que de se trouver dépourvu de toute capacité d’évasion. La force de ce film est dans sa manière subtile d’amener l’angoisse au spectateur. Il y a « peu » de meurtres et pas d’abus de tripes et bouts humains en tout genre. Certes le sang coule à flot, mais c’est bien plus dans sa manière de nous questionner que Craven parvient à nous angoisser. Peut-on survivre à son propre rêve ? Je vous laisse le découvrir…

Don’t breathe

Etats-Unis, 2017
Réalisé par Fede Alvarez
Avec Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette

Allez, je triche me direz vous, j’ai déjà critiqué le film d’Alvarez. Certes, mais je ne peux pas m’empêcher de mettre ce chef d’oeuvre dans cette liste.
Le réalisateur tient le pari d’un bon film pour Halloween : celui d’un huis clos infernal, baignant dans le noir et le silence. La terreur qui nous envahit à chaque tentative de survie des protagonistes nous monte au nez, nous surprend même dans le malaise qu’elle instaure. Tandis que nous trépignons sur nos chaises, les trois protagonistes feront face à leur propre sort !
Le film est surtout doté d’une esthétique incroyable, nous faisant évoluer dans une ville décharnée qui est malheureusement très contemporaine. Et si finalement la menace la plus intense ne résidait pas dans les rues, mais entre quatre murs d’une prison qu’ils ont choisi de pénétrer ?

Halloween, la nuit des masques

Etats-Unis, 1978
De John Carpenter
Avec : Jamie Lee Curtis

Culte vous avez dit culte? Halloween, la nuit des masques est LE film à voir pour faire honneur à ce terme le soir du 31.
Une histoire simple, mais outrageusement efficace, d’un tueur qui se balade pour exterminer des ados. Mais attention, Michael Myers est un inconnu tout le long de l’histoire, et c’est là où le film diffuse tout son aura. Celle d’un long métrage mesurée, calibré au millimètre. Suivre le périple d’un psychopathe impossible à tuer, les essoufflements de ses victimes, la présence fantomatique de Myers, tout est réuni pour passer un moment d’angoisse absolument délicieux.

Joyeux Halloween les petits monstres !

Résultat de recherche d'images pour "citrouille gif"

 

Et tout le monde s’en fout (pas !) – le spectacle

Le meilleur des mondes ?

Kezako ?

Quand un Youtubeur décalé décide de vous envoyer en séminaire pour la reconstruction du monde ça donne « Et tout le monde s’en fout : le spectacle » !

La critique d’Eugénie – 8/10

Le jeudi 10 octobre – Si vous ne connaissez pas la chaîne Et tout le monde s’en fout, déjà vous passez à côté d’un excellent divertissement made in Youtube. Grinçant, insolent et ironique à souhait, les épisodes abordent tout à tour des sujets de société ou de développement personnel, chiffres à l’appui, avec beaucoup d’humour et de recul. La condescendance assumée du personnage de Lexa (palindrome de celui du comédien qui se dissimule sous cette capuche) en fait un ressort comique délicieux qui permet de faire passer certaines pilules pour le moins amères sans en diminuer le sens. Et tout le monde s’en fout fait assurément rire, et surtout réfléchir ! Les vidéos plantent des graines de réflexion qui l’air de rien, viennent germer dans les esprits avec le temps.

Mais une question me taraudait à l’annonce du spectacle : quelle pourrait bien être la valeur ajoutée d’un live show quand la chaîne en dit déjà tellement ? C’est cette curiosité emprunte de scepticisme m’a poussée à me rendre le 10 octobre pour la première à la Comédie Des Boulevards (ça et le prix très abordable). Et si j’étais sûre de m’y retrouver tant dans l’humour que dans le propos de fond, je ne m’attendais vraiment pas ce niveau d’intelligence scénique et encore moins à rire autant !

Confiné dans l’intimité d’une petite salle, le comédien Axel Lattuada excelle dans l’interaction avec le public, à mille lieues de la présumée misanthropie de son personnage. Le postulat fataliste et critique de départ se révèle progressivement être un témoignage humaniste : notre monde actuel est pourri, alors repartons de zéro et prenons le temps d’un spectacle pour réapprendre les bases ! À commencer par nos relations : avec le monde, avec les autres et en premier lieu avec nous-même.
La représentation a beau se décrire comme un « séminaire », elle traduit les accents de la « thérapie » collective par son approche bienveillante et profondément humaine, à peine voilée par l’acidité de son humour.
Une seule question s’impose à la fin du spectacle : peut-on encore vraiment continuer à s’en foutre ?

Si vous souhaitez vous aussi moins vous en foutre, n’hésitez pas à découvrir la chaîne Youtube ICI ou à prendre vos places pour le spectacle ICI.

par Eugénie


Écrit par : Fabrice de Boni, Marc de Boni et Axel Lattuada
Mise en scène : Fabrice de Boni
Avec : Axel Lattuada
Durée du spectacle : 1h10

Quand L3X@, héros de la série « Et tout le monde s’en fout » décide de vous envoyer en séminaire pour la reconstruction du monde ; cela donne un spectacle pédago-déjanté, fun et philosophique.

À force de s’en foutre nous y voici : le fond du gouffre ! Et ça, L3X@, héros de la série « Et tout le monde s’en fout », ne s’en fout pas ! Parce que même si on ne peut pas empêcher le monde de partir en sucette, on peut au moins s’y préparer et envisager la suite. Et quoi de mieux pour ça, qu’un petit séminaire d’entraînement express ? Quand une civilisation s’effrite, comment apprendre de nos erreurs pour ne pas les répéter ?

Armé de son humour et de sa condescendance légendaire, L3X@ a décidé de VOUS former dès maintenant, histoire de construire autre chose qu’une société qui court très vite, les yeux bandés, dans une forêt !