Les Filles du Docteur March

Une pour toutes…

Kezako ?

Dans la Nouvelle-Angleterre des années 1860, un père part comme aumônier pour la Guerre de Sécession, laissant ses quatre filles et sa femme derrière lui. Elles vont faire la connaissance du jeune Laurie.

La critique d’Eugénie – 4,4/10

Le roman culte de Louisa May Alcott, maintes fois transposé sur le grand et le petit écran, s’offre un lifting que d’aucuns pourraient trouver un brin opportuniste compte tenu de la mouvance féministe, ou au contraire, tout à fait à propos. Du point de vue de l’adaptation, il n’y a de fait pas grand-chose à redire, les ajouts pour moderniser le discours restant suffisamment juste et respectueux de l’oeuvre originale (bien qu’anachronique) pour ne pas la trahir. Malheureusement, si le long métrage est une bonne « adaptation », cela ne suffit pas à en faire un bon « film »… Il est au mieux tristement passable. Une opinion toutefois très contestée et contestable en fonction de l’historique de chacun.

Ayant été profondément marquée par l’adaptation de 1994 au casting monstre (avec entre autres Winona Ryder, Susan Sarandon, Claire Danes, Gabriel Byrne, Christian Bale et une toute jeune Kirsten Dunst), je n’ai pas su m’en détacher, malgré ma bonne volonté, et me suis retrouvée condamnée à comparer les deux versions tout le long de la séance. Pour une histoire dont l’atout majeur est la puissance émotionnelle, Les Filles du Docteur March (2020) n’atteignent pas le dixième de celle des Quatre Filles du docteur March (1994), souffrant entre autres, d’une structure narrative compliquée. La réalisatrice Greta Gerwig a fait le choix d’une chronologie non linéaire mais son exécution terriblement maladroite vient nuire à la lecture de l’histoire, évoquant davantage un effet volontaire un brin prétentieux qu’une véritable démarche artistique logique. Le film se dote cependant d’une assez belle photographie malgré un travail de la lumière peut-être un peu trop moderne pour retranscrire l’ambiance de l’époque (guerre de Sécession) et d’une bande originale composée par Alexandre Desplat, surprenamment oubliable.

Dommage car il semble évident que Greta Gerwig a mis du coeur à son ouvrage, parfois perceptible dans certaines scènes aux échos hautement symboliques. Sans grande envergure du côté de la réalisation, l’intention reste néanmoins lipide quand il s’agit de rendre vivante, au sens premier du terme, la dynamique entre les soeurs, tout en respectant leurs individualités. En résulte parfois des échanges cacophoniques presque pénibles, mais criants de cette volonté de montrer la vie, l’énergie, la personnalité qui bouillonnent et s’échappent sans retenue (ou si peu) de ces quatre filles. En résulte malheureusement une forme de frénésie fatigante, qui vient desservir certains personnages par manque de souffle, un comble quand à mi-parcours Les Filles du Docteur March s’enlise dans une lenteur interminable.

Il est cependant certaines qualités indiscutables, à commencer par le jeu de Saoirse Ronan qui crève l’écran (à nouveau) dans le rôle de la fougueuse Jo, bénéficiant d’une (ré)écriture du personnage semblable à une déclaration d’amour. Elle est également fidèlement secondée par un très bon Timothée Chalamet et une Meryl Streep en Tante March plus drôle que jamais, avec un je-ne-sais-quoi de Lady Violet Crawley (Maggie Smith dans Downton Abbey). Malheureusement, certains protagonistes peinent à trouver leur place, le plus gros point noir étant le jeu de Florence Pugh, très juste quand elle incarne une Amy adulte mais catastrophique dans sa version plus jeune. Les caprices de la benjamine des March s’expliquent notamment par son âge, ce qui participe à la rendre attachante et excusable car son évolution est bien plus visible que chez ses ainées. Mais toutes les tresses du monde ne suffiront pas à faire passer une actrice de 23 ans pour une enfant de 12 ans et celle-ci est tout simplement insupportable en caricature de préadolescente !

Les Filles du Docteur March n’en reste pas moins une jolie fable mais ne marquera pas le cinéma de son empreinte, son affiche accrocheuse ne suffisant pas à lui donner l’essentiel du roman : une âme.


Réalisé par Greta Gerwig
Avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Laura Dern, Timothée Chalamet, Meryl Streep etc.
USA – Drame
Sortie en salle : 1 janvier 2020
Durée : 2h 14 min 

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