Top 7 des films que Disney « pourrait » rebooter

Raconte-moi une histoire

Après avoir abordé les principes sur lesquels devraient reposer un remake dans la rétrospective des reboots Disney, voici le top 7 des classiques d’animation de Mickey qui pourraient, selon nous, faire l’objet d’une (bonne) nouvelle adaptation. À noter que pour certains, des projets sont déjà annoncés, auxquels cas on s’attardera davantage sur les attentes qu’on pourrait en avoir. Ce classement est bien évidemment purement subjectif, et du reste les règles sont simples : Pour qu’un film soit dans la sélection, il ne doit pas déjà avoir d’équivalent en prises de vues réelles qui aurait marqué le cinéma par son caractère culte ou ses qualités esthétiques. On exclura également ceux ayant une version live action à laquelle nous accordons une valeur sentimentale, dont par exemple les films Peter Pan et Robin des Bois pour Eugénie car, même si leurs univers offrent de nombreuses possibilités, elle a une affection particulière pour le Prince des voleurs (1991) avec Kevin Costner et le Peter Pan de 2003 (avec Jeremy Sumpter).

7. La Petite Sirène – par Eugénie
Si vous avez lu le précédent article, celui-là vous ne l’avez pas vu venir ! Parce que le dessin animé de 1989 est en tout point parfait ! La musique, les personnages, l’animation, rien à redire ! Et même si elle souffre avec le temps d’une mauvaise presse, l’Ariel de la version animée reste superbe et inspirante, n’en déplaise à ses détracteurs contemporains. Elle est de fait la première princesse « officielle » à s’émanciper par ses propres actions. Curieuse et courageuse, c’est un personnage qui, contrairement à ses ainées, ne rêve pas d’amour mais d’aventure et va trouver le premier par hasard en cherchant le second. Alors certes, pour ce qui est du deal avec Ursula, ce n’est pas forcément le meilleur exemple de bon sens, mais il ne faut pas oublier que dans le film, elle a 16 ans. Un âge auquel il convient de faire remarquer que les passions amoureuses sont rarement… pondérées. Puis imagine que ton père ait bousillé toutes les affaires auxquelles tu tenais simplement parce qu’il n’approuve pas ton crush, en vrai toi aussi t’aurais fugué ! La sorcière des mers c’est juste la version « conte de fée » du dealer du square chez qui tu vas acheter du shit pour te rebeller. Enfin je digresse…
Bref, Ariel est l’héroïne qui prend tous les risques par amour, ça n’est certes pas le plus rationnel mais c’est assurément le plus courageux. Et pourtant il manque à la version de Disney une dimension essentielle du conte : la tragédie ! S’il aurait été difficile de vendre aux enfants la fin originelle d’Andersen, un reboot en live-action pourrait lui se permettre de prendre le risque de la fidélité pour donner à sa sirène une profondeur nouvelle. Sans parler des progrès technologiques qui pourraient permettre d’aller chercher un esthétisme très intéressant pour les scènes sous-marines. Malheureusement, le casting du remake annoncé pour 2021 mentionnant déjà les voix de Polochon et d’Eureka, il est peu probable que celui-ci prenne des risques du côté de son scénario – il a déjà eu sa dose après la déplorable polémique faisant suite au choix d’Halle Bailey pour le rôle-titre.

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6. Hercule – par Eugénie
Là aussi le choix peut surprendre car quand on parle d’adaptation de l’histoire du demi-dieux, le film de Disney fait figure et de loin de référence ! Outre un personnage touchant, à la psychologie tout en contraste avec son image de super-héros bodybuildé, l’animation possède d’excellents atouts. Les méchants pour commencer, Hadès étant l’un des meilleurs antagonistes de la firme aux grandes oreilles, mais aussi ses hilarants acolytes Peine et Panique et surtout, Mégara, aka ZE best personnage féminin EVER créé par Mickey ! Du caractère, un design très reconnaissable, une backstory riche et des répliques cultes « je ne prends plus aucun homme je les jette », Megara je t’aime !
Et pourtant, l’histoire d’Hercule – qu’il conviendrait mieux d’appeler Héraclès puisqu’on parle du panthéon grec – est à l’instar de toute la mythologie, une tannée à adapter au cinéma. En témoigne la flopée de versions nanardesques qui mériteraient qu’on les efface par l’arrivée d’un bon film sur le demi dieu. Compte tenu de l’ampleur du matériel initial, le cinéma n’a clairement pas tout exploité et ça tombe bien, la rumeur d’un reboot en préparation commence tout juste à courir.

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5. Pinocchio – par Eugénie & Marcellin
N’ayant pas vu la version de Matteo Garrone, je n’ai pas d’autre choix que de mettre le petit pantin de bois dans cette liste. L’histoire de Pinocchio fait partie de celle qui gagnerait à être dépoussiérée car si le dessin animé reste culte, il peut sembler moins attrayant aux nouvelles générations. Et pourtant, ce n’est pas un potentiel reboot de Disney qui semble le plus prometteur mais bien la version de Guillermo del Toro produite par Netlix annoncé pour 2012. Voir l’univers du réalisateur du Labyrinthe de Pan s’allier au ton très sombre du contre original de Carlo Collodi a de quoi titiller la curiosité des cinéphiles. Car Pinocchio a tous les atouts pour créer un chef d’oeuvre gothique digne de ce nom. L’histoire complexe de la marionnette qui rêvait d’être un petit garçon est riche de vils personnages, de thématiques telles que la quête de soi, l’émancipation, la malhonnêteté, la solitude ou encore le sacrifice. Tous les ingrédients d’un conte qui fera mouche à l’écran !

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4. Les aventures de Bernard et Bianca – par Marcellin
Les péripéties de ces deux petites souris de SOS Société ont fait le bonheur de mon enfance. Mais pourquoi en faire un reboot ? Une bonne raison : Madame Médusa !
Ce personnage extravagant et malfaisant reste pour moi une véritable perle dans l’univers Disney. Affublée de ses deux crocodiles Néron et Brutus, Disney a rarement fait personnage plus cruel et avide, allant jusqu’à noyer une petite fille pour un diamant.
Et vous vous demandez encore pourquoi je veux la voir en action ? C’est mal me connaître 😉
Et quelle réjouissance de pouvoir suivre les aventures de ces minuscules sauveteurs à travers villes et bayou. On pourrait même espérer voir François Hollande le goéland ! Je rêve d’une Cynthia Nixon déchaînée dans la peau de l’incroyable Médusa, un Zach Galifianakis au meilleur de sa forme pour le rôle de Snoops et les traits poupins de la prometteuse Violet Mcgraw pour Penny.

Les Aventures de Bernard et Bianca ou Si Mickey avait des enfants ...

3. Merlin l’enchanteur – par Eugénie
Avec celui-ci on touche à nouveau aux histoires intemporelles, celles des légendes du cycle arthurien moult fois adaptées et qui pourtant, manque de monument marquant au cinéma. Nous autres français pouvons nous vanter d’avoir LA meilleure série tirée de l’univers du Roi Arthur, Kaamelott (déjà citée dans notre top 5 des meilleures séries) mais malgré sa connaissance du sujet, l’angle parodique en fait une oeuvre à part. Clairement, la richesse des légendes mérite qu’on y accorde plus d’importance dans une grande fresque épique et chevaleresque qui pourrait suivre tant l’histoire de l’Enchanteur que celui de l’épée.

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2. Pocahontas, une légende indienne – par Marcellin
C’est un peu un rêve d’enfant que de voir Pocahontas et son air du vent aux milles couleurs prendre vie à travers un écran. Au delà de la beauté des paysages que peut procurer une telle adaptation, il serait intéressant d’y développer la dimension philosophique qu’apporte un peu le dessin animé.  Là où Terrence Malick avait apporté à la légende de la poésie dans son Nouveau Monde, un reboot Disney pourrait donner un regain d’espoir, une réflexion, dans sa manière de traiter l’Histoire. Pocahontas est une véritable mine d’or et un(e) réalisateur(rice) peut y trouver toutes les ressources nécessaires pour faire un grand film. Difficile pour moi d’imaginer l’actrice qui pourrait interpréter la courageuse princesse, voulant à tout prix fuir tout remplacement identitaire, il serait plus que logique qu’une actrice amérindienne tienne le rôle titre. Cependant, j’imagine déjà le beau Charlie Hunnam s’emparer des traits de John Smith ou même Nikolaj Coster-Waldau, le plus célèbre des frères incestueux ! Pour Ratcliffe, on peut penser à David Schwimmer et Adam Beach dans le rôle de Kocoum. Mais j’attends avec impatience vos idées !

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1. Taram et le Chaudron magique – par Eugénie
Et le numéro, celui qui attend désespérément qu’on lui redonne une chance depuis son échec au cinéma en 1985, l’un des grands mal-aimés de l’écurie Disney : Taram ! Jugé trop sombre à l’époque de sa sortie, le film est de fait emprunt d’une atmosphère délicieusement sinistre qui gagnerait à s’affranchir de la cible enfantine pour pleinement s’y épanouir. D’autant plus que le dessin animé est lui-même adapté d’une saga littéraire d’héroic fantasy, Les Chroniques de Prydain de Lloyd Chudley Alexander, dont Disney possède toujours les droits. Entre la matière des livres et les bonnes bases du film, pourquoi ne pas tenter une relecture et en profiter pour donner un petit coup de frais à Taram et Eilonwy, sans parler du Seigneur des Ténèbres qui, sans être un méchant d’anthologie, est de loin le plus esthétiquement flippant de Disney ! À ce compte-là, osons rêver d’audace : mieux qu’un film, Taram, Tirelire, Eilonwy, Ritournelle, Gurki & Cie pourraient parfaitement trouver leur place dans une série sur Disney+. Une seule question demeure, qu’attendent les studios ? Car s’ils poursuivent leur politique de remake actuelle, nous avons malheureusement plus de chances de voir le live action de La Reine de Neiges avant celui de Taram…

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Disney et les reboots : Stop au carnage !

Vers le profit et au-delà !

Il y a eu l’âge d’or du Western et des films noirs, celui du cinéma expressionniste et underground, la Nouvelle Vague et le Nouvel Hollywood… Mais quel sera le genre qui définira les jeunes années des 2000 ?
Car si un courant marketing se distingue clairement depuis une décennie, les mouvements esthétiques se font eux bien plus discrets. Et pour cause, les studios semblent se préoccuper davantage de l’élaboration de leur propre « univers » que de la recherche artistique. Le succès des licences telles que Star Wars, Harry Potter et autres Seigneurs des Anneaux a démocratisé la tendance et le début du millénaire a été marqué par la course aux sagas brandées teenage movie où tous voulaient décrocher le bon filon qui leur assurerait un triomphe régulier au box-office.

Pourtant, c’est probablement au Marvel Cinematic Univers que nous devons le décuplement phénoménal de ce genre de procédé. Le succès de chacun des films a prouvé que le public était prêt à consommer du cinéma autrement, sur une base plus sérielle, en ne suivant plus quelques personnages principaux sur une même trame mais une multitude sur plusieurs segments tous reliés les uns aux autres. C’est pourquoi les studios ne travaillent plus tant à l’obtention des droits d’une saga qu’à l’extension de celles qu’ils possèdent déjà (Mad Max, Les Animaux Fantastiques, Le Hobbit, Star Wars, Terminator etc.), déclinées en autant de spin-off sur le grand que le petit écran, quand ils ne construisent pas simplement une nouvelle franchise (Monster Universe).Franchise cinématographique.pngAutre procédé du même acabit, le reformage des licences déjà exploitées (ou récemment rachetées) très fréquent dans le cinéma d’horreur et fantastique dont par exemple Vendredi 13, Ça, Jumanji, Godzilla, Tom Raider et tant d’autres. Mais si l’intérêt aurait dû être d’enrichir la matière initiale par la création ou d’en présenter une relecture, on retrouve souvent des œuvres exsangues de toute leur magie.
Dans un monde idéal, la naissance d’un reboot, d’une suite, d’un prequel ou de tout univers parallèle ne devrait être dictée que par l’intérêt artistique et non pas marketing… Mais dans notre société de consommation tout sauf idéale, le profit règne et les studios exploitent et dépouillent leurs franchises jusqu’à la moelle, tels des vautours s’acharnant sur les cadavres de leurs gloires passées ! Une mode qui n’épargne (malheureusement) pas les studios Disney !

Disney et les reboots

Après deux décennies (90-2000) à produire des suites très inégales à ses classiques d’animation en direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens), Mickey a trouvé un autre moyen pour engranger des sousous sans trop se fatiguer, capitalisant toujours sur l’affection du public pour ses films mais via les reboots en live-action. Une méthode paresseuse (plus du point de vue de la démarche artistique que de l’exécution) et opportuniste qui porte néanmoins ses fruits et abreuve les écrans de remakes qui sont au mieux dispensables, au pire détestables !
Faisons un bref retour sur ces remakes produits par la firme aux grandes oreilles. À noter que « reboot » concerne ici uniquement les live-action des films originaux, j’exclue donc de fait toutes les suites et prequels, notamment les Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton ou encore le dernier Winnie L’Ourson.

Le premier vrai reboot d’un classique de l’animation ne date pas d’hier puisqu’il s’agit des 101 Dalmatiens de 1996, qui n’apportait qu’une unique valeur ajoutée en la présence de Glenn Close, fantastique en Cruella d’Enfer. Oubliable et vite oublié, le film reste pourtant moins iconique que sa version animée.

f0453630b3aa7f287b3246b2b8a36.jpgPourquoi tant de haine ?

Ellipse temporelle. Tim Burton ayant proposé une suite aux aventures d’Alice, il faut attendre Maléfique en 2014 pour avoir un nouveau remake. Le long-métrage avait pourtant sur le papier de bons arguments : la revisite de l’histoire du point de vue de la méchante, avec une partie prequel pour contextualiser et Angelina Jolie dans le rôle-titre. Les bandes-annonces venant accentuer le caractère inquiétant de Maléfique, qui reste l’une des (si ce n’est LA) meilleures antagonistes de tout le panthéon de crevards made in Disney, laissaient elles aussi espérer une revisite plus adulte et sombre. Quant au résultat…
SACRILÈGE ! BANDE DE BARBARES DÉGÉNÉRÉS ! QU’AVEZ-VOUS FAIT À LA MEILLEURE MÉCHANTE DE DISNEY ?! Ce reboot est simplement scandaleux, écœurant de bons sentiments et de mièvreries avec une conclusion terriblement prévisible surtout après le final de la première saison de Once Upon a Time (2011) et la glorification de l’amour fraternel (enfin, sororal) dans La Reine des Neiges (2013). Laissez les méchants être des méchants, bordel ! Le tout sur fond de gros CGI bien moches avec des personnages creux : un roi idiot, des fées qu’on veut dégommer et une princesse bonne à sourire comme une demeurée sans aucune relecture ni subtilité. Au moins celle de l’animation était excusée par son peu de temps d’écran…
Et si Angelina Jolie assure une très belle prestation, l’écriture du personnage a été simplement massacré au profit du marketing ! L’insulte atteignant son paroxysme lors du combat final où ce n’est même plus Maléfique elle-même qui se transforme en dragon (l’un des plus flippants du cinéma) mais son acolyte à plume ! Ou comment détruire une icône ! Pas d’accord Disney, pas d’accord du tout !

414888.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgVa manger tes grands morts !

Vient ensuite le Cendrillon de Kenneth Branagh (2015) avec un style résolument kitsch, qui évitait néanmoins de re-pomper plan par plan le dessin animé. Mais malgré ses bonnes intentions, le long-métrage flirte avec une mièvrerie souvent à la limite du supportable là où l’animé conserve malgré le temps qui passe une forme de poésie plus humble. En dépit de son ambition, le rendu n’a rien de grandiose même s’il se laisse regarder en s’armant d’une bonne dose de second degré, sans plus de qualité qu’un bon téléfilm (ce n’est déjà pas si mal).

269318.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgOk, je sais qu’il faut souffrir pour être belle, mais là entre le poids de la robe,
les talons de 10cm en Plexiglas et ce putain de corset, j’vous jure j’vais mourrir !

L’année 2016 est peut-être la plus intéressante côté reboot avec ceux du Le livre de la Jungle et de Peter et Elliott le dragon.
Ainsi, les nouvelles aventures de Mowgli apportent pour la première fois des éléments nouveaux et enrichissants même si davantage sur la forme que sur le fond. Plus qu’un film en soi, « Le livre de la Jungle 2.0 » est presque un manifeste technologique et esthétique tant le travail sur les décors et les animaux est bluffant. On note également quelques ajouts intéressants du côté des enjeux et des personnages intelligemment retravaillés, notamment le tigre Sher Khan qui dégage à chaque apparition une impression de puissance et de menace. Le long métrage trouve alors un bon équilibre entre l’hommage et la refonte, si ce n’est que les chansons font presque taches dans ce nouvel univers.
Mais c’est avec Peter et Elliott le dragon qu’on tient enfin un exemple de remake utile, le film de 1977 étant l’un des grands mal-aimés de l’écurie de l’ami Walt. À titre personnel, la version « animée » ne m’a jamais inspiré aucune affection de part son ton très enfantin, ses personnages extrêmement caricaturaux et ses chansons stupides et inutilement longues. Et contre toute attente, le remake est un bon film, qui réussit là où l’original échoue lamentablement : transmettre une émotion ! Alors oui, on rejoue une version de l’Enfant Loup croisée avec l’histoire même de Mowgli, mais le long métrage nous investit dès les premières minutes par de réels enjeux et allient la douceur et la magie d’un classique Disney à celles des films de Spielberg. Les décors sont magnifiques, la musique est sympa et ce nouveau Elliott cent fois plus attachant que le lourdaud de l’animation. Un film tendre, véritablement meilleur que sa première version et qui fait à date autant figure de bon exemple que d’exception qui confirme la règle dans le catalogue de reboots de la firme aux grandes oreilles.

405508.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgManger ?

Mais revenons à des expériences moins plaisantes. Le rythme s’accentue dès 2017 avec la sortie de La Belle et la Bête qui souffre, selon moi, d’un très gros problème de casting pour les deux personnages principaux. N’étant pas de base une de ses grandes fans, le jeu d’Emma Watson n’a pas su me convaincre. Fade, impersonnelle et dénuée de subtilité, cette Belle manque de chien et sa Bête de charisme, autant dans son rôle de monstre que d’homme. Seul Gaston trouve sa route en caricature assumée et Le Fou fait l’objet d’une relecture intéressante, même si terriblement clichée et timide (on passera côté révolution des mœurs). Pour le reste, le film se voit affublé d’ajouts inutiles les rares fois où il s’échappe d’un copier-coller plan par plan limite obséquieux. En fin de compte, rien ne fonctionne dans cette version car il lui manque l’essentiel : le charme. Une carence d’autant plus flagrante lors de la chanson « C’est la fête » où les effets spéciaux n’arrivent pas à capter le dixième de la magie de la scène d’animation. Beurk !

Puis vient le trio de 2019 qui nous a fait frôler l’overdose avec Dumbo, très décevant, Aladdin, complètement inutile et le Roi Lion, beau mais sans âme et perdant l’atout de la surprise esthétique puisque sorti après Le livre de la Jungle.

On finit avec le live-action de La Belle et le Clochard réalisé pour la plateforme Disney +, permettant à Mickey de gommer les références un brin raciste de l’orignal et… bah c’est tout. Peut-être est-ce une question de budget, le film n’ayant pas vocation à finir en salle, mais le rendu est on ne peut plus cheap, voir carrément gênant quand il s’agit de faire parler ces braves toutous. À ce compte là, autant se remater L’incroyable Voyage, c’est de la voix off (casting 5 étoiles) et pourtant ça n’a pas pris une ride en presque trente ans.

2698614.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg– Ah ouais, dur le relooking !
– C’est le confinement pôv truffe ! Toilettage maison…

Ouf, on a enfin finit avec les remakes et si on en juge par leur accueil critique très tiède, on ne devrait pas en revoir avant un petit moment non ? Ah, douce naïveté. Bien sûr que non, parce que la stratégie commerciale elle, fonctionne à plein régime, illustrée par le succès retentissant du Roi Lion 2.0 et ses 1 656 311 308 $ de recettes dans le monde (merci Wikipédia). Selon le calendrier de Disney, c’est presque la totalité de son catalogue qui va passer à la moulinette du live-action dans les prochaines années.

En panne d’inspiration ?

Entre les films d’animation se concentrant de plus en plus sur des suites et la pléthore de reboots, n’y aurait-il pas une crise d’inspiration dans la firme aux grandes oreilles, et par extension, dans le cinéma ? L’industrie du 7ème art semble avoir de plus en plus de mal à se renouveler si on n’en juge par ses efforts précipités pour renouer avec de plus ou moins anciens succès. Cette frénésie aurait presque quelque chose de désespéré, comme si le grand écran craignait à moyen terme de ne plus être capable de concurrencer Netflix et Cie et ne trouvait de solution qu’en capitalisant sur le communautarisme cinéphile, et donc clairement, le fan service pour remplir ses salles.

Cela dit, cela fait un moment que l’humanité recycle les mêmes thèmes. La plupart des monuments de notre temps sont des rééditions d’histoires millénaires à la différence qu’elles ont fait le fruit d’une adaptation. Par exemple en changeant de forme et de support, passant du conte de tradition orale au livre, au spectacle vivant puis aux écrans, ou parce qu’elles ont fait l’objet d’une relecture en adéquation avec les moeurs d’une nouvelle époque.
Ainsi une chanson du 13ème issue des mythologies allemande et scandinave a pu inspirer à Wagner son célèbre opéra, L’Anneau du Nibelung, qui lui même a servi de source aux Seigneur des Anneaux de Tolkien que beaucoup ont découvert dans la version cinéma de Peter Jackson. Un sacré parcours pour un chant du Moyen-Âge !
Lavoisier le disait pour la science, mais c’est un fait qui dépasse cet unique domaine  : rien ne se perd, rien ne créer, tout se transforme ! À vrai dire, plus que des histoires se sont surtout des motifs récurrents qui se renouvellent à l’infini, donnant lieu à une multitude d’itérations et d’interprétations. Le héros, le roi caché, le sauveur, le sage, les amants maudits sont autant de figures aux multiples visages. Ainsi, Pyrame et Thisbé, Roméo et Juliette et Jack et Rose (Titanic) sont dans leurs essences tous les mêmes, variantes d’un seul modèle. Quant à la figure messianique, elle se décline dans une foule de héros contemporain : Superman, Néo (Matrix), Paul Atreides (Dune) sont tous des versions « modernes » de Jésus.

Alors partant de ce principe pourquoi ne pas effectivement continuer de rebooter les oeuvres de notre enfance ? Justement parce que pour qu’une histoire continue à vivre dans le temps, sa renaissance doit avoir un sens !

L’intérêt du reboot

La portée du message
Comme mentionné précédemment, on peut par exemple proposer une nouvelle adaptation qui coïnciderait avec les attentes et les évolutions de la société. Les princesses Disney marquent bien cette évolution depuis leur début. Sorties toutes du même moule, leur archétype est toujours celui de la femme/fille cherchant à se faire une place dans le monde et devant pour ce faire s’appuyer sur les forces de la nature et/ou de ses représentants, mais leurs évolutions propres retracent l’histoire contemporaine de l’idéal féminin et il serait impensable aujourd’hui d’avoir une héroïne passive comme l’était Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore en leur temps. On peut également jouer la carte du premier degré et transposer purement une histoire dans une autre époque pour voir ce qu’elle y donnerait.

Changement de support et innovation technologique
Autre option, le changement de médium, faisant comme évoquer ci-dessus, passer une oeuvre d’un livre à un opéra, une pièce de théâtre à un film, un jeux vidéo à une série etc. Mais au sein d’un même art, le progrès technologique sert aussi le remake quand il permet la recherche d’un nouvel esthétisme. Ainsi les révolutions du cinéma, passant du film muet à la parole ou du noir et blanc à la couleur ont justifié un nombre incalculable de réadaptations, mais est-ce que le perfectionnement des CGI 
ou la présence d’acteurs en chair et en os légitime de dupliquer presque identiquement une oeuvre ? Le débat est ouvert. 

Le cycle du Phoenix, laisser l’oeuvre mourrir pour mieux renaitre
Il est en effet plus difficile de proposer une nouvelle version d’une histoire quand celle-ci possède déjà son chef d’œuvre au sein d’un même art. Prenons le cas de la Belle et la Bête qui possède non pas une, mais deux versions portées aux nues, le monumental film de Cocteau et la magique adaptation animée de Disney qui reprenait déjà certains éléments du premier. Que peut donc bien apporter la présence d’Emma Watson a un long-métrage qui était déjà parfait et intemporel, hormis l’adhésion des fans inconditionnels d’Hermione ? Et la vilaine version en CGI de la Bête veillera telle mieux que le maquillage de Jean Marrais de 1946 ?
Le fait est que des longs-métrages de Disney sont aujourd’hui presque plus cultes que les histoires dont ils sont l’adaptation (et de toutes les autres versions, films, téléfilms, séries et animations confondues). Alors pourquoi donc se focaliser sur les chefs-d’oeuvre quand une pléthore de films mal-aimés attendent qu’on leur donne une deuxième chance, tout comme certains longs métrages plus anciens (antérieurs à l’âge d’or des années 90) qui ont de fait moins bien vieilli et mériteraient une relecture plus moderne ? Il faut laisser à certaines histoires le temps de vieillir et leur caractère sacré s’évanouir pour mieux les voir renaitre et se réinventer.

Si on se fit à ses règles, il est tout à fait possible de produire de bons remakes, comme ce fut le cas pour Peter et Elliott. D’ailleurs faisons ça ! Voici notre TOP 7 des films que Disney pourrait rebooter où des projets en cours qui semblent prometteurs !

par Eugénie

What about Disney+ ?

En faut-il peu pour être heureux ?

Lancé en fanfare le 7 avril dernier en France, malgré un report lié au coronavirus, la plateforme de streaming made in Disney tombe à point nommé en cette période de confinement, surtout pour les parents débordés, mais pas que !

Seulement il y a un os, d’aucuns déplorent déjà un catalogue trop petit, à l’univers enfantin, de films que pour la plupart le public connaît déjà par coeur. Une offre qui manquerait de variété et de poids pour concurrencer les autres networks. De fait, côté budget ça commence à chiffrer ! Si l’abonnement en lui-même n’est pas cher (6,99€/mois), il vient s’ajouter à celui de Netflix, Prime Vidéo, OCS et pour certains, My Canal (ou simplement Canal +) ou le streaming musical, que vous soyez team Deezer ou Spotify, sans parler des éventuels abonnements de cloud gaming. L’air du streaming et de la dématérialisation ne faisant que commencer, plus l’offre se diversifiera et plus il faudra faire des choix dans les sites à prioriser, au-delà même des déjà existants partages de comptes entre les potes et les familles.
Pour ce qui est des plateformes de streaming vidéo, on reviendra sous peu pour vous proposer un petit comparatif des grands networks, avec quelques pépites annexes, mais pour l’instant, parlons de Disney+ et de ce que Mickey a à nous offrir ici !

Des limites fonctionnelles

Petit aparté technique pour commencer. On oublie souvent que sur une plateforme, l’ergonomie et l’expérience d’utilisation sont elles aussi importantes. Disney fait le choix du minimalisme, les couleurs et l’agencement étant plutôt agréables, bien que sa structure soit calquée sur celle de Netflix (comme beaucoup d’autres). Mais la fonctionnalité elle, ne suit pas ! Le site manque de finition à tous les égards : ajouter un film ou une série à sa liste de lecture est pénible puisque pas directement possible depuis le menu, la recherche par mots-clés est mauvaise, on n’en propose pas par décennies (permettant de dégoter plus facilement de vieux trésors) et les suggestions personnalisées sont bidons (c’est toujours les mêmes trucs qui tournent). Détail tout aussi irritant, si on ne va pas jusqu’au bout des génériques (interminables) les films restent en « Poursuivre la lecture » (oui je suis névrosée mais ça m’énerve) !
Et en parlant de « lecture », là aussi les options sont décevantes. Les choix des langues sont restreints (alors que côté marketing, un module pour apprendre une nouvelle langue via un Disney ça aurait eu de la gueule) et la firme rate une occasion en or de toucher à l’iconique en proposant de choisir la version (année) du doublage.

L’onglet bonus proposé avec les oeuvres est lui aussi bien pauvre avec ses bandes-annonces. Où sont les scènes coupées, les makings-offs, les reportages qui auraient pu créer une valeur ajoutée ? Mieux encore, pourquoi ne pas proposer les versions longues de certains films, comme pour Avatar ? On se doute que l’idée est de ne pas trop empiéter sur le marché des DVD, mais pour des longs-métrages sortis il y a plus de dix ans, c’est dommage de ne pas avoir saisi l’opportunité d’offrir un contenu ne ciblant pas uniquement les familles avec enfants.

Alerte censure !

Bah tient, en parlant de DVD, certains se sont déjà amusés à comparer leurs versions avec celles on-line de Disney+… Il semblerait que Mickey ait pris certaines libertés avec son catalogue, retouchant et recadrant les scènes qu’il ne juge pas assez lisses pour son image de site tout public, quand il ne s’est pas simplement abstenu de mettre les oeuvres qui, compte tenu de leur époque de production, ne respectent pas le politiquement correct de la nôtre ! Internet en parle déjà en long en large et en travers et les exemples se multiplient à mesure qu’ils sont découverts : une scène du générique de Toy Story 2 pas assez me-too, des plans redécoupés dans Fantasia pour planquer les centaures noirs (référence effectivement bien raciste) mais aussi des trucs bien plus absurdes, comme la vilaine fourrure en pixel sur les fesses de Madison dans Splash (dans un film où, je précise, un mec passe son temps à regarder sous les jupes des femmes) ou encore le sèche-linge de Lilo & Stich transformé en… genre de meuble à pizza visiblement ! Bah oui, parce que faudrait pas que les gamins fassent comme Lilo et essayent de se cacher dans le lave-linge, des fois que parents et enfants soient dépourvus de tout bon sens, pour ne pas dire complément abrutis – perso, c’est pas parce que le tapis dans Aladdin vole que j’ai essayé de faire pareil en sautant du balcon, même gamine ! Surtout que dans la nouvelle version, la pizza pourrait faire penser à un four… Attendez, il y a peut-être une idée à creuser là !version-spizza_lilo_stich-1024x438.jpg
Bref, on peut lui trouver toutes les raisons du monde, la censure reste la censure ! Alors il est vrai que Disney cherche peut-être simplement à ne pas choquer et blesser par des propos et des images qui ne sont plus de notre temps (enfin si seulement). Mais loin de faire amende honorable, l’impression qui en ressort est que la firme cherche surtout à réécrire son passé pour rester du bon côté de la morale, même dans l’histoire. Et ça c’est vicieux ! C’est la ligne entre le mea culpa et la démagogie perverse qui tend à tout lisser, à tout cacher, jusqu’à nier l’existence non seulement des erreurs commises (et donc des responsabilités) mais aussi des injustices qu’elles soutenaient ! Qu’on se le dise, mentir pour enjoliver le passé ne sert pas les combats du présent, bien au contraire. Dans le cas de Fantasia, la mention « Ce programme vous est présenté tel qu’il a été réalisé. Il peut contenir des représentations culturelles obsolètes » déjà présente dans le descriptif de Dumbo par exemple, aurait été bien plus utile.
Mais cela ne vaut que pour des éléments dont le caractère reste effectivement choquant aujourd’hui, par contre, quand il s’agit de puritanisme moribond ou de démagogie abêtissante, faut pas déconner ! Virez-moi cette boite à pizza de chez Lilo et l’opossum mort des fesses de Daryl Hannah !

Les trucs à voir sur Disney+

Bon mais alors, y a-t-il quand même de bonnes choses sur Disney+ ? Tout à fait !
Il est vrai, pour l’instant la plateforme ne propose que peu de programmes originaux et recyclent principalement ses nombreuses licences. Cela dit, il n’y a pas de mal à rattraper son retard sur les franchises de la pop culture (minus Endgame, actuellement sur Canal #chronologiedesmédias) ou à se replonger dans les films de son enfance. D’aucuns auront profité de l’essai gratuit des deux premières semaines pour voir les quelques oeuvres qui les intéressaient, mais pour ma part, j’ai trouvé de quoi poursuivre l’expérience sur un mois.

Des grands classiques en HD
Outre les classiques d’animation que tout le monde connaît, la plateforme permet aussi de revoir les films mal-aimés ou oubliés, de Taram et le Chaudron Magique à La Planète au Trésor en passant par Merlin l’Enchanteur.
Mais c’est aussi le moment de découvrir de très bons longs-métrages qui pour certains, ont même marqué le cinéma de leur époque comme La mélodie du Bonheur mais aussi Qui veut la peau de Roger Rabbit, Willow, Tron, Croc-Blanc ou encore le déjà nommé Splash.

Les documentaires !
Ah ! Là on a du lourd ! En plus de très beaux films animaliers de National Geographic, Disney permet de redécouvrir son histoire avec de vraies perles comme la série des Imagineers qui revient sur la naissance et la construction de tous les parcs Disney du monde, menés par une team de créatifs choisie par Walt en personne au début des années 50 et qui permet de prendre la mesure de la… démesure de ces projets et du génie visionnaire de ceux qui ont su les réaliser.
Un peu plus complexe mais très riche, Waking Sleeping Beauty revient quant à lui sur la renaissance des studios d’animation de la firme au début des années 90, des prémices du nouvel âge d’or avec Basil, détective privé (à revoir au passage lui aussi) jusqu’à son apothéose avec Le Roi Lion. Fait assez rare pour être mentionné, Mickey est plutôt honnête quand il aborde les conflits d’égo des grands pontes de la société qui ont jalonné cette période.

Des courts-métrages
C’est l’un des autres bons points, Disney + regroupe en un seul endroit tous les courts-métrages de Pixar qui sont autant de bijoux d’émotion et d’animation. Ceux dérivés des films bien entendu, notamment des Indestructibles pour les amoureux de Jack-Jack, mais aussi les classiques Knick Knack qui rappelleront des souvenirs à tous ceux ayant possédés la VHS de Toy Story et des pépites : Bao, Piper, Lava, Le Parapluie Bleu ou encore l’improbable Destino de Salvador Dali, reprise d’un projet de scène non intégrée au premier Fantasia.

The Mandalorian
Principal argument de la firme pour le lancement de sa plateforme, je vais passer vite sur la série extraite de l’univers Star Wars : The Mandalorian est cool ! Bourrée de défauts et d’inégalités dans les épisodes, la série renoue néanmoins avec intelligence et crédibilité avec l’esprit des premiers films de la franchise, sans abuser des références, à l’endroit même où la postologie a échoué. Le casting tient à la route, mis à part quelques catastrophes à l’épisode 6, et réussit même à garder le visage de son héros caché, dont toute l’émotion passe par l’attitude et la voix. Et oui, Bébé Yoda est craquant, même quand il gobe des grenouilles spatiales entières.
Space western qui soigne son ambiance, les décors sont crasseux et bidouillés pour le plus grand plaisir des nostalgiques, la bande originale bien fichue et la structure à cheval sur une intrigue suivie et des one-shots d’aventure plutôt agréable. Économe en parole, on a enfin un peu de travail sur l’atmosphère avec même quelques fulgurances dans la mise en scène notamment quand l’image joue avec les ombres et les reflets pour montrer la menace ! D’ailleurs, on retrouve dans The Mandalorian un sens de la violence impitoyable (#HanShotFirst), presque cruel, qui sans verser une goutte d’hémoglobine permet une lecture à plusieurs niveaux pour être réellement tout public, mais sans concessions !the-manda.jpg

Des choses plus improbables…
Puis au détour des propositions du site, on se laisse parfois tenter par un film qui n’avait pas su nous attirer en salle ou qu’on n’avait pas eu le temps de voir… C’est pourquoi je vais conclure avec un focus sur À la poursuite de demain – Tomorrowland en VO – qui a surement dû souffrir à sa sortie en France d’un titre d’une mièvrerie digne d’un soap opéra. Réalisé par Brad Bird, le papa des Indestructibles, le long-métrage rend de nombreux hommages aux monuments de la science-fiction, de Terminator à Retour vers le futur mais aussi E.T. tout en dressant une ode à une vision de Walt Disney. Tomorrowland est en effet le nom d’une division des parcs (devenue Discoveryland à Paris) et la ville en question dans le scénario s’inspire pour beaucoup de l’EPCOT imaginé par Monsieur Disney comme étant plus qu’un parc mais une véritable ville futuriste habitable. C’est ce souffle profondément optimiste que le film cherche à retrouver, à une époque où le cynisme règne, tout en se permettant un humour culotté, assez peu conventionnel. Mais qu’on se le dise, À la poursuite de demain est très imparfait, complément déséquilibré car on ne sait ainsi jamais vraiment si l’intrigue a commencé ou s’il s’agit d’une très très longue introduction et souffrant de dialogues d’exposition désastreux et maladroits. Et pourtant, il vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour une tirade en fin de film ! Alors que la dystopie a plus que jamais la côte surtout en science-fiction, le film te retourne le cerveau avec une morale et un propos sur l’avenir non seulement pertinent mais très peu entendu et carrément courageux ! J’ai pris une énorme claque et je ne l’ai pas vue venir ! Comme quoi, malgré ses défauts, Disney sait aussi toujours comment taper juste, en rappelant que l’espoir n’a rien de naïf tant il exige bien plus de courage que l’abandon.

Pour conclure, il y a véritablement de quoi s’occuper sur Disney +, surtout en période de confinement, et le souci de la plateforme se révèle principalement marketing, car de fait, elle s’attarde beaucoup (trop) sur les enfants quand elle a bien plus de potentiel. Malheureusement, on en fait effectivement vite le tour et en l’absence de contenus orignaux pour fidéliser son public au-delà de l’essai, je mettrais sans doute mon abonnement en pause dès le mois de mai pour le réactiver en fonction de l’actualité. Mais nulle doute que l’histoire ne fait, ici aussi, que commencer…

par Eugénie

 

 

Grey’s Anatomy, un succès de 15 ans !

Break the silence !

15 ans que les aventures de Meredith Grey occupent le petit écran ! Cette année, Grey’s Anatomy a dépassé en volume sa non moins illustre ainée, Urgences, pour devenir le plus long drama médical de l’histoire de la TV. Les années ont certes usé sa capacité à nous surprendre, le drama tuant le drama. De fait, l’accumulation de catastrophe et de tragédie frappant régulièrement le Grey-Sloan Memorial Hospital a depuis longtemps passé la barre du surnaturel, à croire qu’en plus du mauvais temps, c’est un microclimat de poisse qui règne sur Seattle. Et pourtant, le show de Shonda Rhimes réussit encore à montrer sa pertinence avec quelques éclairs de génie.

Le neo soap opera

Il faut dire que, malgré ses défauts de plus en plus nombreux, la série ne manque pas d’atouts. Car Grey’s Anatomy est avant tout la réinvention d’un genre ! Si le contexte médical n’était pas nouveau, il permettait de donner des enjeux plus concrets que les problèmes des héritiers, ainsi que davantage de crédibilité au drameEn modernisant des codes bien connus du grand public avec une mise en scène plus réaliste, des acteurs nettement meilleurs que la moyenne et des thématiques plus actuelles, elle a créé l’archétype du neo soap opera qui sera repris par toute une flopée de shows des années 2000.
Mais le succès de Grey’s Anatomy sur le long terme s’explique aussi par son timing. Née en 2005, elle était l’un des piliers du renouveau des séries de l’époque, avant que les networks et des services online ne remanient complètement notre consommation du divertissement. Pourtant, loin de tuer le show, les services de replay et de streaming ont permis à une audience plus jeune de rattraper leur retard et à la série d’accueillir un public sans cesse renouvelé.

Public qui ne s’est pas trompée sur la qualité des premières saisons, l’un des points forts de Shonda Rhimes étant sa capacité à créer des personnages imparfaits, attachants et surtout, des dialogues croustillants. La plume de Rhimes est aussi mordante qu’hilarante. Et si certaines de ces qualités se sont étiolées en 15 ans, usées par les tours de passe-passe, les débuts de Meredith and Co restent toujours aussi savoureux, notamment via les nombreuses discussions et quiproquos autour du sexe qui n’étaient pas sans s’inspirer de Sex and the City, y compris dans son approche narrative (la voix off de l’héroïne qui introduit et conclut chaque épisode).

Du cul, de l’amour et du drame, voilà la recette du succès de Grey’s Anatomy. De fait, elle a souvent réussi à nous faire pleurer, parfois même un peu trop. C’est peut-être cet aspect « tire-larme » qui lui a collé une étiquette mélodramatique, et elle l’est, mais elle a aussi su créer de beaux moments de télévision, choquants, émouvants et instamment cultes. Le show a dès lors eu ce côté « doudou », d’une série légère tant dans le rire que la tristesse, car il est parfois bon de pleurer, surtout pour quelque chose d’aussi dérisoire que de la fiction… 

Un engagement sur le long terme

Malgré les nombreux départs de personnages (il n’en reste plus que quatre du casting original), la longévité de Grey’s lui permet désormais de s’assurer une audience toujours convenable. Mais loin de se reposer sur ses acquis, la série cherche régulièrement à se challenger en proposant régulièrement des formats différents (épisode chanté etc.) ou en abordant des sujets sociaux !

Lentement mais surement, le show de Shonda Rhimes a intégré de plus en plus de revendication, en imposant très tôt une ouverture franche sur la représentation de la communauté LGBT et d’autres minorités. Ainsi, plusieurs des épisodes dénoncèrent les manquements de la société américaine, des erreurs policières découlant des préjugés raciaux, de la méconnaissance des maladies mentales (telles que les TOC), de l’ignorance et des stéréotypes sur la crise cardiaque chez les femmes, du harcèlement sexuelle mais aussi, plus récemment, de la politique d’immigration régressive de Donal Trump.
De fait, Grey’s Anatomy, tout comme sa showrunneuse, a toujours été une série profondément féministe. Jamais en quinze ans, les femmes ne furent reléguées au second plan, à tel point qu’aujourd’hui, la majorité des services du Grey-Sloan est géré par elles.

Silent all these Year

Dans la continuité de cette tradition, l’épisode 19 de la saison 15 nous a pourtant pris de cours par son audace, sa brutalité et son réalisme. Le scénario voit l’arrivée à l’hôpital d’une femme, Abby, en état de choc suite à une agression sexuelle. Son histoire faisant écho à celle d’un des personnages principaux, va permettre de lever le voile sur bon nombre des insuffisances du système.
Intitulé Silent all these Years, l’épisode constitue un cas d’école en abordant de façon crue la prise en charge médicale et humaine d’une victime de viol. Rien n’est laissé au hasard, le choc, la douleur, la honte, le terrassant sentiment de culpabilité et la peur qui en découle de ne pas être prise au sérieux car après tout, elle avait bu… elle portait une jupe… elle s’était disputé avec son mari… puis qui garantit réellement la justice à une femme noire dans l’Amérique d’aujourd’hui…
Vient alors le temps du dialogue pour tenter de convaincre la patiente d’accepter un « kit post-viol », ensemble de prélèvements et de photos pour relever les traces d’une agression et apporter des preuves essentielles en cas de procès. Par son discours poignant, Jo, le médecin d’Abby, l’encourage (sans la forcer) et l’aide à reprendre possession de son corps et de sa vie, en se donnant simplement un choix pour l’avenir. Les images sont à vif, choquantes et tout d’un coup incroyablement fortes et belles :
Terrifiée par le regard des hommes sur elle, Abby, qui doit se faire opérer suite à ses blessures, refuse d’être emmenée au bloc. Une haie d’honneur composée des membres exclusivement féminins du corps hospitalier s’agence alors sur son passage dans les couloirs en une flamboyante image de sororité ! Sans une once de pitié, chirurgiennes, infirmières et aides-soignantes se réunissent pour la soutenir moralement et physiquement, pour tenter de soulager la douleur et laver la honte, même quelques minutes.

La série conclut son épisode par une approche pédagogique en proposant un bel échange sur le consentement entre un père et son fils. Si la scène peut paraître anodine au regard des autres, elle résume pourtant le mieux l’essence de l’engagement de Grey’s Anatomy. Elle n’a jamais été une figure de proue des combats sociaux, jamais eu pour ambition de choquer son audience pour la faire réagir mais elle a participé à sa façon. La série a su au fil des ans créer un espace de dialogue et imposer une liberté de discours et d’écoute. Ses combats, elle les aborde avec bienveillance, par un gros travail de vulgarisation et démocratisation qui, n’en déplaise aux cyniques, n’a rien d’opportuniste. Car au final, c’est le long terme qui fait naitre les progrès durables… En quinze, Grey’s Anatomy aura certes perdu beaucoup de ses qualités récréatives, mais sa voix n’aura jamais eu autant de portée.

par Eugénie

Pourquoi la saison 7 a (presque) tué Game of Thrones !

La saison 8 de Game of Thrones est sans aucun doute la plus attendue de toute l’histoire des séries. Les images teasées au compte-gouttes depuis le début de l’année enflamment la toile à chaque apparition et font battre (trop ?) fort mon petit cœur de fan. Et pourtant, jamais la fin d’une série ne m’a autant fait peur… Peur parce que même si j’attends une conclusion incroyable, nous ne sommes pas à l’abri d’un gros étron qui viendrait éclabousser, non pas seulement le final, mais l’ensemble du récit. Une peur qui, comme l’hiver, a mis quelques années pour s’installer avant de se concrétiser en saison 7. Si à la découverte de celle-ci, certaines scènes m’avaient scotchée à mon siège par leur souffle épique, elles me laissaient déjà un petit goût amer et une sensation de démangeaison dans la tête que je n’avais pas vraiment envie de creuser… Mais avec le recul, ma bouche s’est remplie de cendres et la démangeaison est devenue une véritable grisécaille qui me ronge de doutes et de déceptions. La saison 7 a fait beaucoup de mal à Game of Thrones et, à l’aube de son épilogue, il est temps de se l’avouer !
Ah et au fait : ATTENTION SPOILER !!!

An epic game

Fondamentalement révolutionnaire dans son approche de ce que doit être une série, Game of Thrones a brisé toutes les barrières du genre ! Adaptée de l’oeuvre de G. R. R. Martin, A song of Ice and Fire, la saga était réputée encore plus inadaptable que le Seigneur des Anneaux en son temps, du fait de son nombre hallucinant de personnages et d’intrigues. C’était sans compter sur David Benioff et D. B. Weiss qui, malgré un premier pilote catastrophique, ont relevé après brio ce pari fou… du moins en partie.
La série a en effet dépassé les livres depuis deux saisons (bientôt 3) et semble avoir bien plus de difficulté à maintenir le cap depuis qu’elle en est libérés.
Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à l’encontre des choix d’adaptations sur fond de « les livres sont mieux » (cela dit c’est vrai). Le succès des premières saisons réside aussi dans les changements qu’elles ont su prendre pour enrichir ou simplifier le récit. Sansa, Arya, Jon, Robb et Theon ont tous bénéficié d’un traitement intelligent et occasionnellement, meilleur que dans les romans. Game of Thrones a su concilier les attentes des lecteurs avec celles d’un public plus large, et en tant que lectrice, elle ne m’a presque jamais déçue. La mort de Ned Stark, le Red Wedding, le Purple Wedding, le duel Oberyn/la Montagne et même la théorie R+L=J… bien que connaissant déjà les grands tournants de l’histoire, la série a toujours su me surprendre pas ses choix, son interprétation ou sa mise en scène. Alors comment se fait-il que le show soit passé en si peu de temps d’une histoire connue mais toujours surprenante, à un conte nouveau mais monstrueusement prévisible ?

Worry is coming !

Déjà, la saison 6 payait quelques choix douteux. De la résurrection bâclée de Jon Snow au sauvetage in extremis (et déjà-vu) de l’armée Arryn, lors de la bataille des bâtards, en passant par l’exécution de Rickon (faute de savoir l’employer), tout ça sentait un peu le manque d’inspiration.
De même, si le dernier épisode livrait l’une des scènes les plus mémorables de la série – la destruction du sanctuaire de Baelor, portée par le sublime morceau Light of the Seven de Ramin Djawadi – elle exterminait surtout d’un coup d’un seul la moitié du casting de Port-Réal. La portée dramatique semblait certes excellente sur le moment, mais a posteriori, on finit par se demander si ce n’était pas surtout pour les scénaristes une occasion de se débarrasser d’un trop-plein de personnages qu’ils ne savaient plus comment gérer… Honnêtement, allez donc me dire que Margaery n’avait plus rien à offrir à la série ?
Mais le plus marquant, pour la majorité des spectateurs, reste sans doute les téléportations de Varys en fin d’épisode. Pourtant, elles tenaient plus (à l’époque) d’une erreur de montage que d’écriture. C’est pourquoi Olenna Tyrell semble avoir appris la mort de sa famille et eu le temps d’effectuer le trajet Haujardin-Lancelion (Dorne) avant même le retour de Jaime dans la capitale encore fumante des folies de sa sœur pour assister au couronnement de cette dernière. Les scènes auraient eu plus de sens si elles avaient été simplement inversées.

L’échelle du chaos

Toutes ses petites facilités, ponctuelles en saison 6, sont malheureusement devenues légion dans la 7. Celle-ci s’est vu réduite à seulement sept épisodes de cinquante minutes au détriment de sa consistance. Résultat : la cohérence est sacrifiée sur l’autel du spectaculaire ! De fait certaines scènes sont visuellement bluffantes, mais Game of Thrones n’a jamais été qu’une série de bastons et dragons qui en met plein la rétine. L’épique était à l’origine un élément au milieu d’intrigues principalement politiques ! Si certains épisodes pouvaient paraître un peu longs dans les saisons précédentes, ils étaient malheureusement indispensables à l’élaboration des différentes storylines et donc, à l’unité d’ensemble. C’est par ce travail du détail que la série et les romans ont pu continuer à surprendre et à choquer, mais en réduisant le nombre d’épisodes, les scénaristes ont du condenser toutes les intrigues en une saison elliptique qui perd presque toute sa dimension politique et son imprévisibilité.
À croire que les showrunners étaient en fait meilleurs interprètes qu’auteurs, ah moins que le tourbillon de la hype ne les ait emportés dans les bas fonds de ce qu’on appelle communément le « fan service »… Dépassés par leur propre oeuvre, leurs ambitions ou celles du public ? Nous ne ne savons pas. Mais ce qui est sûr, c’est que leurs derniers choix reflètent plus la facilité que la pertinence.

Ainsi, les deux dernières saisons ont vu la fin des maisons Tyrell, Frey, Martel – cela dit l’intrigue dornienne était sans conteste la plus charcutée par la série – et d’une partie des Lannister. Mais à quoi bon cette hécatombe si elle n’entraîne aucune réaction ? Qui a repris les rênes de Dorne et des Jumeaux ? Pourquoi personne ne s’offusque de ces massacres, paysans ou seigneurs ? Ces sacrifices s’apparentent bien plus à de la paresse qu’à une quelconque richesse scénaristique, les intrigues sont simplement bazardées sans aucune forme de conclusion ni égards pour les personnages, le récit et les spectateurs !

Car la nuit est sombre
et pleine d’erreurs !

C’est l’écueil de bon nombre de séries dès qu’elles commencent à prendre de l’âge. Entre radotage excessif et mémoire défaillante, il arrive qu’elles misent aussi sur la non-attention de leur audience pour transgresser ses propres règles et s’arranger de l’histoire. Ainsi, le premier épisode donnait une donnée géographique essentielle pour prendre la mesure de son univers : il faut un bon mois entier pour aller de Port-Réal à Winterfell ! Car Westeros n’est pas un pays, c’est un p***** de continent !

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Cette géographie complexe et dense a nourri les intrigues pendant plusieurs années, permettant l’évolution des personnages lors de voyages longs et dangereux, même au prix d’une certaine lenteur (cf. les pérégrinations de Jaime, Brienne et Arya dans le Conflant).
Mais cette continuité se fait sauvagement piétiner par une horde de dothrakis en saison 7. Entre les allers-retours entre Hautjardin, Pereydragon, Port-Réal, Winterfell et le Mur, on compte plus de téléportations que dans Doctor Who !
Le sabotage de la temporalité apparaît comme symptomatique de la déconstruction irrationnelle de la série.  Après avoir pris son temps pour nous amener là où elle voulait, la voilà qui tente un sprint final sans échauffement (ou une sodomie sans lubrifiant, je vous laisse choisir l’analogie qui vous parle le plus). La réduction du nombre épisodes apparaît alors comme une grave erreur tactique car la saison se retrouve amputée des transitions essentielles à son fonctionnement. Du temps qui aurait pu être mis à profit pour redécouper l’action, développer les intrigues secondaires et politiques, soigner les raccords et intégrer des scènes de voyages enrichies de dialogues pour la mother fucking crédibilité de l’espace-temps !

Shame ! Shame ! Shame !

Mais si quelques épisodes supplémentaires auraient pu optimiser un montage plus cohérent, on est encore loin de résoudre tous les problèmes de la saison ! Alors entre autres bavures et bêtises, voici un petit florilège des PIRES erreurs de la saison 7 de Game of Thrones :

Dans la catégorie « Les intrigues de l’inutile ! »
– L’aller-retour de Lord Friendzone chez docteur Sam pour se faire soigner son eczéma en deux – deux… et c’est tout !
– La totalité de l’histoire de Sam à Villevieille qui ne sert à rien, si ce n’est ramener une info à Bran en toute fin de saison. La subtilité pour les nuls…
– Gendry, ou le retour bâclé d’un personnage très attendu !
– Les Sand Snakes en général (bon débarras).
– La Fraternité sans Bannière kon sait pas trop à koi kelle sert.

Dans la catégorie « Cohérence ? Kékécé ? »
– La Banque de Fer de Braavos en mode « motherlode » qui file des (sim)flouzs à Cercei après des années à réclamer sa tune à la couronne. Puis là on a un gros majeur tendu aux bouquins, car pour info, Bravoos a été fondé par d’anciens esclaves et part régulièrement en guerre contre les cités esclavagistes (donc Cersei ton argumentation tu peux te la mettre où je pense) !
– L’éradication des maisons Martell, Tyrell, Tarly, Frey et Bolton (entre autres) dont tout le monde se fout !
– La population de Port-Réal toute jolie, toute gentille, qui n’a rien à dire après l’attentat commis par leur (super) reine.
– Tous les trajets bordel de dieux !
– Ah et aussi une armée de dothrakis qui traverse Westeros d’ouest en est posayyy sans jamais se faire repérer !

Dans la catégorie « Mind fuck de l’extrême ! »
– Le gâchis MONUMENTAL de Littlefinger dans une intrigue toute pétée, comme sa mort ! Quelle déception pour le plus gros enculé manipulateur de la série, responsable de la plupart des conflits de Westeros  !
– Isaac Hempstead-Wright (Bran) qui joue l’indifférence comme un hibou neurasthénique.
– Jaime qui n’a rien à dire sur sa « Mad Queen » de sœur et la mort de son dernier fils/neveu.
– Quand on parle du manchot, il sait aussi nager avec une armure de 25 kilos (à mettre sur ton CV gros) !
– Tyrion qui passe clairement pour un idiot incompétent.
– La romance entre Daenerys et Jon qui pue le soap-opéra bidon (#inceste #beurk) !
– Le p***** de teaser gros comme un château d’un possible gamin entre neveu et tata !

Et un spécial Prix du jury pour l’épisode 6 !
– Le titre avec spoiler intégré « Beyond the wall » – nan sérieux, c’est le stagiaire qui l’a trouvé celui-là ?
– Puis qu’on se le dise, aller chercher un mort de l’autre côté du mur c’était une (grosse) idée de merde – merci Tyrion !
– Donc les sept mercenaires s’en vont en quête d’un cadavre au-delà du mur, mais quand le figurant n°4 se fait buter par un ours mort-vivant, ils pensent à brûler le corps… POUR ÉVITER QU’IL NE SE RÉVEILLE ?!! Faut croire que ligoter le corps et attendre qu’il devienne un zombie s’était trop compliqué !
– Cours Gendry ! Cours ! (avec option GPS intégré bien entendu)
– Sandor Clegane qui s’entraîne au ricochet sur un lac gelé. Bravo le veau !
– Le corbeau à propulsion supersonique qui te fait le voyage du Mur à Dragonstone en 2 minutes !
– Drogon Airlines, tout aussi rapide, le confort en plus ! (message sponsorisé)
– La mort et la résurrection de Viserion, du lancer de javelot à l’apparition des chaines… puis si les morts ne vont pas dans l’eau, comment ont-ils pu les accrocher ces chaînes ?
– Benjen deux ex machina Stark qui revient le temps d’une scène pour claquer.

A dream of Spring

La saison 7 a été la saison de la facilité, de la prévisibilité et de la bêtise ! Elle a insufflé à une série intense et complexe le souffle fétide d’un mauvais blockbuster. Et pourtant à l’approche de la dernière saison, je me prends à espérer ! Espérer car les showrunners semblent avoir pris conscience de leurs erreurs dans les récentes interviews. Espérer parce que les images des trailers sont folles. Espérer parce qu’il serait criminel de rater la fin d’une série aussi importante à l’échelle de l’histoire de la télévision ! Puis je ne sais pas si Martin finira un jour ses bouquins donc faut faire avec ce qu’on a sous la main, enfin les yeux…
Dans tous les cas, on se donne rendez-vous le 15 avril prochain pour débriefer le premier épisode de la dernière saison !

Par contre, je vous jure que s’ils nous pondent un moutard consanguin entre Jon et Daenerys, je fais un Cercei breakdown (je crame tout en bref) ! Allez, bisous !

par Eugénie

« Disney et les 2000 » vu par InThePanda

En brève : Vu sur Youtube

Victor Bonnefoy aka InThePanda fait partie du cercle très fermé des Youtubers cinéma qui comptent. Mais plus que ses critiques (d’ailleurs il a récemment annoncé qu’il n’en ferait plus), c’est surtout pour ses créations originales qu’Eugénie voulait vous parler de lui. Que ce soit avec sa série « Unknown movies » (à recommander aux cinéphiles), ses interviews ou tout autre format sortant du carcan classique du feedback post salle, sa chaine est riche d’un contenu divertissant et varié, qui tente expérimente tant au niveau du fond que de la forme.
Dernière nouveauté en date, les documentaires ! Après un premier essai (réussi) intitulé « Genre c’est du cinéma » revenant sur le cinéma d’horreur en France ou, plus récemment, « Halloween : 40 ans de terreur« , une rétrospective sur la place de la fête dans ledit genre, on change de sujet et on passe au cinéma d’animation !

« Disney et les 2000 » revient sur la longue traversée du désert de la firme aux grandes oreilles, du déclin amorcé par « Dinosaure » à la renaissance du studio grâce à « la Princesse et la Grenouille » en 2009. Bien documenté et soutenu par un format original car emprunt des codes de Youtube, le documentaire se regarde avec plaisir et curiosité, dès qu’on fait abstraction du jeu un peu inégal d’un des acteurs…
Bref… si vous avez du temps à tuer, envie d’en apprendre plus sur les films de votre enfance parce qu’en vrai, toi aussi tu « aimerais vivre dans le monde de Disney » (TMTS ! 😁) ou simplement pour élargir votre culture générale, rendez-vous sur Youtube !

une brève d’Eugénie

Media Battle : Youtube VS Télé

Le point polémique – Le 11 novembre dernier, Thierry Ardisson recevait dans son émission « Salut les Terriens ! » le youtuber Squeezie (Lucas Hauchard pour les intimes) venu faire la promotion de son livre ludique « Tourne la page » (ou le putaclic littéraire).
Mais loin, très loin d’expliquer son concept, le débat s’est vite transformé en simulacre de procès à l’encontre d’un métier, d’un média et de ses utilisateurs.

Revoir l’interview complète ci-dessous.

Mais pourquoi revenir sur le sujet ? Après tout un youtuber maltraité par la télévision c’est assez anecdotique. Pourtant, devant un nombre de poncifs hors de propos et d’époque alarmant pour une séquence de seulement six minutes, Eugénie pense que, loin de simplement alimenter le bad buzz (les médias s’en chargent très bien), il y a ici matière à réfléchir…
Vous l’aurez compris, le point polémique est un nouveau format d’article, un peu plus poussé que les critiques, qui proposera quelques pistes de réflexion (à débattre) sur ce genre de sujet. Let’s go !

« Y a plus que des vieux qui regardent la télé »

Si la télé se réduisait aux rediffusions de « Derick », peut-être cette phrase serait-elle vraie… Dommage, il semblerait que l’offre télévisuelle soit un peu plus consistante que ça. Mais peut-être nous faudrait-il définir les « vieux » et les « jeunes » pour comprendre le sens de ce discours ?
Si nous reprenons le postulat de ce cher Thierry, les « jeunes » seraient visiblement concentrés sur internet, consommateurs ou utilisateurs des réseaux sociaux (je connais des soixantenaires qui vont être ravis d’apprendre qu’ils sont « jeunes »). Donc dans cette société bipolaire, il semblerait que tout internaute qui se respecte bouderait ostensiblement la télévision et ses programmes. Opinion pour le moins étonnante au vu du nombre de tweets que comptabilisent des émissions live comme « Danse avec les Stars » ou « Top chef », systématiquement en trending topics France sur le réseau. Cyprien lui-même, king du game en nombre d’abonnés, a réalisé une vidéo sur « Top Chef » il y a quelques années. Si les « twittos » sont exclusivement jeunes, forcé de constater que Môssieur Ardisson se trompe quelque part, pour ne pas dire sur toute la ligne !
Vous me pardonnerez cet exemple volontairement sophistique, il ne sert qu’à mettre en relief l’absurdité du propos.
Bien sûr qu’internet et les réseaux sociaux ne sont pas réservés au moins de trente ans tout comme la télé ne l’est pas à la génération d’Ardisson, ayant passé l’âge canonique de soixante ans ! Du reste il est peu probable que les professionnels de ces milieux respectifs vous assurent le contraire…

La télévision n’est pas « vieille » pas plus qu’elle n’est mourante (comparée à la presse c’est même une petite jeunette). Elle subit simplement les changements inhérents à l’apparition d’un petit frère, elle évolue. Alors certes, dire que :
« La télévision linéaire où on dit aux gens d’être à 7h du soir devant le poste pour voir « Salut les Terriens ! » c’est mort » n’est pas tout à fait faux, ni absolument exacte…
Les rendez-vous télévisuels existent encore comme nous l’avons vu plus haut, ils subsisteront d’ailleurs tant qu’il y aura des grands rassemblements, ne serait-ce que pour les compétitions sportives. Peut-être seront-ils un peu plus événementiels et moins réguliers… et encore tout dépend de ce qu’implique la régularité ou plutôt devrais-je dire la ponctualité ! Car aujourd’hui regarder LA télévision n’implique plus de la regarder SUR la télévision ! Contenus et supports ne sont plus indissociables, il y a les audiences de la diffusion et celles des services de replay ! C’est l’une des petites révolutions offertes par ce barbare d’internet, Youtube et télé ont aujourd’hui en commun une liberté inhérente au support digital, celle qui permet à l’utilisateur de n’être plus dépendant d’une heure fixe mais de choisir quand et où il souhaite regarder un programme. C’est ce qu’on appelle dans le milieu la délinéarisation.

L’évolution des modes de consommation ne signe pas la mort d’un média, de telles affirmations ressortent du cliché quasi intemporel. On se demande bien par exemple ce que la radio a pu penser de la télé en son temps, ou la presse de la radio… Le discours volontairement pessimiste de Thierry Ardisson en dit plus sur lui que sur son sujet. Au choix c’est un sombre idiot qui ne connaît pas la réalité du média pour lequel il travaille OU c’est un stratège un brin bourrin qui a très bien compris la mécanique du buzz pour faire de l’audience… J’opte clairement pour cette seconde option !

« La télé s’est nulle et s’est ringard (bon déjà c’est toi qui le dit), mais on a rien trouvé de mieux (pour faire parler les cons ?) pour donner aux gens envie d’acheter un livre. »

Ne nous y trompons pas, m’est avis que rien n’est gratuit ou innocent dans le propos d’Ardisson. En remettant sur la table une prétendue dualité Youtube/TV, le présentateur s’assure une bonne couverture médiatique et un bad buzz viral d’autant plus facile en ciblant Squeezie et ses 9 millions d’abonnés. Mais tout internaute à de quoi s’indigner devant un tel étalage de mauvaise foi, surtout venant de la part d’un journaliste soi-disant sérieux.

En effet, s’il existe effectivement une forme de mépris lattent envers les youtubers, il provient plus des-dits journalistes que des producteurs. Le média télévisuel a compris depuis longtemps comment travailler avec le réseau social pour offrir un contenu complémentaire au sien. Exemple récent en date, la série de Cyprien, Norman et Natoo « Presque Adultes » diffusée en exclusivité sur TF1 l’été dernier et relayée quelques semaines après sur leurs chaines respectives. Mais ces accords dépassent souvent le simple partenariat, ainsi « Golden Moustache » est une production M6 quand Canal + (diffuseur de « Salut les Terriens ! ») collabore très étroitement avec les membres du Studio Bagel, sans compter que beaucoup de leurs anciens (notamment de « Bref », dont l’intégralité des épisodes est disponible sur… bah Youtube !) sont des acteurs de la plateforme. Canal + qui a également produit l’excellente web-série « Le Meufisme » ou encore « What’s up France » de l’humoriste Paul Taylor, diffusé presque simultanément sur les deux médiums. Difficile de croire que Thierry Ardisson ignore tout des activités digitales de son employeur…

Le rapport entre contenu télévisuel et digital mériterait d’être approfondi mais il n’est pas question ici d’analyse de fond sur les stratégies marketing des chaînes, simplement de mettre en relief l’hypocrisie d’un discours qui apparaît (à tort) comme l’écho de la pensée profonde du média. Il n’y a pas de conflit entre TV et Internet, tout du moins pas au sens suggéré par Ardisson. Son discours et son ostensible incompréhension vis-à-vis du contenu de youtube, de ceux qui le produise et de ceux qui le consomme nous ramène à la théorie du (bad)buzz délibéré. Buzz sans propos, sans objectif autre que celui de la « mauvaise » visibilité qui se base sur la mécanique du mépris, grossièrement dissimulé sous le déguisement bon marché de Laurent Baffie, celui de l’humour.

« On a vu des branleurs dans l’émission mais celui-là il est magnifique »

Ce genre de facilité traduit un phénomène plus grave, dommageable et de plus en plus courant, un manque d’éthique professionnelle qui se planque derrière son format, le talk-show. Dénigrer son invité au profit de l’audience c’est aussi dénigrer ses 9 millions de fans et par extension dénigrer les milliards d’internautes aux pratiques similaires ! Autrement dit, prendre le public pour un con… Belle démarche (en même temps, pouvons-nous espérer mieux de la part d’une émission qui ne perçoit pas le malaise quand Baffie relève la jupe de Nolween Leroy) ! Cette posture ouvertement méprisante et répétitive envers les youtubers est pourtant préjudiciable en terme d’image, tant envers le média que ses représentants… Tel le serpent se mordant la queue, ils finissent effectivement par apparaitre « vieux » et dépassés par ce qu’ils ne font pas l’effort de comprendre ou de respecter. D’ailleurs cette interview se résume effectivement au discours du vieux con au jeune pas si con que ça compte tenu de l’humour de ses réponses.

« Est-ce-que manger des pizzas c’est devenu un métier ? »

Cette phrase est à peu près aussi intelligente que que l’indémodable « Pourquoi tu regardes des gens courir après une balle » en parlant du foot… Un exemple en toute mauvaise foi qui se borne à une vision minimaliste d’une pratique qu’on ne souhaite pas vraiment comprendre. Mais revenons à nos pizzas…
On ne peut pas réduire l’offre de Youtube à des gamins se filmant en train de « lire, dormir, baiser »…  Non, comme l’a si bien dit ce « branleur » de Squeezie : « Ça c’est de la téléréalité » ! Prends ça Thierry ! Oui parce que si j’usais de la même mauvaise foi, je pourrais soutenir que le petit écran aujourd’hui se résume « Aux Anges », « Chti », « Marseillais », « Princes de l’Amour » et autres Hanouneries qui pullulent et croissent telles des métastases sur les poumons d’un gros fumeur. Je le pourrais Thierry, sauf que ce serait délibérément fermer les yeux sur tout ce que la télévision peut me proposer d’intéressant, de beau, ou de divertissant.
Youtube c’est exactement la même chose ! Alors pourquoi une partie de l’opinion se ferme-t-elle à tant de richesse en libre-échange ?

En partie à cause de cette plaie qui sclérose les pensées et les sociétés, monstre pédant qui pointe le bout de son nez ridiculement court duquel il ne sait pas voir « plus loin » dès qu’il s’agit de différence ou de changement : le préjugé !
Des aprioris conventionnels qui nous imposent les limites d’un « genre » et de l’approbation sociale, source de discours tel que « les films d’animation sont pour les enfants », « les mangas (ou les BD) ne sont pas de vrais livres », « le rap c’est pas de la musique » ou encore « les youtubers sont tous des glandeurs qui jouent aux jeux vidéo »… Vu sous cet angle le monde doit être vraiment plus simple. Mais la réalité ne l’est jamais.

Premièrement, Youtube ne résume pas aux vidéos gaming ! Les chaines des youtubers regorgent de contenu passionnant parfois supérieur en qualité à celle de la télévision. Que ce soit sous l’angle de l’humour, de l’information ou de la pédagogie, les vlogs ont beaucoup à partager : des sketchs, des critiques, des courts-métrages, de tutos, des émissions en tous genres, de tous formats et sur tous les sujets ! Des programmes qui se suivent avec le même intérêt que ceux de la télé, intérêt qu’il est difficile de voir quand le jugement ne se repose que sur le préjugé et la mauvaise foi.
Et même si le gaming tient effectivement une place de choix sur internet, c’est bien parce qu’un public y trouve un bénéfice qu’il faut donc respecter. Prenons celui du « let’s play » qui semble être le plus critiquable et inexplicable pour les Ardissoniens. Pourquoi une personne perd-elle dix minutes de sa vie pour regarder un tiers jouer à un jeu ? Quel est son intérêt ?
C’est pourtant évident non, la passion ! Tout comme les cinéphiles, les littéraires, les gourmets, les amateurs d’art ou de mode aiment partager leurs goûts, commenter ce qu’ils connaissent ou découvrir des nouveautés, le gamer peut vouloir se faire une opinion sur un jeu ou comparer son expérience avec celle d’un autre, avec en bonus une touche d’humour qui peut représenter une fin en soi du point de vue du divertissement. La démarche est la même que celle du lecteur de critiques (quel que soit le sujet), du membre d’une communauté, groupe ou forum thématique ou du participant à une conférence : la curiosité.

La télévision et Youtube ont en commun le même principe de service, ils mettent à disposition du contenu qui trouvera ou non son public, à ceci près qu’internet a dans son ADN une valeur beaucoup plus actuelle. Plus que l’étalage d’une offre, il créait et entretient l’échange car il a compris que les passions se partagent.
Aujourd’hui mépriser un youtuber au motif que c’est un youtuber, sans analyse de fond sur son sujet ou propos, c’est dénigrer les goûts de chacun. Procédé gratuit et bien plus méprisable que l’objet de sa vindicte et qui, s’il peut permettre d’ouvrir quelques réflexions, ne mérite pas le tapage médiatique qu’il génère. C’est donner trop d’importance au coup de com de Thierry Ardisson qui, si l’on en juge par la réponse adressée au public dans sa dernière émission il n’a effectivement rien compris…

 

par Eugénie

 

 

L’enfant maudit – sequel de malheur !

Écrit par Jack Thorne (script)
Adapté d’une histoire originale de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne
Royaume-Uni – Théâtre/Fantastique
Sortie : 31 Juillet 2016
Nombre de page : 350 pages

Kezaco ?

Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis la bataille de Poudlard. Harry Potter est père de 3 enfants : James, Albus Severus et la petite Lily. Mais cette vie de famille en apparence idyllique dissimule des aspects plus noirs. Albus vit une relation complexe avec son père et peine à porter le poids de sa célébrité… et toutes les attentes qui vont avec. Son plus proche ami, Scorpius Malefoy, fait l’objet d’une rumeur tenace. Et pour couronner le tout, les anciens alliés du Seigneur des Ténèbres recommencent à se manifester…

La critique d’Eugénie – 0,5/5
Eugénie n’ayant pas assisté à la pièce, cette critique aborde l’œuvre sous l’angle littéraire uniquement.

Harry Potter est une des sagas les plus riches de notre époque. Son univers dense s’est étayé sur sept livres, trois spin off, huit films (bientôt neuf) et de nombreux textes publiés par l’auteur elle-même sur le site Pottermore. À ce stade, il n’y a quasiment plus de limite à l’extension de ce monde, même si on ne s’attendait pas à le retrouver sur les planches…
En fan de la première heure, je guettais avec avidité toutes informations sur la vie des personnages post tome 7. Il y a neuf ans, je m’étonnais d’ailleurs que J.K. Rowling annonce s’intéresser davantage au jeune Albus Potter qu’aux autres personnages de la nouvelle génération, car sur les quelques lignes de texte de l’adolescent, je retrouvais la copie conforme, physique et psychologique, de son père. Quel intérêt alors d’un bis repetita ?
Surprise à la fois par le thème et le format de cette « suite », je me suis malgré tout précipitée vers ce livre. Après tout, « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »… Sauf que côté magie, le charme a tourné !

D’un point de vue purement littéraire, un constat saute tout de suite aux yeux : l’écriture est maladroite ! Difficile d’en imputer la faute aux auteurs ou aux traducteurs, mais il n’en demeure pas moins que le texte est pénible à lire, accumulant les dialogues et les situations plates, mièvres voire idiotes. Même avec une bonne imagination, il est très difficile de mettre en situation ces textes récités qui ne viennent que souligner un problème de construction.

Là où les livres ont su agencer un univers crédible, liant la magie à l’intrigue tout en donnant un cadre très défini à son merveilleux, « l’Enfant Maudit » prend le parti pris inverse et se fixe pour mission de faire rentrer le plus de magie possible en un nombre limité de pages. La finalité reste le grand spectacle et ça se sent, le problème étant que l’histoire en devient un gloubi-boulga de fantastique incohérent et indigeste, qui piétine à chaque instant toutes les règles des romans. Concrètement, il est toujours possible de faire rentrer un 40 dans une chaussure taille 38, mais de là à marcher avec, ce ne sera que torture.
La saga Harry Potter n’a jamais fait de la magie un deus ex machina propre à régler d’un claquement de doigt toutes les situations. Les intrigues de l’auteur se sont entremêlées aux lois magiques pour aboutir à une histoire plus complexe qu’il n’y paraît et qui ne s’est surtout jamais autorisé l’excuse du « Ta gueule, c’est magique ! ». C’est pourtant ce qui résume le mieux le scénario de « l’Enfant Maudit », très certainement impressionnant sur scène, mais qui révoltera tous les lecteurs de livres à la vue de leur univers préféré dépecé à coup de griffe d’Hippogriffe.

Car pour ce qui est de l’histoire, « l’Enfant maudit » est à J.K. Rowling ce que la trilogie du Hobbit est à Peter Jackson, du fan service de mauvais goût ! Pire encore… c’est un blasphème affublé d’une intrigue digne d’une fanfiction, qui trahit à la fois ses personnages et son essence. Eugénie a lu beaucoup de ces écrits et je peux vous jurer sur la tête de Marcellin que chaque élément de l’intrigue, chaque péripétie, chaque situation, je les ai lu dans des fanfictions, et pas des meilleures – Attention, à partir d’ici je spoile sans vergogne ! Des retourneurs de temps fonctionnant sur plusieurs décennies, des incohérences spacio-temporelles, des systèmes de sécurité idiots, des personnages inconsistants, des situations improbables (voir dégueulasses), il n’y a pas grand-chose à sauver de cette suite.
Certes le jeune Albus n’a en fin de compte rien à voir avec son père. Il se retrouve à Serpentard avec pour meilleur copain Scorpius Malefoy. Ok, why not, Serpentard étant attiré par la grandeur, l’envie de se montrer à la hauteur d’un père aussi illustre pouvait tenir la route et promettre de belles aventures. Sauf qu’Albus est surtout un enfant pourri gâté, tête à claques et détestable en tout point, là où son ami Scorpius est le meilleur personnage de cette « suite » et aurait gagné à avoir plus d’importance.

On pourrait voir une forme d’excellence dans l’écriture de la tragédie tant la pièce s’acharne sur ses personnages.
Harry lui-même a oublié sagesse et expérience pour devenir un connard bouffi d’orgueil qui attend les 14 ans de son cadet pour confesser qu’être père lui fait peur. Mieux vaut tard que jamais mais quand même. Hermione ressemble davantage à la version Hollywood glamourisé bad ass qu’à celle des romans quand Ron, dont l’humour, les insécurités et la force très particulière apportaient une harmonie au groupe, devient transparent, réduit au rôle du bouffon de service satisfait d’être le paillasson de bobonne.
Mais le massacre s’étend au-delà des personnages principaux. Ginny, l’un des personnages féminins les plus indépendants avec une force de caractère appréciable, est fade à mourir. McGonagall est une fonctionnaire influençable, le portrait d’Albus Dumbledore un gros enfoiré et Severus Fucking Rogue un bisounours qui va verser sa petite larme en apprenant qu’Harry a donné son nom à son fils… mais bien sûr !

ET pire que tout… Voldemort, dont la peur vient du rejet des aspirations humaines au profit de la seule puissance, se découvre soudain un goût pour les femmes et la chair ?! Voldemort, incapable de toute forme d’amour et ayant buté son propre père (et ses grands-parents pour la bonne et due forme) n’aurait rien contre le fait d’être appelé Papa ?! Voldemort, sorcier au plus proche de l’immortalité ne serait pas inquiété du danger potentiel d’un héritier ? Ben voyons ! César et Brutus, Barty Croupton père et fils et Ben et Han Solo sont tous en train de se bidonner si vous voulez mon avis.

Arrêtez de vouloir nous faire prendre des brindilles pour des Botrucs par la barde de Merlin !!! Et shame on you J.K., tu as fini par vendre ton âme par appât du gain ! À quelques semaines de la sortie des « Animaux Fantastiques » mon enthousiasme devient terreur… que vas-tu infliger à ce monde merveilleux où tant d’entre nous ont grandi.

Peut-être que la magie ne prend que sur les planches… mais en ce qui me concerne je préfère me convaincre que cette suite n’a jamais existée,  l’histoire ne m’incitera pas à aller vérifier.