Sully

Réalisé par Clint Eastwood
Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart
Etats-Unis – Biopic/Drame
Sortie en salle : 23 Mars 2016
Durée : 96 min

Kezako ?

L’histoire vraie du pilote d’US Airways qui sauva ses passagers en amerrissant sur l’Hudson en 2009.

La critique d’Eugénie   –   2,5/5

Vous avez surement déjà connu cette situation… celle où une tierce personne vous demande votre opinion sur l’un de vos amis et que le seul adjectif qui vous vient à l’esprit est « gentil ». Pas drôle ou intelligent, ni beau, spirituel, intrépide ou charismatique… juste « gentil ».
« Sully » c’est exactement ça. Un film « gentil » qui raconte l’histoire d’un type « gentil »… et ça nous laisse franchement indifférent.

Connaître l’issue de l’histoire limite d’entrée les enjeux dramatiques… difficile de s’impliquer quand on anticipe un happy end. Le biopic restant fidèle à la réalité, seule la réalisation pouvait induire notre immersion.

Pour éviter tout rapprochement avec les films catastrophes, Clint Eastwood se montre économe en spectaculaire (et bâcle les quelques effets spéciaux). Exit le pathos, il opte pour un récit anachronique suivant les réflexions du capitaine Chesley Sullenberger.
Si la démarche est louable, le résultat interdit toute envolée épique et enferme le spectateur dans la passivité. La caméra passe d’un personnage à l’autre trop rapidement pour nous permettre de créer un lien empathique, l’action est trop propre pour susciter l’émoi devant le « miracle ». Résultat, tout semble trop facile ! On ne craint pas une seule fois pour la vie des passagers dans l’avion ou grelottant dans l’eau, on ne s’indigne pas du combat de Sully pour défendre son honneur, on n’éprouve aucune joie au dénouement… parce qu’on le connaît déjà.

Les figures héroïques sont récurrentes dans la filmographie d’Eastwood, et si Chris Kyle, le héros d’American Sniper avait divisé l’opinion en glorifiant un personnage moralement douteux, il soulevait une réflexion plus profonde sur les valeurs de l’héroïsme.  Sully au contraire, c’est le type lambda qui devient un héros sans l’avoir cherché et qui n’a rien à se reprocher. Et voilà que les méchantes assurances cherchent à prouver une erreur humaine (du reste elles font juste leur travail). Tom Hanks n’est ni meilleur ni moins bon que d’habitude mais son personnage est insipide car exempt de toute ambiguïté. On lui préférait presque son copilote interprété par Aaron Exkard qui a au moins le mérite de nous faire rire.

Pourtant le traitement du stress posttraumatique et du doute de soi offrait de belles opportunités. On aurait aimé croire davantage à un possible accès de mégalomanie poussant le commandant à tenter une manœuvre dangereuse, on voulait explorer plus loin la peur panique résiduelle à l’accident. Mais le film choisit ce moment pour rompre son vœu de sobriété et préfère ici la facilité à la subtilité : en jouant avec les alternatives de l’accident, il ravive le spectre du 11 septembre jusqu’à le matérialiser avec une phrase, au demeurant très drôle, « On n’est pas habitué aux histoires d’avion qui finissent bien, spécialement à New York ».

Le film se fourvoie du début à la fin, avec une morale démago qui sonne comme de la fausse modestie : il n’y a pas eu qu’un seul héros ce jour-là mais une centaine (secouristes, hôtesses, bla bla)… Mouais, enfin si chacun a pu jouer son rôle c’est bel et bien parce qu’une seule personne a réussi à poser ce fichu avion en premier lieu.

Le fin mot de l’histoire, c’est qu’en voulant rester neutre, Clint Eastwood réalise un très bon documentaire mais un mauvais long-métrage.

 

Batman vs Superman : Dawn of Justice

Réalisé par Zack Snyder
Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams, Jesse Eisenberg, Gal Gadot
Etats-Unis – Action – Science fiction
Sortie en salle : 23 Mars 2016
Durée : 151 min

La critique d’Eugénie   –   1/5

La genèse de la Justice League, censée propulser la franchise DC, s’écrase au sol avant même de prendre son envol !

Cette suite est tout simplement désastreuse, elle réitère et aggrave les erreurs de « Man of Steel » et n’exploite aucune des bonnes pistes introduites dans ce dernier.
Car à travers ce bric-à-brac de scènes maladroitement assemblées, on devine ce qu’aurait pu être la trame du film. On entrevoit même des éclats de génie à quelques occasions (scène du Capitole) ce qui renforce d’autant plus le sentiment de gâchis. L’absurdité du twist final restera d’ailleurs dans les annales comme étant à peu près aussi crédible que la mort de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises.

La maladresse de l’écriture se ressent partout, du développement de l’intrique à la caractérisation des personnages.
Jesse Eisenberg interprète correctement un Lex Luthor 2.0 cruellement incohérent et inintéressant. Ben Batman Affleck reste égal à lui-même : une moue lugubre scotchée au visage tout le long du film.
Pour le reste du cast, Cavill est moins bon que dans Man of Steel et Lois Lane beaucoup trop fleur bleue pour la célèbre reporter (plus proche de Lana Lang).
Bonne note cependant pour Gal Gadot qui illumine l’écran à chacune de ses apparitions, accompagnée du seul thème musical mémorable du film.

Du reste, la bande originale pompeuse et omniprésente supplante l’action au lieu de la transcender, le montage est chaotique dans les scènes d’action et même l’esthétisme de Snyder est mis à mal. L’élégance des plans et des couleurs dans Man of Steel devient vulgaire, abusant outrageusement de la CGI (surtout avec Doomsday) et jure affreusement dans l’univers DC.

Mais l’affront ultime pour les puristes, c’est que l’essence même des personnages est outragée. Il est logique de prendre des libertés quand il s’agit « d’adaptation » mais pas au détriment de la cohérence.
Snyder souhaitait opposer un Superman messianique, symbole d’espoir à un Batman sombre, brisé et vieillissant (ce qui aurait mérité une introduction propre dans un film solo). Le résultat est déconcertant : l’homme d’acier, ricain profondément humble est ici un british snob. Bruce Wayne, meilleur enquêteur du monde frôle d’idiotie et le Chevalier Noir perd son charisme.

On en attendait tellement plus ! Après un tel fiasco, on n’a même pas envie de laisser le bénéfice du doute pour la suite et on voit difficilement comment la version director’s cut pourrait faire mieux.

L’Aube de la Justice est décidément bien terne, vivement le crépuscule !

Update version longue ou « director’s cut » –   2/5

Cette mise à jour sera courte.
La version longue est définitivement meilleure car elle lie enfin les scènes entre elles, expliquant les raisonnements des personnages et le développement de l’intrigue.
Cependant elle n’efface pas les nombreux défauts cités ci-dessus, bien que rendant un peu d’honneur et de cohérence à l’ensemble.
Si vous devez voir Dawn of Justice, privilégiez cette version. Elle apparaît néanmoins comme le constat flagrant que l’ingérence de la Warner est probablement la principale cause de la qualité douteuse des films du DCCU.

 

The Revenant

 

Réalisé par Alejandro Gonzales Inarritu
Avec Leonardo DiCaprio,  Tom Hardy, Domnhall Gleeson…
Etats-Unis – Aventure
Sortie en salle : 24 Février 2016
Durée : 156 min

La critique d’Eugénie   –   2/5

The Revenant, dernier rejeton du réalisateur Inarritu, était annoncé depuis plusieurs mois (à grand renfort de promo) comme un messie cinématographique et le tremplin de la consécration tant attendue de DiCaprio.

Pour ouvrir sur un aparté, Eugénie rappelle qu’elle tient en haute estime les talents d’acteur du grand Léo. Il méritait depuis un certain temps déjà la petite statuette dorée… mais pas pour ce film-ci !
Le rôle en lui-même repose majoritairement sur la performance physique, manquant cruellement de nuance et de subtilité. En fin de compte, le prix s’obtient à grand renfort de grimaces, de grognements, de sang et de bave (et ce pauvre Léo passe décidément beaucoup trop de temps dans la flotte) ! Ce qui soulève une question sur la sélection des Oscars, doivent-ils récompenser la performance d’acteur ou le défi humain ?

Pour en revenir au film, le combat entre l’ours et le trappeur Hugh Glass nous scotche à nos sièges, mais bon Dieu s’il avait pu crever une fois pour toute on en serait sorti plus tôt !
Car ce survival se révèle être un long chemin de croix tant pour les personnages que pour les spectateurs et ce malgré quinze premières minutes prometteuses.
Inarritu aurait pu s’en tirer avec une mention « honorable » en concédant une heure de moins, mais dans une démarche d’acharnement constant, il étire une intrigue « post-it » sur plus de deux heures et demie durant lesquelles il n’épargne aucune souffrance physique ou psychologique au protagoniste.

The Revenant se veut puissant, mais la brutalité de chaque scène nous épuise au lieu de nous transporter. De la violence pour la violence sans dimension émotionnelle, autant regarder un match de boxe, c’est nettement plus court.

Les faiblesses scénaristiques se ressentent également dans l’écriture des personnages, qui condamnent de bons acteurs (notamment Tom Hardy) à faire de leur mieux avec fort peu de matière.

Quant à l’esthétisme du film, il est malheureusement plus prétentieux que beau, n’arrivant pas à la cheville du sublime « Nouveau monde » de Terence Malik.

Après un fantastique Birdman, Inarritu nous propose une apologie du masochisme qui ressemble davantage à une manifestation du péché d’orgueil qu’à la pièce maitresse de sa filmographie. Dommage, car l’histoire originelle dont il s’inspire avait bien plus à offrir…

 

Deadpool

Réalisé par Tim Miller
Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein…
Sorti le 10 février 2016   –   1h48
Action, Aventure, Comédie   –   Etats-Unis

Kezako ?

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. À l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

La critique d’Eugénie – 3/5

Le meilleur démarrage ciné de l’année (à date) mérite-t-il vraiment autant de tapage ? Oui… et non !
Oui, car il est surprenant de voir la firme Marvel-Disney se lancer dans l’adaptation du plus trash des antihéros. De ce point de vue, le film va aussi loin qu’il peut se le permettre même s’il édulcore toujours la vraie folie (au sens premier du terme) du personnage…
Cependant n’en attendez pas plus, ce Deadpool restera surement la plus fidèle des adaptations grand écran.

Insolence oblige, ça vanne dès le générique, ça castagne dur, ça baise (dur aussi) et le quatrième mur en prend plein la tronche. En bref, – de 12 ans totalement justifié ! Côté humour, le rire est gras mais régulier, on décèlerait presque une certaine intelligence d’écriture tant les dialogues foisonnent de tacles à l’univers geek/héroïque et de références plus pointues à la pop culture.

Pas de fausse note dans le casting malgré un méchant toujours aussi peu charismatique – les vrais bad guys sont décidément brandés DC (exception faite du très bon Loki de Tom Hiddleston) – Ryan Reynolds s’offre même le luxe d’être réellement convaincant, à défaut d’être convaincu par sa propre histoire. Son héros rebelle assure le spectacle malgré 20 premières minutes poussives et cartoonesques limitant l’immersion dans l’histoire.

Et c’est peut-être là le vrai problème de Deadpool, à cheval entre la pure parodie et le film d’action, il tâtonne sans trouver son identité propre.
L’autocritique du film ne l’empêche pas de tomber dans les clichés du genre qu’il dénonce et la surenchère de vulgarité sans génie ce fait au détriment du scénario qui reste à peine plus élaboré qu’un jambon-coquillettes. Pour peu qu’on y regarde de plus prés, ce Deadpool reste tristement conventionnel même dans son irrévérence, il n’atteint pas le cynisme de l’excellent « Watchmen » (Zack Snyder), ni la noirceur de la trilogie Batman de Nolan (deux références DC).
Alors superficialité assumée ou fausse modestie ? Telle est la question…

À défaut d’être mémorable, Deadpool reste un bon film pop corn qu’on apprécie comme ce dernier : On sait que ce n’est pas « bien », mais on aime quand même.

Les Nouvelles Aventures d’Aladin

Mille et une merde !

Réalisé par Arthur Benzaquen
Avec Kev Adams, Jean-Paul Rouve, 
Vanessa Guide…
France – Comédie
Sortie en salle : 14 octobre 2015
Durée : 1h 47min 

Kezako ?

La veille de Noël, Sam et Khalid sont déguisés en père Noël dans les Galeries Lafayette, espérant pouvoir voler tout ce qu’il leur tombera sous le nez. Malheureusement pour lui, Sam est coincé par des enfants âgés de 6 à 10 ans qui lui demandent de leur raconter une histoire, celle d’Aladin. Il décide alors de la raconter mais à sa manière.

La critique d’Eugénie   –   0,5/5

Bon, qu’on se le dise, sur le papier on s’attendait déjà à un bon gros navet à la française. Prudence étant mère de sureté, j’ai opté pour le streaming histoire de me laisser une porte de sortie au cas où. Verdict : FUYEY PAUVRE FOUS !

Notons tout de suite quelques points positifs pour faire bonne figure : un bel effort sur le travail de la lumière et de certains décors et le jeu de William Lebghil, juste dans l’absurde qui réussit à nous faire (sou)rire malgré des dialogues d’une nullité affligeante. Voilà, c’est tout ! Maintenant parlons du reste…

Déjà, m’est avis qu’un film s’ouvrant avec la voix off de Cyril Hanouna ne peut être que navrant, mais c’est un autre débat… Voici donc la nouvelle histoire d’Aladin (qui s’écrit avec deux d bande d’illettrés), comédie qui ne mérite en rien cette dénomination et réussit à se hisser à la première place des pires films de l’année (voir de la décennie).
Réinterprétation du conte, le scénario tente de jouer la carte de la mise en abime pour créer une différence (quoi que, c’était déjà le cas chez Disney) mais s’en sert pour ôter tout enjeu narratif et justifier sa pauvreté scénaristique.

D’ailleurs le casting n’est pas plus convaincant (ni visiblement convaincu). Jean-Paul Rouve et Michel Blanc jouent les touristes, Éric Judor cabotine sans génie, Vanessa Guide a le charisme d’une huitre et Kev Adams est la caricature de son personnage de « Soda », soit la caricature DE la caricature de lui-même ! Pfiou…
Dieux du cinéma si c’est cela l’avenir du septième art français, par pitié sauvez-nous ! Car ce qui détermine la lecture d’un film c’est aussi son ambition. Ainsi pas besoin de s’insurger contre les mauvais « Michael Young » car il n’a jamais prétendu réaliser autre chose que des délires entre potes, créant même la surprise avec le jouissif Fatal, mais ces nouvelles aventures s’enorgueillissent déjà d’être le successeur d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre… Même pas en rêve !

Le film d’Alain Chabat est un bijou d’écriture qui allie une bonne direction d’acteur avec des gags très travaillés… Aladin est non seulement pas drôle, il est aussi néfaste dans son humour en accumulant des clichés sur la virilité digne du pré-ado comptant ses poils pubiens et des poncifs misogynes et homophobes qui ne sont jamais mis à mal et donc implicitement validés – avec entre autres morceaux choisis la « jaquette volante », le personnage du réalisateur Arthur Benzaquen (pire acteur du bordel) ou encore cet extrait tiré de l’innommable chanson « Yallah Yallah » à propos de la princesse : « Je vais la faire kiffer pas comme le neveu du vizir, qui a pas pu la monter, une princesse faut lui faire zizir ». Phrase qui m’inspire à titre personnel une symphonie d’injures bien senties !

Au vu du nombre d’entrées au box-office, il y a peu de mots pour dire à quel point ce film est préjudiciable au cinéma français, tant dans sa forme que dans son propos, car l’appât du gain ne manquera pas de dupliquer cette recette à l’infini (au moins les Dany Bouses ne font de mal à personne). Comme quoi quand ça ressemble à de la merde et que ça sent comme de la merde, c’est rarement du chocolat !

La Reine des Neiges

Réalisé par Chris Buck, Jennifer Lee
VO : Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad
VF : Emmylou Homs, Anaïs Delva, Donald Reignoux, Dany Boon
USA – Animation
Sortie en salle :  4 décembre 2013
Durée : 1h 42min

Kezako ?

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel… En chemin, ils vont rencontrer un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

La critique d’Eugénie   –   2,5/5

Il était une fois, un miroir magique créé par le Diable en personne, ne reflétant que le mal et la laideur. Un jour le miroir se brisa et deux éclats allèrent se coincer dans l’œil et le cœur d’un jeune garçon, Kay, qui devint alors indiffèrent et méchant. Quelque temps après, la Reine des Neiges enleva le garçon et fit disparaître tous les souvenirs de ses proches. Sa voisine et amie de toujours, Gerda, entreprit alors un terrible périple, parsemé de rencontres improbables, jusqu’au château de la Reine dans le Grand Nord, à la recherche de celui qu’elle ne pouvait cesser d’aimer.

Cette histoire n’est pas celle que Disney a choisi de raconter même s’il ose prétendre avoir « adapté » le conte d’Hans Christian Andersen. Mais excuse-moi de te demander pardon Mickey, j’aurais une question : COMMENT CETTE HISTOIRE N’AURAIT-ELLE PAS PU FAIRE UN BON FILM ?! Au moins « la Petite Sirène » était à 80% raccord avec le conte…

Mais bon, nous voilà donc empêtré dans une affaire de frangine, qui sous couvert d’avoir au centre de son récit la relation entre sœurs se targue déjà d’être féministe… Qu’on se le dise, le féminisme ne consiste pas à opposer à deux greluches des personnages masculins encore plus stéréotypés. Entre le vieux comploteur, le bô gosse manipulateur et le péquenaud au grand cœur, même Nabila ferait figure d’icône. D’ailleurs par acquis de consciente voici un message de prévention soutenu par le Bon Sens : les enfants si votre crush ne se lave pas, NE L’EMBRASSEZ PAS (on n’insistera jamais assez sur l’importance de l’hygiène) !

Pour en revenir au film en lui-même, son scénario fourmille de trop d’incohérences et de facilités pour maintenir la suspension de l’incrédulité, ne serait-ce qu’au niveau des pouvoirs d’Elsa (il semblerait que manipuler la neige permette aussi de créer des fringues) ! La majorité des personnages du royaume d’Arendelle semble d’ailleurs tous atteints d’idiotie congénitale, à commencer par Elsa et (surtout) ses parents (l’explication des trolls étaient lipide bande de gugusses) ! Ce royaume de crétins est aussi peuplé desdits trolls, franchement osef, et du soi-disant ressort comique, le bonhomme de neige/guimauve/plastique Olaf qui, à l’instar des films de son doubleur (Dany Boom), est plus saoulant qu’amusant. Le film s’achève sur une morale qu’on voit venir de très très très loin, encore plus pour tous les fans de la série Once Upon a Time

Même visuellement, La Reine des Neiges laisse perplexe. S’il m’arrive de regretter le charme de l’animation 2D, la 3D ne me dérange absolument pas quand elle est bien réalisée. Raiponce malgré quelques problèmes de proportion m’avait séduite, sans parler des Pixar. Mais ici, les princesses ressemblent plus à des poupées Bratz (grosses têtes, gros yeux, gros maquillage) quand le fameux château de glace a l’air tout droit sorti d’un film Barbie… Même le travail de la neige, matière centrale du film, a un rendu assez artificiel en comparaison d’autres dessins animés – regardez donc à nouveau Bambi ou la chanson « Voyage dans le temps » du film Fox Anastasia (1997) pour juger.

Bien sûr, le tapage médiatique excessif de ces dernières semaines se concentre surtout sur la bande originale, renouant avec la tradition des grandes comédies musicales de Disney. Pourtant, La Reine des Neiges manque cruellement de cohérence musicale. À l’exception des chansons d’exposition, du très beau chant nordique au touchant « Je voudrais un bonhomme de neige », la majorité des mélodies sont horriblement criardes, saupoudrées de paroles niaises. Quant à la fameuse chanson titre autour de laquelle s’articule l’entièreté du scénario, mieux vaut l’écouter en VO (la traduction étant trop pauvre au niveau du sens) voir dans sa version pop (de Demi Lovato).

Il s’annonce bien décevant le renouveau de Disney, si c’est tout ce que la firme a à nous offrir, il peut se le garder ! Ce qui est certain, c’est qu’après plus d’une heure et demie de bêlements on sort effectivement de la salle libérée et déli… OH TA GUEULE !

Man of steel

Réalisé par Zack Snyder
Avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon
Etats-Unis – Action – Science fiction
Sortie en salle : 19 Juin 2013
Durée : 143 min

Kezako ?

Un petit garçon découvre qu’il possède des pouvoirs surnaturels et qu’il n’est pas né sur Terre. Plus tard, il s’engage dans un périple afin de comprendre d’où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s’il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l’espoir pour toute l’humanité.

La critique d’Eugénie   –   3/5

Après Spider-Man et Batman, c’est au tour d’un autre super-héros mythique de s’offrir un relooking. Exit le slip rouge et bienvenu dans le 21ème siècle. Aux commandes, le virtuose de l’image Zack Snyder (« 300 », « Watchmen ») avec en producteur l’exigeant Christopher Nolan (la trilogie « The dark knight », « Inception »).

Avant toutes choses, Snyder signe un long-métrage esthétiquement parfait dans le moindre détail… Il s’en dégage une puissance autant émotionnelle que visuelle en alternant des flashs back nostalgiques et des scènes de bataille à couper le souffle, même si certains seront gênés par le côté cinématique de jeux vidéo. Seul bémol, une Kripton « pandorisée » à la technologie grossière et tape à l’œil qui perd la pureté futuriste des cristaux de glace originaux.

Côté casting pas de fausse note, Superman s’offre même le luxe d’avoir deux Robin des Bois pour papas (Kevin Costner et Russel Crow, respectivement dans les rôles de Jonathan Kent et Jor-El). Henry Cavill quant à lui est assez convaincant en Clark Kent (aka Superman aka Kal-El) en plus d’avoir la gueule de l’emploi. Les fans des comics seront ravis de voir traités les failles psychologiques du super héros malgré quelques maladresses prises pour donner de la profondeur au personnage. Si quelques touches d’humour sont disséminées tout au long du film, il manque tout de même une légèreté qu’aurait pu (du ?) apporter les personnages secondaires, ici trop anecdotiques (quid de Jimmy Olsen).

Mais le défaut de « Man of Steel », c’est que sa bonne volonté et son ambition sont noyées dans des facilités scénaristiques. L’intrigue est brouillonne, le montage parfois maladroit et des longueurs se font sentir dès la scène d’introduction. Snyder quant à lui réitère les mêmes erreurs que pour « Sucker Punch » : une quantité incroyable de bonnes idées pas toujours judicieusement exploitées qui laissent un arrière-goût d’inachevé. La plus grosse déception étant le personnage du général Zod qui, malgré les efforts du talentueux Michael Shannon, est très mal traité (et maltraité).
En imaginant une Krypton décadente, inspirée du « Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley, Snyder et Nolan avaient toutes les cartes en main pour créer un personnage mémorable, froid, robotique, transparent, dont nous comprendrions clairement les motivations pour faire monter la tension crescendo jusqu’à la limite de la folie. À la place, ils nous livrent un méchant stéréotypé qui alterne sans cohérence crises de colère et apathie.

Un succès en demi-teinte donc pour ce Man of Steel qui pose néanmoins les bases d’une suite qui pourrait être grandiose, à l’instar de l’excellent « The Dark Knight ». Entre nous, Lex Luthor pourrait être le meilleur atout de cette suite à condition de s’éloigner de l’aspect science-fiction et de soigner l’intrigue comme Nolan sait si bien le faire.

Pour les aficionados de Superman, faites attention, Man of Steel est truffé de références à l’univers de Superman (comics, films et même à la série Smallville).