La Reine des neiges II

Some things never change…

Kezako ?

Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire. 

La critique d’Eugénie – 7/10

Dans le monde des euphémismes, on aurait pu dire que la suite du carton planétaire La Reine des Neiges était simplement attendue…
Évidemment, le succès du nouveau poulain de l’écurie de Mickey ne fait aucun doute, tout comme celui des psychologues qui voient leurs agendas se remplirent de parents au bord de la dépression à l’idée de revivre le même cauchemar musical qu’en 2013. Spoiler alert, si aucune chanson n’a le potentiel (prise de tête) de « Libérée, Délivrée », ne vous faites pas d’illusion : vous allez quand même en bouffer, des vocalises !

Mais qu’attendre de l’histoire ? Historiquement, les suites des classiques d’animation Disney n’ont jamais atteint la cheville de leurs modèles, reléguées au direct to DVD (ou VHS pour les plus anciens) un peu foireux qu’on préférait parfois carrément oublier. Si la firme s’est récemment confrontée à l’exercice avec Les Mondes de Ralph 2.0, seuls Pixar, et Dreamworks chez la concurrence, ont jamais réussi à fournir des suites de qualité égale, voire parfois même supérieure à celle de l’oeuvre originale (Toy Story 3, Shrek 2 etc.).
N’ayant jamais caché mon désamour pour le premier volet, je partais avec l’avantage de ne rien attendre de ce deuxième opus.
Il faut reconnaitre que le coup de génie de Frozen 2 est (marketing) d’avoir joué la carte du mystère sur son intrigue, portée notamment par un incroyable trailer d’Elsa bravant les vagues. Seul bémol de cette communication, les extraits ont dévoilé d’emblée la piètre traduction des dialogues, qui ont adapté « permafrost » – pour expliquer la nouvelle condition du bonhomme de neige Olaf (exit le nuage) – en « nappe givrée » ! Faut croire que le public français est trop con ignare pour certains termes… 

Malheureusement, l’effet de surprise s’efface assez vite à mesure que l’on entre dans une valse répétition. Les scènes musicales notamment, s’enchainent avec un franc air de déjà-vu, tant du côté des mélodies que sur les thématiques et les fonctions : la chanson d’introduction sur fond d’ellipse temporelle, celle de l’état des lieux physique et émotionnel des personnages, le thème rigolo d’Olaf, le chant de la « Libération » etc.
Cela dit, l’ensemble est plutôt plus harmonieux que pour le premier Reine des Neiges, (même si une fois encore complètement calibré pour une adaptation live à Broadway), avec quelques pépites qui mériteraient d’être davantage mise en avant, notamment « Show Yourself » et la très belle berceuse d’ouverture.

S’il est dommage qu’à peine dévoilée, l’intrigue en devienne si évidement prévisible, le voyage reste sympathique, notamment grâce au bonhomme de neige Olaf, bien plus drôle et moins énervant que dans le dernier film.
On déplore cependant un traitement assez inégal des personnages, dont une flopée de petits nouveaux complément dispensables (sauf la salamandre) mais également Kristoff qui disparaît un bon moment et souffre d’une blague trop longue avec une chanson parodique qui, même si elle fait sourire les adultes quelques secondes, nous sort un peu du film.
En parlant de rupture, certaines transitions un brin bâclées participent à donner au long métrage un air d’inachevé, en dépit de sa très haute qualité esthétique : les décors sont splendides et la scène en Mer du Nord juste dingue (joli clin d’oeil à Superman et à la forteresse de solitude au passage) ! Malheureusement pour moi, la virtuosité des animateurs n’arrive pas à me faire oublier la direction artistique des personnages qui me posait déjà un gros problème il y a six ans… Elsa et Anna, en dépit de leur maturité nouvelle, ont toujours un look de poupée Bratz limite vulgaire, contrastant avec la subtilité de leurs expressions ! D’ailleurs, il semblerait qu’à l’instar d’un téléfilm Barbie, Elsa gagne désormais une nouvelle robe magique en récompense pour chaque niveau passé… Cet esthétisme très exagéré contraste d’autant plus avec le réalisme apporté aux autres personnages, notamment masculins, auprès desquels les deux soeurs et leurs yeux surdimensionnés prennent un aspect grossier, presque caricatural.

Divertissant, le film aurait cependant eu plus sa place sur la plateforme Disney + car pour un classique de l’animation, il est à l’instar de Ralph 2.0 assez pauvre sur le plan de « l’iconique ». Disney joue et rejoue la carte du déja-vu sans n’avoir rien proposé d’original depuis Vaina et cela commence à être lassant… C’est beau de chanter que « some things never change », mais là, il nous faut du changement !


Réalisé par Jennifer Lee, Chris Buck
VO : Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad…
VF : Emmylou Homs, Charlotte Hervieux, Donald Reignoux, Dany Boon…
USA – Animation
Sortie en salle : 20 novembre 2019
Durée : 1h 44min

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